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BASE DE JARRE EN TERRE CUITE MÉSOPOTAMIE, XII° SIÈCLE

(Musée du Louvre.)

rée de toutes ces influences, de toutes ces formules empruntées à des monuments qui devaient, à cette époque, être encore fort nombreux sur le sol de l’Asie, qu’on aurait pu se croire en face d’un monument antérieur à l’h égire, et c’est ce qui m'’incline à le croire le plus ancien des trois.

Mais, à examiner de près les deux autres, le fragment de M°° la comtesse R. de Béarn, avec son oiseau qu’on retrouve fréquemment sur les étoffes arabes, avec son personnage debout, vêtu d’une longue

tunique, un poignard au côté, tenant un verre en main, comme tant de personnages représentés sur les cuivres, — et surtout la belle base de jarre du Kensington, plus musulmane encore avec ses deux faucons affrontés, et ce personnage tenant un verre en main, assis à l’orientale sur un fond de rinceaux ajourés, présentation si fréquente dans l’art persan, — il n’est plus possible de chercher d'autres origines à ces poteries que l'Asie islamique, au début même de l’hégire. Il est beaucoup plus difficile, en l’absence de tous points de comparaison, de les attribuer à une civilisation précise. Mais il est permis de supposer une origine mésopotamienne, région où les traditions antiques (parthes peut-être), et les traditions hindoues auraient trouvé avec une relative facilité à se rejoindre dans cette contrée géographiquement ouverte à ces influences”.

D'ailleurs tant de villes où la puissance khalifale eutses moments de splendeur, ont disparu, ne laissant à peine qu’un nom dans la mémoire des hommes, qu’on imagine bien des floraisons d’art, irrémissiblement fanées. Un Anglais récemment ne nous a-t-il pas révélé les restes extrêmement curieux d’une civilisation ignorée, modestes monuments, terres décorées, étoffes, bois, qui ont été recueillis par le British Museum, et sont les témoignages bien intéressants d’une époque de transition entre l'antiquité et l'Islam *?

Nous allons avoir une fois de plus l’occasion de constater, après Lavoix lui-même”, que l'affirmation de quelques vieux historiens de l’art musulman, à savoir que les peuples de l'Islam n’ont jamais représenté de formes vivantes, par suite de la défense coranique, est fausse non seulement littéralement, mais se trouve sans cesse contredite par les monuments.

Ceux dont nous allons parler sont tout à fait inconnus et inédits, et appartiennent à une civilisation, celle des sultans Seldjoucides de Konieh, qui a laissé des monuments d'architecture admirables, en-

1. M. F. Sarre, dans la dernière livraison du Jahrbuch der kün. Preussischen Kunstsammlungen (1905, I), vient justement d'étudier cette série de monuments qu'il ne croit pas antérieurs au xu* siècle, et les rapproche, au point de vue du travail de la sculpture, de la porte Talism à Bagdad, contemporaine du khalife el Nasir, vers 1180. Nous nous sommes trouvés, du moins, bien d’accord sur l’origine mésopotamienne de ces Lerres cuites.

2. Aurel Stein, Sand buried ruins of Khotan. London, F.Unwin, 2 vol., 1903; — du même, Exploration of Chinese Turkestan in the Khotan territory, and Taklamakan Desert (Geographical Journal, décembre 1902).

core imparfaitement étudiés, malgré l'excellent travail que leur à consacré M. le D' Sarre‘, qu'avait précédé le très bon relevé épigraphique de M. Clément Huart°.

Ce fut en 1903 que j’eus, avec mon ami Raymond Kæchlin, la première révélation de cet art, devant une vitrine du musée de Constantinople, où se trouvaient quelques frises fragmentaires en stuc, sculpté de bêtes se poursuivant au milieu de rinceaux”. Impos-

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