‹ Notes biographiques sur le Docteur Charles SchützenbergerChapitre 9 sur 28 · ES ONE · texte numérisé non relu

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talier, et songe à reconstituer, dans la mesure du possible, l’enseignement médical complètement désorganisé. Ne désespérant pas encore de l’avenir de l’Alsace, il pensait que la Faculté de médecine de Strasbourg devaii continuer à se recruter sur le sol même de la palrie resireinte. I] créa dans ce but avec ie concours de quelques collègues, l’assentiment provisoire de l’autorité et laide financière de la ville, cette «Ecole libre et autonome de Médecine» sur laquelle nous reviendrons plus loin. C'était une illusion qui devait être de courte durée; le: Allemands avaient hâte d'installer leur grande Universilé impériale, sur laquelle ils comptaient comme sur un puissant moyen de germanisation.

En 1872, après un an de travail fécend et d'espoir, cette autorisation fut retirée par le nouveau gouvernement. Tout était fini. La carrière officielle du professeur Schützenberger était terminée.

Exilé dans sa patrie restreinte, comme il le disait lui-même, (7) le vieux professeur quitta avec regret son service hospitalier, qui sans enseignement et sans élèves w’avait plus d’intérêt ni de charme pour lui. Il consentit cependant à entrer dans la «Commission administrative de l’hôpital» où il rendit encore de grands services. Sa clientèle qu’il n’abandonna jamais, les séances annuelles de l’«Association de prévoyance des médecins du Bas-Rhin», la «Société de médecine de Strasbourg», dont il assuma souvent la présidence, étaient l’objet de ses préoccupations constantes. Enfin, au soir de sa vie, le vieux lutteur songea dans sa retraite laborieuse, a recueillir les feuilles volantes et disséminées qui nous conservent, à côté de l’exemple de sa vie, ses meilleures leçons. Il le fit, comme ïl nous le rappelle, d’un ton mélancolique, dans un de ces moments

(7) Thorens — Ch. Schützenhberger, sa vie et son oeuvre, 1882.

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Et . » Le ir où, «faute d’attrait pour le présent et pour lavenir, on retrempe son courage dans ses souvenirs.» ()

Les volumes (*) paraissent en 1879. Ils peuvent être considérés comme son testament médical (!} ou mieux comme un (traité d'éducation médicale» (7) — au moins en ce qui concerne le volume des «Fragments de Philosophie médicale».

Après bien des chagrins (*) qui ébranlèrent sa santé

déià bien affaiblie, il mourut d'une pneumonie, le 12 septembre 1881, entouré de ses parents et de quelques amis. [l était âgé de 72 ans et 8 mois.

Sa mort avait produit dans cette Alsace recroquevillée sur elle-même une profonde et légitime émotion. Divers journaux, iant politiques que médicaux, en annonçant cette perte si sensible pour le pays et pour la science ont donné sur le défunt des notices néeroiogiques plus ou moins étendues. Toutes sont empreintes de la plus vive sympathie. Des discours furent prononcés dans les différentes sociétés médicales et de prévoyance du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, des revues publièrent des notes biographiques écrites par ses amis et collaborateurs sur sa vie et sur son oeuvre; enfin, en 1882 un monument fui élevé, à la mémoire du professeur, dans la cour de l'Hôpital civil.

(S) Préface des «Fragments de Philosophie médicale», 1879.

(9) «Fragments de Philosophie médicales» et «Fragments d’études pathologiques et cliniques» — Deux forts volumes in- 8°, Paris, 1879, G. Masson, éditeur.

(10) Faudel. «Notice biographique sur Ch. Schützenberger».

(1) Ch. Grad. — «Rapport sur les publications du Prof. Schützenberger», fait à la Société d'Histoire naturelle de Colmar, 1880.

(12) Une affaire avec un officier allemand, — Ja mort subite et

prématurée de son neveu Frédéric Schützenberger, ancien avocai, qui vivait avec lui à l’île de Jars.

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