‹ Notes d'art et d'archéologieChapitre 15 sur 35 · C. Leroux-Cesbron · texte numérisé non relu

C. Leroux-Cesbron

BIBLIOGRAPHIE

L'ancienne église et les cloîtres de Silos. — Nous avons, ici même, rendu compte, en 1901, du beau volume consacré au Trésor de r abbaye de Silos, par Do m E. Roulin, le distingué membre correspondant de la Société de Saint-Jean.

Au surplus, les Notes d'Art et d'Archéologie avaient eu, plusieurs années auparavant, la primeur de quelques chapitres de cette publication.

Une occasion imprévue nous permet d'annoncer, aujourd'hui, que le savant bénédictin se prépare à publier un nouvel ouvrage qui sera intitulé : L'ancienne église et les cloîtres de Silos. Cette occasion, nous la saisissons avec empressement, et nous nous réjouissons d'avance de pouvoir, par la pensée au moins, replacer dans son cadre le trésor qui nous a été jadis présenté.

Dom Roulin est particulièrement désigné, d'ailleurs, pour la nouvelle tâche qu'il a entreprise. Pendant plusieurs années il a vécu à Silos même; il a exploré, en curieux et en archéologue, les moindres coins et les moindres détours des cloîtres et de leurs dépendances; il a laissé errer son regard curieux dans toutes les parties de l'église où, bien des fois, sa voix s'est associée au laus perennis des fils de Saint-Benoit ; la vieille abbaye n'a plus aucun secret pour lui. Depuis dix ans et plus, des documents abondants et inédits, notes, pièces d'archives, inventaires, croquis, photographies, se sont accumulés sans

relâche dans ses portefeuilles; il est en possession des éléments d'un texte richement documenté et d'une illustration incomparable.

Ce n'est pas tout encore. Dom Roulin ne s'est pas contenté de travailler sur place. Au cours d'un voyage récent, entrepris à cette intention, et dont les points extrêmes ont été Farnborough en Angleterre et le centre de l'Espagne, il a fait une ample récolte de curieux éléments de comparaison. Il a notamment étudié à ce point de vue particulier, les cloîtres si curieux qui existent encore dans les provinces de Burgos, de Ségovie et de Palencia.

Du reste, le sujet en vaut la peine. Je me reprocherais de le déflorer par des révélations anticipées et indiscrètes. Qu'il me soit cependant permis de présenter aux lecteurs des Notes d'Art et d 1 Archéologie un des cent quatre-vingt-dix chapiteaux du cloître de Silos. Ce morceau, dont l'intérêt n'échappera à personne, peut être comparé aux plus beaux chapiteaux du musée de Toulouse. Il date du xu e siècle, comme tous ceux du cloître inférieur. Ceux du cloître supérieur — car il y a deux cloître? superposés, tous les deux à quatre côtés et complets — sont plus probablement des premières années du xm e siècle, sinon de l'extrême fin du xn e . Les chapiteaux y sont variés, d'une exécution remarquable, d'une composition originale, parfois même bizarre et extravagante. On pourra en juger bientôt, car, si je suis bien renseigné, j'ai tout lieu de croire que lorsque paraîtra la présente note, les premières feuilles de L'Ancienne église et les cloîtres de Silos seront imprimées.

J'ignore si des archéologues ou des artistes, passant par Silos, n'ont pas obtenu la permission et n'ont pas eu le loisir de visiter l'abbaye, et d'y prendre des notes, des dessins, des photographies, en vue de publications projetées. Ce que je puis affirmer, c'est que personne ne saurait être ni mieux, ni plus légitimement en possession du sujet que le religieux érudit qui a longtemps vécu dans l'abbaye, qui s'y est dépensé sans compter, qui a travaillé sans relâche à la préparation de l'ouvrage qu'il se dispose à faire paraître. Ses travaux antérieurs ne sont-ils pas le plus précieux et le plus sûr garant de sa compétence et de sa conscience? Ne nous assurent-ils pas qu'il saura faire honneur à une réputation justement méritée?

A. Bouillet.

Les villes d'Art célèbres : Séville, par Ch.-Eugène Schmidt (in-4 , 155 pages et 1 1 1 gravures. Paris. H. Laurens, 11, rue de Tournon. Broché: 4 fr. et relié : 5 fr.). Voici un nouveau volume de plus de la belle collection de guides artistiques que nous devons à l'éditeur H. Laurens. Comme Gand et Tournai, avec Bruges et Ypres* le firent pour la Belgique, Cor doue et Grenade avec Séville résument un des aspects les plus attrayants de l'Espagne. Nous avons déjà présenté Cordoue et Grenade à nos lecteurs : Séville est édifié sur le même plan. Il étudie les vestiges de la domination romaine : l'aqueduc, l'amphithéâtre d'Italica, le mur d'enceinte. Son enquête sur le style mudejar est parfaite, et une belle suite de reproductions nous détaillent l'Alcazar, sa façade, la cour des jeunes filles, la chambre des rois maures, la cour des poupées, la magnifique salle des Ambassadeurs et les jardins. Avec l'art chrétien, nous abordons la cathédrale célèbre ajuste titre, ses figures de terre cuite, ses portes dont l'étrange Porte del perdon, sa custodia de Juan de Arfe, les nombreuses peintures de l'Ecole Espagnole qu'elle conserve, et parmi lesquelles une Werge, d'Alonso Cano, la Vision de Saint Antoine, de Murillo. Aux monuments civils se rattachent l'Hôtel-de- Ville, fastueux témoignage de la Renaissance, Santa-Paula, etc. Le xvn e siècle est moins heureux avec son Palais de San Telmo. Comme d'usage, le volume prend fin sur une série de type locaux et une description de

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la Feria qui mérite d'être notée pour sa sobriété. Cette monographie, comme la précédente, est le meilleur guide, que tout voyageur devra consulter avant de risquer un tête

à tête avec l'art espagnol.

André Girodie.

