‹ Notes d'un catéchiste ou Court commentaire littéral sur le catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, et Ottawa [microforme]Chapitre 330 sur 356 · ENFER · texte numérisé non relu

ENFER

Où est ce lieu ? Ni la raison, ni la révélation ne le disent ; mais l'expression des saints Livres “ Descendre en enfer’ autorise à penser qu'il est au-dessous de nous, en bas, par opposition au Ciei que nous plaçons en haut.

L'existence de l'enfer est un dogme de foi. L'’Ecriture est très affirmative sur ce point : Notre-Seigneur en parle jusqu'à quinze fois dans l'Evangile ; l’enseignement catholique est unanime en cela.—Le paganisme lui-même professait cette croyance : Platon parle nettement des supplices des méchants et de ‘ leur effroyable et douloureuse éternité.” Les écrivains grecs et latins ont décrit le Tarlare ; et Mahomet enseigne dans son Coran l’existence de châtiments éternels.

où ceux qui sont mort en état de péché mortel, dans un état de séparation de Dieu, sans grâce sanctifiante.

L'homme qui, s’étant librement séparé de Dieu et détourné de sa fin dernière, est surpris par la mort dans cet état de séparation» est définitivement confirmé dans cet état. — Il ne pourrait se convertir qu’à l’aide d’une grâce acluelle ; or, il n’y a plus de grâce actuelle à attendre, parce que le damné n’est plus vialeur ; il restera donc à jamais sans la charité de Dieu, ou plutôt avec la haine de la Justice divine qu'il sait inexorable,

Par conséquent, la faute, qui est temporaire dans son acte, demeurera toujours dans la volonté, et le blasphème ne cessera de sortir de la bouche des damnés.

sont privés de la vue de Dieu pour toujours: c’est la peine du dam, ou la privation de Dieu,

Cette peine du dam consiste dans la privation de vision intuitive de Dieu, dans la perte du bonheur que procure cette vision et dans le regret de l’avoir perdu. ‘ Le ver qui les ronge ne meurt point.” Marc, 1x, 42.—4 Avoir perdu le royaume du ciel, dit saint Chrysos-

Existence d

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Etat bg "ht

e péché

Paroles

tôme, c’est là un genre de supplice plus rigoureux mille fois ques, ue

toute l’activité des feux dévorants. Je sais bien qu’il y a des hommes qui n’ont peur de l'enfer que pour l’enfer lui-même; je n’en affirme pas moins qu’il y a quelque chose de pire. Que je ne puisse pas rendre toute ma pensée par des paroles, n’en soyez pas surpris. Pour bien comprendre le malheur qu’il y a de perdre le

tôme

Eternité de

l'enfer

royaume du ciel, il faudrait comprendre Je bonheur de ceux qui en jouissent.”

Les damnés ont conscience de cette perte ; car cette perte ne peut faire leur tourment qu'autant qu’elle leur est connue.—Les damnés pensent à Dieu, non pour l'aimer ou l’implorer, mais pour blasphémer contre sa Justice; ils maudissent leur supplice sans se repentir de leur péché.—Les damnés connaissent, quoique d’une maaière imparfaite, le bonheur des élus; ils savent qu'il est d’un prix inestimable, et cela est pour eux une torture ; et cette peine sera encore accrue, au jugement dernier, par la connaissance plus parfaite qu'ils auront de la gloire céleste et par le désespoir éternel de l’avoir à jamais perdue.

et souffrent des tourments épouvantables ; c’est la peine du sens et surtout du feu.

C’est le juste châtiment de l'attachement du pécheur au bien créé. ‘“ Dans le péché, dit saint Thomas, il y a deux choses: d’abord l'aversion du bien immuable et ensuite /a conversion désordonnée vers le bien muable, A l’aversion correspond la peine du dam, qui est la perte du bien infini, c’est-à-dire de Dieu ; à la conversion désordonnée correspond la peine du sens.”

Le mot feu est répété onze fois par Notre-Seigneur parlant de l'enfer. L’Ecriture nous représente ce lieu d'horreur comme un vaste cachot, à l'entrée duquel il faut laisser toute espérance; un abime épouvantable où règne une éternelle frayeur; une fournaise ardente, un étang de feu, une vallée ténébreuse où roule sans cesse un torrent de soufre, un brasier allumé par la vengeance divine,

“ L'enfer, dit saint Thomas, est un lieu ténébreux, où Dieu fait pénétrer assez de lumière pour que les damnés y voient dans un jour sombre ce qui est de nature à les tourmenter.”—‘ Par un effet de la puissance divine, dit saint Basile, la chaleur, séparée de la clarté, sera le supplice des damnés.”

D'après une décision de la S. Pénitencerie, on ne peut absor. dre un pénitent qui, après avoir été instruit, persisterait à soutenir que le feu de l’enfer n’est pas réel, mais métaphorique. (30 avril 1890).

et éternels, qui ne finiront jamais ; c’est de foi,

“ Allez, maudits, au feu éternel.” Math: xxv,41.—Notre-Seigneur, chaque fois qu’il parle du feu de l'enfer, affirme aussi son éternelle

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