‹ Notes d'art et d'archéologieChapitre 28 sur 35 · Y EN TES · texte numérisé non relu

Y EN TES

,*. Parmi les ventes du mois, nous signalons le Cabinet de feu Felix-Ravaisson-Mollicn, conservateur du Musée des Antiques au Louvre qui contenait une belle suite d'oeuvres italiennes. espagnoles. françaises, allemandes, flamandes, hollandaises et anglaises. Un Christ amené au jugement, de Mantegna. 5 Giorgione, 1 Pérugin, 1 Léonard de Vinci : La 1)ierge avec l'Enfant sur une table, 5 Fra Bartolommeo, 2 Raphaël, dont une 'Vierge et l'Enfant Jésus, de la première manière du maître, 3 Luini. b Cortège, S Titien, 2 Veronese, 3 Bassan, etc.. pour l'Ecole italienne. 1 Luis de Morales : Tête dv Christ. 3 Velasauez dont une réplique du Portrait de la reine Isabelle d'Espagne, de la Geraalde Galerie de Vienne et 3 Murillo, pour l'Ecole espagnole. Parmi les œuvres de l'Ecole française, une Bacchanale, de Nicolas Poussin, 2 paysages de Claude Lorrain, un portrait de Chardin, des toiles de Decamps, de Delacroix, de Fromentin et de Daubi^ny. A l'Ecole allemande : 2 panneaux d'Albert Durer, 2 portraits d'Hans Holbein le jeune et une Résurrection du Christ d'Aldegraever. Rumens y était représenté par deux études pour le Krieg und Frieden, de Munich et les Horreurs de la Guerre, de la Galerie Pitti et une esquisse des Scieurs de bois, du Louvre. 2 portraits de Van Dyck, 4 Jordaena et 2 Téniers complétaient l'Ecole flamande. 6 Rembrandt, 2 Van der Neer, I Waterloo, etc., constituaient 1 Ecole hollandaise et 1 toile d Hogarth, l'Ecole anglaise.

Nous devons une mention spéciale au catalogue qui fut œuvre de grand luxe et de logique. 10 hors texte en couleurs reproduisaient les œuvres principales du cabinet et une suite de phototypies réparties dans le catalogue permettait d'identifier telle ou telle attribution ou tel ou tel original a des types connus des divers musées d'Europe auxquels se référa l'éminent et regretté défunt pour la formation de son cabinet. Ainsi, ceux qui approchèrent l'homme de si pieuse mémoire, conserveront le décor dont il aimait s'entourer et qui vient de disparaître. La vente a été faite par le ministère de M" Gustave Coulon, commissaire-priseur.

— Gazette des Beaux-Arts. (Novembre içjo3) La Statue de Voltaire par Pigalle, par M. le comte d'Haussonville, de l'Académie française;— Un manuscrit de Philippe le Bon à la Bibliothèque de St- Pétersbourg (3 - et dernier article), par M. Salomon Reinach de l'Institut; — Notes sur James Whistler, par M. Pascal Forthuny; — La Sculpture belge et les influences françaises aux xiir et xiv« siècles [3* et dernier article), par M. Raymond Kœchlin: — Le« « Procédés sur verre », par M. Germain Hediard: — Artistes contemporains : Robert Mois; P.-J -C. Gabriel (!•' arrondissement), par M. Georges Riat ; — Bibliographie: La Madone (A. Venturii, par M. Auguste Marguillier; Forschungen ûber Florentiner Kunstwerke (H. Brockhaus), par M. G Frizzoni

Cinq gravures hors texte : Statue de 7Joltaire, marbre, par Pigalle «Bibliothèque de l'Institut de France) : photogravure ; — Le ^onge de Charles le Chauve, grande miniature des « Grandes Chroniques de Saint-Denys » >BibI. impériale, Saint-Pétersbourg) : héliogravure Schutzenberger: — Le Comte Robert de Montesquiou-Fejensac, par James Whistler : eau-forte par H. Guérard; Sainte Hlène assistant au miracle de la 1)raie Croix, école française, fin du xv* siècle «Musée du Louvre) : héliogravure Chauvet: — La Célèbre dentelle de Malinés. par A Struvs (Salon de la Société des Artistes français) : eau-forte, par M. J. Delzers.

Nombreuses gravures dans le texte.

— Revue de l'Art ancien et moderne (Novembre ( 1 >o3) — A San Giovanni Val d'Arno : les Fêtes de Mosnccio, par M. Henry Cochin. — L'Amour et l'Innocence, de Ptud'huii. — Le Musée de

C.lermont-Ferrrnd, par M. Louis Gonse, membre du Conseil supérieur des Be=uix-Arts et du Conseil des musées nationaux. — A propos des peintres-lithographes : deux nouvelles œuvres de M. Fantin- Latour, par M. Léonce Bénedite, conservateur du musée du Luxembourg. — Artistes contemporains : Edgar Degas, par M. Camille Mauclair. — Le xvm* sièle à Versailles par M. Raymond Houyer. — Un « ouvrage de Lombard ie» : â propos d'un récent livre de M. le prince d Essling, par M. Henri Bouchot, conservateur du Cabinet des estampes à la Bibliothèque nationale. — La Maison de Victor Hugo, a propos d'un livre récent, par Àf . Emile Daeier. — Bibliographie.

Gravures hors texte : L'Amour et l'Innocence,

fravure au burin de M W. Barbotin, d'après un essin de Prud'hon (musée Condé. à Chantilly). — Coffret en cuir gravé (xv* siècle), offert par Louis XI à la famille Savaron (musée de Clermont-Ferrand). eau-forte de Af. A. Hotin. — Le Duo des « Troyens», lithographie originale de M. Fantin-Latour.

— Le Défilé avant la course, tableau de M. De pas.

— La Répétition du ballet, tableau de M. Degas. — Marie Leczinska et le Dauphin, tableau de Helle (musée de Versailles). — La Famille de Nattier. héliogravure Georges Petit, d'après le tableau de Nattier (musée de Versailles). — Jcan-Baptiste- Louis Grestet, tableau de Tocqué (musée de Versailles). — Nombreuses illustrations dans le texte.

EXPOSITIONS

*.* Galeries Durand- Ruel : tableaux de Georges d'Espagnat,

— Galerie Bernheim jeune : tableaux de Man- ;jna.

— Galerie Georges Petit : Céramique de Lache- «j/, meubles de Major elle et verreries de Daum.

— Petit Palais des Champs-Elysées : Salon d'automne.

ACADEMIE &• SOCIETES

.*. Académie des Inscriptions et Belles- Lettres. — Le 3l Juillet, M. Elie Berger adresse à l'Académie la description d'une grotte découverte récemment dans les Vosges, auprès du Donon. à la Roche de Trupt, par M. Froelich et contenant des signes d'écriture analogues à ceux que M. Cartailhac a reconnus en Espagne. — M d'Arbois de Jubainville compare l'une à l'autre deux unités de mesure : Le candelum romain au candelum gaulois. — M. Clermont-Ganneau donne l'interprétation d'une inscription romaine rapportée de Leptis- Magna, dans la Tripolitaine, par M. de Mathuisieulx, et contenant des détails intéressant la philologie punique. — M. E. Mâle communique un mémoire dans lequel il démontre l'influence du théâtre religieux à la nn du moyen âge sur les compositions artistiques de l'époque. — M. Ch. Jorct donne lecture d'une notice de M. Bonnet sur un manuscrit arabe de Dioscoride appartenant à la Bibliothèque nationale. — MM. Omont et Derenbourg parlent sur le même sujet. — M. Léon Dorez parle de la découverte faite par lui de cinq actes de vente desquels il résulte que le frère de Jeanne d'Arc était lorrain d'origine. — Le 7 août, M. Collignon expose une hypothèse due M. Kaville sur le rôle joué par l'une des figures du fronton est du temple de Zeus à Olympie, hypothèse basée sur un texte de Pausanias. — M. Pot hier communique un mémoire de M. Degrand relativement à une sculpture rupes* tre des environs de Scbumla. — M. S. Reinaoh transmet une note de M. E. Bourguet au sujet de la table à mesurea de Pheidon d'Argos. — M. Clermont-Ganneau complète les communications qu'il

a faite» précédemment au sujet de certains monuments. — Le 14 août, M. Clermont-Ganneau présente une étude sur un papyrus découvert récemment par M. J. Euting, et ayant trait à une réclamation des prêtres égyptiens du Sérapéum contre les agissements d'un satrape du roi Darius, au sujet d'un puits qu'on croit être le Nilomètre, dan» 1 île d'Elcphantine. — Le 21 août, M. Delisle annonce à l'Académie qu'un feuillet appartenant a uu manuscrit incomplet des lettres et sermons de saint Augustin vient d'être découvert a la Biliothèque impériale de Saint-Pétersbourg par M. L. Traube.

— M. Bouché-Leclercq lit un mémoire sur deux personnages appartenant à la dynastie des Ptolémées, et dont 1 identité n'a pas été établie par les auteurs anciens. — M. Héron de Villefosse présente un travail de M. le docteur Carton, sur l'hypogée du labyrinthe de la nécropole d'Hadrumète.

— Le 29 août, M. Châtelain donne l'explication des notes tironiennes, sorte de sténographie, contenues dans des manuscrits de la bibliothèque de Tours, ei rapproche sa lecture de celle qu'a donnée Havci d'un autre manus.rit. — M. Sénart lit un mémoire de M. Leclère, sur l'origine royale établie par la charte de fondations d'un monastère hindou au xvii* siècle, de chefs garays connus au Cambodge sous le nom de rois de 1 eau et du feu. — Le 16 septembre, M. Maspéro parle des découvertes qu'il a faites au cours de l'année dernière, et, entre autres, de la restauration du temple de Karnak, et des objets qui ont été trouvés à cette occasion. — M. Clermont-Ganneau signale une charte qui montre que des relations amicales s'étaient établies au xiii» siècle, entre les croisés et les émirs du Liban.— MM. le docteur Capitan, Cartailhac. l'abbé Breuil et Pevrony font connaître le résultat de leurs recherches dans la grotte de Teyssat (Dordogne). — Le 18 septembre, M. Homolle. adresse à 1 Académie un rapport de M. Durrbach sur les fouilles de Délos. — M. le capitaine Lenfant annonce que la mission dont il est chargé marche dans les meilleures conditions. — M. Ruelle lit une communication sur un manuscrit de la Bibliothèque nationale contenant un traité astronomique, dont l'auteur véritable paraît être Etienne de Byzance. — M. Léger lit un mémoire sur une adaptation polonaise du Corteegiano de Balth, de Castiglione. — Le 25 septembre, M. Clermont-Ganneau expose que le monogramme constanlinienqui combine le rho avec la croix a souvent été pris, a cause de l'identité de la valeur numérique représentée par ce signe et par le monogramme de Sainte Hélène, pour l'indication du nom de celle-ci. — M. Cagnat continuels lecture du rapport de Durrbach sur les fouille* de Délos. — M. Pottier parle du commerce des vases attiques en Etrurie au vi* siècle. — M. Héron de Villefosse communique deux notes du P. Delattre : l'une ayant trait à une inscription latine provenant d'une nécropole carthaginoise, l'autre sur quatre figurines dont deux représentent les déesses Astsroth et Tanith.

NÉCROLOGIE

# *. Arsène-Hippolyte Rivey, peintre français.— Léon Benouville, architecte français. — FrieJrick Lippmann, écrivain d'art allemand. — Hans Frederick Gude, peintre allemand. — Eduard Buchtl. f:raveur allemand. — Jacques Bascilhac. peintre rançais. — Théodore l^fon, architecte français. — "Victorien Joncières f musicien français. — William Chaumet, musicien français.

Le gérant : André GIRODIE.

22b5-o3. — Imprimerie F. Ducloz, Moûtiers (Savoie)

L'Exposition de Dînant

jrace à Tintelligente initiative de la municipalité dinantaise et à l'actif dévouement de M. Joseph , Destrée, conservateur des Musées royaux des Arts Décoratifs de Bruxelles, on a pu admirer, sur les bords de la Meuse, une exposition qui fût, on peut le dire, l'apothéose de l'industrie médiévale de Dînant.

Placée au centre des gisements de zinc qui ont suffi jusqu'au xix e siècle à tous les besoins de l'Europe; par voie fluviale, à proximité de l'Allemagne qui possédait le cuivre, en face de l'Angleterre exportatrice d'étain, la vieille cité meusienne s'était tellement identifiée avec l'art du laiton, que. dans la langue usuelle, dinanderie et objet de laiton sont devenus termes synonymes.

Dès le x c siècle peut-être, Dinantais et Hutois pratiquaient la métallurgie du cuivre uni au zinc, et, au xn e , il s'était établi un monopole au profit de Dînant, qui fut la seule ville belge membre de la Hanse.

Que faut-il entendre au juste par le mot dinanderie? Je crois, sans avoir sur cette partie de l'archéologie médiévale une compétence suffisante, qu'il y a eu dans l'industrie de Dinant deux parties fort distinctes qui ont atteint leur apogée à des époques différentes, de même qu'il y a eu deux phases commerciales historiquement reconnues. Le public maintenant ne voit guère que la plus récente, et peut-être la moins importante en fait, car c'est la seule dont les produits aient en majeure partie survécu.

