Q.—Que nous ordonne le septième commandement
Le septième commandement nous ordonne... deux choses : n’être pas détenteurs, ni vioiateurs des biens du prochain.
On détient les biens du prochain, quand on ne lui donne pas ce qui lui appartient, on viulc ses biens, quand on ne respecte pas sa propriété. ÿ
La propriélé, c’est en général tout ce qu’on possède légitimerent, soit qu’on l’ait acquis par un {ravail personnel, soit qu’on l'ait reçu par hérilage, par don ou par contrat.
Dieu, ayant créé l'univers, en est le propriélaire réel, absolu : ‘“ La terre et tout ce qu'elle renferme appartient au Seigneur.” Ps. xxi1.—Dieu propriétaire peut disposer de la terre selon sa volonté, sans cependant se déposséder ; car la création lui confère un droit inaliénable,—Dieu a réellement c'isposé de la terre en faveur des bommes; il leur en a donné l’us.ge, avec le droit pour chaque: individu de jouir et de disposer à son gré de ce qui est devenu légitimement sa propriété.
La propriété existait dès le commencement : nous voyons Abel offrir à Dieu les premiers-nés de son troupeau ; les Patriarches avaient des biens en propre, dont ils disposaient pour donations, partages, cessions, etc.—A toutes les époques et chez tous les peuples, le droit de propriété a été reconnu et respecté ; la Loi divine l’a à jamais sanctionné : “ Tu ne voleas pas.” —La propriété est la base de la société : ‘“ Elle périrail, dit saint Thomas, si les. hommes se volaient mutuellement leurs biens.”
Division
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638 CATÉCHISME DE QUÉBE",
de donner à chacun ce qui lui appartient... à titre de contrat, de salaire ou de justice commutative.
La justice commulalive fait rendre à chacun ce qui lui est rigoureusement dû, ce qui esl sien ; on l'appelle commulalive parce qu'elle règle les échanges, les conventions, les contrats.
Par conséquent, les ouvriers et les domestiques, qui ne travail. lent pas ou qui font mal l'ouvrage, prennent injustement le bien d'autrui en se faisant payer comme s'ils avaient bien travaillé et sont obligés à la restitution; de même, les maitres et les patrons retiendraient injustement le bien d'autrui, s’ils ne payaient pas aux domestiques et aux ouvriers, qui ont bien rempli leur devoir, le salaire qui leur est dû. “ Celui, dit le Sage, qui arrache à un homie le pain qu'il a gagné par son travail est comme celui qui assassine son prochain.” Eccl. xxxi1v, 25.
L'aumône elle-même est fondée sur une sorte de justice ; car les biens les plus légitimement acquis n’appartiennent aux riches que comme un dépôt que la Providence leur a confié pour en être les dispensateurs, premièrement pour eux-mêmes et pour leurs proches, et secondement pour les par vres.—L’aumône n’est pas seulement de conseil, mais de précepte ; les riches sont les débiteurs des pauvres de Jésus-Christ ; ils détiennent injustement ce qui ne leur appartient pas, quand ils ne font pas des aumônes, proportionnées aux ressources dont ils disposent, et en rapport avec les besoins des pauvres. (Question 238.)
et de respecter sa propriété, c.-à-d. ne pas dérober le bien d’autrui, ne pas lui causer de dommage ; q. 435.
A... Propriété ? Justice commutative ? Aumône ?
Citons encure ici quelques paroles de saint Augustin sur l’aumône : “ Donnez à votre frère qui est dans l’indigence.—A quel frère ?—A Jésus-Christ lui-même ; oui, Dieu a voulu avoir besoin de vous, et vous oseriez resserrer votre main! Il ne vous demande pourtant qu’une partie de ce qu'il vous a fourni ; car qu’avez-vous que vous ne l’ayez reçu? Soyez donc l'administrateur des biens de Dieu et ron l’usurpateur.”’
Il faut remarquer que par aumône,on n'entend pas seulement l'argent, le vêtement ou la nourriture qu’on donne à des indigents; l’'aumône s'applique aussi aux œuvres établies dans l'Eglise, tels
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SEPTIÈME COMMANDEMENT DE DIEU. 639 que la Propagation de la foi, les Ecoles catholiques, les fondations pieuses, les hôpitaux, et en général Les œuvres pies qui sont recommandées par l’autorité ecclésiastique.
Faire l’aumûône de bon cœur et sans ostentation. Math. vi, 2-4. Pratique