Les Eglises paroissiales de Paris : Saint-Eustacbe, Saint-Mcdard, et Saint- Jacques~du- Haut-PaSy par M. l'abbé A. Bouillet. (2 in-8°, gravures. Paris. Librairie Catholique, E. Vitte, 14, rue de l'Abbaye, à 1 fr.h

Après le succès des monographies qui précédèrent celles qui nous occupent aujourd'hui, il paraît inutile d'insister sur l'érudition de leur texte et le choix toujours heureux de leur illustration. Saint-Eustache, la plus populaire des églises de Paris, a un passé glorieux dont témoignent de nombreuses œuvres d'art que M. l'abbé A. Bouillet détaille avec soin. Les opinions que l'on porta sur elle furent contradictoires, et il faut savoir gré à l'auteur d'avoir insisté sur le jugement tout impartial qu'elle inspira au judicieux Palustre.

La célébrité de Saint-Médard a son côté regrettable. Eloignée du centre de Paris, dans un quartier dont nombre de parisiens médisent sans le connaître, on se plaît à oublier sa position pittoresque, ses verrières qui ont un certain attrait, son buffet d'orgue et ses boiseries. 11 en est de même pour Saint-Jacques-du-Haut-Pas, sa voisine, qui est bien loin d'avoir le même intérêt artistique.

De ces trois sujets d'études un peu ingrats, M. l'abbé Bouillet a fait une œuvre dont on ne saurait trop louer l'exactitude descriptive et historique. Elle sera appréciée de ceux qui connaissent les dix fascicules qui parurent déjà et que ces derniers tardèrent un peu à suivre. Elle nous fait désirer les monographies de Notre-Dames-des-Victoires, du Sacre- Cœur, etc., etc. que l'auteur prépare. A. G.

Gabriel Fleury. Mélanges d'archéologie et d'histoire, tome I er (in-8°, 337 p. et gravures. Mamers. G. Fleury et A. Dangin).

L'auteur de ces mélanges n'est pas inconnu de ceux qu'intéressent la province du Maine. Les Noies d'Art ont eu déjà l'occasion de signaler son érudit Guide illustré pour Mamers , suivi d'une notice sur l'Abbaye de Perseigne. paru en 1901. Deux ouvrages de lui : le Cartulaire de cette même abbaye et l'étude sur la Cathédrale du Mans, ont eu les faveurs de la Société française d'archéologie, aux congrès d'Arras et de Chartres. Parmi les- dix-neuf études de ce dernier volume, avec la Statue équestre de travail galloromain, trouvée à Villaines-la-Carelle, d'un travail si curieux, il convient de signaler une magistrale étude sur les Portails romans du XII* siècle qui précise, à l'aide d'excellents documents, l'iconographie des portails d'A vallon, du Mans, de Bourges, de Chartres, de Saint-Loup de Naud, de Saint-Ayoul de Provins, d'Angers, d'Issy et d'Etampes. Ajoutons que le tirage des planches hors texte, d'après des photographies de l'auteur est d'une fidélité que Ton ne saurait trop louer. A. G.

Parmi les récents ouvrages, signalons encore les Notes de voyages, de M. le comte de Chabot, auteur de la Chasse à travers Us Ages que nous avons déjà étudiée. En un beau volume orné de 40 gravures (in-8°, 284 pages. Paris. Librairie des Saints-Pèresl, l'auteur nous communique ses impressions sur les bords du Rhin, la Belgique, la Hollande,

l'Ecosse, la Savoie, la Suisse, les Gorges du Tarn et Carcassonne. — Sur Y Àposioliciié de l'Eglise de Sens, de M. le chanoine Blondel, notre confrère de la Voix de Notre-Dame de Chartres s'exprime en ces termes :

« Cette brochure commence par une introduction fort intéressante sur Yorigine apostolique des principales Eglises des Gaules. En France, toutes ces Eglises (trente environ | reconnaissent qu'elles ont été fondées soit par les apôtres, soit par les disciples des apôtres, c'est-à-dire, les unes au I er siècle, les autres au second siècle ou plus tard.

« Mais voici que, depuis 30 ou 40 ans, un groupe de critiques et d'érudits s'efforce de ruiner cette antique croyance en renouvelant, contre elle, les attaques de Launoy. Comme lui, ils prétendent que les documents où sont contenues ces traditions ne sont pas suffisamment anciens, n'ont rien d'authentique, et que la tradition tant vantée émane de l'imagination de moines faussaires.

« C'est à la réfutation d'une telle théorie que sont consacrées les cent pages de cette étude, où, notamment, sont mis à néant l'argument des Listes épiscopaUs et celui qui parle de fictions monacales. » (ln-8°, Poulain-Rocher, Sens).

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/ # Angleterre. — Famboroug (comté de Hampshire). — L'humble demeure des bénédictins, tout à fait voisine de la jolie chapelle qui s'élève au dessus de la crypte où reposent les corps de Napoléon III et du Prince impérial, s'est augmentée, en 1902, d'une construction importante qui représente le commencement d'un monastère simple, grave et vraiment monumental. Le style adopté est le roman. En soi, cette nouvelle construction est bien, — et bien, aussi, sera tout l'édifice, nous en sommes convaincu, après avoir vu les dessins (plans, coupes et façades) du très habile architecte de Londres, M. Williamson. Mais, nous regrettons vivement l'adoption d'un style austère, à côté de la chapelle qui offre l'élégance du gothique, uni déjà à la Renaissance. Puisque la chapelle existe, il convenait, il importait plutôt d'adopter le même style de la fin du xv« siècle, ce style gothique que les architectes anglais connaissent si bien. On peut faire simple, même en gothique, et nombre de constructions anciennes et modernes d'outre-Manche nous l'ont démontré maintes fois.

Aider bbot (Hampshire). — On va remplacer la pauvre église catholique par un édifice plus digne de Notre Seigneur. Ce National Mémorial, comme on l'appellera, s'impose dans la ville militaire qui compte un nombre considérable de soldats irlandais, presque tous catholiques et pratiquants.