Jusqu'au commencement du xni e siècle, d'après M. Pirenne, le commerce dinantais se fait avec l'Allemagne. Les objets manufacturés s'échangent contre du cuivre; on travaille donc du pur laiton. Que fabrique-t-on? Des ustensiles de ménage, chaudrons, casseroles, plats, chandeliers. Les dinantais sont des «marchandsbatteurs de cuivre », le laiton étant par excellence l'alliage du travail au repoussé. L'Europe entière fait cuire ses aliments dans des vases venus de Dinant, car le fer battu est d'une industrie plus difficile, par suite plus coûteuse. Si nous ne voyons pas toutes ces casseroles, qui ne nous sont connues que par des documents d'archives, c'est que par destination elles s'usaient et que la matière en était périodiquement remise à la fonte.

Au commencement du xm° siècle, l'Angleterre entre dans la clientèle de Dinant qui, par Bruges, y expédie d énormes chargements échangés contre de Tétain. Une partie de cet étain est revendue en Allemagne, simple commerce de transit; l'autre est introduite dans la fonte de certains genres de chaudrons. Du même coup, on constitue un alliage tout autre, le bronze, qui, même adouci par la présence du zinc, est par excellence le métal qui se fond, comme le laiton est celui qui se martèle. Il suffira de substituer complètement Tétain au zinc pour obtenir le bronze dur des canons ou le bronze sonore des cloches et des sonnettes. Ainsi la nouvelle phase commerciale amène la nouvelle phase industrielle; près des batteurs de cuivre apparaissent les fondeurs. Si les trois métaux restent unis, l'alliage est éminemment propre à la fonte des statues et autres œuvres d'art. Et alors Dinant pût voir dans ses murs des orfèvres de bronze qui furent de grands artistes, Jean José, auteur du lutrin et du chandelier pascal de l'église de Tongres, Colin Joseph qui travailla pour le compte de Philippe le Hardi à la Chartreuse de Champmol, la nombreuse tribu des Van den Gheyn, fondeurs de cloches, de canons, de mortiers et de sonnettes, c'est à dire d'objets de bronze exempt de zinc.

Malgré la beauté et l'importance des œuvres produites, les fondeurs ne pouvaient pas assurer seuls la prospérité de la ville; s'ils lui donnaient gloire et réputation, les batteurs, leurs aînés, lui assuraient la richesse. Mais, plus tard, les œuvres modestes des batteurs sont retournées au creuset, cimetière des vieilles casseroles, tandis

NOTES n'ART ET D 'ARCHÉOLOGIE 267

que celles moins nombreuses des orfèvres se conservaient dans les trésors des églises et les palais des princes. Aussi, pour beaucoup de nos contemporains, le terme de dinanderie éveille surtout l'idée de plats décoratifs où la fonte et le martelage se combinent, de chandeliers entièrement fondus, de plaques tombales, de lutrins, fonds baptismaux ou tabernacles, mais nullement celle de chaudrons de plats unis ou de bassinoires.

L'art de la dinanderie semble être né d'abord à Huy. Plus tard Dinant dut subir la concurrence de Bouvignes, d'où une lutte que termina le sac de Dinant par Charles le Téméraire et la dispersion de ses batteurs qui émigrèrent temporairement. La ville fut encore saccagée au cours des guerres du xvi e siècle entre la France et l'Espagne. Ces divers événements firent naître des centres d'industrie du laiton, des ateliers de dinanderie autres que Dinant.

C'est tout cela que nous présenta l'Exposition de 1903: produits usuels et œuvres d'art, objets martelés et fondus, destinés à la vie civile ou aux besoins du culte. Pour chaque catégorie, M. Destrée avait su se faire confier un nombre considérable de spécimens qui firent de cette exposition celle de l'art du cuivre jaune depuis le haut moyen âge jusqu'à la fin du xviu e siècle. Les produits de Dinant et des ateliers qui s'y rattachent en formaient le fond, avec une foule d'œuvres signées et datées, mais autour se groupaient, pour permettre d'instructives comparaisons, des œuvres étrangères très nombreuses, allemandes, françaises, italiennes, et même arabes. Aussi le spectateur éprouvait-il en entrant un certain sentiment d'effroi. On se sentait débordé par cette œuvre collective de près de neuf siècles entassée dans les vastes salles de l'Hôtel de Ville et où les artistes sarrasins se joignaient aux vallons et aux allemands pour la mise en œuvre d'une même substance.

Lespremiersobjets qui s offraientà la vue du visiteur étaient dans la cour: un canon retrouvé dans la Meuse et la girouette de la tour des arbalétriers de Malines, l'un et l'autre du xvi* siècle Puis, dans l'escalier, des grilles et divers objets des xvn e et xvin* siècles.

De nombreux plats étaient accrochés aux murs. Ce sont eux

surtout que l'on connaît en tous pays, sans en comprendre bien l'emploi. Ils en avaient deux. Accrochés aux murs, leurs reliefs au repoussé décoraient les maisons, et en outre, comme moules à pâtisserie, ils servaient à faire des gâteaux dont nos grands hommes en pain d'épice sont les derniers représentants. Dans l'escalier, en outre, étaient le lutrin de la collégiale de Dinant et celui de Bouvignes.

Dans la salle du Dôme, on trouvait le moulage d'un fragment de la porte de bronze de la cathédrale d'Hildesheim exécuté, en ioi5 par son évêque Saint Bernward, le grand initiateur de l'art en Allemagne pour toutes les catégories de l'art décoratif.

Puis, les célèbres fonts baptismaux de Saint Barthélémy, de Liège, exécutés vers 1 1 1 5 par Renier, orfèvre à Huy , et, en original ou en fac similé, ceux de Tirlemont, d'Hildesheim, de Bois-le- Duc, une plaque tombale envoyée de Bruges et une série de grands mortiers. Leur décoration est ingénieuse et comprend des frises, des inscriptions, des armoiries, le tout disposé un peu dans le genre de la poterie sigillée romaine.

Dans la salle gothique étaient réunies des statues des divers tombeaux princiers de la maison de Bourgogne, la plupart en copies. Les monuments de Marie de Bourgogne et de son père sont connus de tous. D'autres tombes, une grille de l'hôpital Saint- Jean, à Bruges et des lustres achevaient de remplir la salle.

Une autre petite salle, malheureusement très encombrée, renfermait un immense plat représentant le Couronnement de la Vierge, Tantependium de l'église Saint Michel, à Gand, le grand Christ de l'église de Wanlin. Dans les vitrines, une foule d'objets d'usage religieux ou civils. Parmi ces derniers, les instruments d'éclairage tenaient une large place; sur les murs des bassinoires. Pour nos grand'mères, à la fois sentimentales et pratiques, que les détails de la vie intime ne faisaient pas rougir, la bassinoire était un objet tout ensemble symbolique et utile qui faisait partie des cadeaux de noce, au même titre que la bague de fiançailles. De là leur grand nombre et le soin pieux avec lequel on les conservait.

La grande salle, qui a elle seule eut formé une splendide exposition, produisait sur le visiteur non averti une impression de

saisissement. L'allée centrale était occupée par les pièces les plus considérables du mobilier religieux : lutrins, chandeliers, tabernacles, etc.

Au moyen âge, le tabernacle n'était pas sur l'autel où nous le voyons ; placé au côté du chœur, il formait un édicule à part et très orné, tenant de l'autel et du reliquaire. C'est dans sa construction que les dinandiers ont su donner libre carrière à leur inspiration. Le centre de la paroi du fond était occupé par le tabernacle de Boccholt (seconde moitié du xv e siècle) précédé des deux énormes aigles-lutrins des églises de Freeren et de Vanray, près desquels se trouvaient ceux d'Andenne (un griffon), et de Chièvres. Le type du chandelier lutrin était représenté par ceux des églises d'Antoing et de Nassogne. Puis, les fonts baptismaux de Zutphen datés de 1527; ceux de Hal, 1446; de Montaigu, 1610; de Diest, qui sont énormes, des chandeliers pascal ou d'autel, et encore des aigles lutrins, des griffons lutrins.

Sur les murs, des panoplies de couvercles de bassinoires, au plafond des lustres, dont certains fort mythologiques, quoique provenant d'églises.

Sur les étagères et dans les vitrines, des accessoires, des sceaux à eau bénite, des aquamaniles, des rafraichîssoires, etc.

La série des aquamaniles était une des plus intéressantes, car ces objets sont en général d'une époque plus ancienne que les autres. Leur usage était général, et, par eux, nous pénétrions dans la technique de la dinanderie ancienne et dans le genre de décoration qui s'y appliquait. C'étaient des vases en forme d'animaux plus ou moins stylisés, tels qu'on les voit dans les tissus byzantins et les chapitaux romans, parfois des personnages.

Le laiton étant le métal par excellence de la ville, c'est à lui que Ton devait songer tout d'abord comme matière première; aussi y a-t-on recouru pour bien des objets que nous ferions avec autre chose. Ces objets divers étaient réunis dans des salles à part où avait été reconstitué une cuisine et une salle à manger. Leur ameublement de cuivre était celui de l'époque; on y voyait en outre des lanternes, cages à oiseaux, lustres, berceaux d'enfant, etc.

L'exposition avait deux objets dans l'esprit de ses organisateurs : nous montrer le passé de la ville et tenter de le faire renaître; delà une salle qui nous offrait les tentatives modernes.

Nos vœux pour leur succès sont bien sincères, mais peut-on espérer cette résurrection d'un mort dont le cadavre est depuis longtemps refroidi ? Depuis près de deux siècles, d'autres se sont partagé les dépouilles de la vieille cité meusienne et elle-même semble avoir souscrit à l'abandon de son passé, lorsqu'en 1887 elle a laissé démolir le moulin des batteurs et passer aux mains d'un collectionneur la pierre sculptée de la porte où se voyaient les Armes du métier.

Joseph DETERM.

Da pcuïpfuijfe Bourguignonne

eï ïe? Drçoifç du fOu^ée d^ Dijon

(fin)

Puisqu'il en est ainsi, à quoi bon la laisser morcelée, de part et d'autre, dans notre pays? Pourquoi diminuer sa valeur par l'éparpillement ? Pourquoi ne pas lui donner les moyens de démontrer, dans le décor régional qui lui fut imposé au cours des siècles, le rôle prépondérant qu'elle joua, en France, de la fin du Moyen âge au xvn e siècle.

Est-ce pour prendre nos ordres, est-ce pour obéir à nos caprices de collectionneurs que fut créée l'œuvre d'art du passé? Estce pour les musées de Paris ou pour le musée de Dijon que la sculpture bourguignonne sortit du néant? Ni pour les uns ni pour l'autre, sans doute. Mais, puisque musée il faut, celui de Dijon paraît plus indiqué que ceux de Paris pour recueillir le patrimoine artistique des grands ducs.

NOTES D'ART ET D* ARCHÉOLOGIE 27 ï

Que Ton essaye d'y réaliser, ce que réminent M. W. Bode, directeur du Kànigliche Preussische Muséum de Berlin, réclamait, pour les œuvres d'art, en 1891, dans la Fortnightly Review : le décor correspondant à l'œuvre. De même qu'il faut une chambre baroque à Rubens et à Van Dyck ou une galerie florentine du xv e siècle à Botticelli et à Donatello, la Bourgogne est nécessaire à l'art bourguignon. Or, existe-til un décor plus synthétique de l'esprit local que le Palais des Ducs de Bourgogne à Dijon?

On nous objecte qu'il serait fastidieux d'en être réduit à séjourner en cette ville, si l'on voulait comprendre l'esprit de Claus Sluter et de son école, alors qu'il est si facile de s'en passer à l'heure actuelle. A cela, nous pouvons répondre que ce que le français refuse défaire en France, au nom de ses aises, il le fait quotidiennement à l'étranger, dès que la mode rend de rigueur une manière désagréable pour l'homme casanier de comprendre l'œuvre d'art. Quand nous allons à Bayreuth, pour les Maîtres Chanteurs de Wagner, on veut qu'il convienne avant tout de faire escale à Nuremberg, afin d'y évoquer l'âme et le décor qui firent vibrer Hans Sachs et ses amis; et l'on a raison : la ville et la poème musical sont inséparables, comme la souche et le rameau. Pourquoi n'en serait-il pas de même, en France, d'une province et de ses artistes ? Pourquoi séparer une région de ses œuvres ? Pourquoi ramener perpétuellement à Paris ce qui appartient à la patrie régionale ?

