‹ Notes d'art et d'archéologie (volume 3)Chapitre 13 sur 77 · Qui était du Tiers-Ordre · texte numérisé non relu

Qui était du Tiers-Ordre

Ruines du château d* Assise.

amis tout son cœur, et à travers les prtmtitTntés de l'arnî de Dante, on peut déjà prévoîr les exquises délicatesses des Quatrocentistes.

En contemplant Assise du fond de cette belle vallée où est la Portîoncule, je voyais d'abord au sommet de la montagne sur laquelle elle est bâtie^ la ruine du château qui dominait la cité guelfe, la longue muraille qui l'entourait en partie renversée, et par endroit des cyprès qui font Tefifet de hachures noires ; puis les énormes soubassements qui supportent le couvent maintenant privé de ses vénérables hôtes.

L'état italien qui a toutes les générosités à condition de les faire avec le bien d'autrui, y a installé une institution quelconque sous les auspices du prince de Naples. (i) Je montai la rude colline, et à l'extrémité d'une grande cour qui a l'aspect des cloîtres de Toscane, je trouvai à droite l'entrée de ^'église, en face l'entrée du couvent surmontée d'un écu aux armes de la maison de Savoie.

Je descendis d'abord dans la crypte où repose la dépouille du saint. C'est l'Église souffrante, et c'est vraiment dans un tombeau que je me croyais enseveli. Les murs suintants brillaient des reflets de la torche dont je respirais l'acre fumée; lesliunières des lampes qui ne s'éteignent jamais s'auréolaient doucement; l'ombre était sans limites; ce caveau me semblait ne pas avoir de bornes. Le moine qui me conduisait aviva sa torche, et tout s'emplit d'une lueur subite. On aurait pu se croire descendu là d'où Dante seul est revenu sur terre. Cependant le gardien ne porte pas le capulet rouge du poète gibelin; encore moins a-t-il au front le laurier d'or du poète antique.

Oui, ce lieu est saint; il enferme la dépouille de celui en qui s'est

I. Le couvent des Franciscains, immense constnictioa (1228- 1330) ressema blant de loin à une forteresse, est actuellement une maison d'éducation pour des enfants d'instituteurs.

incarné le gsénîe myâtîque du môjren-âge^ et à travers Ténorme dalle j'avais Tobsession de ces mains trouées d'où s'élancent des petits traits d'or, ainsi qu'on le voit sur les predelles des primitifs.

Au-dessus est l'Église militante, robuste, a cintres pleins partant presque du sol. Au-dessous c'est la nuit; ici ce n'est pas encore la pleine lumière, mais une aurore qui enveloppe toutes choses^ et comme un prélude au ravissement de l'Eglise triomphante, (i)

Ce n'est plus la nuit des catacombes où T Eglise primitive, traqaée de toutes parts, cachait ses martyrs; ce n'est pas eacore la flamboyante lumière delà pleine renaissance. L'Église militante a bataillé douze cents ans; victorieuse elle s'est assise, non lassée, mais pour mieux supporter l'Église qui est au-dessus d^elle et qui monte radieuse*

fl y a dans la cathédrale de Padoue de vieilles fresques d'Altitichieri da Zévio (xrv° siècle), en parties dégradées^ mais où Ton voit encore les murailles d'une ville et où Ton suppose une bataille. Au premier plan est un cheval dans le genre de ceux d'UceUo ; au centre, une auréole qui nimbe une tête absente. Il y a de la mêlée, et cependant de l'ordre ; il y a eu bataille et il n'y a pas de sang ; on regarde, et le cœur est pénétré d'un charme étrange. En entrant dans TégOse d'Assise, cette traduction de pierre du moyen-âge mystique fait une impression semblable, quoique plus saine et plus impérieuse- Dans cette église où seules les dalles sur lesquelles on marche ne sont pas

I. L^église inférieure, seule livrée au culte aujourd'hui, bâtie sur la cr^'^pte et supportant une autre église de style ogival, destinée à serdr de musée (!), contient d'inestimables chefs-d'œuvre.

