I. Ap, IV, 4. — 2. Ap. V, 8. — 3. Ap. v, 10. — 4. Ap. V, II
d'instruments de musique, viole, cornemuse, cythare, orgue, etc. ; ces instruments, d'une très belle composition, sont étudiés avec grand soin dans leurs moindres détails et mériteraient, à eux seuls, une sérieuse et complète étude. Une plaquette horizontale, portant des inscriptions, les sépare des anges placés au-dessus. Une seule est encore un peu visible et porte : Sctus, sctus, dominus detis sabaoth, Pieni smit ceîi et ira glorïa itm.
Les anges placés au-dessus, un genou en terré également, d'une main encensent vers le ciel, et de l'autre tiennent la navette à encens; leurs ailes sont savamment disposées pour bien remplir l'espace resté libre entre le fenestrage et Parc de la voûte. Au-dessus du fenestrage, un ange à mi-corps, vu de face, les ailes largement déployées, tient un phîlactère sur lequel sont écrites les paroles du cantique que redisent sans cesse les quatre animaux en tournant autour du trône : SCS : SCS : SCS : DNS : DEUS : ONIPOTENS : QUI : ERAT : ET : QUI : EST : ET : QUI : VENTURUS : EST : (i) Une large bande horizontale, allant d'un chapiteau à l'autre, sépafe cette vaste composition de la vie légendaire de saint Antonin et porte des inscriptions relatives aux scènes placées en dessous, lesquelles se déroulaient dans un double registre d'arcatures superposées, séparées par une bande d'inscriptions de même hauteur que la précédente; ces arcatures trilobées, contenues dans des arcs surbaissés, au nombre de vingt par travée et disposés par rangées de cinq, contenaient quarante sujets sur lesquels quatorze sont encore visibles et méritent d'être étudiés chacun en détail.
Kicolas Bertrand, dans les Gesta Tolosanortiin , nous fait un long récit de la vie de saint Antonin. C'est de ce texte que s'est inspiré le peintre qui a retracé les principales scènes de cette vie ; c'est à lui aussi que rîous avons recours pour compléter cette histoire que vingt-six sujets manquants ainsi que leurs légendes laissent inachevée.
S- Antonin était fils de Frédélas, roi de Pamiers. vSon père adorait les idoles; mais lui-même, « co?n?ne tcnlts éclos par^ni les épines », fut dès son enfance un chrétien fervent. A la mort de son père, il quitte Pamîers, passe par Toulouse où règne son oncle Théodoric et lui fait part de son projet d'embrasser la vie monastique ; le roi cherche à l'en
I, Ap.iv, 8.
2l6 NOTES d'art ET D'ARCHÉOLOGm
dissuader : Teoder{c(iis) rex Thol(ps)e volutt,.. (i). A Tà^e de dixhuit ans, il habitait le désert avec quelques autres ermites :.,* XVIJJ annts herefnedicaiiri) vita{ijt) dtixit (2), et y opérait plusieurs miracles : A{ii)tonin(u)s v{ir)ga ierra{in) perctissit de qita o$i{îis) esi forts q{v)ï exiat ntttltis popidis m salutem. Il suivit ^i Rome le roi Pépin avec saint Antonin, archevêque de Rouen, guérissant les malades et les démoniaques; le pape Pie l'ordonna en sa présence (3) : Pipïn{7is) rex s{(iii)c{tti)m Anioninum p(er)q[îi)iri fecii que(m) deosculans d{o7m)ito Pio pape presentavît qui dîctum s{an)€tii)m ùi presbite{rurn) ordïnavit (4). Plus tard il se rend à Val-Noble (Saint* Antonin-de-Rouerg-ue), où il convertit au christianisme le roi idolâtre Festus, qui lui concède un domaine et un oratoire. L'oratoire construit, le saint fait ses adieux à Festus et lui promet avec larmes de revenir auprès de lui. Cela fait, il retourne à Toulouse où son oncle Théodoric Taccueille avec tendresse et lui offre lepiscopat de Saint- Sernin et diverses dignités qu'Antonin n'accepte pas / S{a7ictus) Anionm{us) ep{iscop)aiu{7n) s(anct)i Sat(iir)nini p{er) reg£{m) s(fâ}i oblaUi{in) 7'esptuty ad hti{7t)c re{s)p07ide7is se t{n)dîg?rH{7ï£). Bientôt, la scène change : sur une accusation d'inceste intentée par des calomniateurs, le saint est jeté dans une prison de Toulouse, nommée la « Spélonqtie votive », où il est accablé sous le poids des fers. Pendant sept jours, les anges le visitent et adoucissent ses maux. Le huitième joiyr, le jeune Almachius, fils d'un patricien de Toulouse^ pénètre furtivement dans la prison et vient prendre sa part du fardeau des chaînes. Le roi surprend Almachius et le fait précipiter du sommet du CapîtolCj « tour très antique bâtie entre le Château narbonnais et la Vîguerie *, mais un ange le soutient dans sa chute et le porte doucement, o comme une berceuse » , 7nore gertclce, au bas de la tour / Sianctus) Aiiiotii- 7i(t^s) i7i carcere po(7t)itu{r), Al7Hach{itis) ifttrat divimt{îis)^ pn^ipifa^ t{Mr)^ s(ed) adau{ge/is),.. Almachius se sauve dans la ville de Pencoma où Théodoric est fort surpris de le trouver vivant efapprendparsa
1. Nous donnons en italique le texte même qui accompagne les dîffcrentes scènes. Les lettres entre parenthèses sont remplacées par des abréviatioas.
2. La scène précédente nous le montre arrivant au nïilieu deij ermites €t re^ cevant le baiser de paix. La légende a complètement disparu,
3. Dans toutes les scènes saint Antonin n'est représenté qu'^avec la dalmatlquc des diacres.