Q.—Pouvons-nous résister à la grâce de Dieu
Oui, nous pouvons résister... Pouvoir résister signifie avoir la liberté de ne pas obéir ou même de s'opposer.
Voir la notion de La liberté, page 11.
La liberté se divise en deux espèces principales :
Liberté 1. La liberté de contrariélé est la faculté de choisir entre deux PRES PE choses contraires, comme l'amour et la haine, le bien et le mal. Cette faculté n’est pas de l’essence de la liberté et en est plutôtun
défaut, comme le raisonnement n’est pas de l'essence de l'esprit
mais plutôt une imperfection. Aussi ni Dieu, ni les Bienheureux
n’ont ceite sorte de liberté. —Cependant cette liberté est naturelle
à tout être intelligent qui est encore vialeur, dans la voie vers sa
fin. Le concile de Trente & défini ‘“ qu’il est au pouvoir de l’homme
de rendre ses voies mauvaises,” de faire le bien et le mal,
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2. La liberté de contradiction est ie pouvoir de choisir entre deux Läberté choses contradictoires, comme créer ou ne pas créer, faire Ceci OU contrane pas le faire. Cette faculté est de l'essence de la liberté, et par diction conséquent est l'apanage de tout être intelligent et libre.
Le concile de Trente a défini ce point contre les Protestants, qui “ prétendent que le libre arbitre a été perdu et éteint, après le
péché d'Adam.”’—Tout système qui ruine la liberté est hérélique.
à la grâce divine. Si on considère l’eficacité de la grâce divine, on a la grâce sufisante et la grâce efficace.
1. Avec la grâce suffisante, l'homme peut véritablement faire le RS prets bien surnaturel, mais ne Le fail pas en réalité : cette grâce est seulement excitante et non adjuvante. Or, il est de foi contre les Jansénistes “ qu’il est donné à l’homme une grâce vraiment et relalivement suffisante, qui n'obtient pas cependant le consentement de la volonté.”
2. Avec la grâce efficace, l'homme fait réellement l'acte salutaire : nr cette grâce est donc excitante et adjuvante. La conciliation de la grâce divine avec la liberté humaine est un problème insoluble, un mystère, dit Bossuet, comme une chaine dont nous ne pouvons joindre les deux bouts : d’un côté, nous savons que ‘ Dieu opère en nous le vouloir et le faire ‘’ 1 Phil. xur, 2; de l’autre, notre conscience et l’expérience de tous les jours nous apprennent que nous sommes libres, et que nous résistons souvent à la grâce, en la rendant inefficace par défaut de coopéralion.
et malheureusement nous n’y résistons que trop Ans souvent. Le mot malheureusement insinue que résister graces à la grâce est pour nous un mulheur.
L'âme, qui est fidèle à correspondre à toutes les grâces actuelles qui lui sont accordées, en attire de nouvelles, plus nombreuses et plus considérables, qui seront tranformées plus tard dans le ciel en rayons de gloire,
Au contraire, l’abus des grâces en diminue l'abondance et quelquefois en ferme la source. ‘Tout arbre qui ne porte pas de bon fruit sera coupé et jeté au fe.” Math. 11, 10,
‘“ Lorsqu'une terre, souvent abreuvée des eaux de la pluie, fait croitre des herbes avantageuses pour ceux qui la cultivent, elle
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reçoit la bénédiction de Dieu.—Mais quand elle produit des ronces et des épinrs, elle est réprouvée et près d’être maudite : sa fin sera le feu,” Heb. vi, 7, 8.
Questions A. Pouvoir résister ? Liberté de contrariété, de contradiction ? BB... Grâce suffisante, efficace ? Conciliation ? Abus de la grâce ?
Réflexion Voici, chers enfants, une bell: déclaration du concile de Trente :
‘“ Dieu ne commande pas l'impossible; mais, en commandant, il nous avertit de faire ce que nous pouvons, et de demander ce que nous ne pouvons pas, et il nous aidera afin que nous puissions.”
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