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BASE DE JARRE EN TERRE CUITE, MÉSOPOTAMIE, XII° SIÈCLE

(South Kensington Museum, Londres.)

sibilité de savoir leur origine. Quelques semaines après, M. R. Kcæchlin se trouvait à Konieh, en Anatolie, d’où il rapportait des fragments tout semblables, qu'il donna, à son retour, au musée des Arts décoratifs, et qui précisaient l’origine. Il eut, de plus, la bonne fortune de découvrir au petit musée de Konieh trois basreliefs sculptés d’une importance considérable, si l’on veut bien

ES

. F. Sarre, Reise in Kleinasien. Berlin, Reimer, 1896.

2, CI. Huart, Epigraphie arabe d'Asie Mineure (Revue Sémitique, 1894).

3. M. Sarre possède à Berlin une grande plaque avec des bandes d'inscriptions et des animaux courant à travers des rinceaux, qui doit en être rapprochée.

reconnaîlre que ce sont les seules sculptures à formes humaines, vivantes et animées, que nous aient laissées les monuments arabes. Le premier (reproduit en tête de cet article), en stuc, égale en précision les plus fines sculptures de la Renaissance. Il représente deux cavaliers au galop, la lance au poing, se faisant face, l’un tuant un dragon, l’autre transperçant un lion, qu'il pourrait être intéressant de rapprocher de certains bas-reliefs sassanides de Taghé Bostam, à l’époque de Chosroès IT, qu'a publiés M. Dieulafoy, ou certaines représentations analogues de tissus byzantlins.

Deux bas-reliefs en pierre qui furent trouvés dans les murailles etquisoutenaient peutêtre l’écusson aux armes des sultans Seldjouks, représentent deux anges ailés, en sculpture méplate, représentation qui n’est pas déconcertante, quand on rappelle que dans certaines miniatures de manuscrits Mahomet, montant au ciel sur sa jument, est ANGE, BAS-RELIEF EN PIERRE précédé d’anges Vo- ART SELDJOUCIDE, XII® SIÈCLE lant!.

L'étoile en stuc sculpté (reproduite au commencement de cette étude) que le musée du Louvre acquit il y a quelques mois, se rattache étroitement aux frises du musée de Constantinople et du musée des Arts décoratifs. Elle représente un cavalier au galop sur un fond de rinceaux, représenlation qui se retrouve sur certaines monnaies de cuivre des Ortokides, ainsi que des Seldjoucides de Siwas et de Konieh, et sur une très belle monnaie d'argent au titre d’Arslan II (655-656 de l'hégire) au Cabinet des médailles de Paris. L'endroit où elle fut trouvée n’est pas indifférent; ce fut dans une caverne dite de Roustem, près d’El Goureischa, entre Téhéran etMesched, région où ladomination seldjou-

(Musée de Konieh.)

4. À rapprocher un aigle héraldique à deux têtes et une inscription donnant la date de construction des remparts (musée de Konieh).

cide, d’origine turque d’Asie centrale, dut certainement élever des monuments, avant d’asseoir solidement en Asie Mineure et en Anatolie un pouvoir militaire redoutable.

Une petite plaque de terre cuite, sans émail, sur laquelle sont représentés deux lions dressés et affrontés se tenant par les pattes de devant (reproduite ici en cul-de-lampe) est aussi difficile à situer comme origine que comme destination. Les têtes carrées, la queue terminée par un fleuron, sont d’un caractère bien arabe; il est difficile d'affirmer que ce genre de petits carreaux de terre

PORTE-BOUQUET EN FAÏENCE DE REÏ OU RHAGÈS, XII11° SIÈCLE ET PLAT EN FAÏENCE SYRO-ÉGYPTIENNE, XIV° SIÈCLE

(Musée du Louvre.)

cuite put servir de décoration architectonique. N'est-ce pas un de ces essais moulés d’un bon creux par lesquels l'artiste jugeait l’état de son travail, méthode antique qu'ont connue les Grecs ?

J'ai publié ici même, il y a quelques années, le beau vase, décoré en lustre doré de femmes assises sous des arcatures, qui, de la collection Danna de New-York, est passé au musée du Louvre. C’est avec le grand vase de la collection Godman, à Horscham (Angleterre), la tête de cette séries de faïences de Reï ou Rhagès dont les ateliers furent arrêtés vers 1220 par l'invasion des bandes de Djenjis Khan.

1. Gazette des Beaux-Arts, 1901, &. IT, p.192: Céramiqueorientaleàreflets métalliques.

M. Wallis a jadis reproduit‘ Le petit nombre de pièces importantes de cette série qu’il connaissait.

Le Louvre a pu fort heureusement acquérir, depuis lors, un délicieux vase porte-bouquets, portant au col une inscription malheureusement sans signification utile, et dont la décoration, d’un or olivâtre, rayonne d’un doux éclat qui s’harmonise merveilleusement avec le ton crémeux du fond.

Il est une espèce céramique, sans doute du xrv° siècle, à laquelle on à appliqué pendant longtemps la dénomination de siculo-arabe, parce que la plupart des pièces connues alors avaient été trouvées en Sicile, mais qu'il convient plutôt d'appeler syro-égyptiennes, tellement nombreux sont les fragments de ce genre qu’on a retrouvés dans les tumuli de Fostat, ou dans les environs de Damas. M. le D: Fouquet en a publié des fragments très curieux” sur lesquels il a même relevé des signatures ou des monogrammes. Cette série céramique se divise en deux familles étroitement parentes, l'une à fond bleu, avec décor floral et animal en reflets d’or olivâtre (objets d’une extrême rareté), l’autre à fond blanc ou bleu avec décor géométrique, floral ou animal, en noir grisâtre ou en bleu pâle.

De cette seconde famille, dont le musée du Louvre possédait déjà trois beaux vases, est un petit plat récemment acquis, d'une très grande réussite d’émail, et d’une admirable couleur. Son décor est à zones rayonnantes. Des rubans, rayonnant du centre, limitent des bandes d'inscriptions décoratives, et les deux bleus qui en composent l'harmonie colorée sont d’une puissance de ton incomparable.

Il est certain qu'il exista en Espagne, à une époqueassezancienne, une industrie de terres cuites vernissées, gravées sous engobe, dont nous connaissons un petit nombre de monuments. Cette industrie s’appliqua surtout aux {inajas, ou grandes jarres destinées à conserver l’huile ou le vin.

Riano”* en a reproduit une (non émaillée) conservée au South Kensington Museum, n° 330/66, décorée dans sa partie supérieure d'une frise de rinceaux finissant en grandes feuilles de vigne, et, sur

la partie inférieure de la panse, de petits carrés estampés en creux dans la terre.

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