‹ Notes biographiques sur le Docteur Charles SchützenbergerChapitre 8 sur 28 · HAT AE · texte numérisé non relu

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laboratoires et les cours, les améliorations successives du mode et du matériel d’enseignement amenèrent à la Faculté un nombre croissant d'étudiants.

Mais le destin semblait s’acharner sur cette âme d’airain. De même que son accident l’avait surpris en pleine ascension, non loin du sommet qu’il voulait atteindre, de même la fatale guerre de 1870 le frappa en pleine maturité. Cependant, croire que cette sinistre époque et ses conséquences aient pu briser son énergie, serait méconnaître l’équilibre parfait et la volonté ferme qui firent de cet infirme un héros. Lorsque la place fut investie, il reçut l’ordre d’évacuer son habitation de l’iie Jars, qu’on livra aux flammes. À peine était-il installé depuis quelques jours dans son nouveau domicile, impasse Saint-Pierre-le-Jeune, que la violence du bombardement dans ce quartier l’obligea à chercher un refuge à l’hôpital civil. Là, il campait dans un corridor du rezde chaussée, auprès d’une nièce mourante qu’il soignait avec dévouement. Pour comble de malheur, dans la nuit du 25 au 26 août le feu éclate dans la chapelle même de l’hospice. Epuisé, infirme, le professeur ne pouvait prendre sa part à la défense de la ville, et cédant aux instances pressantes de ses amis, il se résigna, la mort dans l’âme à quitter ce Strasbourg qu'il chérissait et qu’un bombardement barbare et inutile réduisait en ruines sous ses yeux mêmes. Lorsqu'il rentra, le malheur était consommé, la patrie envahie, l'Alsace et la Lorraine arrachées de son corps blessé, le nouveau maître installé sur les ruines de l’invasion. Charles Schützenberger ne peut se résoudre à abandonner sa cité natale, ni à laisser le champ libre à l’envahisseur. Si le pays avait perdu brutalement son indépendance politique. ne pouvait-on lui conserver son indépendance intellectuelle ? Il essaïe de lutter, de sauver ce qui peut être sauvé. Il reprend ses consultations, son service hospi-

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