‹ Notes d'un condamné politiqueChapitre 22 sur 62 · E. RENAULT · texte numérisé non relu

E. RENAULT

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NOTE DE LA COLLABORATION

La triste coïncidence qui a voulu que la mort ait enlevé, presque dans le môme temps, MM. de Puibusque, Ampère et Lafontaine qui, de France au Canada, s’ôtaient liés d'amitié dans leurs études et

■■leurs recherches sur notre pays, nous a suc^éré l’idée de demander à M. Chauveau de vouloir bien publier, dans les Soirées Canadiennes , son épître à M. de Puibusque, dont parle avec éloge M. Ampère dans • sa u Promenade en Amérique, ” ouvrage plein de bienveillance pour le Canada et les canadiens.

Cette poésie, composée en 1850 et demeurée inédite,

est une épitre moitié sérieuse moitié badine, dans laquelle l’auteur mettait plaisamment -sur le compte de M. Pliilarète Chasles, parent de M. de Puibusque, et quelque peu coupable à notre égard, beaucoup de ces quiproquos et de ces erreurs que commettent la majorité des écrivains européens qui parlent de l’Amérique et du Canada.

M. Ampère se trompe, cependant, quand il dit que M. Chauveau a composé ce morceau de poésie “ pour u venger son pays de quelques sévérités françaises ; ” l’auteur ne fait allusion aux erreurs commises au préjudice de notre pays que pour complimenter M. de Puibusque qui, lui, était parfaitement renseigné et très capable de réfuter ces erreurs.

EPITEE A M. A. I)E PUIBUSQUE.

Vous demandez un mot, un met qui vous rappelle, Dans votre vieux Paris, notre France nouvelle,

Qui vous fasse rêver dans l’ardente cité,

Au paisible bonheur de notre obscurité,

Qui vous redise enfin, le nom de notre ville,

Ses héros oubliés, Frontenac, Iberville,

Juchereau, de Lévis, Bourlam arque, Yaudreuil,

Ses murs qui de vos lys portent encor le deuil,

Et les plaines où Wolfe et l’imprudent Montcalme,

Se disputaient de Mars, l’insaisissable palme.

A ce pieux désir d’un voyageur français,

Je dois me rendre et faire, avec ou sans succès, A ma muse infidèle une vive supplique.

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