On nous dit qu'il faut, dans une capitale, un spécimen de tout ce qui se produisit, à chaque époque, aux quatre points cardinaux du pays. Toujours l'histoire du Voltaire en b~ tomes, toujours le geste de Frédéric Barberousse ouvrant le tombeau du grand Charlemagne, et, satisfait de lui avoir pris son trône, distribuant ses ossements à titre documentaire. On nous dit encore qu'en cette question de restituer à une œuvre démantelée par la Révolution de 1793, les portions dévolues à tel ou tel musée de France, il y a, outre l'impossibilité matérielle (1), la loi de la prescription qui fait le larron,

mi Ce qui n'a nullement empêché la cession du Giuck, de Houdon, par la Bibliothèque royale au Musée de Berlin, en 1891. à la grande satisfaction de M. Paul Leprieur

après trente ans, possesseur de la chose qu'il a volée — et Ton nous cite des exemples, tirés du Dalloz, ce Livre de la Sagesse actuelle. Tout cela est probant, inéluctable, national enfin. Mais, ce qui ne Test pas, pour nous autres, amoureux du passé, c'est la dispersion de l'art bourguignon dans les Musées de France et la course endiablée qu'il nous faut faire pour les connaître. Ce qui Test encore moins, c'est la lutte du Musée du Louvre contre le Musée de Dijon, à propos d'Antoinette de Fontette, et les i5.ooo francs payés, de ses deniers, par la Bourgogne, pour une œuvre que le Musée du Louvre aurait réussi à se faire adjuger à y. 000 francs. Quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse pour nous l'expliquer, ce « tour de physique» et celui qui lui succéda nous restent mystérieux. De tels coups portés au régionalisme artistique, Part national français — style de musées de Paris — n'a pas à se glorifier.

On nous dit enfin que, bric-à-brac ou idéal du genre, le musée du Louvre est un merveilleux décor pour l'art bourguignon. Sur cette question de décor» qu'il nous soit permis de remettre les choses à leur place. Dans le Palais du Louvre, comme partout, il existe des appartements de roi et des logis de palefreniers. S'il y a des plafonds peints et dorés sous lesquels se prélassent des meubles du xvin e siècle, il y a aussi des voûtes basses, chichement passées au vermillon où réside la sculpture de la Renaissance. Or, dans le logis offert à cette sculpture, il y a aussi toute une gamme de salles, depuis la belle galerie dite des dernières acquisitions — orgueil du Conservateur — jusqu'à la remise à soudards, basse de plafond, avec des portes en planches de sapin s'ouvrant sur les caves, où le balayage est rare comme la lumière du soleil. Telle est la salle I, qui contient le Tombeau de Philippe Pot. Cette salle est un blasphème architectural. De hautes fenêtres masquées par des voûtes, ainsi que le voulait jadis la règle de continuer les caves au rez-de-chaussée pour la valetaille, un

qui veut que soit loué « le désintéressement avec lequel un établissement rival a su s'en séparer dans l'intérêt de la logique et de la science ». 11 est vrai qu'il se hâte d'ajouter que « cbe\ nous, la Bibliothèque nationale devrait se former à cette école et consentir à abandonner un Jour au Louvre les séries qui n'y ont que faire ». [Bulletin dis musées, Mars- Avril, 1893, page 93).

éclairage d'aquarium, le matin, ou de vestiaire, l'après-midi, font d'elle le plus triste réduit qu'il soit possible d'imaginer.

Vainement, une pancarte vous avertit-elle, en manière d'excuse, que cette salle I fit jadis partie de l'atelier de Vassé, sculpteur du roi. Pauvre artiste, nous pensons bien que, dans cette sentine, vous ne déposiez jamais, avec vos sabots, que les armatures, les selles et le baquet de terre glaise! Aujourd'hui, nous autres, gens plus cultivés que vous sur la question de technique nationale française, y mettons le plus pur de notre passé : la Sculpture bourguignonne.

Et croyez- vous que, vu l'ingratitude du local, nous nous sommes contentés de n'y loger, le plus à l'aise qu'il se pouvait, que les huit témoignagnes de cette technique? Non, nous en avons mis près de 60 : des vierges champenoises, un calvaire flamand, la belle statue tombale de Blanche de Champagne. Tout cela est autour du Tombeau de ^Philippe Tôt qui s'écaille un tantinet; tout cela n'a pas un pouce de l'éclairage qui lui serait utile. Il va une superbe tète d'Ecce Homo à cinquante centimètres du tombeau. Pour la voir, il faudrait ou trouver une échelle pour dominer le gisant ou se mettre à plat ventre entre deux des porteurs voilés. Il y a encore une statuette de roi s'enlevant sur un fond de céramique et d'inscriptions égyptiennes, éparses dans une salle qui évoque l'arrière-boutique d'un rôtisseur. Vraiment, il faut une belle imagination pour se faire à l'idée que Ton visite un art français s'il en fût, plus français certes que celui qui trône, bien à l'aise, dans la salle voisine consacrée à Jean Goujon, aussi glorieux que celui qui resplendit dans la salle, dite de Michel Colombe !

Inutile de nous redire, une fois de plus, que les deux Ministères des Colonies et des Finances expulsés, toute œuvre acquise par notre musée du Louvre prendra possession de la lumière à laquelle elle a droit. Combien ce rêve est lointain, et qu'il est de plus en plus problématique! Peut-être, jusqu'à cette date, le Louvre sera-t-il devenu un monceau de cendres ?

En définitive, avec ou sans lumières, dans un corps de garde ou dans une salle de réception, Les témoignages de notre sculpture bourguignonne, au Musée du Louvre, n'en resteront pas moins

des spécimens, des lambeaux d'un art jadis magnifiquement complet, mais devenu intercis au nom de la cause nationale, du vandalisme des collectionneurs, de la vanité officielle des Musées de Paris.

Si les goujats de 1793 pulvérisaient la sculpture régionale à coups de marteaux, les fonctionnaires de 1903 se contentent delà débiter comme du bois de chauffage. Pour la cause de Fart régional français, on peut dire que le résultat est le même.

Andri: GIRODIK.

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BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ DE SAINT-JEAN

(Assemblé* mensuelle du 6 novembre içoj)

Les membres de la Société de Saint-Jean se sont réunis en assemblée mensuelle à l'Institut catholique, sous la présidence de M. l'abbé Bouillet. le ô novembre, à 5 heures

Etaient présents : MM. Azambre, Breton, l'abbé Bouillet. Barbier, P. -H. Flandrin. Fuinel, Girodie, Girardot, Keller, Laurent, Moreau-Néret, Michel, Louis- Noël. Pinta. de Richemont, Rouillard, Richardière, de Villenoisy, Delbeke.

Excusés : MM. Crépy et Laumonerie.

Sont admis comme membres titulaires de la Société, à l'unanimité des membres présents : MM. Douillard, peintre; Pératé, conservateur adjoint au musée de Versailles; Vogt, architecte.

L'assemblée étudie la possibilité d'une Exposition en 1904.

La crainte que les Sociétaires n'aient pu produire, depuis la dernière Exposition, un nombre suffisant d'oeuvres d'art religieux, fait écarter l'organisation d'une Exposition de peinture, de sculpture et d architecture pour 1004, mais il est décidé qu'une Exposition aura lieu en 1903.

L'assemblée discute la possibilité d'organiser une Exposition d'arts décoratifs, en faisant appel aux exécutants ayant travaillé sous la direction ou d'après les dessins des sociétaires.

M. de Richemont exprime des craintes au sujet d'une Exposition de ce genre. Cependant, sur l'affirmation de M. Barbier, qu'une telle exposition est possible, l'assemblée désigne une Commission chargée de faire une enquête auprès des exposants éventuels.

Cette commission composée de MM. Barbier, Rauline et Richardière, architectes, de M. Louis-Noël, sculpteur, de MM. Duthoit, Laurent et Rouillard, peintres, devra rendre compte à l'Assemblée de décembre 1904, du résultat de ses démarches.

M. de Richemont expose l'heureux résultat des démarches qu'il a bien voulu faire auprès du curé et du maire de Pibrac, en les priant de confier à la Société l'exécution de l'image de Sainte Germaine de Pibrac.

notes d'art et d'archéologie 'Zjb

II est décide qu'une circulaire fera connaître les conditions du concours.

MM Azambre. Flandrin et Berger formeront la Commission chargée de mènera bien cette question.

Tous les documents relatifs au concours sont déposés chez M. Richardière, 74, rue île Seine, qui se tiendra à la disposition des concurrents, tous les jours, de 9 heures à midi et de 2 heures à 5 heures, pour les leur communiquer.

Sur la proposition de M. Richardière. l'Assemblée décide que les assemblées mensuelles se tiendront à l'Institut catholique, le premier vendredi de chaque mois.

Assemblée mensuelle du 4 décembre 190 3'

Le* membies de la Société de Saint-Jean se sont reunis en Assemblée ordinaire à l'Institut Catholique, le vendredi, 4 décembre, à 5 heures, sous la présidence de M. Paul- Hippolyte Flandrin, vice-Président.

Etaient présents : MM. Azambre, Berger, Delbeke, P.-H. Flandrin, Fuinel, Keller, Louis-Noël, Richardière, de Richemont, Theunissen, de Villenoisy, Vogt.

M. P -H. Flandrin propose à l'assemblée d'envoyer au Président de notre Société, M. l'abbé Bouillet, l'expression de nos vœux pour sa prompte guérison et son prochain retour parmi nous.

Cette proposition est accueillie avec un empressement qui marque toute la sympathie de l'Assemblée pour son respecté Président.

A l'unanimité des membres présents, M. Desvergnes, statuaire, ancien pensionnaire de l'Académie de France, à Rome, est nommé membre de la Société.

M. P.-H. Flandrin rend compte des occupations de la Commission chargée de faire aboutir le concours pour l'édition de l'image de Sainte Germaine de Pibrac.

M. de Richemont donne quelques renseignements complémentaires relatifs aux négociations qu'il a bien voulu engager avec la Société de construction de l'église Sainte- Germaine de Pibrac. 11 est convenu que M. le Secrétaire communiquera à M. le curé de Pibrac l'avis de notre éditeur, M. Bouasse-Lebel.

La Commission chargée d'étudier la possibilité d'organiser une Exposition d'arts décoratifs religieux ne peut encore rendre compte de ses opérations fort peu avancées, mais elle promet de faire savoir à la prochaine assemblée, si décidément cette Exposition est possible ou non.

M. Fuinel demande la parole pour faire part du désir des Comités des patronages, que les membres de la Société de Saint-Jean procurent à ces patronages des professeurs de dessin. Après discussion, il est décidé que les membres de la Société chercheront a répondre à l'appel du Comité des patronages et que M. Flandrin se mettra en rapport avec ce Comité.

Sur la proposition de M. Flandrin, la Société décide de faire dire une messe à l'Institut Catholique le jour de la Saint Jean, 27 décembre, si la chose est possible. Cette messe seia suivie de l'Assemblée générale pendant laquelle les élections auraient lieu.

Les Secrétaires,

Richardière, Delbeke.

NOTES l) ART ET l) ARCHEOLOGIE

LES PETITS SALONS

Pour répondre au besoin d'éclectisme artistique de plus en plus manifeste, nous avons prié M. Pierre Mouliet d'exprimer librement ses idées sur les tentatives d art moderne dont il a spécialisé l'étude.

Ces idées 9 il va sans dire que nous ne nous flattons pas de les partager toutes et, moins encore, de les imposer à nos lecteurs. Pour ces Petits Salons comme pour les autres travaux qu'elles publient, les Notes d'Art et d'Archéologie laissent aux auteurs l'entière responsabilité de leurs idées.

Mais, en présence de la multitude d'efforts artistiques qui paraissent à côté des deux Salons, il nous parait équitable d'engager les Notes d'Art et d'Archéologie dans une toù qu'elle s'était interdite jusqu'à ce jour. Persuadés qu'aucune raison suffisante ne justifiait cette interdiction , nous ne voulons pas, en outre, nous soustraire à l'obligation d'oublier quantité d f œuvres religieuses ou dr sentiment idéaliste, quelle que soit leur technique, qui ne figurent qu'en ces Petits Salons.

La R \d action.

Le Salon d'Automne

Une enseigne nouvelle, un pavillon flambant neuf, une raison sociale alléchante et, sous cela, une marchandise bien déteinte, bien vieillie, bien démodée, mais qui cependant possède la vertu magique de résister à l'usage que l'on fait d'elle à toute occasion. Marchandise qui, depuis un demi siècle, a paru sur tous les marchés du globe, chez tous les tripatouilleurs de l'ancien et du nouveau monde, dont on a rempli les salons officiels et que, chaque année encore, on accroche aux cimaises gouvernementales pour l'agrément et la réjouissance des foules admiratrices !

Elle est à nouveau installée et, comme chez elle, représentée avantageusement par les pontifes de la peinture au caramel, à la gelée, ou au miel et aussi par quelques « laissés pour comptes » des expositions voisines pour lesquels la création d'un nouveau Salon se faisait sentir. Elle a même failli envahir complètement ce salon d'automne qui n'apparaissait au début que comme un essai de réclame, une tentative de fortune

mal déguisés par un semblant d'intérêt artistique et cela si nettement que les maîtres de l'art moderne, Rodin , Degas, Renoir, Monet refusèrent formellement de prendre part à une exposition où ils devi- : naient les plus lamentables confusions et dans laquelle leurs talents si longtemps : dénigrés et méconnus devaient servir d'appât à la curiosité du public.

