‹ Notes d'un cathéchiste ou Court commentaire littéral sur le caté chisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, Ottawa [microforme]Chapitre 177 sur 348 · NE · texte numérisé non relu

NE

LA

j entends qu’elle doit venir du fond du cœur. La contritiou, qui west pas dans le cœur, n’est pas véritable.

La volonté qui s’est détournée de Disu doit de nouveau se tourner vers Deu, en regrettant sincèrement de lui avoir ainsi préféré des plaisirs défendus.

Dieu ne pardonne qu’au pécheur dont le cœur est contrit et humilié. ‘L'homme voit ce qui parait, mais Dieu regarde le cœur.”—" Il sonde les cœurs et les reins.”

et non pas des lêvres seulement, en vaines paroles.

Réciter de touchantes formules de contriton, dire qu’on a un extrême regret, tout cela n’est qu’extérieur et inutile si le cœur y demeure étranger. ‘Ce peuple m'’hoaore des lèvres, mais son cœur est loin de moi.”

Déchirer même ses vêtements, se frapper Ja poitrine, verser des larmes, tout cela n'est qu’extérieur et nul, si c'est par hypocrisie o1 échauffement d'imagination, sans participation de la volonté. ‘“ Déchirez vos cœurs, et non vos vêtements.”

“Je me suis épuisi à force de gémir, disait David pénitent,; toutes les nuits je laverai mon lit de mes pleurs et je l'arroserai de mes larmes.” Ps. vi.

A. Intérieure? Source des péchés ? David ?

Rien n’est plus admirable, chers enfants, que le repenti de saint Pierre, premier Apôtre : son cœur fut comme transpercé“par l: regard de Jésus, il sortit du prétoire ei pleura amèrement, dit l'Evangile.—-Une pieuse tradition rapporte que dès lors ses yeux furent deux sources de larm»s, qui continuèrent à couler sur son visage amaigri jusqu’à la fin de sa vie,

Avons-nous jamais versé une seule larme de vrai repentir ?

Fausse douleur ?

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212. Q.—Qu'’entendez-vous en disant que notre douleur doit être surnaturelle ?

En disant que noïîre douleur doit être surnaturelle… Surnaturelle siguifie au-dessus de la nature.

De lui-même, Le pécheur n'est pas capable de concevoir un vériable repentir du ses fautes, si la grâce ne le prvient et ne lui en

Fond du cœur

Signes extérieurs

Question

Pleurs de saint Pierre

Réflexion

Surnaturelle

Grâce efficace

Motifs naturels

Question

Fausse pénitence

montre la noirceur. ‘“ Il n’y a, dit saint Ambroise, que ceux que Jésus regarde qui pleurent leurs péchés. Pierre renie son Maitre et ne pleure point, parce que le Seigneur ne le regarde pas; il le renie une seconde fois, et il ne pleure point encore, parce que Jésus ne J’a pas encore regardé; il le renie une troisième fois, Jésus le regarde, et Pierre pleure amèrement.”

j'entends qu’elle doit être inspirée par la grâce de Dieu, c.-à-d. par ube inspiration divine, rendue efficace.

L'homme a le pouvoir de se tuer, mais non celui de se ressusciter; il ne songera même pas à se convertir, s’il n’est prévenu par une grâce. De là, cette prière de Jérémie : ‘ Converlissez- moi, Seigneur, et je serai converti, c’est après que Vous m'avez converti que j'ai fait pénitence.” Jer. xxxi, 18.

Il faut donc demander cette grâce. ‘O bon Jésus, disait saint Augustin, je vous conjure par les larines très précieuses que vous « versées, donnez-moi le don des larmes. Je ne puis pleurer, si vous ne m'accordez cette faveu: par votre Saint-Esprit, aui amollit les cœurs des pécheurs endurcis.”

et produite par des motifs venant de la foi. Les motifs de foi sont ceux que Dieu nous a révélés.

Ces motifs sont expliqués un peu plus loin, question 215,

et non par des motifs purement naturels ou humains.

Innocent x1 condamna une proposition qui affirmait qu'une attrition naturelle suffisait, pourvu qu'elle fül honnéte.—Par conséquent, regretter ses péchés, uniquement parce qu'ils nous ont attiré quelque désagrémeat ou punition, la perte de nos biens, de notre honneur ou de notre santé, sont des motifs purement nalurels, qui n'ont aucun rapport à Dieu, et par conséquent ne sont pas suffisants pour nous réconcilier avec lui ; ce n’est que de l’égoïsme,

et non de l’amour divin A. Surnaturelle? Principe divin? Motifs naturels ?

Le roi impie Antiochus, ayant levé une grande armée, avait juré de faire de Jérusalem le tombeau de tous les Juifs ; mais le Seigneur

d'Antiochus 4 f-appa alors d’une plaie invisible, et il appesantit tellement sa

main sur lui, pour lui montrer qu'il avait encore un Maitre, que le

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corps de ce malheureux prince devint comme une fourmilière de vers; ses chairs tombaient en lambeaux et répandaient une puanteur insupportable. IT Mach. 1x.

Antiochus, vaincu par la douleur, demanda pardon à Dieu, mais le Seigneur ne l’exauça point et il mourut misérablement, car son repentir et ses magnifiques promesses n'élaient pas sincères; la perle de sa santé el la viol. nce d: ses douleurs étaient les motifs naturels de son repentir, mais non d’une véritable conversion.

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213. Q.--Qu’entendez-vous en disant que notre douleur doit être universelle ?

En disant que notre douleur doit être universelle... Universelle signitie qui s'étend vers tous les péchés.

