‹ Notes d'un cathéchiste ou Court commentaire littéral sur le caté chisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, Ottawa [microforme]Chapitre 267 sur 348 · Q.—Quand est-il permis de faire serment · texte numérisé non relu

Q.—Quand est-il permis de faire serment

Il est permis de faire serment dans des circonstances graves que nous allons expliquer.

comme lorsqu'on y est obligé par une autorité légitime, qui a le droit de déférer le serment.

Déférer le serment à quelqu'un c'est demander qu'il prenne Dieu à témoin de la vérité de ce qu’il va dire ou de ce qu’il a dit, afin de donner par là plus de force à son témoignage et le rendre plus digne de contiance.—Les corfesseurs, les avocats, les médecins et autres hommes publics sont exempts du serment relativement aux choses qu'ils ne connaissent qu'à raison de leur charge ou de leur profession.—On ne doit pas non plus l’imposer aux personnes très élevées en dignité ; car ce serait manquer de respect à leur caractère que de révoquer en doute ce qu'elles avancent. ‘“ Les prêtres, dit le Droit canon, ne doivent pas prêter serment pour une cause légère.” Jls le peuvent, cependant dans la nécessité ou pour une grande utilité,

ou qu'il est nécessaire ou de grande utilité,

pour l’honneur de Dieu, comme les serments exigés par l'Eglise ou lies supérieurs ecclésiastiques,

pour notre bien, par exemple, se procurer quelque grand bien ou éviter quelque préjudice notable,

et celui du prochain, comme les serments exigés par les magistrats civils pour le bien de la société.

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Toutes les fois qu'un serment promissoire à été fuit avec les Ohrigation conditions requises, qu'il soit serment politique, serment civil, serment religieux, il oblige rigoureusement en conscience ; la raison en est que, violer son serment, c'est faire injure à Dieu que l'on a pris pour témoin ou garant de sa promesse,

Si le serment a été fait par surprise, par erreur, sous l’empire Exceptions d'une crainte grave, Olant la raison et la liberté, il n'est pas obligatoire.—Le serment cesse d’obliger, si l’xécution en devient impossible à raison de circonstances, survenues depuis la promesse et qui font qu'elle n’est plus réalisable ; ou bien si la personne en faveur de qui elle était faite en accorde la remise.

Enfin, dans certains cas et pour des raisons légitimes, l'Eglise, ;;,pense dans la personne du Pape, des Evéques, ou des prêtres à qui l'Evêque aurait communiqué ce pouvoir, peul accorder dispense ou commutation d’une obligation contractés par serment,

ss Ce 393. Q.—Qu'est-ce que jurer en vain ?

Jurer en vain, c'est jure: sans les conditions requises pour que le serment soit , mis. en

vain

Ces condilions sont au nombre de trois : le jugement, la vérité et la justice, ‘ Vous jurerez, dit Jérémie, avec vérité, avec jugement et avec justice.” Jer. 1v, 2.

lo Faire serment sans nécessité, ou Jugement, Sans

É nécessité « Celui qui jure souvent, dit le Sage, sera rempli d'iniquité,”

Eccli, xxxrt, 12.—Le serment n'a été établi que pour servir de remède contre la faiblesse humaine ; or, les remèdes peuvent être nuisibles s'ils sont pris mal à propos. Voilà ce qui a lieu pour le serment ; il nuit à l’homme qui en use sans discrétion.

Par conséquent, c’est se rendre coupable, que de jurer presque à tout propos, pour des ch:e8 frivoles ou de peu d’importance, C'est contre cette mauvaise habitude que Notre-Seigneur disait : “ Mui, je vous dis de ne point jurer du tout, ni par le ciel ni par la terre. Que votre parole soit : cela est où cela n'est pas ; ce que vous ajouteriez de plus serait mal.” Math, v, 37.

2° Affirmer par serment ce que l’on sait être faux, Contre

c’est jurer contre la vérité.

vérité

se qui s'appelle parjure ; question suivante, Contre 3° S’engager par serment à faire une chose défendue,

la

justice OU COntraire à la justice ; q. 395.

‘ En résumé, dit saint Thomas, le serment est-il dépourvu de jugement ? ii est téméraire. Manque-t-il de vérilé ? il est faux. Pèche-t-il du côté de la justice ? il est inique ou illicite.” —Les théologiens enseignent communément que le serment sans nécessité est un péché véniel, et que les serments contre la vérité ou contre la justice sont des péchés mortels.

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