Entre le chœur et la nef, dans quatre compartiments de la voûte, fresques admirables de Giotto, représentait les trois vertus relig^ieusts : Patê.vreié^ Ckûsteié, OiéissancCi et la Glorification du séraphique saint Fraiiçois. — Dans ïa chapelle de saint Louis, les Prophètes et les Sy billes, par A donc Don! (1560), fresques imitées par Raphaël. Dans la chapelle de saint Antoine de Padoue, le Couronnement de la sainte Vierge, par Giottino. Dans le transept de droite^ fresques de Taddeo Gaddi et de son élève Giovanni, de Milan ; Annonciation, par Pucdo Caipanna, élève de Giotto. — Dans la chapelle du fond du transept, peintures de Gicfttino. — Dans le transept de gauche, traits de la Vie de Noire- Seigneur Jésus- Christ et de saint François, par Puccio Capanna. Crucifiement, fresque de Pietro Cavallini. Au-dessus de la porte de la sacristie, poriraii de saint François par Giunta'de Pise. Près de la chaire, coter onnement de la sainte Vierge, attribué à Giottino, Dans la dernière chapelle, fresques attribuées à Simone Memmi. ^Scène de la vie de saint Martin^

Les fresques de Téglise supérieure sont attribuées à Cimabae, à Gîoifto et à Giunta de Pise.

peintes, les murs, quand ils ne portent pas la' griffe du maîtrey s'appellent des noms de tous les Gîottesques. Dans ces fresques de la prenûère renaissance, les fonds bleus, qui ne sont pas encore des ciels ^ ont remplacés les fonds d'or de l'école grecque, et cent ans plus tard, TAngélico et les miniaturistes français de Técole de Bourgogne seroût les derniers tenants de cette tradition. Le Béato emploiera encore ce bleu pour certains de ses fonds, les autres pour leurs délicieuses images ; dans l'ombre qui enveloppe cette église ces bleus deviennent lumière, les ors s'avivent doucement, les murs chantent... L'éternel soir fait sur ces murailles ce qu'on fait les siècles aux fresques de Padoue.

Au-dessus s'élance l'Eglise triomphante, toute rayonnante de joie et de lumière. Le moyen-âge redit ici son hymme la plus douce ; cela rappelle un peu la Sainte-Chapelle de Paris, et Ton songe au bonheur que dut éprouver le saint Roi Louis quand il vint à Assise. Je pensais aussi à la dernière partie de la divine comédie, aux délicieux Fiorettz^ et si, une fois dehors, au détour de quelqu'âpre sentier de la montagne, je m'étais trouvé en face du loup de , Gubbio, comme le saint peut être aurais-je dit : « Mon frère le loup ».

Parce que l'art k exercé tout son prestige, on est sorti meilleur; avec soi on emporte l'espérance.

Assise est restée pure; le vandalisme l'a épargné; le mauvais goût des siècles postérieurs a passé au-dessous d'elle et ne l'a pas atteinte. Et dans sa piureté quelle puissance a cette belle chose d'art, pour qu'on ne l'oublie pas en face de la nature! Quand, après avoir passé toute une journée dans ce grandiose et sévère pays d'Ombrie, on entre dans l'Église militante, c'est une nouvelle impression du beau, du beau dans toute sa pureté, d'une conception chrétienne parfaite, et qui élève l'esprit parce qu'il vous a pris le cœur. Là surtout on est pénétré de cette vérité que l'art doit être une grande idée, que l'essact n'est qu'une réalité inférieure au3ç choses vues, qu'il £au^ qu'un idéal ajoute le vrai au réel et que dans l'art plastique le gesti^ doit ilv^ la traduçliofi de l'esprit...

. L*e: sdLeil se roi4e dans de tout petite nuages ronds et finit par dis^ paraîtra à l'occident du côté d'Orvi^to. On est au commencement dç é^qçga3bTt\ c'est fête, et ce soir, pour honorer la Vierge, on allumer^

de grands feux par la campagne. La Madone verra dans la nuit de son église les vitraux briller d'une lueur discrète; son sourire sera plus^ doux, un peu moins triste peut-être ; sur tout ce pays le Bambine lèvera ses deux petits doigts, et dans cette belle nuit d'hiver toute la pieuse Ombrie rayonnera de la joie de ses feux.

