Zone supérieure d'avril
3. Zur Wiederherstellung [eines aliferraresischen Aliarwerkes, dans la Zeiischrift fur bildende Kunst, livraison du 23 août i88i^.
publiée au commencement du XVII® siècle, rapportent que Lorenzo 0>sta peignit pour la chapelle des Griffoni à San Petronîo un saint Vincent Ferrier dont la prédelle fut exécutée par Ercole da Ferrara, c'est-à-dire par Ercole Roberti. Ces écrivains, au dire de M. Frizzoni, ont confondu Lorenzo Costa avec Francesco Cossa, et c'est Cossa qu'il faut lire. Or, M. Frizzoni suppose que le tableau principal était un triptyque, au centre duquel se trouvait saint Vincent, qui ne serait autre que le saint de la National Gailery baptisé du nom de saint Dominique (n^ 597)» et sur les côtés étaient placés le saint Pierre et le saint Jean de la galerie Barbi-Cinti, à Ferrare, tableaux qui ont la même dimension que le .tableau de Londres. Quant à la prédelle de ce triptyque, M. Frizzoni l'identifie avec la prédelle de la galerie vaticane, y reconnaît l'esprit et la main du peintre auquel sont dus les deux tableaux de Dresde relatifs à la Passion, et en fait honneur à Ercole Roberti. Enfin, contredisant le catalogue de la galerie vaticane, d'après lequel la prédelle en question représenterait plusieurs miracles du dominicain saint Hyacinthe, il voit dans les scènes mises sous nos yeux divers épisodes empruntés à la vie de saint Vincent Ferrier (i), jugeant avec raison que le tableau accessoire de la chapelle des Griffoni devrait se rapporter au saint figuré dans le tableau principal. — Ces ingénieuses hypothèses ne nous paraissent pas fondées. Selon nous, c'est bien saint Dominique et non saint Vincent Ferrier qui est représenté dans le tableau de Londrçs. Le rosaire, qu'il soit mis entre les mains du saint ou qu'il figure à ses côtés comme motif de décoration, et c'est le cas ici, indique toujours le religieux qui popularisa l'usage du chapelet, c'est-à-dire saint Dominique. Les seuls attributs de saint Vincent Ferrier sont la colombe, le monogramme de Jésus, une banderolle sur laquelle on lit c Timete Dominum et dati illi honorem quia venit hora judicii ejus », mots qui font allusion aux sermons de saint Vincent sur le jugement dernier, un drapeau, emblème d'enrôlement, un enfant (image rappelant qu'une mère folle ayant tué son enfant pendant que saint Vincent logeait chez elle, saint Vincent se fit apporter le cadavre et lui rendit la vie), une flamme au sommet du front, le lys, une trompette
I. S. Vincent Ferrier naquit en 1357 à Valence, en Espagne, fut admis dans Tordre de Saint Dominique en 1374, mourut en 141 9 et fut canonisé en 1455 par le pape Calixte IIÏ.
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(celle du jugement dernier), un chapeau de cardinal posé à terre parce que saint Vincent refusa le cardinalat (i). Si, du tableau de Londres, nous passons à la prédelle de la galerie vaticane, nous ne voyons pas que les épisodes de la vie de saint Vincent Ferrier cités par M. Frizzoni s'adaptent exactement aux sujets représentés. En outre, le style delà prédelle nous reporte bien moins vers les scènes de la Passion peintes par Ercole Roberti et conservées à Dresde que vers les fresques du palais de Schifanoia et les autres tableaux de Cossa que nous avons mentionnés.
L'accueil que Cossa rencontra à Bologne le dédommagea du peu d'estime que Borso lui avait témoigné à Ferrarc. Il trouva dans sa latrie d'adoption des protecteurs généreux qui surent l'apprécier.
. J'est lui qui fut le véritable fondateur de Técole bolonaise (2), car on ne peut regarder comme tel, malgré une tradition assez enracinée, mais ne datant guère que duxvn^ siècle, Marco Zoppo, très médiocre peintre, né à Bologne, qui fut élève du Squarcione et demeura presque toujours à Venise (3). L'illustre Francesco Francîa, qui fit son apprentissage chez un orfèvre de sa ville natale, se perfectionna très probablement dans le dessin auprès de Cossa, dont on peut voir qu'il a imité la manière en traitant les draperies des personnages représentés sur ses deux paix niellées de la Pinacothèque.
MM. Morelli, Harck, Venturiet Frizzoni classent parmi les premières œuvres faites par Cossa à Bologne une Annonciation (4) qui fut exécutée avec beaucoup de soin et de finesse pour l'église de l'Observance et que possède le musée de Dresde (n*^ 43 dans le catalogue de 1887 par M. Karl Vœrmann). Dans le catalogue de 1884 (n*^ 21, p. 95), M. Julius Hûbner l'attribuait à l'ancienne école florentine, en hasardant le nom d'Antonio del Pollaiuolo, tandis que MM. Crowe et Cavalca-
' selle, reconnaissant la main d'un maître ferrarais, y ont vu un ouvrage, soit de Baldassare d'Esté, soit d 'Ercole Grandi di GiuUo Cesare. Mais