‹ Notes d'un voyage dans l'ouest de la FranceChapitre 13 sur 22 · MORLAIX · texte numérisé non relu

MORLAIX

Naguère on citait l'église de Notre-Dame* du* Mur j à Morlaix , comme Tune des merveilles de la Bretagne. Son clocher avec sa flèche en pierre rivalisait avec celui du Creizker , dont je vais bientôt parler. Aujourd'hui il ne reste plus trace de cette église ; elle s'est écroulée au commencement du siècle, et bientôt après elle a été entièrement dénsolie. Sainte-Meleine, au milieu de la ville , ne m^te d'être mentionnée que pour Ja boiserie d'un orgue, admirablement travaillée. Enfin une autre église dans iw faubourg , est également presque sans importance. Sa date, du commence^ ment du seizième siècle , se lit sur tue grande banderole sculptée en relief qui se développe le long de sa façade.

Plusieurs tableaux et des lithc^aphies ont <iéjà fait connaître quelques rues de Morlaix. Celle des Nobles, par exemple, présente presque à chaque pas des façades des quinzième et seizième siècles ^ dont plusieurs se font remarquer par leur élégance. Il y a peu de villes , je crois , où l'on trouve autant de souvenirs de l'architecture civile du moyen-âge^ Ces modèles anciens ont exercé une influence évidente sur Tarchitecture moderne; on voit noadt)re de maisons à portail en ogive ,

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surmontés d We date du dix-septième siècle; d'autres qu'à leurs mouluras,^ aux colonnes bizarres qui soutiennent leurs archivoltes , on pourrait croire de la période gothique , ont été bâties il y a moins de deux cents ans, comme l'apprennent des inscriptions tracées sur leurs façades. Dans une ntiaison de la rue des Nobles on voit un magnifique escaliffl* gothique, en bois, du x[uinzième siècle, parfiaitem^it conservé, quoique d'un usage journaher. Ses ornemens, variés ii chaque étage, sont d'une déhcatesse inouïe. Je n'avais jamais rien vu de plus parfait et de meilleur goût.

L'bôtel-de-ville, grand édifice du style bàtttd qm suivit celui de la Renaissance, ne mérite^ rait pas d'être cité sans une particularité vraiment curieuse. Parmi quelques grands médaillons d'un fort relief, et qui représentent des tètes ou des figures en buste, on en distingue un, c<Nitenant un homme qui embrasse de la manière la plus tendre une femme très décolletée. L'homme c'est Henri IV, fort ressemblant, et la femme c'est , dit-on , la belle Gabrielle. Or cet hôtel-deville a été bâti sous le règne même de Henri IV. Que penser de ce groupe singulier? Est-ce un reste du vieux levain de la Ugue^ une satire , ou bien une espèce de flatterie naïve à l'excès? On voit sur d'autres édifices des fantaisies d'artistes encore plus crues que ce médaillon : tels sont , par exemple , les étranges ornemens de la corniche qui termine la façade du château d'Anel. Il fediait

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