Siitingbourne (comté de Kent). — L'église dont on a parlé le plus, et au sujet de laquelle on a écrit le plus (les lecteurs du Catbolic Times en savent quelque chose) est assurément celle de Sittingbourne, — une église neuve, de style gothique, comme presque toutes les églises nouvelles, — une église due à la générosité d'un très grand nombre de catholiques anglais et au zèle incroyable du curé, Father O'Sullivan. La construction a été à peu près achevée l'année dernière. Il ne reste plus guère que l'ameublement à lui offrir et, sûrement Father O'Sullivan saura le lui trouver.

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Londres. — Cathédrale catholique. Nous ne voulons presque rien en dire. Bien vite elle s'est élevée; bien vite, espérons-le, elle sera décorée. L'immense vaisseau, de style byzantin, était, en 1902, d'une nudité choquante, sans les mosaïques, sans, du moins, les peintures à fonds d'or qu'il réclame à bon droit. Autant cet intérieur est maintenant triste et désolé, autant il sera riche, imposant et de grand caractère religieux, quand l'ornementation et le mobilier seront finis, à en juger d'après les dessins de l'architecte.

/, Flandres. — Lille. — 11 a été opéré, à Lille, dans le courant de l'année dernière, d'importants travaux sur une ancienne propriété, grande et belle campagne située place de l'Arbonnoise, en face de l'église d'Esquermes, ex-banlieue de Lille.

Les terrassiers ont mis à jour une assez grande quantité de débris de tuiles romaines, dont l'un percé d'un trou rond, de fragments de poterie rouge lustrée, de monnaies romaines de Trajan et d'Adrien, de poteries du moyen-âge et même un très curieux tranchant de hache polie qui paraît être en serpentine. Ce sont là des traces d'un centre d'habitation continu depuis la plus haute antiquité. 11 est donc probable que la rue de Canteleu actuelle, dans laquelle se trouve la très vieille église des Clarisses, but ancien de pèlerinage, n'est autre qu'un très vieux chemin. Ce sont là des indices à noter pour la topographie historique de la ville de Lille.

— Dans le jardin d'une maison de la place aux Bleuets, à Lille, on a découvert des substructions en maçonnerie, qui semblent avoir soutenu un pont; de plus, un fût de colonne et deux ou trois pierres blanches de forme octogonale. Il est possible que ces débris soient ceux d'une poterne de l'antique château de Lille ou de Courtrai, qui se trouvait près de cet endroit.

— Bermerain (Nord). — Des fouilles entreprises dans cette commune ont amené des découvertes d'un très grand intérêt. A dix-huit mètres de profondeur environ, on a retiré d'importants blocs de pierre, pesant de 4 à 500 kilos, des fragments de colonnes et des chapiteaux d'applique, restes d'une construction plus solide qu'élégante.

La date de l'édifice, dont ces débris ont fait partie, peut être fixée par les poteries et les médailles rencontrées au milieu d'eux; on y a trouvé, en effet, des fragments de poteries gauloises du i er siècle, sans y voir de poteries lustrées rouges qui ont été en usage jusqu'au iv« siècle. On a découvert dans les substructions, des traces nombreuses d'un incendie qui aurait pu éclater durant les guerres de la fin du 111 e siècle, dont la Gaule- Belgique eut tant à souffrir. Parmi les objets mis à jour se trouvaient des poteries vitrifiées, une statuette en bronze de Mercure très détériorée, un passant de collier en or, un grand nombre de monnaies romaines s'échelonnant de Faustine à Posthume et agglomérées par le feu. La plupart de ces objets, même les pierres, ont été envoyés au Musée de Lille.

Ces renseignements archéologiques, recueillis à Bermerain, ayant été soumis à la Commission historique du département du Nord, plusieurs de ses membres ont fourni des indications tendant à prouver que Bermerain devait être l'ancienne station romaine d'Hermoniacum.

Ne faudrait-il pas lire Bermoniacum, au lieu d'Hermoniacum, sur la table de Peutin-

ger, où abondent de semblables fautes? C'est une hypothèse d'autant plus vraisemblable,

que la distance de Bermerain à Cambrai est exactement de onze lieues, ainsi que l'indique

la carte de Peutinger pour Hermoniacum.

A. De Meunynck.

Bretagne. — Finistère. — Société archéologique du Finistère. — Les principaux travaux publiés dans le Bulletin de cette société, dans le courant de 1902, sont :

Nouvelle exploration du tumulus de Poulguen, en Penmarch, par M. A. Martin.

Lettres d'Algérie (description des ruines de Tipasa, de Cbercbel, du Madrasen, etc.). par M. A. Martin.

Description dune partie des monnaies romaines du Trésor de Saint- Pabu, par M. A. Martin.

Les chapelles du Cap-Sizun, par M. H. Le Carguet.

Des dolmens et des menhirs sur les montagnes de Khasia et de Jaintia [Hindoustan), par M. le pasteur W. Jenkyns Jones.

Un âge du cuivre ayant précédé l'âge du bronze a-t-il existé en Armorique? par M. P. du Chatellier.

L'Ue-de-Sein au xviu e siècle, par M. H. Le Carguet.

Le Bulletin de la Commission diocésaine d'architecture et d'archéologie a continué pendant sa seconde année l'étude de l'architecture religieuse en Basse-Bretagne, par M. le chanoine Abgrall, et la publication du cartulaire de la cathédrale de Quimper, par M. le chanoine Peyron; elle a commencé la monographie détaillée des paroisses du diocèse, en les prenant par ordre alphabétique, de manière à former un répertoire facile à consulter. Déjà six paroisses ont été étudiées, et bientôt ce travail pourra marcher plus activement.

Le Musée d'art religieux, crée par Monseigneur l'Evêque dans une des salles de son palais épiscopal, commence à s'organiser; on y a déjà recueilli et classé un bon lot de statues, bas-reliefs, sculptures, albâtres, manuscrits du moyen-âge, vieux imprimés, bannières, monnaies, médailles, voire même une vieille cloche et un tronc pour offrandes, en chêne fortement bardé de fer, avec fermeture solide et artistique.