I Une minute on put croire à l'ef- ! fondrement du projet ou bien à une solution des plus désastreuses qui aurait réuni I la clientèle habituelle des Champs-Elysées et du Champ de Mars. L'intervention d'un homme intelligent sauva en partie la mise i et nous permit d'espérer un mouvement ] intéressant. C'est grâce, en effet, à M. Frantz , Jourdain, président de la nouvelle Société, que nous devons d'avoir sous les yeux quel- I ques œuvres émues et sincères, au milieu des quantités innombrables de croûtes peinturlurées.

I C'est à lui tout particulièrement que doij vent aller nos remerciements pour l'effort

qu'il a dû faire, pour l'insistance qu'il a dû employer en faveur des quelques artistes que nous aimons et qui sont l'honneur du nouveau Salon.

Avec énergie, il a soutenu le procès d'artistes comme Cézanne, Gauguin, Guillaumin et il a ouvert les portes à d'autres que les expositions successives des Indépendants ont fait connaître et qui demain seront peutêtre les vrais maîtres de la peinture.

C'est ainsi que nous avons pu revoir des œuvres de Marquet, Matisse, Manguin. Valloton, Guérin, Bonnard et de quelques autres non moins intéressants.

Il est vrai qu'ils se trouvent un peu égarés dans la cohue des impuissants et des médiocres qui encombrent les salles, mais il faut espérer que peu à peu le déblayage se fera et qu'ils imposeront ce que l'on nomme leur r évolution narismc et qui n'est autre chose que le sens très juste qu'ils ont des destinées de la peinture et de la décoration. D'autres, comme MM.

Maurice Denis, Signac, Dufresnoy, Charmy, Mmes Gobillard et KrouglikorT qui ont été oubliés ou qui n'ont pas encore répondu à .

l'appel se joindront à eux et alors nous aurons un Salon de belles choses, où Ton sentira l'effort que tentent les jeunes pour échapper aux formules de PEcole Nationale.

N'en déplaise aux peintres officiels, le jour est peut-être proche où le public sentira tout le vide de leurs œuvres et se tournera plein d'espoir vers les artistes qui ont su profiter du grand enseignement laisse par les maîtres de l'Impressionnisme et qui ont puisé dans un retour sincère à la Nature, les qualités fécondantes sur lesquelles repose la grande tradition picturale de notre ! pays. I

Entre tous ces libérateurs, et au premier plan, apparaît un homme, longtemps dénigré, encore bien méconnu, très insuffisamment représenté en ce Salon et qui cependant est bien l'artiste le plus sincère, le plus éloquent et le plus énergique de notre temps: c'est Césanne.

Deux toiles seulement de lui, mais deux toiles admirables qui permettent de juger de l'intensité et de la volonté de son art.

Une, principalement, celle qui représente un intérieur dans lequel des hommes jouent aux cartes est d'une puissance prodigieuse d'expression et de vie. L'émotion contenue dans ce dessin est forte comme l'observation qui a relevé la justesse des valeurs. 11 y a sur tout cela un accent si sincère de vérité et de pénétration, un tel souci d'aller toujours et avant tout à la nature que l'on comprend admirablement la timidité qui doit être dans l'âme du peintre et qui marque chacune de ses œuvres.

Non pas, certes, la timidité ordinaire et commune aux faibles et aux déshérités, mais celle qui vient de la conscience des choses et à laquelle s'abandonnent les hommes qui pensent et regardent profondément avec le désir continuel de traduire leurs sensations par des représentations conformes à leurs visions de la nature.

Chez Césanne elle est le fruit d'un travail obstiné et conscient, le résultat de tout un long voyage à travers les complexités et les difficultés de l'étude. Au contraire de maints artistes qui se rient des difficultés et se complaisent à de remarquables virtuosités. Césanne n'avance que lentement, lorsqu'il est certain du pas qu'il vient de faire. A force d'observations et de franchise, il est arrivé à mettre dans ses œuvres une parcelle de vérité, un frisson de sentiment, une sensation de vie et c'est pour cela qu'il est très probablement le plus admirable de nos peintres.

Paul Gauguin qui vient de mourir et auquel on a réservé une salle spéciale procède de Césanne. 11 a eu sou même amour, sa même volonté, mais il n'eut pas son exquise sensibilité.

11 est curieux de rapporter ici un mot de Césanne, qui unit les deux artistes d'une façon remarquable : h J'avais une petite sensation < c'est un nommé Gauguin qui me l'a pris* ». Critique infiniment spirituelle, finement mordante et pardessus tout exacte

L'œuvre de Gauguin — et on en jugera encore mieux par l'exposition que fait d'une façon plus complète M. Vol lard — est remplie de la pensée de Césanne. 11 va évidemment de très réelles qualités ; un tempérament actif et souple s'y épanche, une intelligence volontaire y vit d'une vie très intense; mais, tout au fond, il y a bien la sensation de Césanne.

j'aurai, du reste, l'occasion de revenir sur cet artiste en parlant de l'exposition de la rue Lafîtte et j'essayerai alors de montrer quelle affinité il y eut entre Césanne et lui, affinité bien différente de celle qui existe d'ordinaire entre artistes Pour ne prendre, aujourd'hui, qu'un exemple, je citerai M. Maurice Denis que l'on doit en passant regretter de ne pas voir représenté au Salon et qui, à son tour, a pris bien des choses à Gauguin mais des choses extérieures et qui n'établissent pas entre eux ce lien étroit qui unit profondément Gauguin à Césanne.

Guillaumin, lui, s'est livré principalement à des recherches de lumière et de couleur et souvent avec une âpreté excessive quia fait, de ses toiles, des coins de nature violents, tourmentés, éclatants. 11 y a certes de très sérieuses et intéressantes recherches, mais ces recherches ne sont jamaiscondensées en une œuvre de sentiment et d'imagination.

Toujours des notes prises, intelligemment, je le veux bien, mais rien que des notes, des effets du matin ou du soir, des levers et des couchers de soleil vus par un icil sensible et traduits par un esprit avisé mais au-delà, rien. Et l'on doit regretter qu'un peintre aussi doué, aussi sincère n'ait pas cherché à synthétiser toutes ses recherches, à utiliser toutes ses études en une composition dans laquelle son sentiment se fut exprimé.

Guillaumin est un chercheur infatigable mais qui ne parait pas devoir profiter de ses recherches.

je crois qu'il a suivi en cela 1 exemple de bien des impressionnistes dont le sou-

venir délicat et charmant restera, mais qui n'ont rien fait pour augmenter la puissance et Tétendue de la pensée humaine

Et il est fort peu probable qu'à l'avenir, semblable aventure tente les jeunes intelligences.

Des artistes comme MM. Marquet. Matisse. Manguin. Valloton dont j'ai eu déjà l'occasion de parler en cette même revue, montrent bien jusqu'à quel point l'impressionisme les a préoccupés mais aussi tout ce qu'ils essayent d'y ajouter. Ils sont venus, à cette Exposition, ainsi que quelques autres avec des œuvres pleines d'intérêt.

Chacune d'elles sont un heureux présage pour ceux qui aiment la peinture et Ton a le droit d'espérer une génération d'artistes vraiment libres et courageux.

MM. Marquet et Matisse sont assurément parmi tous les anciens élèves de Gustave Moreau — et ils sont nombreux — ceux qui ont le plus résolument brisé la chaîne et renié l'enseignement du maître. Hardiment, ils ont repoussé les vieilles idées de littérature et ils sont allés vers la nature avec franchise et émotion. Les leçons qu'elle leur a données en valait bien d'autres puisqu'ils arrivent à nous émouvoir profondément.

M Charles Guerin — un autre élève de Moreau et non des moindres — a. lui aussi brisé sa chaîne, mais pour en reprendre d'autres qu'à vrai dire il traîne avec un certain talent.

M. Valloton que l'on est surpris de ne pas voir parmi les sociétaires, à côté de M. Marquet, a envoyé deux études d'intérieur extrêmement intéressantes. 11 y a h dedans, en plus des qualités du peintre un sentiment et une émotion charmants.

C'est peut-êre ce qui manque à M. Laprade qui fait des choses très jolies, trop jolies et d'une froideur excessive.

M. Bonnard aussi fait des choses jolies, un peu maniérées, mais néanmoins il y a un sens très délicat de la vie. du mouvement.

Quant i\ M. Milcendeau. qui se trouve

non loin de M. Iturrino auquel il a tant pris, il s'efforce de rendre les Vendéens aussi antipathiques que possible par des représentations d'un dessin banal et lourd, que ne doit lui envier que le seul M. Cottet.

M. Minartz est plus habile que jamais et il laisse bien loin derrière lui M. Bottini.

que le grand critique Jean Lorrain n'hésitait pas à opposer à Degas !

Honneur donc à eux et aussi à M. Desva lli ères dont Gustave Moreau disait :

« Desvallières mérite toutes les médailles, il les mérite toutes, toutes ! »

Qu'on les lui donne! A moins qu'on n'en réserve quelques-unes pour M. Abel Truc net, le peintre du jour, ou pour M.

Jacques Villon qui refait du Rops et du Lautrec

Voici M. Stuck, l'homme de l'Allemagne. Passons, en nous demandant comment peuvent bien peindre les autres artistes de ce pays-là si celui-ci a du succès !

Au hasard dans les salles.

Voici une Fin de nuit à Dieppe de M. Lacoste, un artiste plein de délicatesse et de sensibilité; de M. Francis Jourdain, deux coins de Paris peints certainement avec émotion mais sans grand souci de l'équilibre et des valeurs. Les maquettes de panneaux décoratifs dénotent en revanche un sens très fin et très juste de la décoration.

La Buveuse d'absinthe de M. Orazi est d'une impression très vive et d'une vision aiguë. La composition est simple, les plans nettement établis, la couleur tout à fait dans l'esprit du sujet. Une bonne chose qui nous permet d'en espérer d'autres de ce peintre jusqu'à ce jour inconnu.

De Mme Jelka Rosen Un Jardin plein d'éclat et de lumière.

De Mme Marval^une composition où se révèle quelque talent et un sens intelligent de la couleur. Il y a eu certainemenr un effort depuis le dernier salon des Indépendants où elle nous montrait des personnages de pierre et d'une prétention excessive.

Ah! une vraie surprise! Le Christ et la Samaritaine de M. Delobre. Encore un élève de Gustave Moreau mais qui est resté, celui-là. fidèle à la tradition du maître et qui cuisine ses petits jus! Comme cela parait vieillot ! On évoque malgré soi les jours déjà lointains où la pléiade des disciples nous présentait les longs Christ exsangues, les Orphée chargés de pierreries, les monstres les plus bizarres, les vierges les plus décolorées, tout ce qui pouvait germer de la vague littérature de Moreau ou des préraphaélites anglais !

Tout cela parait bien fini et, à part M. Delobre, personne ne semble fidèle à l'ancien culte. Tous les jeunes peintres de notre génération ont cherché ailleurs heureusement et il semble que de leurs efforts sortira une ère d'indépendance que tout le monde saluera.

Pierre Mouliet.

P. S. — Je dois m'excuser de n'avoir pas signalé quelques œuvres pleines de travail et de recherches, rencontrées çà et là mais je compte bien un jour avoir à parler de quelques artistes comme MM. Trigoulet, Michel Dupuy, M 11 * Kleinmann de façon à me faire pardonner cette ommission.

NOTES l)'ART ET [/ARCHÉOLOGIE

ïlofc* de Pçopinqe

Bretagne. — L'Eglise de Saint-Fiacre. — Mosaïques Facchina et fresques Lcpetit.

A 3 lieues et demie de Nantes, sur une vaste colline que baignent les poétiques rivières de la Sèvre et de la Maine, s'étage le bourg de Saint-Fiacre. Grâce au généreux concours de plusieurs personnes, et principalement de son excellent maire.

M. Auguste Bacqua, qui consacra le produit d'innombrables séances de projections à la reconstruction de l'église, un gracieux édifice, dû à Témérité architecte M. Le Diberder, s'est élevé 11894-1805), sous la sage direction du très aimé et très vénéré curé de la paroisse, M. l'abbé Baholet.

L'église de Saint-Fiacre est donc, pour une large part, l'enfant de M. Bacqua, et.

comme un bon père, il a tenu à la doter richement. Ayant appris que M. Facchina faisait une très heureuse application de mosaïque en grès-cérame 11) et que M. Lepetit avait inventé un nouveau procédé de fresque, il chargea ces deux habiles artistes parisiens de la décoration du sanctuaire.

J'avais eu, en juillet dernier, la bonne fortune d'en pouvoir admirer les maquettes et les photographies dans son hôtel de la place Louis XVI, à Nantes, et, de retour des bords de la mer, j'eus à cœur d'aller me rendre compte sur place de cette ornementation neuve, originale et peu coûteuse, afin de la signaler à mes érudits confrères de la Société de Saint-Jean et tout spécialement à MM. les curés, souvent

(I) L'auteur de cet article se permet de rappeler ici qu'il a publié dans le 'Bulletin de la Société archéologique de Nantes (IQ02, i« r semestre) un rapport sur la fabrique de mosaïques du Vatican, dressé, en 1876, par son regretté frère le baron Armel de Wismes, secrétaire d'ambassade près le Saint-Siège, à la demande du gouvernement, qui désirait introduire en France l'industrie de la mosaïque, ainsi que l'avaient fait plusieurs grands Etats.

fort embarrassés pour concilier les besoins de leur église avec la modicité de leurs ressources. J'eus l'avantage de faire cet examen en l'aimable compagnie du très distingué chanoine Sotta, le sympathique directeur de l'Externat, dont le savoir, le goût et le jugement m'ont été particulièrement précieux.

