‹ Notes d'un cathéchiste ou Court commentaire littéral sur le caté chisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, Ottawa [microforme]Chapitre 299 sur 348 · Q.—Que nous ordonne le septième commandemont · texte numérisé non relu

Q.—Que nous ordonne le septième commandemont

Le septième commandement nous ordonne... deux choses : n'être pas détenteurs, ni violateurs des biens du prochain,

On délient les biens du prochain, quand on ne lui donne pas ce qui lui appartient; on viole ses biens, quand on ne respecte pas sa propriété.

La propriélé, c'est en général tout ce qu'on possède légitimement, soit qu’on l'ait acquis par un {ravail personnel, soit qu’on l'ait reçu par hérilage, par don ou par contrat.

Dieu, ayant créé l'univers, en est le propriélaire réel, absolu : ‘“ La terre et tout ce qu’elle renferme appartient au Seigneur.” Ps. xx11.—Dieu propriétaire peut disposer de la terre selon sa volonté, sans cependant se déposséder ; car la création lui confère un droit inaliénab'e.—Dieu a réellement disposé de la terre en faveur des hommes; il leur en a donné l'usage, avec le droit pour chaque individu de jouir et de disposer à son gré de ce qui est devenu légitimement sa propriété.

La propriété exista't dès le commencement : nous voyons Abel offrir à Dieu les premiers-nés de son troupeau ; les Patriarches avaient des biens en propre, dont ils disposaient pour donations, partages, cessions, etc.—A toutes les époques et chez tous lies peuples, le droit de propriété a été reconnu et respecté ; la Loi divine l’a à jamais sanctionné : “ Tu ne voleras pas.’ —La propriété est la base de la société : ‘“ Elle périrait, dit saint Thomas, s2 les hommes se volaient muluellement leurs biens.”

Division

Précepte affirmatif

Propriété

Justice commutative

Précepte de l’aumône

Question

Aumône

de donner à chacun ce qui lui appartient... à titre de contrat, de salaire ou de justice commutative.

La justice commulalive fait rendre à chacun ce qui lui est rigoureusement dû, ce qui esl sien ; on l'appelle commulalive parce qu'elle règle Les échanges, les conventions, les contrats.

Par conséquent, Les ouvriers et les domestiques, qui ne travail. lent pas ou qui font mal l'ouvrage, prennent injustement le bien d'autrui en se faisant payer comme s'ils avaient bien travaillé et sont obligés à la restitution ; de même, les maülres et les palrons retiendraient injustement le bien d'autrui, s'ils ne payaient pas aux domestiques et aux ouvriers, qui ont bien rempli leur devoir, le salaire qui leur est dû. “ Celui, dit le Sage, qui arrache à un homme le pain qu'il a gagné par son travail est comme celui qui assassine son prochain.” Eccl. xxxiv, 295.

L'aumône elle-même est fondée sur une sorte de justice ; car les biens les plus légitimement acquis n’appartiennent aux riches que comme un dépôt que la Providence leur a confié pour en être les dispensateurs, premièrement pour eux-mêmes et pour leurs proches, et secondement pour les pauvres.—L’aumône n’est pas seulement de conseil, mais de précepte ; les riches sont les débiteurs des pauvres de Jésus-Christ ; ils détiennent injustement ce qui ne leur appartient pas, quand ils ne font pas des aumônes, proportionnées aux ressources dont ils disposent, et en rapport avec les besoins des pauvres. (Question 238.)

et de respecter sa propriété, C.-à-d, ne pas dérober le bien d'autrui, ne pas lui causer de dommage ; q. 435.

A... Propriété? Justice commutative ? Aumône ?

Citons encore ici quelques paroles de saint Augustin sur l’aumône : ‘“ Donnez à votre frère qui est dans l’indigence.—A quel frère ?—A Jésus-Christ lui-même ; oui, Dieu a voulu avoir besoin de vous, et vous oseriez resserrer votre main! Il ne vous demande pourtant qu'une partie de ce qu’il vous a fourni ; car qu’avez-vous que vous ne l’ayez recu? Soyez donc l'administrateur des biens äe Dieu et non l’usurpateur.”

Il faut remarquer que par aumône,on n'entend pas seulement l'argent, le vêtement ou la nourriture qu’on donne à des indigents ; l’'aumône s'applique aussi aux œuvres établies dans l'Eglise, tels

Page 1