‹ Note Sur Une Transformation Du Chaton Femelle En Rameau Persistant, Chez Le Salix BabylonicaChapitre 1 sur 3 · SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE

on sait, que le sexe femelle en Europe, m'a fourni, eette année (1857), une observation tératologique d’un assez grand intérêt. A l’époque de sa floraison (dans les premiers jours d’avril), je remarquai que les rameaux florifères d’un Saule-pleureur, situé dans le jardin de Costebelle près Hyères (Var), étaient chargés de ramuscules d’un aspect insolite, et je m’assurai, au premier examen, que ces ramuscules n’étaient autre chose que des chatons dont les carpelles avaient démesurément grandi et dont les feuilles constituantes tendaient à revêtir la forme et les dimensions des feuilles caulinaires normales. L’arbre, qui est de très grande taille, ne présentait pas en quelque sorte une seule branche dont plusieurs chatons n’eussent subi cette transformation ; mais les épis transformés se trouvaient çà et là, sur le trajet d’un rameau, souvent immédiatement précédés et immédiatement suivis par des chatons qui ne participaient en rien à l'anomalie. J’insiste sur ce point, car dans le plus grand nombre des cas où un rameau florifère est atteint de virescence (transformation en feuilles des divers organes de la fleur), toutes les inflorescences de la tige et du rameau, ou toutes les fleurs de l’inflorescence, sont plus ou moins complètement atteintes de la même anomalie. Quelques jours plus tard, je rencontrais à Hyères et à Toulon (dans la cour de l’arsenal) d’autres Salix bubylonica présentant un état identique.

Ces chatons et ces fleurs atteints de virescence offrent les particularités suivantes: le chaton, caduc à l’état normal, devient persistant à cet état anormal, et constitue une sorte de rameau court, d’apparence monstrueuse. J’ai trouvé sur les mêmes arbres de petits axes desséchés et dépouillés de feuilles, qui ne sont autre chose que les axes de chatons foliacés anormaux, semblables à ceux de eette année, qui s’étaient développés l’année dernière, mais, dans quelques cas, la partie supérieure seule du rameau anormal s’était desséchée, et des rameaux axillaires nés à la partie inférieure avaient continué à vivre. .

Un fait non moins remarquable consiste dans la grandeur relative des

bractées des chatons normaux et des chatons anormaux. En effet, tandis

qn a la base des chatons normaux on trouve souvent des feuilles florales

de la dimension des feuilles raméales, dans les chatons anormaux dont les

carpelles ont pris une ampleur excessive les bractées sont à peine de la

longueur des pédicelles 5 il y a là une sorte de compensation organique; ü

est néanmoins bizarre que les feuilles d’un axe primaire robuste (le iachis

du chaton) soient moins développées qu’à l’état normal, lorsque les feuilles

des axes secondaires très grêles représentés par les pédicelles, sont d une ampleur démesurée.

ha longueur des fruits foliacés est de un à trois centimètres, leur largeur

d’un demi-centimètre à un centimètre, leur couleur est d’un brun vert, km consistance est membraneuse. Tantôt ils sont fermés et terminés pat un style indivis ou bifide (carpelles soudés entre eux dans toute leur lun

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