L'église elle-même, avec son campanile romano-byzantin et les sculptures (Jeanne d'Arc sur son cheval d'armes et saint Fiacre bénissant son peuple fidèle) sorties du prestigieux ciseau de Gaucher, mériterait une description. Mais, faute de place, je ne puis m'y arrêter, non plus qu'aux artistiques verrières de Maignen-Cesbron . Offertes par diverses personnes, elles me réservaient la surprise de voir un des bienfaiteurs de l'église, le regretté baron de Lareinty.

notre éminent sénateur, figurer sous les traits de saint Clément, portant la tiare avec autant de majesté qu'il coiffa avec crânerie le képi de commandant de mobiles . je dois également me borner à signaler. au passage, la cuve des fonts baptismaux et la balustrade du chœur (dons de M lle Riom), œuvres remarquables de notre cher vétéran des Artistes bretons^ M. Miollet.

A un autre membre de notre florissante Société, Gaucher, était dévolue la tâche d'exécuter, sur les plans de M. Le Diberder.

le maître-autel (don de la famille Gouin) et les autels latéraux (dons de M. Auguste Bacqua). Nul mieux que cet artiste au tempérament robuste n'était capable de la mener à bien. Ce sont de purs chefs-d'œuvre que ces autels de Notre-Dame de Lourdes et de Saint-Fiacre : taillés dans la pierre jaune de Paray-le-Monial. avec leur frise bien traitée, leurs modillons savants, pour tout dire, le symbolisme élevé du style, ils pourraient être enviés par bien des églises.

De même, plus d'une commune serait fi ère de posséder un menuisier tel que M. Louis Chéné : ses marchepieds d'autel avec leurs dessins en bois de couleur décèlent un ornemaniste d'un goût épuré. Ce n'est pas tout : l'autel de Notre-Dame de Lourdes est enrichi de faïences de Nevers représentant l'Annonciation, la Nativité, le Crucifiement, la Descente de croix et l'Assomption, œuvres d'un fini extrême qur font honneur à la maison Montagnon. Celui de Saint- Fiacre ne lui cède en rien avec ses émaux de Londres, qui peuvent rivaliser avec les exquises miniatures des siècles passés et reproduisent divers épisodes de la vie du saint, traités dans le style des primitifs italiens; sa merveilleuse croix en mosaïque de Rome, qui orne la porte du tabernacle, et les mosaïques de Facchina, qui, placées dans le soubassement, offrent une inflorescence de grappes, fleurettes et folioles délicates, s'enchevêtrant en un inextricable et savant amalgame.

Mais arrivons à ce qui fait l'objet principal de cette notice. A la fin du siècle dernier, s'est produite, comme on le sait, une Renaissance de l'art décoratif. Lassé de l'analyse froide et positive du réel, que l'école triomphante depuis le romantisme avait jetée en pâture à son appétit, le public a senti se réveiller sa soif d'idéal. Car, de même que le pain ne suffit pas à l'homme, le réalisme ne saurait faire vivre l'art. Alors, par un phénomène qu'avait déjà vu le moyen âge, les ouvriers se sont efforcés de devenir artistes, et réciproquement. Cette Renaissance, d'ailleurs, n'a pas été particulière à la France. On sait, par exemple, les généreux efforts de Ruskin (1) pour initier l'Angleterre à la religion de la beauté, et, si le patriarche de Brantwood, sur qui semble avoir passé le souffle d'Overbeck et de ses pieux disciples de San Isidoro, a enflammé cette froide race, comment la nôtre, dont la foi religieuse et l'imagina-

(I) Voir l'étude de M. André Girodie dans Notés d'art et d'archéologie [ 1 900).

tion sont les qualités principales, ne se serait-elle pas laissé entraîner dans le mouvement ? De là le prodigieux succès de Puvis de Chavannes, le plus illustre des rénovateurs, qui, faisant à David l'emprunt de sa science académique, mais pénétrant ses figures de poésie, de charme et de grâce mélancolique, offrit à l'admiration des foules, non plus des marbres glacés, mais des êtres vivants, parce que pensants :

je pense, donc je suis. Par là, il rendit un solennel hommage à la Beauté souveraine, qui est Dieu. Non. rien n'a pu tuer en nous le goût du symbole, la recherche de l'idéal, c'est-à-dire l'instinctif besoin de monter, monter toujours, et d'aller chercher dans un au delà mystérieux la paix et la joie de nos âmes, a Irrequietum est cor nostrum, Domine, donec requiescat in te ! »

a dit saint Augustin, et la parole éloquente de l'évêque d'Hippone a eu pour écho, au siècle dernier, le cri d'un poète désabusé :

Je souffre, il est trop tard ; le monde s'est fait vieux. Une immense espérance a traversé la terre ; Malgré nous, vers le ciel il faut lever les yeux ! (A. de Musset).

Ah ! Tolstoï ne se trompait pas lorsque, dans un de ses ouvrages, présenté au publicfrançais par Halpérine Kaminski, il prédisait une violente réaction qui rendrait l'art tendre, chaste, moralisateur et chrétien. La Société des artistes décorateurs, qui, en juin 1901, s'est formée sous la présidence de M. Guillaume Dubufe, l'éminent neveu de Gounod, et a groupé, dès le premier jour, 250 membres, atteste l'importance de cette Renaissance contemporaine.

Or, au premier rang des hommes qui y contribuent, se placent M. Facchina, le mosaïste hors ligne, dont le nom est inscrit avec éloge dans de multiples monuments civils et religieux en France et à l'étranger; — son dessinateur, M. Giraud.

dont les travaux ont été appréciés au Petit- Palais et qui s'est révèle à Saint-Fiacre comme ayant un sens très développé de l'esthétique religieuse ; — et M Lepetit.

qu'un travail acharné et une observation persévérante ont conduit à l'invention des

fresques auxquelles il a donné son nom.

j'en veux dire un mot de suite. La matière dont se composent les panneaux de M. Lepetit peut, comme dénomination technique, recevoir le terme d'alabastron.

C'est une espèce de marbre transparent dont les Grecs se servaient pour faire des vases. Entre les mains de M. Lepetit. cette matière subit une préparation spéciale qui

la rend propre à ses procédés de peinture à la fresque. Associée à des couleurs correspondant à celles du marbre (cela au moyen d'oxyde de fer principalement!, elle constitue un marbre artificiel, dont la richesse est supérieure à celle du marbre naturel Le Baron de Wismes,

Vice-président de la Société archéologique de Nantes {A Suivre)

BIBLIOGRAPHIE

Chakles DitHL. Ravenne {in-4 , 137 pages et 130 gravures. Paris, H. Laurens, 6, rue de Tournon. Broché. 3 fr. so et relié, 4 fr. 50).

En un beau volume, digne en tous points des précédentes Villes d'art célèbres, l'éminent auteur du justinien et la civilisation byzantine au vi e siècle et du Ravenne , études d'archéologie byzantine* présente le côté artistique de la ville qui, selon l'expression de Tite-Live, rend l'âme du visiteur « naturellement antique ». 11 veut que Ravenne soit « le seul endroit d'Italie, et peut-être l'un des rares endroits qu'il y ait au monde, où Von puisse avoir la pleine et véritable impression de ce qui fut, au v e et au vi* siècle, l'ancien art chrétien . Asile des derniers empereurs romains, capitale des roisostrogoths, résidence des vice-rois byzantins, elle est aujourd'hui « dans la plaine basse et morne qui l'entoure, une petite ville de province, presque déserte et morte plus qu'à demi ». Pour justifier le qualificatif de Pompéi italo-by{antine qui lui fut donné, M. Diehl la compare à Constantinople et même à Salonique. Il la place au-dessus de Rome pour la raison que « tandis que, dans la cité pontificale y l'influence byzantine pénétrait moins profondément la tradition ro-

maint, à Ravenne, au contraire, attachée de bonne heure à By fonce par de constantes relations , devenue ensuite le centre de Padministration impériale dans la péninsule, Part oriental s'épanouit comme en pleine terre ».

Enfin, M. Diehl quittant le domaine des théories de Taine pour les questions de technique se plaît à dire que « nulle pari mieux qu'à Ravenne, on ne peut se rendre compte dans le détail des procédés qu'employa cet art si particulier et si savant de la mosaïque, et mieux encore « démêler et constater tes orientations diverses d'une même école d'art. »

Après un rapide exposé de ce qu'il dit être, depuis Charlemagne et le dépouillement de la ville au profit d'Aix la-Chapelle, « l'histoire de Ravenne qui n'est guère que l'histoire de la destruction de us monuments, M. Diehl parle des travaux entrepris depuis quelques années, sous la direction de M C. Ricci, directeur du musée de la Bréra, à Milan « pour ta conservation ou la restauration discrète des trésors d'art que conserve la cité ». tardif hommage à l'antique Ravenna Félix.

Les chapitres qui suivent cette magistrale introduction se groupent en deux parties : Les monuments chrétiens de Ravenne et Ravenne au moyen-âge et dans les temps modernes. Dans la première partie,

l'auteur étudie successivement l'époque de la Galla Placidia : le mausolée et le baptistère des orthodoxes (V e siècle» ; l'époque de Théodoric : le baptistère des Ariens, San Apollinaire nuovo et la Rotonde (vi e siècle»; l'époque de Justinien : San Apollinaire in Classe et San Vital (vi e siècle) et les dernières mosaïques (vu siècle» : l'arc triomphal et le chœur de San Apollinaire in Classe et l'arc triomphal de San Michel in Affricisio. Un remarquable résumé sur les Caractères de l'art chrétien à Ravenne termine cette partie de l'étude.

L'auteur y détermine la différence architecturale entre les basiliques ravennates et romaines. On sait que, depuis la restauration deSaint-Paul-hors-les-murs, de Rome, après l'incendie de 1823, San Apollinaire in Classe de Ravenne « demeure le type le plus, complet, le plus expressif de F ancienne basilique chrétienne » (pages 66 et suivantes). Il cherche dans l'étude des mosaïques et des sculptures de la ville à justifier son affirmation : « Entre Ravenne et Bj>{ance, la parenté est indéniable, étroite ; c'est sous des influences orientales que s'est formé Part qui se manifeste à Ravenne. «

Dans la seconde partie, l'auteur déroule les phases diverses de la Ravenne du moyen-âge, sous les Ottons et les précurseurs de saint Dominique et de saint François, des querelles des Guelfes et des Gibelins jusqu'à la naissance de Venise, sa rivale, y compris le séjour de Dante et de Giotto, chez Guy de Polenta. Des impressions empruntées à l'éminent M. de Vogue terminent l'ouvrage par une notation de la Ravenne d'aujourd'hui.

Ainsi conçu, texte et illustration, l'ouvrage de M. Diehl devient d'une nécessité absolue pour tous les curieux de l'histoire de l'art byzantin. L'extraordinaire modicité des prix de la publication se porte garante de son succès.

André Girodie

Denis Roche. P.-M. Chmélkov (in-8°, 38

pages, 1 portrait et s gravures. Paris.

Emile Paul, 100, faubourg Saint-

Honoré) Les enquêtes sur les artistes russes sont trop rares, en France, pour qu'il soit permis d'en passer aucune sous silence. D'autant, avouons-le, qu'en ce sujet trop exploité de l'explication de l'âme russe, les intuitifs dépassent de beaucoup les scientifiques. M.

Roche se flatte, à juste titre, d'être de ces derniers : une parfaite connaissance de la langue et des mœurs, des séjours prolongés en Russie, la fréquentation de ses écrivains et de ses artistes lui permettent de choisir ses sujets d'enquête parmi les plus difficiles. Ce fut, après la traduction des Moujiks, d'Antoine Tchékhov (Perrin), il y a quelques mois, à la Galette des Beaux- Arts, Dmitri-Grégorévith Lévitski, portraitiste petit-russien, du temps de Catherine II ; c'est aujourd'hui au Carnet, l'extraordinaire P.-M. Chmélkov (1819-1890).