M. le chanoine Abgrall a publié dans la " Revue de Bretagne '' : Les monuments du culte de Sainte-Anne dans le diocèse de Quimper ;

dans le " Monde Catholique illustré " : Au pays des clochers à jour ;

dans le " Bulletin Monumental " : Croix et Calvaires dn Finistère.

A l'église monumentale de Locronan, xv e siècle, la Commission des Monuments historiques fait exécuter de bons travaux de restauration : rétablissement de galeries et balustrades extérieures, contreforts, pinacles, arcs-boutants.

Dans la très intéressante église de Lambour, xn° siècle, dévastée il y a quelques années par l'ancien maire de Pont-1'Abbé, trois piles et cinq arcades se sont effondrées, et le reste menace de s'écrouler prochainement.

»% Lyonnais . — Excursion archéologique de la Diana à Vougy, Briennon, La Bénisson- Dieu. Le 24 juin 1902.

Programme

Vougy. — Eglise paroissiale construite d'après les plans de M. Corroyer. On a conservé l'ancienne chapelle seigneuriale, fondée en 1488 par Henri de Molles, seigneur de Vougy et Claudine de la Palu, sa femme. Parements d'autel. Retable en pierre de style gothique et retable peint de l'école florentine. — Château. Demeure seigneuriale du xviii» siècle. Mobilier Louis XV. Portrait de Henri IV, provenant de la Bastie d'Urfé. Portrait de Cinq-Mars Sarcophage antique.

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Briennon. — Sanctuaire roman de l'église paroissiale (xn« siècle . Chapiteaux historiés. Sur le pignon de la façade principale, statue de la Vierge.

La Bénisson-Dieu. — Eglise cistercienne fondée en 1 138. Le grand comble du vaisseau, recouvert de tuiles ém ai liées polychromes, et la tour quadrangulaire de l'entrée sont des ouvrages de la fin du xv e siècle, dus à l'abbé commendataire Pierre de la Fin. Chapelle des Nérestang (xvii siècle).

Le mobilier de l'église renferme de nombreuses richesses d'art et d'archéologie. — Dans la nef, crucifix en bois {les vitraux sont actuellement en réparation). Dans le bas côté gauche, cinquième travée, autel en pierre du xn e siècle. — Dans le bas côté droit, première travée, reste d'une peinture murale, représentant la Crucifixion (xv« siècle). Petite collection lapidaire : Sarcophage d'Alix de Suilly, comtesse de Forez (xui* siècle); Dalle tumulaire du chevalier Humbert de Lespinasse et de sa femme (1323); Statue de Dieu le Père (xvi e siècle). — Même bas côté, troisième travée : Siège abbatial à cinq places (fin du xiv 8 siècle; Piscine gothique. — Cinquième travée : Chapelle de Sainte- Marguerite ; Autel en maçonnerie (fin du xv e siècle) ; Statues de Sainte Anne et de la Vierge Mère. — Dans le chœur : retable en menuiserie (xvir 3 siècle) ; Le Frappement du rocher et Moïse sauvé des eaux, anciennes copies d'après Nicolas Poussin ; Le Christ au tombeau, ancienne copie d'après Nicolas Mignard. — Dans la sacristie, restes de peintures murales du xvir* siècle, avec une vue de La Bénisson-Dieu (1646); — Ornements : i° Parements pour cérémonies mortuaires, 1667; 2 Parement brodé de soie aux armes des Nérestang; 3 Deux autres parements brodés; 4 Magnifique chasuble brodée, aux armes des Nérestang; Petite sculpture sur bois du Calvaire (xv e sièle).

Le trésor conserve trois reliquaires anciens en argent et une pyxide : i° Reliquaire cylindrique portant l'inscription SCA MARGARETA (xm e siècle) ; 2 Reliquaire de forme pyramidale, donné par l'abbesse Françoise de Nérestang (1634); 3 Reliquaire en forme de diptyque (xvn« siècle).

Dans la chapelle des Nérestang, peintures murales de l'école italienne (?); Inscriptions tumulaires; Statue de la Vierge, sculptée à Gênes et donnée par Jean-Claude de Nérestang.

LES PETITS SALONS

De païon de$ Indépendant» (1903)

'est-ce pas M. Signac qui a dit : « Le Salon des Indépendants est une barricade. » Parole précise, résumant très justement le caractère et la portée révolutionnaire de la Société qui expose, en ce moment, ses œuvres dans les serres de la Ville de Paris.

Une véritable barricade, en vérité, élevée contre l'invasion de l'esprit académique, dressée pour battre en brèche l'enseignement officiel et destinée à protéger quelques jeunes gens laborieux et sincères, peu soucieux d'attraper a U mal de l'Ecole. »

Il y a une vingtaine d'années, alors que les impressionnistes étaient honnis par tous,

méconnus, raillés, quelques-uns d'entre eux tentèrent de se grouper et d'organiser sinon une résistance qui, à cette époque, ne pouvait être bien efficace, du moins une Société, un Syndicat ouvert à tous et où chacun trouvait le moyen d'exprimer librement sa pensée et d'en appeler au public qui, jusque-là, ne pouvait guère connaître que les chefs-d'œuvre de nos grands pontifes.

Les fortunes de la Société furent diverses et si, vraiment, ce n'est point la place d'en faire l'historique, il importe de dire qu'à l'heure actuelle, elle semble sortie des difficultés qui, maintes fois, l'assaillirent et que chaque année elle voit augmenter ses adhérents dans le même temps que la critique signale les progrès réalisés, la marche accomplie.

Les Indépendants, aujourd'hui, ont acquis le droit à la vie, et il faut espérer que l'heure est proche où le Gouvernement, comprenant l'intérêt immense qu'offre cette pléiade de jeunes artistes, chargera son Ministre des Beaux-Arts de lui assurer, au moins, un sort aussi favorable que celui qui fut fait aux autres Sociétés de peinture.