En principe, on ne peut recevoir le pardon d'aucun péché, méme véniel, si on n’en à la contrition; car tout péché mérite d’être désavoué et réparé.

j'entends que nous devons avoir regret de tous nos péchés. Avoir regret d’un péché et pas d’un autre serait l'indice d’une fuusse contritiGn.

1! serait ridicule de demander, même à un homme, pardon d’une injure et non d’une autre.—Cependant, il faut faire une distinction très importante entre le regret des péchés mortels et celui des péchés véniels, voilà pourquoi le Catéchisme dit ‘“ de tous les péchés, au moins morlels.”

au moins mortels... par opposition aux véniels.

“ La vraie pénitence, qui fait quitter un péché mortel, à cause de Dieu aimé par-dessus tout, doit nécessairement porter à détester lous les autres, puisqu'il n’en est pas un seul qui ne soit contre Dieu. Se repentir de quelques-uns et conserver de l’attachement pour les autres, ce n’est pas être véritablement pénitent.” S. Thomas.

Le repentir doit donc s’étenire à tous les péchés mortels.

sans en excepter un seul... Un seul péché mortel suffit pour nous faire perdre la grâce sanctifiante.

Si on a en même temps des péchfs mortels et des péchés véniels,

g° Universelle

Fausse contrition

Péchés mortels

Rémission des péchés

Question

L'idole d'or

4° Souveraine

il suflit à la rigueur de se repentir de tous les péchés mortels qui seuls excluent la grâce ; mais on ne reçoit pas le pardon des péchés véniels dont on ne se repent pas.—Si on n’a que des péchés véniels, il faut au moins avoir la contrition de l’ua d’entre eux ; autrement il n’y aurait pas de matière au sacrement de Pénitence, La contrition d’un seul suflit, il est vrai, à la validité du sacrement ; toutefois, ceux dont on ne se repent pas ne sont pas pardonnés.

De plus, les péchés véniels ne sont point remis à une personne qui demeure en état de péché mortel.

Pour l'utilité d’accuser un péché grave de la vie passée, voir la question 243.

A. Universelle? Fausse contrition ? Raison? Péchés véniels?

Saint Sébastien promit un jour à un préfet paien de Rime de le guérir de la goutte, à la condition que celui-ci commencerait par briser toutes ses idoles. Le préfet les brisa toutes, à l'exception d’une seule ; et comme la goutte continuait, le malade s’en plaignit. Le saint lui reprocha alors d’avoir conservée la petite idole d’or, soigneusement cachée à tel endroit... —Hélas ! parmi les pécheurs, combien y en a-t-il qui ont la contrition de certaines fautes, mais ne veulent point briser une telle idole, et, par conséquent, restent toujours ennemis de Dieu !

214. Q.—Qu'’entendez-vous en disant que notre douleur doit être souveraine ?

£n disant que notre douieur doit être souveraine... Souveraine signilie au-dessus, supérieure à toute autre.

De même que nous devons aimer Dieu par-dessus tout, ainsi nous devons détester par-dessus tout le péché qui nous détourne de Dieu. ‘La vraie mesure d'aimer Dieu étant de l'aimer sans mesure, il est nécessaire de hi; sans mesure le péché.” $. Bernard.

Le péché est le mal souverain, un mal plus grand que tous les malheurs qui peuvent nous arriver ; il est le mal de Divu, puisqu'il trouble en quelque sorte l’ordie établi par lui et va contre s1 volonté. 11 faut donc en avoir une contrition souveraine, sinon 1/1enstivement, du moins apprécialivement.

Nous ailons expliquer ces deux ‘lerniers mots.

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j'entends que nous devons être plus affligés d’avoir offensé Dieu... Affligé signifie attristé par la perte d’un objet.

En nous faisant nerdre l'amitié de Dieu, le péché a des conséquences tellement déplorables que les malheurs de ce monde ne leur sont pas comparables. Le pécheur a donc une coutrition apprécialivenent souveraine, lorsqu'il est disposé à tout souffrir pour expier ses fautes et plutôt que de jamais offenser Dieu mortellement,

que de tous les maux qui peuvent nous arriver, comme la perte de nos biens, de l'honneur, de la santé, de la vie même.

‘“ Celui qui aime pius qua moi, dit Notre-Seigneur, son père ou sa mère, son fils ou sa fille, n’est pas digne de moi.” Math. x, 37.

Cependant, dit le catéchisme romain, la contrition peut être véritable at eflicace, sans qu’elle soit absolument parfaite inlensivement, c.-à-d. jusqu’a1 plus haut degré de la sensibilité ; car la douleur üäont il s’agit doit surtout se trouver dans la volonté, et ce n’est que par accident qu’elle rejaillit sur la partie inférieure de l’âme,

{l arrive souvent que les choses sensibles nous affectent plus vivement que les choses spirituelles ; aiasi quelques-t:15 sont plus sensiblement affectés de le perte de leurs biens ou de la mort d’un entant que de Ja grièveté du péché,

Pour avoir une détestation souveraine du péché, il faut donc être déterminé à ne plus offenser Dieu, quoi qu'il arrive.

A. Mal souverain ? Appréciativement ? intensivement ?

Le roi saint Louis, si bien formé pa” sa pieuse mère Blanche, demanda un jour à Joinville s’il aimerait mieux commettre un péché mortel que d'être lépreux? Le candide sénéchal, qui ne mentil jamais, répondit: ‘“ J'aimerais micux en avoir fait trente que d’être lépreux ! — Vous avez parlé comme un jeune étourd, reprit le roi; car il n'y a pas de lèpra si hideuse que d’être en pêche mortel.”

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Appréciative

Intensive

Question

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