A cet artiste, que nous cherchons vainement en l'étude officielle sur l'art russe que M. Alexandre Benoist inséra dans la publication : La Russie à fa fin du xix e siècle, parue durant l'Exposition Universelle de 1900, M. Denis Roche restitue le reliet qu'il mérite. Il ne craint pas d'insister sur le rôle important joué par Chmélkov malgré son « existence lamentablement étouffée » , sa modestie et la sincérité de ses jugement*, qui, en dépit de l'amitié des Pérov et des Névrev. le rendirent souvent odieux aux artistes de plus d'entregent que lui. A l'examen des œuvres de Chmélkov — elles sont d'une extrême rareté — M. Roche consacre une partie de son étude. L'Incendie (1846), la Nasarde, le Retour à la Maison (1848). une Partie d'Echecs (1849), l'Heure d'aller au Théâtre (1860), la magnifique Maison d? Accouchement (1832), de la collection Svétkov, de Moscou, Au Traklir (18541 et cette merveille de sentiment d'humaine pitié, Lioubime Tortsov (1862) justifient amplement le regret exprimé à M. Roche par Tolstoï de n'avoir pas connu l'œuvre de Chmélkov pour la

citer en son Qu'est-ce que l'art} D'autre part, le Lave-main et l'En cachette de sa femme, ont une ironie qui ne le cède en rien à Daumier. Enfin, le Napoléon à Moscou, les Sectaires qui se brûlent euxmêmes et surtout cette effrayante évocation : Ivan le Terrible contemplant une comète permettent, sans hésitation , de placer Ch m élkov en première ligne, dans les continuateurs de Fédotov. Mieux que Perov, son ami, « le Révolutionnaire artistique de 1860 », malgré « les peintres qui faisaient des tableaux d'après ses exquisses » ou « exposaient tout uniment des dessins pour des concours », Ch m élkov « fut un de ceux qui soutinrent un moment V effort de l'art national russe et qui montrèrent des points d'intérêt nouveau. » Héritier de Vénétsianov,

par le culte de la tradition, il annonce déjà Nestérov et l'école russe moderne.

C'est un puissant idéaliste et nul n'est plus digne de justifier la définition de l'art donnée par Tolstoï : une transmission des sentiments les plus imprégnés, dans l'idéal des temps actuels, de religieuse fraternité.

Entre toutes qualités, en sa très érudite étude, M. Roche insiste sur cette dernière.

Ch m élkov, l'artiste russe très expressif selon ses dires, quitte ainsi l'étroitesse d'un académisme national et prend place parmi les artistes que revendique l'humanité. Il faut louer l'auteur de cette conclusion et du scrupule scientifique qu'il a mis à nous y préparer.

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CALENDRIER DU MOIS

HISTOIRE DE L ART

,*. La librairie de l'Art ancien et moderne, 60, rue Taitbout, a mis en vente une élude de M. Arsène Alexandre sur Carolus Duran |in-4*, 3 fr. 5o) et un travail de M. François Benoit sur l'Art des Jardins (in-4*. 2 fr. 5o . Elle annonce un bel ouvrage de M. Louis de Fourcaud sur François Rude (in-8*, 12 fr.).— M. Camille Lemonnier publie une étude sur Constantin Meunier, sculpteur et peintre (in-4«, 32 pi. hors texte. Fleury, 5o fr.).— M. Rob. Brûck étudie l'évolution du vitrail en Alsace dans *on Die Elsassische Glasmalerei vm Beginn des XII bis fum Ende des X^ Il Jahrhundrrts (in-f*. I 54 p et 75 pi. Strasbourg. Heinrich, 80 fr.).

Nous signalons à tous ceux qui souhaitent de voir se réaliser le monument Eugène Fromentin, les excellentes notes biographiques sur l'artiste que vient de publier M. le docteur Ernest Brard, vice-président du Comité. Le vol j me contient, en outre, un portrait de Eugène Fromentin et une vue de sa maison natale (in- 16, 27 pages. La Rochelle, Imprimerie Masson et C u ). — L'éditeur J. Bard, de Berlin, a entrepris la publication d'une série de monographies : l'ie Kunst d'un petit format, fort bien illustrées et du prix le plus réduit il marc 25). Deux d'entre elles : Die Maler von Montmartre et Auguste Rodin. œuvres de MM. Rilke et Klossowski présentent : l'une Wi Mette, Steinlen, Toulouze-Lautrec et Léandre; l'autre, l'œuvre complet du statuaire. Cette dernière contient, en plus du portrait de l'artiste, la reproduction en hors texte de Y Homme au nej eusse, de l'Age d'Airain, du Baiser, de la Danatde, des Bourgeois de Calais et du Balzac. — M. Lucien Decombe, 1 erudit directeur du musée archéologique de Rennes, publie un essai de catalogue des œuvres de Jean-François H u guet, artiste rennais du xvui* siècle. Parmi ces œuvres signalons une suite de Cris de Paris où M. Decombe voit la meilleure expression du s ta-

lent de fine et spirituelle observation » de l'artiste. Les notes explicatives qui accompagnent chaque numéro du catalogue sont du plus vif intérêt •in>8*, 06 pages et portrait. Rennes, Imprimerie Eugène Prost.)— La librairie Joseph Baer et C '•, 6, Hochstrasse, Francfort, publie un nouveau volume du Catalogue de feu Eugène Afû/t/f . Il est consacré en partie aux arts carolingien, roman et gothique. — La collection des Grands Artistes vient de publier quatre nouvelles monographies : VeUjçurf, par blie Faure; Van Drclc, par Fierens-Gevaert; Puget, par Philippe Auquier et Ingres, par J. Mommeja. Ces volumes, auxquels nous reservons une étude bibliographique, ne le cèdent en rien, comme texte et illustrations, à ceux qui les ont précédés (Paris, H. Laurens, 6, rue de Toumon, 2 fr. 5o, broché et 3 fr. 5o, relié). — M. Paul t'.hevreux, le distingué conservateur du Musée des Vosges, étudie la vie et les œuvres du sculpteur-medailleur H. Pomcarmc, i827-iQOJt % en un beau volume illustré, exrtait des Annales de la Société d'Emulation du département des Vosges (in~4*. 54 pages et gravures. Epinal, imprimerie Ch. Huguemn). — M. André Walix, bibliothécaire de la ville et conservateur du musée de Colmar, publie une Bibliographie des ouvrages et articles concernant Martin Schongauer, Math tas Grunewald et les peintures de l'ancienne Ecole allemande à Colmar, la Société Schongauer et le Musée de Untertiitden (in-8*, 5 3 pages. Colmar, Imprimerie J.-B. Jung et C u ). — M. Joseph Fleurent consacre un très beau volume * Der Isenkeimer altar und die gemalde Grunewalds a réfuter les attributions récentes des panneaux de l'autel d'isenheim, du musée de Colmar <in-8*43p. et gravures hors texte. Colmar, Walther Roock).— Sous forme d'un album orné de nombreuses illustrations, M. A. Touchemoulin publie Quelques souvenirs du vieux Strasbourg (in 4*, 1 5 pages et

Flanches. Strasbourg, F. Staat, 7 fr. 5oi. — M. .éon Bocquet publie une pénétrante étude sur

l'imagier André de Gâchons qu'il accompagne de reproductions d'oeurres de l'artiste (in-8*, bj page» et grav. Lille, édition du Ne/froi).

TECHNIQUE

«*« M. E. Hareux publie un bel album : Le mélange des couleurs enseigné par l'exemple lin-J*, Paris, H. Laurens, 6, rue de Tournon, 8 fr.». — On annonce une traduction de M. Charles Ravaisson Mullien des Huit parties du Traité de la peinture, par Léonard de Vinci (in-8*. Paris. Ed. Rouveyre, 16 fr.).

HISTOIRE

,*« M. Ch. de Robillard de Beaurepaire publie la série C (n*« 22 1 5-2969) et la série 1) n*» $47- 5b4) de l'Inventaire sommaire des archives départementales de la Seine- Inférieure, ant. à 1790 ( t. Il, in-4*. Rouen. Imp. Lecerf et fils) et MM. J. w A. Brutails, G. Ducaumis, Duval et V. Bigot, l'Inventaire sommaire des archives de la viUe de Libourne y Gironde, ant. à 17)0 (grand in-4*. Bordeaux, Impr. Gounouilhou). — M. H. d'Arbois de Jubainville, sous le titre Les Celtes jusqu'en l'an IOO avant notre ère, édite le cours professé au Collège de r rance, en 1 002 1903 (in- 12. Paris, Fontemsing, 6 fr. 1. — M. »é <astten Charléty vient de publier la deuxième partie de sa Bibliographie critique d'histoire de Lyon. Elle va de 1789 à nos jours (in-8°, t. VI, 2$9 pages. Collect. des Annales de I Université. II* série, tas. 1 1 . A. Rey et C j * et Paris, A. Picard et fils, 7 fr. 5o). — On a mis en rente la l r * livr. des Récits militaires d'Alsace de 18/4 à 1870, texte de M. de Pardiellan et illustrations de M. Frédéric Regomey. i3o livraisons à 2 fr. do. Paris, Albin Michel, bg. rue des Mathurins). — M. S. Collet vient de publier une érudite Notice historique sur la Commune de Reynel, Haute- Marne, des origines a 1902 » in— 8*. Sopages. Chaumont, Imprimerie Cavaniol). — M. G. Chanleaud, de la Société archéologique de Vendôme consacre à l'Histoire de Uendôme un volume d'une remarquable érudition avec un grand nombre de gravures en hors texte, d'après des documents originaux et des photographies (in- 12, 217 p. et gravures. Vendôme).

ARCHEOLOGIE

»"» M. H. Omont étudie les Concordances des numéros anciens et des numéros actuels des manuscrits latins de la Biblioth que Nationale. Le travail est précédé d'une notice sur les anciens catalogues (in-8*, 204 p. et 7 pi. Paris, Leroux). — On annonce un nouveau Manuel de paléographie de M. Maurice Prou (Paris, Picard. 20 fr.). — La Société havraise d'études diverses a publié l'ouvrage posthume de M. l'abbé E. Maze : Etude sur le langage de la banlieue du Havre (in-8*. 226 p. Le Havre, J. Gonfreville, 7 fr.). — Le magnifique ouvrage : Archives de la Commission des monuments historiques, par M. A. de Baudot et A. Perrault-l)abot est terminé. 11 comprend 3 tomes : Ile-de-France et Picardie; Normandie, Bretagne, Anjou et Poitou; Champagne, Lorraine, Bourgogne, Franche- Comté, Nivernais, Orléanais et Touraine; Lyonnais, Berry, Bourbonnais, Auvergne et Dauphiné; Périgord, Languedoc, Gascogne et Provence (Cinq grands in-4*, avec chacun 100 héli»g., notices niât, et tables. Paris. H. Laurens. 6, rue de Tournon, 5oo fr.). — Sous le titre: Le Patois Berrichon, M. Hugues La paire publie un excellent glossaire /in-16, 100 p. Moulins, Crépin-Leblond'.

Depuis 1K98, M. G. Doublet, professeur au Lycée de Nice, ancien membre de l'Kcole d'Athènes, publie une série de Monographies du Diocèse de Tjence. Ces études, sur lesquelles nous aurons l'occasion de revenir, forment auiourd'hui 5 volumes oui peuvent être considérés comme définitifs sur l'histoire de l'art religieux de la région (Nice,

Typographie et Lithographie, Malvano, 1, rue Garni r).

ACADÉMIES & SOCIÉTÉS

.*. Académie des Inscriptions et Belles- Leitkes.— Le 2 octobre, M. O uonl fait connaître quelques passages d'une notice con>acrée par lui aux anciens catalogues des manuscrits de la Biliothèque nationale, dont le premier fut celui de Jean Gosse lin (t36(i . — M. Salomon Reimch rapproche d'un tableau du Louvre attribué à Malouel l'une des deux miniatures existant a la bibliothèque de Heidelberg et dont il dépose la photographie. — M. Collignon donne lecture, en comité secret, du rapport annuel sur les travaux <j es Ecoles française» d'Athènes et de Rome. — Le 9 octot re, M Pottier continue la lecture de fragments de son Catalogue des vases antiques au Louvre.— M. Cha vannes présente, au nom de M. Morisse, un mémoire manuscrit sur la langue et l'écriture usitée dans le royaume Si-Hia situé sur les rives du fleuve Jaune dans le nord de la Chine. — M. H. Omont dépose la photographie dune bulle de Benoit VIII que vient d acquérir la Bibliothèqne nationale Cette bulle est écrite sur papyrus et remonte au xi* sièle. — Il parle ensuite de trois diplômes originaux de Charles le Chauve et de Charles le Simple, acquis récemment par la Bibliothèque. — M. P Monceaux présente le plan d'un Corpus d'inscriptions chrétiennes en A trique. — Le 10 octobre, M. Gauckler rend compte des travaux entrepris par lui dans le sud de la Tunisie, notamment dans le port de Gighty-Bou- Grara, et sur l'emplacement de la route stratégique de Gabes à Tébessa. 11 signale, à propos d'une inscription récemment découverte, l'analogie qui existe entre les procédés de l'administration française et du gouvernement de Kome vis-à-vis des chefs indigènes. — Le 23 octobre, M. Clermont-Ganneau donne lecture, de la part de M. le marquis de Vogue, d'une note sur une inscription phénicienne trouvée par le P. Delattre, dans un puits funéraire à Cartilage. — M. Gauthier parle des découvertes archéologiques faites par lui au cours d'une mission d«ns le Sahara : une inscription hébraïque trouvée dans le Touat, des gravures rupestres et des inscriptions en caractères touareg. — M. de Mathuisieux expose les résultats de son exploration en Tripolitaine. 11 a découvert les ruines d'un des trois Emporia phenico-romains qui ont donné leur nom au pays, puis il a retrouvé trois des stations de l'occupation romaine, et découvert les traces d'une civilisation romaine très importante. — M. Pottier continue sa lecture sur l'art celtique. M. Collignon ajoute quelques reflexions.