On doit à la vérité de dire, que forcément, dans une telle agglomération, bien des ignorants, bien des incapables arrivent à se glisser, mais les médiocres y sont en très petit nombre. Si quelques-uns se trompent et s'égarent, ce n'est jamais d'une façon volontaire, comme il arrive aux exposants des autres salons.

Quelques faux moines, aussi, qui ont trahi leurs anciens maîtres ou qui ont été lâchés par eux, étonnent en ce milieu révolutionnaire et on ne peut s'empêcher, en voyant les œuvres de MM. Valton, Ottoz, Erdès, Baudin, Benoni-Auran, La vaux, Gohier, Tzaud, de rechercher les raisons qui ont pu les décider à renoncer aux honneurs des cimaises officielles.

Pourquoi, MM. Piet, Lebasque, Sickert, Giran-Max, ont-ils privé la Société Nationale d'une peinture si chère au cœur de M. Carolus-Duran ?

Et que dirons-nous des œuvres de MM. Albert Murel, Suc, Jeandin, Philibert, Van Ryssel et de M mes Richar et Léa de Bompart qui, pour sa part, agrémente ses peintures de poésies d'Hugo qui, à cet endroit, semblent déroulées de quelque mirliton?

Tous ces derniers forment un groupe assurément très réjouissant, mais dont le seul mérite est la bonhomie qui se dégage du motif choisi, ou de la liberté qui a présidé à l'interprétation.

L'allégresse est la caractéristique de tout ce noyau qui s'est peu à peu formé autour du peintre Henri Rousseau, un des pères conscrits du Salon des Indépendants, et aussi le plus naïf et le plus touchant des Primitifs du commencement du xx e siècle!

Grâce à lui, une sorte de Renaissance a lui, qui n'a pas encore, malheureusement, dépassé l'enceinte de l'exposition, mais qui a pour effet d'y entretenir, chaque année, un peu de la vieille gaité française que les peintres contemporains délaissaient !

Pourquoi des nouveaux venus, comme MM. Munch et Tuch, ont-ils, cette fois, jeté dans ce concert de félicité et de bonhomie des notes douloureuses et tragiques?

Enfin!

L'intérêt, par ailleurs, qu'offrent des quantités de toiles nous servira mieux.

Au centre de l'exposition quatre toiles de M. Forain retiennent le visiteur; elles sont très intéressantes et témoignent de la valeur de l'artiste, mais, en regardant « Us Danseuses, » comment ne pas se souvenir du mot cinglant de Degas: « Ce Jeune homme vole de nos propres ailes, » Et, forcément, on songe, devant le tableau qui est au dessous, à d'autres œuvres qu'il évoque, aux œuvres de Daumier, plus spirituelles et plus fines, mais jamais si méchantes.

Après M. Forain, M. Maurice Denis, qui semble bien être, parmi tous, celui qui s'est, jusqu'ici, le plus affirmé et le plus maintenu dans le sens qu'il avait choisi. Malheureusement, on ne peut bien juger par quelques toiles d'exposition, des qualités de composition qui sont très grandes et il faudrait une longue étude pour mettre en lumière le .sentiment toujours délicat de cet artiste et la formule qu'il a adoptée.

Et, puisque je viens de citer le nom de M. Maurice Denis Je me tiens obligé à produire celui de M me Marval qui se réclame de lui et qui, de jour en jour, s'efforce vers un symbolisme analogue.

Malheureusement, M me Marval n'a ni le talent, ni l'acquit du précédent et elle trébuche; son dessin est raide, anguleux, d'une lourdeur effroyable. La couleur arriverait peut-être à créer une atmosphère assez agréable si Ton ne sentait peser sur tout cela une prétention ridicule. 11 semble qu'elle ferait bien d'imiter M. Octave Fluchaire qui s'était engagé, lui aussi, dans cette voie et qui a fait un demi-tour courageux. 11 est revenu, simplement, à l'étude consciencieuse de la nature, et si son envoi n'est pas excellent, cela tient au temps perdu précédemment et à une insuffisance de travail, mais on peut augurer le bien futur d'une pareille résolution.

M. Deborne n'aura qu'à gagner, semble-t-il, à suivre cet exemple. Lan dernier, son envoi était plus personnel et plus sensible.

Quant aux pointillistes, ils sont venus, comme toujours, en nombre, mais sans apporter de choses nouvelles.

MM. Cross, Signac, Rysselberg continuent, avec beaucoup de talent et de délicatesse, à couvrir de grandes toiles de petits points de couleur, mais, comment ne se rendent-ils pas compte de la misère de leur procédé qui produit l'effet le plus pénible?

Cette mosaïque, possible à cinquante mètres, ressemble de près à un champ de conffetti. D'autre part, la couleur y est accumulée en pure perte, car, pas une de ces toiles n'est lumineuse. Elles éclatent toutes, mais sans donner l'impression de l'air et de la lumière.

On doit profondément regretter que de pareils artistes, incontestablement doués, se soient enfermés dans un cercle sans issue. Ils se sont condamnés à faire toujours des petits points!... Quelle perspective!

M. Luce est aussi un pointilliste, tout comme M. de la Rochefoucauld, mais sans la délicatesse des précédents. Son dessin est lourd, commun, sans expression.

Quant à M. Villaume il inaugure le confetti carré, de sorte qu'on a l'impression d'un damier. Sur sa toile on pourra, quelque jour, jouer une partie d'échecs.

Un groupe, bien plus intéressant et qui s'élance dans un champ de recherches nouvelles, réunit quelques jeunes décorateurs lyonnais.

MM. Charmy, Puy, Martin, Durand, — ce dernier surtout — ont exposé des études de fleurs et de fruits qui dénotent une habileté énorme, un sens très fin de la décoration. On imagine très volontiers de grands cafés décorés par de tels artistes et il est certain qu'au milieu des vaisselles d'argent et des lustres, cette peinture remplacerait avantageusement les panneaux imbéciles qu'on y accroche d'habitude.

