‹ Notes d'un cathéchiste ou Court commentaire littéral sur le caté chisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, Ottawa [microforme]Chapitre 305 sur 348 · Q.—Qu'est-ce que médire · texte numérisé non relu

Q.—Qu'est-ce que médire

Médire signifie dire. du mal du prochain.

‘“ La médisance est le dénigrement de la réputation du prochain par des paroles secrètes.’—Ce péché est très fréquent st une des plaies de la société. On se rend coupable de médisance en révélant sans raison suffisante les fautes ou les travers du prochain, en les exagérant, en interprétant malignement ses bonnes actions, en les niant, en les taisant ou en les diminuant p&r méchanceté, enfin en le jouant si froidement que la louange semble plutôt un blâme.

Médisance

c'est faire connaître sans nécessité ; or, il y a quel: Cas quefois nécessité ou utilité de révéler les Htienr d'aUirUui. Paru

1. Quand celui qui révèle a un intérêt sérieux à le faire pour sa cousolation ou pour demander conseil ou secours.

2. Quand il y va de l'intérêt du délinquant, et qu’on avertit ses parents ou ses supérieurs à l’effet de le corriger.

3. Quand il y a un motif d'utilité publique, pour procurer le bien général ou détourner le mal qui menace une société.

4, Quand les auditeurs ou d'autres y sont gravement intéressés, pour les tirer de quelque danger spirituel ou temporel; ainsi on peut faire connaitre un voleur, afin que les autres se tiennent cur leurs gardes.

Toutefois ces révélations doivent être faites dans des vues de charité, non par haine, vengeance, démangeaison de parler, etc. ; et il ne faut dire que ce qui doit être connu pour procurer le bien qu’on poursuit.

Enfin, lorsque {es fautes sont de notoriété publique, ce n'est pas médire que d'en parler, pourvu qu'il ne s'ajoute pas de circonstances particulières,

Conditions

les fautes ou les défauts réels du prochain.

Si les défauts, imputés au prochain, n'étaient pas réels, la révélation ne serait plus une médisance, mais une calomnie. Il n’est pas non plus permis de dénigrer une société quelconque ; le péché peut même être plus grave, quand on révèle les fautes ou défauts d’un membre, dont le déshonneur rejaillit sur toute la communauté,

Ce qui vient d’être dit sur la médisance, s'applique aux rapports ; il y a des rapports qui sont uliles soit au délinquant, soit à la société, soit à celui qui est victime de quelque oppression; il y en a qui sont indiscrels, n'ayant pas les conditions voulues ; il y en a qui sont malicieux, faits avec l'intention de semer la discorde entre les amis, Ces derniers sont un grand péché, plus grand que la médisance, par la raison que l'amitié est préférable à l'honneur : il vaut mieux être aimé que d’être honoré. S, Thomas,

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446. Q..--Comment peut-ont réparer le tort fait au prochain par la médisance ?

On peut réparer le tort fait au prochain par la médi-

sance. Cette réparation est difficile.

Réparation Saint Philippe de Néri disait qu'il était aussi difficile de réparer la médisance que de recueillir un grand nombre de plumes légères que le vent a emportées dans toutes les directions. Comment en eflet faire disparaître le mal causé par des paroles, qui ont été répandues partout et répétées cent et cent fois ?

L'obligation de la réparation est d’autant plus urgente que le tort causé au prochain est plus grave, (Celui qui a médit par | inadvertance est tenu de réparer la médisance, s’il le peut facilement ; à plus forte raison celui qui l’a fait intentionrellement : il doit et peut dire qu'il a parlé mal à propos, qu'il s'est trompé, car tout péché est une erreur, etc. — De plus, si la médisance a causé des dommages temporels au prechain, le détracteur est obligé de les réparer.

Men en exousant ses fautes et en faisant valoir ses bonnes indirect Qualités : c’est un moyen indirect,

Les médisants ne sont pas, comme les calomniateurs, obligés à R

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rétracter ce qu'ils ont avancé; ils ne le peuvent même pas, puisqu’on suppose qu'ils n’ont dit que la vérité ; c'est pourquoi une médisance est ordinairement plus irréparable qu'une calomnie. 1ls doivent donc dire &e lui tout le bien qu'ils ex savent, pour faire oublier autant que possible tout le mal qu'ils en ont dit ; ils doivent prendre sa défense contre ceux qui en parlent mal, et témoigner pour lui beaucoup d'estime. Il ne faut pas craindre d’en trop faire ; car il est difficile, en matière de médisance, que la réparation soit égale à l’offense.

“ Les paroles, dit ‘saint Bernard, volent rapidement et passent avec légèrelé ; mais dans ce passage et ce vol rapide, elles font des plaies bien dangereuses et bien profondes ; aisément elles s'insinuent dans l'esprit, difficilement elles en sortent.”

Saint Augustin avait fait graver dans la salle où il prenait ses repas le distique suivant :

Sachez que j'interdisima table au médisant, Qui trouve son plaisir à critiquer l’absent, 447. Q.—Qu'est-ce que calomnier ?

Calomnier, c’est accuser quelqu'un faussement.

