‹ Note Sur Une Transformation Du Chaton Femelle En Rameau Persistant, Chez Le Salix BabylonicaChapitre 2 sur 3 · SESSION EXTRAORDINAIRE A MONTPELLIER EN JL IN · texte numérisé non relu

SESSION EXTRAORDINAIRE A MONTPELLIER EN JL IN

gueur y compris les styles, ou soudes seulement jusqu’au niveau de la partie stylaire); ces fruits ont alors tout à fait l'aspect de la silique de certaines Crucifères (des Brassica, par exemple, àsiliques anormales foliacées); tantôt, et souvent sur un même épi, les deux carpelles foliacés sont dissociés à leur sommet ou dans leur partie supérieure, et le fruit est béant ; tantôt enfin les feuilles carpellaires retournent plus complètement encore à la forme foliacée : elles sont libres dans la plus grande partie de leur étendue, et elles sont, dans leur partie supérieure, de la dimension et de la forme des feuilles normales.

L’examen de ce fruit déformé est extrêmement intéressant au point de vue de la connaissance précise de la structure du fruit normal. On sait, en effet, que les espèces du genre S al ix présentent tantôt deux, tantôt quatre stigmates ; la déhiscence normale du fruit en deux valves devait déjà faire penser que ce fruit se compose de deux carpelles à stigmates bipartits ; l’anomalie que nous avons sous les yeux vient confirmer l’exactitude de cette manière de voir. Le fruit anormal se compose en effet de deux feuilles foliacées, représentant chacune un des deux carpelles. Les bords des feuilles carpellaires (qu’elles soient entièrement soudées ou en partie libres) ne présentent sur leur bords, ni à leur base, aucune trace d’ovules ; aucun point glanduleux n’en indique un rudiment; mais l’axe de la fleur se prolonge lui-même en un véritable rameau feu illé, qui se trouve renfermé entre les deux valves. J’ai rencontré chez les Crucifères des cas analogues, dans lesquels l’axe de la fleur était continué par un rameau feuille -, les deux feuilles carpellaires à demi foliacées, représentant la silique, portaient des ovules rudimentaires sur leurs bords, et ne pouvaient par conséquent laisser penser que l’axe central prolougé en rameau feu illé pût représenter un placenta chargé d’ovules transformés en feuilles.

Enfin, dans notre Salix, certaines fleurs de la base du chaton, les plus vigoureuses, sont franchement trausformées en rameaux, ou représentées par des rameaux; l’analogie seule peut faire reconnaître les deux feuilles opposées qui se trouvent à la base de ces rameaux, pour les deux feuilles carpellaires d’une fleur transformée; ces deux feuilles sont complètement libres, elles sont munies de leurs stipules et elles ue diffèrent que par leur position opposée, et non alternante, des feuilles d’uu rameau normal.

M. Touchy est d’avis que cette monstruosité n’est point une hypertrophie des carpelles, car on voit les chatons mâles des Saules subir la même altération, mais une hypertrophie des enveloppes florales produite par un insecte ( Cynips ) qui devient une cause d’irritation.

M. fiermain de Saint-Pierre reconnaît que l’hypertrophie localisée dans les feuilles du chaton des Saules peut être causée par la piqûre

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