Mais doit-on attendre quelque chose de ce côté et peut- on espérer des architectes un peu plus de goût et d'initiative?

Il faudra peut-être patienter.

MM. Vuillard, Bonnard, Roussel, n'augmentent pas leurs qualités et ne nous montrent que des choses bien connues; cela, très probablement, parce qu'à plusieurs reprises la critique contemporaine a couronné leurs fronts de lauriers immortels.

Ne leur a-t-on pas dit qu'ils prolongeaient le grand mouvement déterminé, il y a quelques années, par Renoir, Cézane, Monet?

Craignent-ils, aujourd'hui, en faisant un pas en avant de tromper l'attente de leurs amis ou bien préfèrent-ils s'immobiliser dans le triomphe?

M. Valloton qui, une seconde, fut des leurs, a tenté d'autres efforts, et il ne semble pas s'en trouver plus mal. Sa peinture est solide et large, son dessin intelligent et plein de caractère. H suffit de regarder son paysage pour se rendre compte de la distance qui le sépare des précédents. Au lieu de s'anémier dans les demi-teintes, il accentue et précise avec une énergie pleine d'entrain et de vie. Cela le rapproche de quelques autres artistes dont on a, jusqu'à ce jour, assez peu et trop peu parlé et qui seront bientôt la force active et vivante des Indépendants.

MM. Marquet, Henri Matisse, Camoin. Manguin, sont unis dans les mêmes recherches et par les mêmes aspirations.

Le souci continuel des valeurs leur est commun et sur cette base solide de travail ils poursuivent un but de vérité qu'ils atteindront assurément.

M. Marquet paraît le plus résolu. Chez lui, la sincérité de l'étude et de la recherche est telle que le sentiment général semble parfois en souffrir, mais cet excès d'exactitude ne saurait toujours lui nuire. Avant peu, les choses qui sont encore un peu dures, s* atténueront, s'envelopperont et l'œuvre apparaîtra vraiment belle d'émotion et de franchise. Le jour où il condensera dans la composition, les résultats de ses observations, je ne doute pas une minute qu'il ne réussisse à y mettre une parcelle de vérité.

Tout l'art n'est- il pas là-dedans?

L'envoi de M. Marquet est, chaque année, plus instructif, et il est aisé de noter les qualités qui s'affermissent. Cette fois, je crois qu'il témoigne d'un plus grand souci de la qualité du ton que Gustave Moreau recommandait tant à ses élèves.

Et M. Marquet ne tiendrait-il pas ce souci, de son ami Henri Matisse? Celui-ci nous avait habitué à des coloris puissants, à des vibrations habilement soutenues, et voilà que tout à coup il semble hésitant, indécis et on pourrait croire qu'il recommence à nouveau toute une série d'études dont il douterait.

11 paraît donner tous ses soins au modelé, au caractère bien plus qu'à l'exactitude des valeurs.

Arrivera-t-il à dégager sa personnalité?

MM. Manguin et Camoin travaillent résolument à cela et ils y parviendront Les portraits exposés par eux sont remplis de qualités. L'Homme au chapeau de paille de M. Manguin est plein de lumière et de vie et quant au portrait de Signoret, par M. Camoin, il reste, en dépit de quelques défauts, une chose très délicate de sentiment.

A côté d'eux, se tient M. Charles Guérin.

Un talent facile, agréable, lui est échu en même temps qu'un esprit critique très juste et cette facilité, en maintes occasions, lui a peut être été préjudiciable. N'en a-t-il pas usé pour faire successivement du Gustave Moreau, du Bu me Jones, du Lawrence, du Cézanne, du Monticelli? Aujourd'hui, encore, n'est-il pas n la remorque de toute l'école anglaise?

Quoiqu'il en soit, il serait injuste de lui chicaner une habileté et une science qui peuvent un jour l'aider à produire des choses plus individuelles et plus émues.

Quant à M. Louis Sue qui nage dans son sillage, exactement comme M œe Marval, derrière M. Maurice Denis, que dire, sinon qu'il n'a rien de ce qu'il faut pour cela.

Si M. Guérin arrive, presque toujours, à sauver la situation et à masquer le vide et In

fragilité de ses compositions grâce à une habileté qui est grande et grâce aussi à un goût qui est sûr, M Sue, lui n'y arrive point. Sa couleur est violente, sans à propos et sans ustesse; son dessin est sans grand caractère.

Le Portrait d'homme exposé par lui est mal établi, sans plans et sans lumière.

Ces défauts existent également chez M. Dufresnoy qui semble pourtant bien mieux doué ; mais quelle exhubérance !

Et celle-ci mal contenue, porte l'artiste à exécuter trop rapidement sans soucis des difficultés de la route. A chaque instant on remarque des fautes de valeurs qui confondent tous les plans et nuisent à la concentration. C'est souvent très bien par morceaux mais jamais d'ensemble.

M. Milcendeau reste sur place et y digère ce qu'il a pris dans le temps à M Yturrino. Malheureusement, il n'a pas le tempérament du jeune peintre espagnol, de sorte qu'il risque fort de finir dans de pauvres imitations et dans des redites continuelles.

Hier, il traduisait des scènes espagnoles et voilà qu'aujourd'hui il apporte le même esprit, le même sentiment dans la vision d'un marché vendéen !

Et comme tout est fragile là-dedans!

11 y a sur ce marché un coup de vent qui va culbuter tout à l'heure les hommes et les bêtes ! ils sont tous, comme un château de cartes, à la merci d'une chiquenaude.

MM. de Regoyos et Losada sont peut-être plus personnels, mais que d'efforts avant de mettre là-dedans un peu de vie et de poésie, un petit brin de sentiment. Tous les deux ont fait mieux dans le temps.

Par ailleurs, l'envoi de M. Ricardo Florès se ressent des petits dessins qu'il exécute pour des feuilles illustrées.

C'est habile, mais sans caractère.