C’est le caractère propre de la calomnie d'être une assertion contraire à la vérilé. — La calomnie renferme une triple malice ; cest un mensonge pernicieux, un manque de charilé et une enjuslice ; aussi est-elle un péché mortel de sa nature, soit qu’elle attaque un particulier, soit qu’elle noircisse la religion, le clergé, ou une société quelconque, — La gravité de ce péché se mesure sur l’importance du mal attribué au prochain.

‘un défaut qu’il n’a pas, comme d’être voleur, menteur, hypocrite, avare, etc.

ou d’une faute qu'il n’a pas commise.

De pareilles accusations, surtout s’il s’agit de fautes graves, £ont un des plus grands péchés qu'on puisse commettre, ‘“ Les détracteurs sont haïs äe Dieu, dit l’Ecriture ; ils sont l’abomination des hommes ; leur langue est comme une flèche qui blesse cruellement ; leurs lèvres distillent le venin des aspics.” — C'est un péché diabolique. à

Distique

Calomnie

Gravité

Béatitude

Réparation

saveu

Ces particuliers

La calomnie est la; grande arme des ennemis de la religion Notre-Seigneur a été calomnié le premier, l'Eglise continue à êtr en butte aux attaques pleines de fourberie des suppôts de Satan.

C'est pourquoi Notre-Seigneur, dans ses béatitudes, promet un résompense spéciale aux justes, éprouvés par ce genre de pers cution : ‘“ Estimez-vous heureux, lorsque les hommes diront fausse mert toute sorte de mal contre vous ; réjouissez-vous et tressaille de joie, parce qu'une grande récompense vous est réservée dans les cieux.” Math, v, 11, — Il place cette persécution après toute les autres comme le couronnement, et celle dont l’observation

suppose la. plus haute vertu.

448. Q.—Comment doit-on réparer le tort fait au prochain par la calomnie ?

On doit réparer le tort fait au prochain par la calomnie ; cette obligation est évidente.

Un homme tient ordinairement plus à son honneur qu'à sa fortune ; souvent même la perte de l'honneur et surtout de l’honnêteté, détruisant la confiance des autres, nuit en même témps aux biens temporels ou à la situation de celui qui est ainsi calomnié ; d’où, nécessité de compenser quelquefois, même à prix d'argent, le tort causé au prochain qui a perdu sa place, etc.

en désavouant le mal qu’an a dit de lui contre la vérité.

Celui qui a calomnié son prochain doit donc se dédire, quand même cela devrait le déshonorer. Pratiquement, cette réparation est très difficile et reste souvent incomplète : la blessure garde toujours une cicatrice.

Il est quelques cas, où cette réparation n’est pas obligatoire ; par exemple, lorsqu'il s’ensuivrait pour le calomniateur un mal beaucoup plus grand que celui qu'il a causé, ou qu'il s’exposerait à la mort, ou si celui qui a été calomnié a fait cession de son droit, ou si la réputation a été rétablie par sentence judiciaire, ou si le calomniateur avait été lui-même cale-anié, ou si la calomnie a été faite dans un moment de colère et que personne n'y ait ajouté foi.

Néanmoins, la culpabilité reste toujours derant Dieu, qui’ajce

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Au huitième commandement se rattache indirectement la vtolalion du secrel.—On distingue le secret conventionnel, qui résulte d’une promesse expresse de ne point parler de telle chose ; le secret professionnel, qui résulte de la nature de fonctions professionnelles, comme avocat, médecin, notaire, etc. ; et le secret sacramenilel, imposé aux prêtres sur les choses entendues en confession.

Le secret sacramenlel est tellement rigoureux qu'il n’est jamais permis de le violer, même au péril de la vie. Les autres secrets doivent être fidèlement gardés, à moins que le bien public ne soit en cause. En dehors de cette exception, la violation de secrets impcilants serait une faute grave.

Ce serait encore un acte indiscret et coupable que d’estorquer les secrets d'autrui et ensuite de les révéler ; de lire une lettre adressée à un autre et de la décacheter sans une permission expresse ou tacite, à moins que la surveillance ne l'exige, comme cela se pratique dans les communautés religieuses et dans les établissements d'éducation publique.

Le neuvième commandement de Dieu est... Dans l’hébreu, ce commandement est uni et confondu avec le dixième,

Voici le texte biblique relatif à ces deux derniers préceptes :

“ Vous ne convoiterez point la maison de votre prochain ; vous ne désirerez point ni sa femme, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune de toutes les choses qui lui appartiennent.” Ex. xx, 17.

Par conséquent, ces deux commandements ont pour objet commun de proscrire les mauvais désirs. ‘ C’est à bon droit, dit saint Thomas, que saint Augustin a distingué deux sortes de convoitises : l’une qui a pou: objet la femme d’autrui, ce qui revient à la concupiscence de la chair; l’autre qui appartient à la concupiscence des yeux, et qui renferme les divers désirs de la cupidité.”

Le neuvième commandement a donc été assez imparfaitement traduit dans les deux vers suivants :

L'œuvre de chair ne désireras,

Qu'en mariage seulement. :

Violation El du sit secret

Gravité

Letires

Neuvième précepte

Texte biblique

Objet

Nous allons dire ce que ce commandement ordonne, q. 450; et après, ce qu'il défend, q. 451.

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