ARTICLES TIRÉS A PART

.% Audinet. Rapport sur les travaux de la Société des Antiquaires de l'Ouest pendant l'année IQ02. (Mém. de la S ciété des Antia. de l'Ouest, t. XX vl). — Héron de Ville fosse. Ceinturon romain découvert à Argelie*, Aude, (Bull. Archéologique). — Htron de Ville fosse et L.-H. Labande. Les mosaïques romaines de Villelaure, Vaucluse. (d m ). — R. Parisot. Les origines du royaume franc de Lorraine. (Annales de l'Est).— C. Porée. Notice sur la construction de la cathédrale de Mende. (Bull archéologique}.

— Bled. Inventaire des ornements et joyaux de l'église de Thérouanne en 14 22. (Bull, archéologique) — Cande. Note» et remarques concernant le marché et les foires du Lude avant la Révolution. (Revue hist. et arch. du Maine).— Dercier. Fouilles exécutées au mont Joër, près de Saint-Goussaud, Creuse. (Bull, archéologique).— L. Froger. La paroisse de Bouloire (Revue hist. et arch. du Maine). — C. Lucas. Achille Hermant : sa vie et ses œuvres, 1823-1903. (L'architecture). — Ch. Portai. La Croix processionnelle de Labastide-Denat,Tarn (Bull, archéologique). — Poulaine. Une cinéraire

romaine trouvée à Lyon. (d*). — Toutain. Note »ur une inscription trouvée dans le Djebel-Asker, au sud de Gatsa, (d ). — L. de Vesly. Exploration archéologique de la forêt de Rouvrav, Seine-Inférieure Fouilles de iqo2. (d*). — J. Teiller. Inscriptions latines d'Afrique. (d u ).

— R. Basset. Deux mss. d'une version arabe inédite du Recueil des sept vizirs. (Journal asiatique}. — E. Blanche t. Documents numismatique» concernant Versailles. ( Huit. Société Hist. de Paris et de l'Ile-de-France) — J, Calmette. Sur la lettre close de Charles le Chauve aux Barcelonais. (Bibl. Ecole Chartres). — H. Carré. La révision du procès Lally, 1778-1786 (Revue historique). — Catalogue des ouvrages de Saint Bonaventure conservés au Département des imprimés de la Bibliothèque nationale. ( Catalogue général des livres imprimés de la B N). — 1). Chapot. Deux divinités fluviales de Svrie. ( V/em. Antiq. de France). — C Couderc. Inventaire d'une collection de chartes offerte à la Bibl.not. par M. Grave. (Bull. hist. et philol.).— H.-F. Dclaborde. A propos d'une rature dans le registre de Philippe-Auguste. (Bibl. Ecole Chartres). — L. Delisle. Les Heures de Jacqueline de Bavière, (d*). — G. Doublet. Histoire de la maison de Foix-Rabat. (Bull Société ariègeoise). — P. Druot. Une cloche franc-contoise du xv« siècle. (Mem. Société émulation. Doubsi.— C.Enlart. Deux têtes de pleureuses du xv« siècle, au musée de Douai. (Mem. Antiq. de France). — M. Férotin. Le véritable auteur de la « Peregrinatis Silviae », la vierge espagnole Ethiria. (Revue Questions Ai*/.).— J.-B. Giraud). Le coffre de mariage de Bertholon- Bellièvre, i5i2. Contribution à l'Ecole lyonnaise du bois sculpté. (Mem Antiq. de France),— G Laurent. Les archives révolutionnaires de la ville de Reims. (Bull, hist. et philol.). — A. Ledieu. Le roi des grandes écoles à Abbeville au xv« siècle. Id 9 ). — A. Leroux. La légende du ro« Aigolant et les origines de Limoges, (d*). — P. Lévèque. Trois actes faux ou interposés des comtes Eudes et Robert et du roi Raoul en faveur de l'abbave de Marmoutier. (Bibl. Ecole Chartres). — J. Pinot. Liste des diplômes des rois carolingiens et des premiers rois capé'iens conservés aux Archives du Nord. (Bull. Commission hist. du département du Nord). — Méfait. Une ratification du traité d'Hamptoncourt, 1 56a- 1 568 (Bull. hist. et philol.). — H. Moranvillé. Aide imposée par le roi d'Angleterre à Paris en 1423. (Bull. Société hist. Paris et Ile-de-France).

— (' Porée. Note pour établir l'exactitude dun continuateur de Monstrelet (Bull. hist. et philol ).

— Poulaine. Un tumulus à Annay-la-Côte. Yonne. (Huit. Archéol ). — R. Poupardin. La date delà « Visio Karoli tertii t. (Bull. Ecole Chartres). — J. Soyer. Actes inédits au nom de Jean de Luxembourg et de Béatrice, roi et reine de Bohême, 1340 et 1342, conservés dans les archives du département du Cher. (Bull. hist. et philol.). — E. Tramblin. Cimetière fortifié et église de Bermerain. (Bull. Commission hist du Nord). — C. Urseau. Un manuscrit liturgique à l'usage d'une communauté de chanoines réguliers. (Bull. hist. et philol.).

— Babelon. Un nouveau médaillon en or de Constantin le Grand (Mélanges Boissier)-L. Batlave. Les décimes ecclésiastiques en Béarn, i6i5- 1690. (Bulletin Société Pau) — J.-B. Berge\. Hi>toire de la fondation du Bager d'Oloron en Bearn (d*). — M. Besnier. Sulmo, patrie d'Ovide. (Mélanges Boissier 1

— G. Hloch. Note sur un passage de Diodore de Sicile, à propos de la première catilinaire. (d m ). — M. Bonnet. Sonipes (d 9 ).— H. Bornecque. La Rhétorique à Hérennius et les clausules métriques (d°).

— F. Buschler. Amantissimo suib. (d ). — R. Cagnat. Sabinius non Licinius Barbarus (d*). — A. Cartault. Sur un emploi particulier des noms propres dans les épigrammes de Martial (d*). — ^4. Châtelain. Gastoni Boissier dedicatio. (d ). — E. Constans. Corrections au texte de Tacite et de Sé-

nèque. (d'). — E. Courbaud. Sur le 1 De oratore » (d*). — L. Dautremer. Une anecdote tirée d 'Aramien Marceflin. (d*). — H. Dessau. Le consulat sous les empereurs des Gaules, (d*). — L. Duckesne. Sur une inscription damasienne. (d*). — E. Ernault. Etudes d'étymologie bretonne, t Mém. Soctett linguist. Paris). — P. houcart. Un sénateur romain en Egypte, sous le règne de Ptolémée X. (Mélanges Boissier) — P. Gaucker. CastelLim Biracaaccarensium. (d*).— P.-F. Girard. Les assises de Cicéron en Cicilie. (d*L — G. Goetj. De Prisciani în glo<sarii< latinis vestigiis. fd*j. — Stéph. Gsell. Le Fossé des frontières romaines dans l'Afrique du Nord, (d ).— J. Hartman. Genesteliana nova. (d*>.

— F. Hauler. Frontonianum. (d*). — HarerfieU. Cornish Tin. (d*). — L. Havet. Un morceau dénaturé de Plaute. (d*l. — Heerdegen. De locis quibusdam qui in Ciceronis « oratore » sunt emendandis. (d*). — W. Helbig. Sur I'jEs Pararium. (d*). — J. A. Hild. Quelques observations à propos de Juvénal au xvil» siècle. (d m ). — T. Homvlte. Le trophée de Paul-Emile à Delphes. 'd*j. — Ck. Huelen. Das sogenname paedagogium auf dem Palatin, (d*). — C Jullian. La fontaine de Nîmes. Matrebo Namavsikabo. (d-). —O.Keller. Comment les *c«lies non porphyrioniennes sur Horace ontelles pris le nom d'Acr'on. (d*). — G. Lafaye. L'adoption de Jugurtha dans Salluste. (d*). — H. Je La Ville de M ir mont. C. Popilius Lacnas. (d*i. — Lesort. Lettres inédite* de Louis XII, François !•'. Charles IX et Catherine de Médicis. (Bull. hist. et philol). — Porée. Bulle inédite de rélestin 111 en faveur du prieuré des Deux-Amants, au diocèse de Rouen, 3i janvier 1192. td'i. — L. Régnier. Notes archéologiques : Gournay-en-Bray et Saînt-Germer. \Ann. Association normande». — S. Reinach. Inventio ancorae. (Mélanges Boissier h — 5. Reinach. Le musée chrétien dans la chapelle >-<e Saint Louis, dans le château de Saint-Germain-en-Lare (Revue archioh. — C. Tranchant. Les assemblée* d'habitants en France au commencement du xiv* siècle. (Bull. Sciences économ. et sociales du Comité des trav. h st. et scient).

REVUE DES REVUES

,*. La Tradition (Novembre). — Suite de l'élude Dans les Alpes, par M. Jacob Christîljin.— ÏJt Mariage en Sardaigne, pai M Téa idessin de M. Edouard Sain). — Quelques vieilles crorances et coutumes du Bas-terroir tourangeau, par Jacques Rouge.

— Galerie traditionniste : Bonnemère de Chavignj. par H . C. : « M. Bonnemère a rassemblé une collection d'amulettes et surtout de bijoux populaires qui. sans doute, est une des plus importantes qui se soient formées, du moins en France» ». — Notes diverses : le Tombeau de Sainte Cécile, la Saint Hubert dans les régiments allemands, la Saint André. — Chronique. — Bibliographie traditionniste et des Provinces.

— L'Action régionaliste (Octobre). — Les manifestations de la F. R. F. en province. — Sou* le titre Vidée régionaliste, extraits d'articles de divers journaux sur le mouvement de décentralisation.

— Les Contemporains. (Novembrei. — Adolphe Baudon, 1819-/888, par *••. -- Joseph Bonaparte, 1 '768-1844, P*f J- de Beaulort. — Le Prince de Joinvtlle, 181 8-/goo f par J. -M. -A

BouiJlat.

— (Décembre». — Caroline Bonaparte <M m * Murat t. ij82-f83g. par J. de Beaufort.

— Chronique des Arts. (Novembre). — Fia de la note de M. Marcel Proust *ur Dante Gabriel Rossetti et Elisabeth Siddal.

— Bulletin de l'Art ancien et moderne.

(Novembrei. — Correspondance de Bohême, par M. M. — Excellente note de Eddv sur l« Ijouvrt

intégral : « Nous aussi, nous réclamons te Louvre intégral, mais nous avons une autre façon de le comprendre : nous pensons au Musée ! »

— Tribune De Saini-G>rvai» (Octobre). — Histoire d'un livre de plain-ckant, par le Docteur P. Wagner. — Le chant des Brigiitines, r«r Dont A. Gatard. — François t'ouperm, tôjti-l'joo. par A. Pirro. — Suite de 1 Henry Ju Mont, par A.

Quitta rd.

— Bulletin de 1.4 Société d'Archéologie Lorraine et du MitséV. Lorrain (Septembre- Octobre). — Compte -rendu d'une excursion à Briey et à Saint-Pierremont, par H. Lefebvre. L'auteur y décrit certaines œuvres piovenant de la chapelle de l'ancien cimetière de Briey : un Oict des trois morts et des trois vifs, bas-relief du xvi* siècle qui « exposé a toutes les intempéries est c >ndamné à une prompte détérioration » et le très important groupe connu *ous le nom de t alvaire de tiriey. composé « de six statues en bois de grandeur n-iturelle tout au moins, représentant le Christ et les deux larron*, la Vierge et Saint Jean et sainte Madeleine, le tout recouvert d'un badigeon grisâtre, soi-disant destine à imiter la pierre t. Ces statues peuvent être rapprochées, les unes de la Madeleine du Sépulcre de Saint-Mihiel, les autres des statues identiques de Bar-ie-huc. L'auteur les croit de l'école de L'gier Richier; certaines, de l'artiste lui-même. Fort judicieusement. M. H. Lefebvre après avoir critique les défauts du groupement actuel, s'étonne que ■ ces bois soient exposés à une prompte détérioration dan* un local humide et malsain ». — Un magistrvl article de M. L. Germain complète les observations de M. H Lefebvre sur ce chef-d'œuvre inconnu de l'un de* plus curieux artistes français. Trois des statues sont reproduites en hors texte .Souhaitons après les observations de nos deux confrères qu'il soit remédié proraptementà l'état actuel de l'œuvre.

— Le Beffroi. (Octobre). — Numéro consacré à Auguste Angellier. Pénétrante étude de M A.- M. Gossez sur le critique d'art, auteur d'un travail bien connu sur Henri Regnault.