Aman Jean.

5îÇj 5ÎC-. ^C. SîC JfC^ 5t«"

LE TEMPLE SOUTERRAIN D'ELEPHANTA

(Fin.)

Revenant à Tentrée du temple, nous trouvons, à droite, un basrelief de même dimension. Il ne contient, comme le précédent, qu'une figure importante, formant le centre et ayant comme le Destructeur huit bras. L'un est croisé sur la poitrine en sens inverse de la jambe droite tendue comme dans l'action de la danse, ce qui a fait appeler cette œuvre la danse dujTandava.

Des bracelets huméraux très finement ciselés ornent chaque bras, dont il ne reste qu'un seul à peu près intact. Il est relevé au-dessus de la tête, il tient une draperie ou une écharpe qui, passant derrière la statue vient se replier légèrement sur la cuisse droite.

Un autre bras tient une sorte de bâton ou de sceptre de rextrémîté duquel tombe un serpent fort (artistique d'ailleurs. La tiare est très bien conservée et témoigne d'un haut degré de goût chez l'artiste qui l'a sculptée. Les paupières sont baissées, de peur, disent les livres sacrés, que le regard de Siva ne consume les objets sur lesquels il fixe les yeux. A gauche de Siva se tient son épouse Parvatî ; au-dessus d'elle Se trouvent : une figure de femme, puis Indra monté sur l'éléphant sacré, enfin Vishnou sur les épaules de Garuda, le dieu dont la tête à bec d'aigle a disparu ici comme partout dans le temple. A droite on remarque diverses figures d'hommes et de femmes ; sur la tiare de Tune d'elles est sculptée une tête de mort de l'œil de laquelle sort un serpent. On y remarque aussi le dieu à tête d'éléphant, Gunputti, encore très en honneur dans l'Inde. Aussi cette idole est-elle souvent ointe de

peinture rouge. Au-dessus, Brahma à trois têtes assis sur un nuage, les jambes croisées et porté par quatre cygnes*

Dans le coin supérieur à gauche, une curieuse image : un homme maigre comme un squelette et orné d'une barbe et d'une sorte de turban rappelant étonnamment certaines sculptures du moyen âge ; c'est paraît-il, le dieu Bringhi^ le favori de Siva,

En face de ce bas-relief, c'est-à-dire de gauche à l'entrée principale du temple, s'en trouve un autre. Une grande figure assise les jambes croisées au milieu du panneau, avec de nombreuses figures très petites dans la partie supérieure ; toute la partie inférieure représente des rochers. Les archéologues ne sont pas d'accord sur l'interprétation de ce bas-relief. Le dieu est assis, les jambes croisées, sur un trône formé d'un lotus épanoui et supporté par deux figures presque complètement disparues. La pose, le lotus, le calme parÊiit de la figure, le nimbe placé derrière la tête, tout semble dénoter Bouddha ; mais certains savants affirment que l'artiste a voulu représenter Si va, retiré sur le sommet de l'Himalaya et pleurant la mort de son épouse Uma. Les deux bras sont malheureusement brisés à l'épaule, les jambes ont complètement disparu, mais la beauté du torse, la calme douceur de la face, l'excellente ornementation de la tiare, les longues boucles de cheveux tombant gracieusement sur les épaules font de cette statue Time des plus belles du temple •

Dans le bas-relief on remarque deux représentations de la végétation indienne : un bananier et une grande fleur d'héliante (tournesol); puis un cheval, le seul sculpté dans tout le monument; enfin le cortège ordinaire des dieux, Vishnou sur les épaules de Garuda, etc., etc.

Sous le porche descendant à la cour de l'est on trouve encore deux grands bas-reliefs.

Celui de droite ou du sud est très abîmé et figure, dit-on, la naissance de Ganesha. Siva et son épouse Parvatî sont assis, les jambes croisées sur le sommet du mont Meru, la montagne sacrée du paradis terrestre dit Kailasa. L'enfant Ganesha est porté par une femme placée derrière Siva et Parvatî. Ganesha s'appelle aussi Gunputti, c'est le dieu de la sagesse orné d'une tête d'éléphant* Toutes les figures sont en partie brisées, ce bas-relief étant le plus mutilé de tous.

