‹ Notes d'un cathéchiste ou Court commentaire littéral sur le caté chisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, Ottawa [microforme]Chapitre 121 sur 348 · Q.—Qu’est-ce que la grâce actuelle · texte numérisé non relu

Q.—Qu’est-ce que la grâce actuelle

La grâce actuelle... Le mot actuel désigne ce qui est présentement à se faire, en acte.

La grâce actuelle nous est accordée par Dieu, au moment où nous devons produire et où nous produisons un acle.

Comme toute grâce proprement dite, la grâce actuelle ne peut avoir que Dieu pour auteur ou cause efficiente.

est un secours passager. Comme en passant.

Ce secours passager, transitoire, temporaire, dure le temps nécessaire pour accomplir l’acte bon qui est à faire ; ce secours se renouvelle et se diversifie, dans la suite, autant de fois qu'il est opportun, comme se renouvellent les avis et les soins d’un père vigilant et plein de tendresse pour ses enfants.

La grâce actuelle se distingue de la grâce sanctifiante ou habiluelle, qui est un état permanent de l’âme justifiée, et du concours divin par lequel Dieu meut l’âme pour des œuvres naturelles ; tandis que par la grdce acluelle, Dieu meut l'âme vers des actes, qui ont pour fin le salut.

par lequel Dieu éclaire notre intelligence... Le péché originel ayant obscurci notre intelligence, la grâce actuelle vient nous éclairer.

Pour éclairer notre intelligence, Dieu emploie tantôt des moyens extérieurs comme la prédication, les bonnes lectures, les bons exemples, etc ; tantôt des moyens intérieurs, qui sont certaines iluminations ou inspirations surnaturelles, ayant pour but de nous faire connaitre et embrasser les vrais biens,

Ces illuminations intérieures de l'intelligence sont ce qu'on

viole gestia reçue à € ayan La £ Concon nous 8 la grâc Quoi liberté, puisse :

A B Saint trine : «

NOUS su:

nous ap] Etre f

rt

mmes

avoir onnezas ont \t pour at +?

qui est

où nous

ne peut

emps néecours se 8 qu'il est d’un père

, ou habiconcours turelles ; es actes,

É péché a grâce

s Moyens les bons certaines

but de

ce qu'on

appelle la grâce prérenante ou opéranle, parce qu'elle éveille l’attention de l’esprit et prévient tout mérite : un pécheur, par exemple, entendant la parole divine et intérieurement éclairé, reconnait la fâcheuse situation dans laquelle il se trouve; voilà un effet de grâce prévenanle.

Le pécheur, mieux éclairé sur son malheureux état, conçoit le désir d’en sortir ; voilà un effet de grâce subséquente.

Touché plus fortement, et comme éveillé de sa somnolence, le récheur est excité à prendre des moyens efficaces, et les prend réellement ; voilà un effet de grâce coopérante.

Après avoir éclairé l'intelligence, la grâce exrile la volonté,

et excite notre volonté. Exciter signifie éveiller.

Dieu meut alors doucement notre volonté, sans faire aucune violence à notre liberté. Si la volonté aähire librement aux suggestions intérieures, qui la persuadent de faire le bien, la grâce reçue est dite alors adjuvanle et efficace.

à éviter le mal et à faire le bien. Le péché originel ayant affaibli notre volonté, la grâce vient nous fortifier.

La grâce, qui nous aide à faire le bien, est appelée coopérante ou concomilante, parce que Dieu nous prête son assistance, pour nous seconder dans la pratique de devoirs qui, sans le secours de la grâce, seraient au-dessus de,nos forces.

Quoique Dieu agisse en nous et avec nous, il respecte notre liberté, autant qu'il est nécessaire pour que le mérile de nos actes puisse nous être attribué,

A... Grâce actuelle ? Secours passager ? Distinctions ?

B.... Noms des grâ:ez d'intelligence ? de volonté ?

Saint Augustin, le docteur de la grâc2, résume ainsi cette doctrine : “ La grâce nous prévient, afin que nous soyons guéris ; elle nous suil, afin que étant guéris nous agissions. Prévenanle, elle nous appelle ; subséquente, elle agit afin que nous soyons glorifés.”

Etre fidèles à toutes les bonnes inspirations de la grâce.

126. Q.—La grâce est-elle nécessaire zu salut ? Oui, la grâce. I! s’agit surtout dc la grâce actuelle,

pr]

Grâce

de volonté

Questions

Réflexion

Pratique

Nécopsité Il est en eïfet évident que la grâce sanclifiante est absolument la grâce nécessaire pour entrer au ciel, et que personne ne peut y être admis s’il n’a le vêtement nuptial de l’innocence ou de la charité. Il est également certain que la grâce actuelle est absolument nécessaire à {out adulle pour acquérir la grâce sanctifiante s’il ne l’a point, et pour la conserver s’il la possède déjà.

est absolument nécessaire. C’est la nécessité qu'on appelle nécessité de moyen : elle est absolue.

Nécessité Beaucoup de catholiques ont des idées fausses ou des notions absolue firt incomplètes sur la nécessité de la grâce ; de là, l'esprit de sufisance, la négligence de la prière, etc.

Il faut donc éclairer ces catholiques, et réfuter les héréliques de diverses nuances, depuis les anciens Pélagiens jusqu'aux Rationalistes modernes, qui nient la graluilé de la grâce ou même l'existence de tout concours surnaturel.

