Q.—Qu'’est-ce que juger témérairement
Juger témérairement, ou sans preuves suffisantes,
Le jugement doit exclure tout doute, toute incertitude: c’est l’assentiment formel da l'esprit, prononçant la culpabilité du prochain. Le soupçon ou le doute n’est donc pas suffisant pour qu'on puisse se prononcer sur la culpabilité du prochain.
Par conséquent, le jugement est {éméraire toutes les fois qu’il est porté sans raison ou presque sans raison suffisante; il peut donc être téméraire sans être faux.
c'est concevoir une mauvaise opinion du prochain.
Cette opinion est in{érieure, si on la garde pour soi: c’est néanmoins un péché contre la justice et par conséquent un devoir de la repousser, aussi longtemps qu'on n’a pas d'indices suffisants; ce péché est véniel, lorsque la matière est légère ou qu'il n’y a qu’une À légère advertance.
Gatte opinion devient extérieure, si on la manifeste au déhors; et dans ce cas, la faute est augmentée, et devient un péché de détraclion, si les paroles malveillartes ne sont pas prononcées en présenc> du prochain, et péché de contumélie, si c'est en présence de l'inculpé.
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HUITIÈME COMMANDEMENT DE DIEU. 653 sans preuves suffisantes ; c’est ce qui rend le juge- Opinion ner à mort les Bon; an contraire à la a 17 tméralre Suzanne, ; MAS ; Lorsqu'il y a des indices suffisants pour formuler un pareil 1l l’estrade ou jugement, il n'y a pas de péché. —- En général, il faut être bien prudent et ne pas juger facilement en mal la conduite et surtout a justice divine, D les intentions d'autrui; car Dieu seul connait le secret des cœurs, grave de compa- Æ et Nocre-Seigneur nous a it : ‘“ Ne jugez point el vous ne serez t, en conscience, Æ point jugés; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés.” saire, en indem- —0—— qu'il a subi dans 445. Q.—Qu'est-ce que médire ? Médire signifie dire du mal du prochain. Médisance
s faux témoins et le crime d’Achab aboth deux faux er contre Dieu et
rement ?
suffisantes, ncertitude : c’est Ipabilité du proisant pour qu'on
utes les fois qu’il fisante, il peut
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‘“ La médisance est le dénigrement de la réputation du prochain par des paroles secrètes.” —Ce péché est très fréquent et une des plaies de la société. On se rend coupable de médisance en révélant sans raison suffisante les fautes ou les travers du prochain, en les exagérant, en interprétant malignement ses bonnes actions, en les niant, en les taisant ou en les diminuant par méchanceté, enfin en le louant si froidement que la louange semble plutôt un blâme.
c'est faire connaître sans nécessité ; or, il y a quel-
Cas
quefois nécessité ou utilité de révéler les fautes d'autrui. Particuliers
1. Quand celui qui révèie a un intérêt sérieux à le faire pour su consolation ou pour demander conseil ou secours.
2. Quand il y va de l'intérêt du délinquant, et qu’on avertit ses parents ou ses supérieurs à l’effet de le corriger.
3. Quand il y a un motif d’utilité publique, pour procurer le bien général ou détourner le mal qui menace une société.
4, Quand les auditeurs ou d’autres y sont gravement intéressés, pour les tirer de quelque danger spirituel ou temporel; ainsi on peut faire connaitre un voleur, afin que les autres se tiennent sur leurs gardes.
Toutefois ces révélations doivent être faites dans des vues de harité, non par haine, vengeance, démangeaison de parler, etc. ; et il ne faut dire que ce qui doit être connu pour procurer le bien qu’on poursuit.
Enfin, lorsque les fautes sont de notoriété publique, ce n’est pas nédire que d'en parler, pourvu au’il ne s'ajoute pas de circonsances particulières,
Conditions
Défauts [es fautes ou les défauts réels du prochain.
réels
fl Si les défauts, imputés au prochain, n'étaient pas réels, la
Ai révélation ne serait plus une médisance, mais une calomnie,
Hi Il n’est pas non plus permis de dénigrer une société quelconque;
| le péché peut même être plus grave, quand on révèle les fautes ou
défauts d'un membre, dont le déshonneur rejaillit sur toute la communauté.
Rapports Ce qui vient d’être dit sur la médisance, s'applique aux rapports ; il y a des rapports qui sont uliles soit au délinquant, soit à la société, soit à celui qui est victime de quelque oppression; il y en a qui sont tndiscrels, n'ayant pas ies conditions voulues ; il y en a qui sont malicieux, faits avec l'intention de semer la discorde entre les amis, Ces derniers sont un grand péché, plus grand que
la médisance, par la raison que l’amitié est préférable à l'honneur: il vaut mieux être aimé que d’être honoré. S, Thomas, st mms 446. Q.—Comment peut-ont réparer le tort fait au prochain par la médisance ?
On peut réparer le tort fait au prochain par la médi. sance. Cette réparation est difficile.
Réparation Saint Philippe de Néri disait qu'il était aussi difficile de répare la médisance que de recueillir un grand nombre de plumes légère ©° que le vent a € tées dans toutes les directions. Comment «il 4 eflet faire disparaire le mal causé par des paroles, qui ont ét !* répandues partout et répétées cent et cent fois ? pe L'obligation de la réparation est d’avtant plus urgente que M °° tort causé au prochain est plus grave. Celui qui a médit pal P° inadvertance est tenu de réparer la médisance, s’il le peut facile ment ; à plus forte raison celui qui l’a fait intentionnellement :if te: doit et peut dire qu’il a parlé mal à propos, qu'il s’est trompé, caf tout péché est une erreur, etc, — De plus, si la médisance a caus des dommages temporels au prochain, le détracteur est oblig I de les réparer. 54 Moyen 2" EXCUSant 868 fautes et en faisant valoir ses bonne di indirect qualités : c’est un moyen indirect. dre
Les médisants ne sont pas, comme les calomniateurs, obligés
DR
it pas réels, la une calomnie.
été quelconque; rèle les fautes ou jilit sur toute la
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rétracter ce qu’ils ont avancé; ils ne le peuvent même pas, puisqu'on suppose qu'ils n’ont dit que la vérité ; c’est pourquoi une médisance est ordinairement plus irréparable qu’une calomnis. 1ls doiveut donc dire de lui tout le bien qu'ils en savent, pour faire oublier autant que possible tout le mal qu'ils en ont dit ; ils doivent prendre sa défense contre ceux qui en parlent mal, et témoigner pour lui beaucoup d'estime, Il ne faut pas craindre d’en trop faire ; car il est dificile, en matière de médisance, que la réparation soit égale à l’offense.
“ Les paroles, dit saint Bernard, volent rapidement et passent avec légèreté ; mais dans ce passage et ce vol rapide, elles font des plaies bien dangereuses et bien profondes ; aisément elles s’insinuent dans l'esprit, difficilement elles en sortent.”
Saint Augustin avait fait graver dans la salle où il prenait ses repas le distique suivant :
Sachez que j'interdis:ma table au médisant,
Qui trouve son plaisir à critiquer l’absent,