En face se trouvent encore Siva et Parvatî as^s dans la montagne

que Ravann, un démon à vingt bras et à dix têtes, roi de Lanka , s'efforce de renverser. Siva a huit bras, tous brisés malheureusement. Bringhi son favori, le dieu squelette, est assis à ses pieds à côté de Gunputti avec sa tête d'éléphant à une défense.

Dans la partie droite du temple se trouve une chapelle carrée isolée de toutes parts et éclairée par une ouverture dans chaque face. Chacune de ces ouvertures, qui étaient autrefois munies de portes en bois aujourd'hui disparues, est gardée à droite et à gauche par une statue colossale atteignant le plafond du temple et du plus bel effet.

Presque toutes sont mutilées surtout au-dessous de la ceinture autour de laquelle s'enroule une écharpe légère. Toutes ont le cordon brahmanique en sautoir. Elles sont coiffées de tiares différemment sculptées, la chevelure diffère également. Derrière chaque tête ufi nimbe circulaire formé de rayons. Ces statues représentaient sans doute des gardes ou esclaves de races différentes, car Tune d'elles semble représenter un nègre, une autre fait penser à l'Egypte, tant sa coiffure ressemble à celle de certaines statues de la Thèbes antique.

Il faut gravir six marches pour pénétrer dans cette chapelle dont l'intérieur est absolument nu et dépourvu d'ornements. Au centre, une sorte d'autel au milieu duquel s'élève dans une dépression circulaire une borne d'environ un mètre de haut, arrondie à son sommet. C'est le fameux Lingant qui, conjointement avec le cercle ou Yoni, l'entourant à sa base, représente le pouvoir créateur de la nature sous ses emblèmes mâle et femelle. C'est Siva et Parvatî réduits aux symboles qui sont aujourd'hui encore, dans toute l'Inde, l'objet du culte quotidien de la majorité de la population ; culte grossier et matérialiste s'il en fut.

En face de cette chapelle, dans la paroi est du temple, s'ouvre une cellule carrée ne recevant de jour que par la porte et dont rien n'indique l'usage. C'est peut-être le logis du prêtre de ce tempU.

Quittant le temple central et descendant quelques marche^, nous trouvons la cour de l'ouest qui est, comme celle de l'est, à ciel ouvert. Elle donne accès dans un petit temple creusé sous la falaise dans la partie ouest et auquel on monte par trois ou quatre marche^;

Au milieu une petite chapelle carrée, éclairée seulement par 1^ porte, contient un autre Lingam. De chaque côté de la porte deux sta^ tues debout gardent l'eutrée, ayaat chacune un nain à leurs pieds et

une image au-dessus de l'épaule* A droite et à gauche se trouvent encore des bas-reliefs. Celui du côté nord représente Sîva assis sur le lotus dans l'attitude de la méditation et soulevé par deux génies ; des figures tiennent l'une un bananier, l'autre une plante de sauge. Audessus est Brahma, puis des anges ailés.

Dans le bas-relief de gauche ou du sud, Siva est figuré de nouveau avec six bras et une bosse au milieu du front comme les Bouddhas chinois. Les Indiens prétendent que c'est son troisième œil. D'une main il tient le cobra, d'une autre un bâton, une troisième se présente en avant et est parfaitement et minutieusement sculptée; ce qui est intéressant, car partout ailleurs elles sont mutilées. A côté on voit Brahma sur un lotus porté par des cygnes, puis un dieu monté sur un bœuf, enfin Indra, Vishnou et Garuda.

Dans la partie sud de la cour se trouve, creusée sous la falaise qui surplombe, une chambre, aujourd'hui condamnée et qui était sans doute la cellule d'un ermite; au-dessous une piscine peu profonde réunit l'eau des pluies et fournit la boisson au gardien du temple. Mais il semble préférer de beaucoup le gin de son pays, s'il faut en juger par l'état titubant et peu lucide dans lequel nous l'avons trouvé.

