‹ Notes d'art et d'archéologie (volume 3)Chapitre 64 sur 77 · MM. Crowe et Cavalcaselle n'en ont point parlé · texte numérisé non relu

MM. Crowe et Cavalcaselle n'en ont point parlé

2. Né en 1185 d'une des premières familles de Pologne, Hyacinthe fut admis par saint Dominique lui-même dans l'ordre des Frères-Prêcheurs, à Rome, et mourut en 1257, après avoir parcouru en apôtre toute la Pologne, la Prusse, la Poméranie, le Danemark, la Suède, la Norwège, le sud de la Russie, même la l'artarie et le nord de la Chine.

saint Hyacinthe au moment où il guérit en étendant la main une femme qui est tombée à terre et dont un jeune homme soutient la tête renversée. Un çrand nombre de personnages (hommes, femmes, enfants) assistent au miracle qui a lieu devant un édifice à quatre rangées de colonnes. — Uans la quatrième composition, la femme du boutillier du roi de Pologne, assise sur son lit, invoque saint Hyacinthe et est aussitôt délivrée d'une cruelle maladie* Au premier plan, trois femmes (une debout et deux assises) préparent des'linges pour la malade. Celle de droite fait songer à quelques-unes des femmes qui figurent dans la zone supérieure d'avril au palais de Schifanoia. En dehors de la chambre, on aperçoit à gauche un homme debout, à droite deux autres hommes debout, conversant, et un cavalier vu par derrière, qui se dirige vers une porte pratiquée dans un rocher aux découpures bizarres et invraisemblables.

En comparant les scènes empruntées à la légende de saint Hyacinthe, soit avec les femmes brodant (i), soit avec les courses (2) qui font partie des fresques du palais de Schifanoia, il serait facile de trouver des arguments pour établir que la prédelle de la galerie vatîcane est due à Francesco Cossa, auteur des principales peintures du palais de Borso : mêmes types, mêmes draperies anguleuses, même justesse de dessin, même recherche des raccourcis difficiles. Il n'est pas jusqu'aux détails introduits dans les fonds qui n'accusent une origine commune: le paysage n'est égayé par aucune plante; on remarque des clochers, des tours crénelées, des rochers percés à jour, des pans de murailles en ruine. La fresque de la Madonna del Baraccano, dont il sera question plus loin, pourrait aussi donner lieu à des rapprochements non moins décisifs. Quand on considère d'ailleurs le brillant émail du tableau, on ne peut trouver ce tableau sans analogie soit avec le saint Pierre et le saint Jean de la collection Barbi-Cinti, à Ferrare, soit avec le saint Dominique de la Galerie Nationale de Londres.

M. Frizzoni, cependant, propose une attribution diflféreùte (3). Vasarî, dans son histoire des peintres, Pietro Lamo, dans son GrcUtcola di Bologna écrit en 1560, et Masîni, dans sa Bologna perlustraia

Page 1