‹ Notes d'un catéchiste ou Court commentaire littéral sur le catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, et Ottawa [microforme]Chapitre 304 sur 356 · Q.—Que nous ordonne le huitième commandement · texte numérisé non relu

Q.—Que nous ordonne le huitième commandement

Le huitième commandement nous ordonne deux choses: dire la vérité et respecter la réputation du prochain.

de dire toujours la vérité. La vérité, c'est ce qui est ; le faux c’est ce qui n'est pas.

A la vérité est donc opposé le mensonge, surlout s’il est confirmé par un serment, comme dans le faux témoignage. Quelquefois on peut prudemment cacher la vérité par la restriclion mentale.

Le mensonge est une parole que l’on dit, un signe ou une action que l’on fait, dans le but de tromper le prochain.

Une action, faite avec l'intention de tromper, s’appelle dissimuialion ; et si on la fait pour paraitre bon, alors qu’on est méchant, elle prend le nom d’hypocrisie.—Ce n’est pas un mensonge de dire quelque chose de faux que l'on croit vrai. — Au mensonge se rapportent la lallerie et les vains éloges, que l’on donne aux autres ou que l’on se donne à soi-même, s'ils sont exagérés.

On distingue trois espèces de mensonges :

1. Joyeux, que l’on dit en riant, par plaisanterie ; il est ordinairement faute vénielle ; cependant, quand ceux qui l’entendent ne s'y trompent pas, il n’y a pas de faute,

2. Officieux, que l’on dil pour son propre avantage ou pour rendre service où un bon office aux autres ; il est toujours au moins péché véniel et n’esi jamais permis.

3. Pernicieux, que l’on dit avec intention ou danger de nuire au prochain ; il blesse à la fois la vérité, la charité et la justice. C'est un pêché mortel de sa nature, et n’est véniel que par les circonstances, ‘“ La place des menteurs est dans l’étang de soufre et de feu.” Apoc. xx1, 8. — “11 y a six choses que Dieu hait.…., une septième qu'il déteste, c’est le mensonge et le faux lémoignage.”" Prov. vi, 19,

Il n’est donc jamais permis de mentir, même légèrement, dût-on à co prix procurer la gloire de Dieu et de la religion, sauver la vie d'un innocent, délivrer toutes les âmes du Purgatoire, subir soimême les plus grands inconvénients ; puisque ce serait aller contre la volonté de Dieu et commettre un péché,

Dire la vérité

Mensonge

Espèces

Restrictions mentales

Equivoques

Usage

Répr'ation

du prochain

Mais il est permis quelquefo:s d'user de restrictions mentales, c’est-à-dire de phrases incomplètes par elles-mêmes, fausses dans leur sens naturel et ordinaire, mais vraies en raison d’un sousentendu ; par exemple, un pauvre demande l’aumône, on lui répond : ‘ Je n’ai rien,’ sous-entendu ‘“ à vous donner.”

Les équivoques sont des paroles, qui ont un dcuble sens et qui prêtent à une interprétation différente de celles qu’on a dans l'esprit ; par exemple, on demande : ‘ Monsieur est-il là ?” on répond : ‘Il n’y est pas ; ” pour dire : ‘‘ ii ue reçoit pas.” —Quelquefois l’équivoque est une parole évasive ; par exemple : ‘ Avez-vous fait cela ? ””’ on répond : ‘“ Pourquoi l’aurai-je fait ? ”?

Les restriclions meniales et les équivoques, si elles sont de nature à tromper vraiment les audittars, sont des mensonges réels et doivent être évitées. Mais si, en raison des circonstances et des habitudes reçues, elles peuvent être facilement comprises, elles ne sont pas des mensonges. Toutefois, il ne faut y recourir que lorsqu'il y a un motif raisonnable, comme pour échapper à une question indiscrète, pour ne pas trahir un secret, etc.—Jamais ces expressions ne sont permises dans les conventions, ou quand un juge interroge juridiquement et légitimement, et à plus fort. raison en confession,

et de respecter l’honneur et la réputation du prochain ; respecter a ici le sens de respecter soi-même et faire respecter par les autres,

C'est un devoir de churité: “ Faites aux autres ce que vous voudriez être fait à vous-mêmes.” — Par conséquent, celui qui se réjouit d’un tort grave, causé par la médisance ou la calomnie, pèche gravement; on doit aussi, en charité, reprendre le détracteur, si on Je peut sans grave inconvénient ; il est défendu par la charité et la justice de coopérer à la détraction en écoutant le détracteur avec bienveillance, en le questionnant, en l’excitant ; on est donc obligé de ne rien faire qui puisse l’encourager, mais au contraire il faut ou se retirer ou se montrer triste ou s'efforcer de détourner la conversation.

Nous allons parler bientôt de ja médisance, q. 445,

ctions menlales, es, fausses dans ison d’un sousaumône, on lui iner.”

uble sens et qui s qu’on a dans “est-il là ?” on pas.” —Quelqueple : ‘‘ Avez-vous >” si elles sont de des mensonges les circonstances ment comprises, e faut y recourir pour échapper à ret, etc.—Jamais ntions, ou quand t, et à plus fort.

du prochain ; mème et faire

es ce que vous quent, celui qui ou la calomnie, rendre le détrac-

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