Passant maintenant à l'est nous descendons par quelques marches dans une cour précédant un petit temple, creusé lui aussi dans la falaise et s'ouvrant au nord. Il est orné d'une étroite galerie à laquelle on accède par un escalier de neuf marches, défendu par deux animaux hiératiques qu'on dit représenter des lions. Ce sont probablement des tigres et ils rappellent comme pose et comme facture les étranges animaux qu'on baptise aussi du nom de lions et qui gardent l'entrée des temples et des demeures officielles en Chine.

Au milieu de la cour, devant l'escalier, on remarque une plate-forme circulaire, au niveau du sol, sur laquelle se trouvait sans doute autrefois une statue du Nandi, le bœuf sacré de Siva^ qu'on voit encore dans tous les temples indiens, faisant face à la chapelle du Lingam. C'est qu'en effet, au haut des marches s'ouvre une nouvelle chapelle contenant un Lingam plus petit que celui du grand temple. Cette chapdle est dépourvue de statues extérieures, le cercle du Yoni est creusé et se termine à l'est par une sorte de gargouille. C'est là que les prêtres recevaient l'eau lustrale et l'huile dont on arrosait le Lingam aprè& l'avoir couvert de fleurs et encensé avec la fumée odorante de

bois et de résines parfumés. Cette chapelle n'a qu'une ouverture et elle est entièrement isolée du rocher comme celle du grand temple.

A Test et à T ouest on remarque des bas-reliefs très dégradés; sur Tun et Vautre on voit une figure ayant un serpent pour ceinture. La grande image de celui de l'ouest a quatre bras dont l'un tient aussi un serpent et l'autre relève une draperie au-dessus de l'épaule. EUe porte aussi au front la bosse qui dénote le troisième œil de Siva.

Un peu à droite est la chapelle de Ganesha protégée autrefois par une balustrade aujourd'hui disparue. Le mur du fond est couvert d'une série de dieux debout, tenant chacun une sorte de bâton orné à sa partie supérieure d'emblèmes différents. L'un d'eux représente un temple que Von croît être l'image exacte de la façade du grand temple telle qu'elle fut exécutée. Parmi les attributs sculptés entre les dieux on voit un éléphant, un bœuf, un cygne, un paon et un singe. Ce dernier est plus que probablement le dieu des singes, Hanuman, connu dans toute Tin de et que j'ai retrouvé jusqu'à Java où il joue un rôle important sous ce même nom d'Hanuman dans les fameuses représentations des marionettes javanaises.

Ces sculptures sont encore recouvertes en partie d'une noire composition bitumineuse. On trouve aussi des traces de peintures au plafond; la tête d* éléphant de Gunputtî est toujours recouverte d'une épaisse couche de peinture rouge qu'y déposent, encore aujourd'hui, ses fidèles adorateurs. Près de Gunputti s'ouvre une petite excavation dans laquelle on dépose en signe de sacrifice, quelques menues pièces de monnaie de cuivre, des fleurs de jasmin et des noix de bétel. C'est ce qu'ils appellent faire ^^^a. Les personnages représentés dans ce basrelief sont toujours les mêmes, savoir : Siva, Vîshnou, Garuda, puis Shulaparû armé d'un trident, Gunputti, Ganesha, etc. En face de cette chapelle, de l'autre côté de la cour, s'en trouve une autre de même dimension, mais sans aucun ornement. L'eau s'y infiltre à la saison des pluies et convertit le sol en une sorte de piscine de près d'un pied de profondeur. Les Indiens naïfs prétendent que cette eau arrive mystérieusement du Gange. On croit que le roc en cet endroit étant poreux, les arcliitectes dutemple, trop souvent envahis par l'eau, abandonnèrent toute idée d'orner cette chapelle dont les sculptures auraient été rfétniitcs par Thumidité.

Tel est le fameux temple d'Elephanta. Il est probable qu'en pratir

quant des fouilles dans les monceaux de débris qui ferment aujourd'hui les cours de l'ouest et de Test, on ferait quelques découvertes intéressantes, débris de statues ou autres. J*ai vu en effet un morceau d'inscription en caractères ressemblant au sanscrit que le gardien a trouvé dernièrement en nettoyant le terrain aux environs de sa maison. Il m'a montré également une statue à trois têtes, découverte aussi près du

temple (i).

A. A. Fauvel.

Page 1