— Revue d'histoire de Lyon. (Septembre- Octobre). — Dans une érudite noie. M . E. Vial étudie les origines et la condition des Réveille-malin de Lyon 11 grav.). — MM. M. Roustan et C. Latreille, sous le titre Collombet et son te-nps, donnent une série de notes sur la critique littéraire et dramatique à Lyon. — M. Joanny Bricaud résume V Historique au chJ;cau de Pont-d'Ain — ^uite des Ane ennes confréries de Villefranche-sur-Saone. par Ph. Pouzet et du Louis XI a Lron, par J.-R. Boulieu.

— La Revue Skpi-ekirionale. fXovcmbrel — Adolrhe Deleçorgue. 1 8 1 4-1 8ôo. pnr Henri Dehérain. — Début d'une étude de Georges de Lhomel sur Montreuil-sur-Mer en r~8q.

— L'Occident. (Novembre). — B. I article de M. Adrien Mithouard : Notre Mumjuc, commentant le premier livre du i'i>urs de Compn^ition musicale que vient de publier M. Vincent d'Indy :

« Précieux témoignage que celui-là. Car ce grand musicien 6e rencontre le plus occidental qui soit. Ses œuvres ardentes et sobres, aiguës et vigoureuses, musclées comme un bras tendu, avec leur forte saveur ethnique, ne se concevraient pas et nous ne saurions les entendre, si, en vérité, cet h. mime occidental dont il est toujours ici parlé n'existait d'abord authentiquemenl en nous tous. Or, il se trouve que. prenant conscience de son art, notre musicien en revient toujours à se placer en face de la cathédrale française, et quand vous fermez le livre, c'est comme si vous veniez de lire les leçons de Goura jod ».

— Suite de la 1)ie de Nicolas Poussin a'AnaJi français,. de Giovanni Pietro Bellort. traduit par

Georges Rémond. — Des notes toujours précieuses sur In question W usées, nous devons citer ce passage, signé M. N. :

« A travers le Louvre. L'administration du Louvre nous expliquera-t-elle pourquoi les salles de sculpture française, ouvertes jadis à onze heures du matin, ne le sont plus maintenant qu'à une heure de l'après-midi? Rien ne semble justifier cette fâcheuse mesure. Certains amateurs passionnés de nutre art ne sont libres que dans la matinée, ils ne pourront donc plus suivre désormais le développement de la sculpture française depuis le xin* siècle, époque où, s'épanouissant comme une florais n merveilleuse de l'architecture, elle n'en était que > lus vivante et plus expressive, où, dans son exubérance, elle conservait la mesure, l'harmonieuse liberté d allure et de mouvement des plus belles périodes de la stat laire antique, jusqu'au xviii* siècle où le goût, vif encore, des charmantes et gracieuses inventions décoratives commença malheureusement à d sparaître pour (aire place à 1 ind vidualisme désordonné et incohérent des sculpteurs modernes. Rien n'est plus émouvant que d'étudier cette évolution, identique à «elles des idées et des mœurs, sans négliger a la fin du xv* et au commencement du xvi* siècle, en Bourgogne, en Champagne, en Touraine. les tentatives spontanées d'une Renai sance purement française et. en admirant la manière dont Jean Goujon et Germon Pilon, tout en subissant l'influence italienne, si désastreuse pour de moindres génies, surent rester dans la plus noble tradition nationale. Messieurs les conservateur» du Louvre s'interessent-ils à ces questions? Nous voulons l'espérer, car ils comprendront alors la justesse de nos réclamations et feront rouvrir au public dès onze heures du matin les salles qu'ils tiennent fermées jusqu'à une heure de l'après-midi, sans motif apparent.

« L'une d'elles, comme on le sai'. est réservée aux acquisitions nouvelles. Citons, parmi les plus récentes, deux anges porte-lumières de l'école française (fin du xv* ou commencement du xvi* siècle) et un bas-relief en marbre blanc par Agostino di Duccio, sculpteur florentin du xv* siècle, célèbre surtout par la décorai ion qu'il fit de S. Bernardino a Pérouse. Un cartouche nous apprend que ce bas-relief fut donné à 'a chapelle d'Anvillers lOise) par la famille de Bonnicres de Wierrc. Ainsi les richesses d'art locales continuent à être 1 centralises à Paris et l'on ne sait comment mettre , un terme a cette déplorable coutume. Cette élégante j madone florentine qui. perdue dans une chapelle du Nord de la France, devait évoquer avec puissance l'art et la lumière d'Italie, ne nous interesse plus qu'historiquement, au milieu des innombrables chefs-d'œuvres du Louvre.»

Il est heureux que nos idées trouvent un appui aussi appréciable que celui de l'Occident

— Revi'k i>e Sain'ionge et d'Ainis. (Novembre). — M. le chanoine Lemonnier publie une étude sur les Cahiers des doléances et rtmontrances des corporations de la ville de Rochefort-sur-mer 't des paroisses du Bailliage en 1789. Un excellent tableau des corporations accompagne ce travail fait d'après les archives municipales de Roohcfort. — M. Ch. Dingibeaud revient sur la question de la mosaïque de Lcscar en un remarquable article. Estelle romaine ou romane? L'attribution partage le monde archéologique depuis fo an». (îerspnch, Palustre, Gorse, Barthety. Lafollye. de Lasteyrie et de Marsy. Enlart enfin ont émis tour à tour des opinions contradictoires. D'aprc- de-» viocuments - îintongeais qu'il reproduit à l'appiii de sa thèse fort ingénieuse. M. Ch. l'angibeand roncliit que la mosaïque béarnaise est du xil*- siècle. — Une série de n -tes historiques et de réponses à des questions sur des usages anciens sainlongeaîs complètent le

dernier numéro de cette toujours excellente publication.

— La Lorraine artiste. (Octobre). — M. Emile Nicolas nous présente un Hôtel moderne à 'Verdun, qui prouve combien • le goût artistique dans l'Est subit l'heureuse influence de l'Ecole de Nancy ». La réfection de la salle à manger de l'hôtel est l'oeuvre de M. Chenevrier, architecte départemental, pour la partie architecturale et de MM. Maclot et Martignon, pour la décoration picturale. M. E. Nicolas y constate que • l'interprétation rais.nnée de la nature donne des résultats toujours nouveaux ». (Deux repioductions accompagnent l'article : Cheminée et vue de la salle à manger).

— Bulletin des Sociétés artistiques de l'Est. (Novembre). — Biographie du peintre Xavier-Alphonse Monchablon, parCtL. (reproduction de la Lorraine et ses enfants illustres, du Grand Amphithéâtre de la Faculté des Lettres de Nancy).

— Claude le Lorrain, par Ch. de Meixmoron de Dombasle.

— Anjou historique. (Novembre). Dubuisson- Aubenay. Notes sur l'Anjou.— « Affiches d'Angers». Nécrologe angevin de la fin du xviii" siècle. — Simon Gruget, curé de la rrinité. Histoire de la Constitution civile du Clergé en Anjou : Election des intrus dans les paroisses du district d'Angers.

— F. Uzureau. Les victimes de la terreur en Aujou : Les détenues du Calvaire fusillées au Champdes-Martyra. — Andegaviana. Le clergé angevin et les impôts sous Philippe le Bel. — Les Angevins et leurs voisins. — Les chartriers d'Anjou ixviii* siècle). — Chronique j idiciaire Angevine (xviu* siècle). — Les Bénédictines de La Fougereuse (17901. — Les courriers pour Angers (17021. — M. Bâtard, curé de Notre-Dame de Chalonnes, guillotinée Angers (1794.). — M"* de Marcombe, née de Falloux, guillotinée à Angers 11 7941. — Les noms des rues d Angers pendant la Révolution. — Les religieuses d'Angers en 18 IQ. — Les décès à Angers 1 i83o-38). — Le clergé sous le second Empire : Rapports secrets des prérets. — Chronique Angevine. Mariages, élections, nomination, divers.

— Bibliographie Angevine. Livres et Revues. — Lettre de M. Joseph Joubert à ['Anjou historique.

— Revue d'Alsace (Mars à Décembre). — Enire toutes publications sur l'Alsace, en raison de son ancienneté, la Revue d'Alsace peut être considérée comme l'une des plus utiles. C'est ce qui l'a obligée, à la demande d'un grand nombre de travailleurs, à publier, cette année, sa Table générale de i85o â 1900 (in-8*, 184 p. Mulhouse, H. Gangloff, 3 fr. 75). Ce précieux travail dû à M. le Docteur Weisgerber, contient un index alphabétique

Car noms d'auteurs, un index analytique, un index ibliographique et un index des planches, gravures et lithographies. Parmi les travaux de tout premier ordre publiés en 1903, citons la Chronique belforta:ne de l'abbe Schuler, par Dubail-Roy; l'étude de M. A. Hanauer sur les Petits imprimeurs de Haguenau : Farkal, Seltz, Kobian, Bund ; une notice de M. P. -A. Helmer sur la Manufacture d'armes blanches d'Alsace ; un récit de la visite de Charles X à t'olmar, par M. le vicomte de Reiset; la Correspondance entre le duc d'A iguillon et le vrince-coadjuteur Louis de Rohan, éditée par M. le docteur L. Ehrahard. Citons encore les travaux de MM. Gasser, surSoultz; Hoffmann, sur Dags^urg; Adam, sur la Congrégation de Notre-Dame de Saverne, Benoit, sur Hindisheim, etc.; deux notes de Mgr Chèvre sur les ùuffragant* e Bâle, des Souvenirs de i8/3-i8/4, publiés par M. l'abbé Ingold, des

lettres inédites de Schoepflin et un beau poème : Thierenbach, 728-1 i3o, de notre confrère M.

Georges bpetz.

— BuLtETiN d'Histoire, de Littérature Iet d'Art religieux du Diocèse de Dijon. (Novembre). — La Chambre des Comptes et f érection d'un siège épiscopal à Dijon (L. Jarbot). — Le théologal de Bossue t, Simon Etienne Trouvé, i65iij3o lE. Barbien. — Un panégyrique de Dijon au XV II» siècle. — Chronique.

— Revue dk l'Art ancien et moderne (Décembre I9o3). — Texte : Whistler, Rushin et r impressionnisme, par M. Robert de la Sireranne. — Artistes contemporain*: Léopold Flameng, par M' Henry Havard, Inspecteur général des Beaux- Arts.

— Un portrait d'enfant romain, à la Glyptothèque de Munich, par M. Max Collignon, membre de l'Institut. — Un • ouvrage de Lombardie », à propos d'un récent livre de M. le prince d'Essling (fin), par M. Henri Bouchot, conservateur du Cabinet des estampes â la Bibliothèque nationale. — Les Peintres-Lithographes, par M. Léonce Bénédîte, conservateur du musée du Luxembourg. — L7mpr**sionnisme, à propos d'un livre récent, par M. E. D.

— Bibliographie. — Tables semestrielles. — Gravures hors texte: James A. NcNeill Whist 1er* héliogravure, d'après la pointe aèche de M. Helleu (collection H. Beraldi). — Etude, eau-iorteoriginale de M. Léopold Flameng, membre de l'institut. — Portrait d'enfant romain, héliogravure, d'après le buste de la Glyptothèque de Munich. — La Comptabilité, lithographie originale de M. P. Dillon. — Baigneuse, lithographie originale de M. Abel Faîvre. — Nombreuses illustrations dans le texte.

— Gazette des Beaux- Arts. (Décembre igo3»

— Deux «Vies» d'Evégues sculptées a la cathédrale de Rouen (i" article), par Mlle Louise Pillion. — Artistes contemporains. Albert Lebourg II" article' , par M. Roger Marx.— « L'Avènemem de Louis XVI et de Marie-Antoinette», dessin inédit de M or eau le jeune, par M. Pierre de Nolhac— L'Exposition de Dinant, par M. J.-J. Marauet de Vasselot. — Les Récentes acquisitions du Département de la Peinture au Louvre 1000- 1903 (2* et dernier article», par M. Henry de Cnennevières. — Bibliographie: French Engravers and Draughtsmenofthe XVIIIth Century (lady Dilke), par M. Adrien Moureau. — riibliogrnphie des ouvrages publiés en France et à l'Etranger sur les Beaux- Arts et la Curiosité pendant le deuxième semestre de Tannée 1903, par M. Auguste Marguillier.

Quatre gravures hors texte : L'Avènement de Louis XVI et de Marie-Antoinette, dessin par Moreau le jeune : photogravure. — La Résurrection de Latare, par Gérard de Harlem (Musée du Louvre) : héliogravure Chauvet. — Bord de Rivière, par Salômon van Ruysdael (Musée du Louvre) : pointe sèche, par M. Lopisgich — Saint-Preux sortant de che? des femmes du monde, fac similé de la gravure de N. de Launay d'après le dessin deJ.-M. Moreau le jeune : héliogravure. — Nombreuses gravures dans le texte.

NÉCROLOGIE

»*, Th. hfommsen, archéologue allemand. — Rubert Pector, archéologue anglais. — J. C. HorsUj . peintre anglais. — James Wilson, archéologue écos- Edmond Bonnuffé. écrivain d'art français.

sais.

Le gérant : André GIRODIE.

2391-03. — Imprimerie F. Ducloz, Moûtiers (Savoie)

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