Hérésie Le moine anglais Pélage (405), partant du faux principe que des LUE ke x 6 à ds

Pélagiens Adam avait été créé par Dieu sans être élevé à l’état surnaturel,

disait que le péchè du premier homme était purement personnel et

n'avait point altéré la nalure humaine, laquelle étant intègre pou-

vait atteindre sa fin par ses propres forces, faire le bien et éviter le

mal : par conséquent, nul besoin de grâce intérieure et surnaturelle.

Certains disciples de Pélage, appelés Semi-Pélagiens, adoucirent plus ou moins cette doctrine subversive, professèrent l'existence d’une sorte de grâce intérieure de volonté, ajoutant toutefois qu’elle n'était point nécessaire pour le commencement de l'acte mais seulement ulile ; et que, du reste, ce secours était accordé non graluilement, mais en vue de certains mérites naturels.

Une foule d’autres erreurs ont été accumulées sur ce sujet, dans

la suite des siècles ; voici donc la doctrine catholique : “ Sans elle nous ne pouvons rien faire pour mériler le ciel.”

sans c!le nous ne pouvons rien faire... Ce sont les paroles mêmes de Notre-Seigneur : ‘ Sans moi, vous

ne pouvez rien faire.” Joan. xv, à.

Concours Rien faire, même dans l’ordre naturel, sans le concours posilif divin de Dieu; car, par l& création, Dieu nous a donné l'existence et la puissance d'agir ; mais, de nous-mêmes, nous ne pouvons faire un

gen rep ma s'ils auss pore

P SOn ; faire que

Or péch de pi

Espr

aimer

ficati Si

lument admis

lument s’il ne

qu'on

notions de sufli-

jques de Rationa- 1e l'exis-

cire que rnalurel, sonnel et >qr'e pouéviter le aturelle. oucirent existence is qu’elle ais seulegraluile-

jet, dans

iel.”

sont les Di, VOUS

s posilif nee el la faire un

acte quelconque, si Dieu ne nous prévient pour nous pousser au mouvement et ne concourt avec nous pour l’accomplir,

“ Vous avez, Seigneur, opéré en nous foules nos œuvres.”

‘“ Dieu, dit le catéchisme romain, par sa vertu intime pousse au mouvement #t à l’action les choses qui se meuvent et agissent, de telle sorte que, bien qu’il n’'empéche pas l'efficacité des causes secondes, il la prévient néanmoins.”

D'après ce passage, Dieu n'empêche pas l'efficacité des causes Liberté secondes ; il n’empêchera pas non plus la liberté dans les êtres

humaine

intelligents ; bien plus, l'acte libre doit à ce concours d’être libre.

Ce concours ne rend pas non plus Dieu auteur du péché; car, dans le péché, il y a quelque chose de posilif ou un acte auquel Dieu concourt, et quelque chose de négalif ou un défaut d’être, qui n’est rien et qui provient de l’imperfection ou de la malice de la créature libre.

Si nous ne pouvons rien, même dans l’ordre nalurel, à plus forte raison nous ne pouvons rien pour mériler le ciel.

pour mériter le ciel. Mériter le ciel, c'est se rendre digne d’une récompense éternelle.

Les Rationalistes mocernes et un trop grand nombre d’honnêtes Religion gens, mettant de côté la nécessité de la foi et de la grâce, font "aturaliste reposer l'affaire de leur salut sur les seules œuvres, failes d'une manière honnêéle : c’est la religion naturaliste des honnéles gens. Or, s'ils ne font que des œuvres nalurelles, leur récompense le gra aussi, laquelle consistera ordinairement en certains avantages temporels, mais non dans la fin surnaturelle de la vision béatifique.

Pour être méritoire du ciel, un acte doit être surnaturel dans son principe, c'est-à-dire dans la grâce intérieure qui pousse à le faire, et surnaturel dans sa fin, c’est-à-dire fait en vue de Dieu, tel que connu par la foi.

Or l’homme ne peut point faire cet acte par lui-même,

se S'il est Le pécheur

pécheur, il a besoin de la grâce prévenante pour sortir de l’état

de péché.

‘ Sans l'inspiration prévenanle et sans l’aide du Saint-

Esprit, définit le concile üe Trente, l'homme ne peut croire, espérer, aimer ou se repenlir, comme il faut, pour que la grâce de la justification lui soit accordée,”

S'il est juste et ayant la grâce habituelle, il a encore besoin

‘“ d’un secours spécial de Dieu pour persévérer dans la justice qu’il Le juste a reçue.”’— Le juste lui-même ne peut rien, dans l’ordre surnaturel, sans la grâce actuelle soit prévenanle, soit concomilante.

Le mot de saint Paul, ‘ Nul ne seut dire : Seigneur Jésus, si ce n’est dans l’Esprit-Saint ” ([ Cor. xu, 3.), indique que toute grâce surnaturelle vient du Saint-Esprit. — De même celui-ci : ‘“ Nous ne sommes pas capables de former, de nous-mêmes, une pensée ; notre suffisance vient de Dieu.”

‘“ Personne, dit Notre-Seigneur, ne peut venir à moi, si mon Père qui m'a envoyé ne l'ailire.” Joan. vi, 44.

Questions 4... Grâce nécessaire ? Erreurs et hérésies? Pélage ? B..... Concours divin ? Mérite surnaturel? Le pécheur et le juste ?

Réflex'on Sj nous avons la foi, chers enfants, cette foi que tant de gens sur la terre, même des hommes érudits ou savants ne possèdent pas, à qui devons-nous l’attribuer ? À /a grâce de Dieu, qui nous a allirés à lui.

& Qu'avons-nous que nous ne l’ayons reçu? Pourquoi alors nous glorifier, comme si nous ne l’avions reçu ? ” Pratique Etre humbles et reconnaissarts envers Dieu.

Page 1