Exactement comme les études de MM. Launay, Lempereur, Minart. Ce dernier, surtout, dans ses scènes du Moulin-Rouge a déployé uue verve et une habileté prodigieuse. Il n'y a rien ou presque rien et cependant il semble y avoir quelque chose. C'est l'essentiel ; le tour est joué et l'amateur y est pris.

Pas de dessin du tout, un mouvement truqué, fait entièrement de chic, une demiteinte qui enveloppe le tout : Voiià la recette.

M. Bottini, l'a mise, il y a déjà quelques jours à la mode.

Quant à M. Roux-Champion il a un véritable talent que l'on pourrait utiliser en société. 11 pastiche avec assez d'entrain et il n'est guère de maître contemporain dont il ne puisse se dire le continuateur. Sisley, Guillaumin, Lautrec, Jongkind l'ont cette fois plus particulièrement séduit puisqu'il a entrepris de nous faire connaître leurs talents et... le sien.

M. Vacquier, plus modeste, borne son admiration à Meissonnier et à Henri Rousseau. 11 emprunte, au premier sa patience, au second sa naïveté, et avec le tout il ne fait pas grand chose.

Mais voici M. Jean de Caldain, peintre symboliste, métaphysicien et auteur de tableaux représentant des femmes conscientes dans le mal. Cet artiste n'a-t-il pas les sympathies de M. Huysmans et du Sar Peladan? Alors, passons, c'est un brevet qui doit lui tenir lieu de talent. Mais je tiens à signaler aux deux augures la série des femmes inconscientes dans le mal de M. Mérodak-Jeaneau.

Lesquelles l'emporteront symboliquement? Cruelle énigme !

Voici heureusement de bien meilleures choses; elles sont de M. Francis Jourdain dont le sentiment se traduit d'une façon charmante et dont la délicatesse est extrême. «D'autres

de M. Lehman qui a envoyé deux paysages très fins et aussi deux natures mortes pleines de sensibilité.

M. Laprade, aussi, est plein de délicatesse, mais, c'est peut-être un peu trop précieux. On goûterait davantage un peu plus de sincérité.

Pour sa part, M. Lacoste enveloppe toutes ses études dans des gris assez délicats, mais comme c'est creux ces maisons du fond des jardins! Il faut néanmoins le louer pour toute l'émotion qu'il a apportée.

Dans la manière de Berthe Morisot, Mme Paule Gobillard, élève de M. Renoir peint avec beaucoup de fraîcheur et quant à Mlle Kronglikofï, elle continue à nous montrer de très jolis dessins aux arabesques très harmonieuses et sûrement influencées par les maîtres japonais.

Mais il faut se borner et forcément passer sous silence bien des œuvres où Ton aurait pu relever de réelles qualités.

En résumé, beaucoup de bonnes choses ; un peu trop éparses, peut être, mais qui se développeront et se condenseront un jour. Les peintres qui demain seront les maîtres de la peinture exposent là sous nos yeux, essayons de les voir et de les aider.

Pierre Mouliet.

CALENDRIER DU MOIS

HISTOIRE DE L'ART

*.* MM. Georges Lafenestre et Eugène Richtenberger continuent la série de leurs catalogues raisonnes des œuvres principales conservées dans les musées, collections, édifices publics et religieux par Rome : le Vatican et les Eglises, tome I" d'un ouvrage dont le tome II détaillera les musées et les collections particulières. (Paris, Société française d'éditions dart, 9, rue Bonaparte, 10 fr.).— La librairie de l'Art ancien et moderne, 60. rue Taitbout, met en vente trois nouvelles études : Fantin- Latour, par Léonce Bénédite; Emile Galle, par L. de Fourcaud; Félix Ziem, par L. Roger-Miles. — Le Figaro illustré a consacré son numéro de mars à P.-f. Jeanniot. — M. Henry Lapauce vient de publier Cent portraits destinés de J.-A.-D, Ingres, des principales collections particulières. (Paris, J.« E. Bulloz, 21, rue Bonaparte. En souscription, 600 francs). — M. P. Verneuil publie une Etude de la plante dans son application aux industries d'art. (Paris. Emile Lévy, i3, rue Lafayetie. 60 fr.}.

REVUE DES REVUES

V Le Bulletin de l'art ancien et moderne.

(Févrierl. — Peintre du Ministère de la Marine, par M. Stéphane. — Echos et Nouvelles. — Chronique des ventes : Tableaux, Objets d'art, Curiosité, par M. Marcelle Nieolle. — Expositions et Concours, par M. Ed. Ceria. — Correspondance du Caire : Le salon annuel, par M. F. — Les Revues : Revues françaises, Revues étrangères.

— (Mars). — A propos du droit de reproduction. — Echos et nouvelles. — Chronique des Ventes :

Tableaux, Objets d'art. Curiosité, par M. Marcel Nieolle, attaché honoraire au musée du Louvre. — Livres, par M. B. J. — Expositions et Concours, par M. Ed. C. — Correspondance de Bruxelles : Le Salon de la « Libre Estnétique », par M. F. — Les Revues : Revues françaises, Revues étrangères.

— La Revue Septentrionale. (Mars). — A propos d'un Musée de gravure, var Léon Bocquet.

• Le Musée de peinture de Lille est célèbre. Ce qu'on connaît le moins, c'est le musée de gravure. Ln une des salles de l'Hôtel de Ville, on vient de le réinstaller. Lors de l'ouverture, le mois dernier, j'en ai fait dans Y Echo du Nord l'historique et j'ai dit les multiples péripéties par où il avait passe et qui entravèrent, jusqu'à ce jour, son développement.

« Je ne reviendrai pas sur un énoncé de faits qui tous, il s'en faut, ne sont pas à l'honneur de l'intellectualité esthétique de nos édiles, trop souvent insoucieux de nos richesses d'art.

« Il importe pourtant de signaler quelques-uns des précieux documents que renferme la collection lilloise.

• Il sera loisible —et telle est au surplus l'intentention de M. Desplanque, le réorganisateur — d'établir là des expositions permanentes permettant de suivre de près le développement de la gravure et l'évolution de l'art septentrional en ce genre.

