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bouche le châtiment que lui réserve la Providence. Quelque temps après, Théodorîc est tué dans l'île de Maguelonneen combattant Tempereur Pépin, A la nouvelle de cette mort, le roi Galacius arrive à Toulouse, fait sortir de prison saint Antonin et cherche par les plus belles promesses à le convertir à Tidolâtrie. Saint Antonin repousse ses offres fit avec la rigidité d'un Caton ». Galacius fait alors enfermer le saint dans un cachot plus horrible que le premier. Délivré parles anges, il convertit ses geôliers, il va prêcher à Toulouse jusque dans le palais du roi et convertît à la foi une multitude de païens :... predicando Thol{ps)e in palatîo adjidem convertit ntul(iî)tîid(fn)ein pag(a)noruin.
Alors la fureur de Galacius n'a plus de bornes, il fait jeter saint Antonin dans une chaudière pleine de soufre et de plomb fondu. Le martyr y demeure deux jours, ne cessant d'exhorter le peuple à renoncer aux idoles, La foule demandant à grands cris le baptême, saint Antonin trempe ses doigts dans le plomb fondu qui se change immédiatement en eau et en asperge l'assistance .• Sanctîis Antonin(tis) i{n) olla piu[7nhi) bnlli(en)iis biduo p{er)vtansit , e{o)de{m) phi{7n)bo i{7t) aq{ua)m nmiahi p{6)p(tilîi)in bapiiza{ji)do. Mais un enfant se trouve étouffé par la foule. Sa mère, une pauvre veuve, apporte le cadavre dans ses bras et supplie le martyr de lui rendre son fils. Saint Antonin sort de sa chaudière et, après une fervente prière, ressuscite l'enfant.- Sancius Aufomn{us).,. prece ficsa... ad do{fnimi)7n... ntatri prop{r)ic 7'esiifuii vivtiiin). Puis il continue à évangéliser en présence deGalacïus et de ses satrapes / ^'s Antonin{us) cora(m) Galacio rege et suis sal{ra)pis fidei^n) strentius docebat. Galacius le fait alors jeter dans la Garonne du haut du pont de Saint-Cyprien, avec une meule attachée au cou : < . . de ponte, . . Mais la meule surnage et porte saint Antonin ^ qui ne cesse de prêcher et de convertir les infidèles : Mira res^ moia natans feri sîip{er) aq(tiani) Antonin(tim) . La foule contraint Galacius à rendre la liberté au martyr, qui accomplit alors divers voyages j « semant le verbe de Dieu ». Ensuite il retrouve à Pamiers son fidèle Almachius ; ils se retirent ensemble dans la solitude avec le prêtre Jean qui devait partager leur martyr. Méthopius, nouveau roi de Pamîers ^ découvre leur retraite, les fait battre de verges par ses licteurs, puis les bourreaux entraînent leurs victimes au bord de l'Ariège, au pied du Castellum de Pamiers. On tranche la tête et le bras droit de S* Antonin, Almachius et Jean sont décapités. Euphrasîe, la mère du
2l8 NOTES d'art ET D'ARCHÉOLOGIE
roi, dont la vengeance n'est pas satisfaite, fait jeter dans TArièg^e le corps et la tête du martyr. En recevant ce dépôt, la rivière se soulève, va battre en brèche la colline et le château de Pamiers et rendre aux fidèles le corps du martyr. Sa tête sanglante devait prendre une autre route. Emportée par une barque miraculeuse que dirigeaient « deux aigles plus blancs que neige », posés à la proue et à la poupe (i), elle descendit le cours de l'Ariège. APortet, elle entra dans laGaronne, traversa mystérieusement Toulouse, suivit le fil de Teau jusqu'à la pointe de Moissac, et là, virant subitement de bord malgré le courant qui semblait devoir l'entraîner vers l'Agenais, elle remonta le Tarn, puis TAveyron et ne s'arrêta qu'à Val-Noble, oii régnait encore le roi Festus. Le château royal fut abattu et remplacé par une église. Val- Noble est aujourd'hui la ville deSaint-Antonin.
Dans la partie absidale, les deux parois qui ne sont pas percées de fenêtres sont occupées par des fenestrages peints, de mêmes dimensions que les vraies fenêtres, comme les précédents, au fond d'azur fleurdelisé et couronnés des armes de Pamiers. Ils sont flanqués de pinacles qui les séparent d'arcatures surmontées de rosaces et de gables, portées en encorbellement sur de petits culs-de-lampe. De petites constructions fantaisistes, rappelant celle des pigeonniers, accompagnent ces gables. Ces arcatures servent pour ainsi dire de niches à de petits anges, accroupis sur des nuages,- tenant des couronnes au-dessus de la tête de saints martyrs, ayant des palmes à la main et dont on n'aperçoit plus que très faiblement le dessin, cette partie ayant eu beaucoup à souffrir de l'adjonction d'un retable, dont les profils de rentableraent *se dessinent encore très nettement sur l'enduit ; de petites plaquettes qui recevaient les noms de ces saints, sont placées au-dessus de leur tète. Ces deux parois verticales se trouvent au-dessous de la partie de la voûte qui contient l'Agneau recevant le livre aux sept sceaux; l'espace resté libre, entre le dessus du fenestrage et la pointe de Togîve formée par l'arc, est occupé par un cercle tenant à l'architecture du fenestrage, et dans lequel est placé un chérubin aux six ailes, tenant un philactère qui porte cette inscription : DIGNUS : EST : AGNUS : APERIRE : LIBRUM : ET : SOLVERE : SIGNACULA : EIUS : (2) Le même
1. Le chapitre de Pamiers et plus tard la ville de Pamiers mirent dans leurs armoiries la nef traînée par les deux ailles portant le chef et le bras droit de saint Antonin.