■ Le nouveau musée est riche en graveurs allemands et hollandais, moins en italiens. Les français y tiennent place fort honorable. Nous y avons vu d'excellentes épreuves d'Albert Durer, de Jac- Binck, de Bloomaert, de Bosse.de Thomas de Leu

QD

de Thomassin, de Léonard Gautier, en outre d'une belle série de Earlom, de 80 pièces au moins des Caprices de Goya le Fantastique, de quantité de gravures au burin et sur bois dont un camaïeu de Jegher. Citons encore du Pontius, du Bolswertz, du Withouert... Les graveurs et lithographes lillois, de Martin Baes a Leroy, y occupent un box spécial.

« Mais entre tant d'œuvres, peut-être suffirait-il de signaler la richissime collection des quatre frères Vaillant : Bernard, André, Jean et Wallérant, le plus illustre. Elle comprend, en sus de quelques peintures et dessins, des gravures dans la manière noire qui sont de toute finesse et beauté : portraits de personnages, scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament, sujets mythologiques et allégoriques, groupes, animaux, paysages. C'est un trésor, au vrai sens du mot Ni le cabinet des Estampes, ni le Print Department du British Muséum, ni le Musée de Vienne, ni le Tripenhuis d'Amsterdam, ni la Galerie royale de Bruxelles, aucune pinacothèque européenne ne peuvent se glorifier d'un équivalent.

« Il était bon de le proclamer, pour inviter les amateurs à se rendre quelquefois à les admirer, n

— L'Occident. (Mars). — Etude de M. Adrien Mithouard sur le symbole occidental du clocher.

— Note sur Paul Gauguin et les artistes de son entourage, par Armand Seguin. — Fin des Lettres Je Jules Laforgue. — Noies de M. Georges Dralin sur la Surproduction artistique. — I.a collection Thomy-Thterry .

— Revue d'Histoire de Lyon. (Janvier-Février). — L. Galle. Pierre Louvet, sa vie et ses travaux. — C. Latreille. Un Salon littéraire à Lyon d83o-i86o) Madame Yemeniz. — A. Bonbon. La Banque à Lyon aux xvi», xvii» ei xvm» siècles (suite). — Cérémonial public de l'Hostel-de-Ville de Lyon (1680), publié, avec une introduction, par M. Rochex. — Bibliographie : I. Natalis Rondot. L'art et les artistes du xiv" au xvm* siècle : Etudes posthumes. — 11. Hauser. La liberté du commerce et la liberté du travail sous Henri IV. Lyon et Tours ( 1 596-1 601 J. — 111. G. LegareU La question de la primatie Lyonnaise sous Hugues de Lyon • io83-llo6). — IV'. Claudius Prosl. — Sociétés savantes : Travaux de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon, par A. Vachej. — Chronique.

— Revue de Saintonge et d'Aunis. (Janvier).

— Note sur le Théâtre révolutionnaire de La Rochelle. — Remarquable étude sur le Brigandage dans la Charente en l"an V et dans la Charente-Inférieure en l'an 1)11, par Jules Pelisson. — Questions et réponses toujours du plus vif intérêt.

— (Février). — Numéro entièrement consacré à notre regretté confrère Louis Audiat qui fut longtemps lame de la Revue de Saintonge et d'Aunis.

— Les Contemporains. (Mars). — Marie-Amélie de Bourbon, reine des Français (1782-1866), par Barlo. — Le Cardinal Guibert, archevêque de Paris (1802-188N, par J.-M.-J. Bouillat.— L'Empereur Napoléon 111 (1808-1873), par Jean de Lanville.

— Revue de l'art ancien et moderne. (Mars).

— Texte : Une Collection de portraits français, par le baron Roger Portails. — L Art de Versailles : la Galerie des Glaces, par M. Pierre de Nolhac, conservateur du musée de Versailles. — L'Estampe française contemporaine ; Maurice Eliot, peintre et lithographe, par M. Henri HeralJi. — Le Crucifix royal du Parlement de Toulouse, par M Roschach.

— ■ Lever de lune », lithographie originale d'Alphonse Morlot, par M. R. G. — L'Œuvre dessiné de Constantin Meunier, par M. Louis Dumont- Wilden. — Un Dessin inédit d'Eugène Delacroix, par M. Jean Chantavoine. — Chronique du Vanda-

lisme : Avignon et ses remparts, par M. Robert de Soufa.

Gravures hors texte : Paul de Gondy, gravure de Morin d'après Philippe de Champaigne. — Pomponne de Bellièvre, gravure de Nanteuil, d'après Charles Lebrun. — Mademoiselle Duclos dans le rôle d'« Ariane », héliogravure Georges Petit, d'après le tableau de Largillière, gravé par Desplaces. — Parisienne, lithographie originale de Af . Maurice Eliot. — Le Crucifix royal du Parlement de Toulouse, d'après un dessin de M. Roschach. — Lever de lune, lithographie originale de M* Alphonse Morlot. — Nymphe endormie, dessin inédit d'Eugène Delacroix (Bibliothèque Nationale).

.*. Bulletin des Sociétés artistiques de l'Est (Mars). — Note sur le Musée des Arts décoratifs de Nancy, par M. E. Bour. — Suite et fin de l'étude sur Louis Beethoven.

— Bulletin mensuel de la Société d'archéologie lorraine et du Musée historiquk lorrain. (Troisième année, 1905). (Numéro 2, Février iox>3>. — Procès-verbal. — Mémoires : M. L. Gtrmatn : Le sceau inédit de Jean d'Aix, évêque de Verdun (1 247-1253). — M. H. Bardy : Ferry de Montreuil, 1475. — M. Th. Pernot : L'ancienne cloche de Tramont-Lassus.— M. Adolphe Moreau : Une addition au nobiliaire de Lorraine. Les comtes de Bloise et le comté d'Hannonville-sous-les- Côtes. — Nécrologie: M. le baron de Braux par M. L. Germain.

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