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probablement lorsqu'on a constmit les étages
supérieurs des deux tours de la façade,
Iluen reste plus qu'une aujourd'hui, celle de gauche , la droite ayant été rasée y si toutefois elle a jamais ctë teniunée. La gauche, très haute et extrêmement ornée , est du plus bel effet* Des fè* nètres géminées , à trois et à cinq lobes ( cintrés on en ogive), encadrées d'archivoltes ciselées, éclairent ses différens étages , séparés par d'élé^ gantes monlures, des corniches, desmodillons, des rosaces , etc* Je crois Fétage inférieur , con* temporain de la construction primitive , les autres me semblent a|)pai tenir à la lin du xii*" siècle ou au commencement du xni^.
Autrefois ces tours.avaient chacune deux portes , s'ouvrant sur les has-cètës de la nef, et décorées avec la plus grande magnificence. Leurs tympans , remplis de bas-reliefs d*une exécution précieuse , peuvent soutenir la comparaison avec ce que l'art bysantin a produit de plus remarquable. Il est impossible de ne pas admirer la perfection avec laquelle sont rendus certains détails , comme les étoffes et les broderies , — fomementation en général. En même temps il y a lieu de s'étonner que des artistes , en état d'exécuter si bien certaines parties, soient tombés dans des fou* tes aussi grossières; les mains, par exemple, sont hors de toute proportion avec les corps^ et il y a tel personnage dont les doigts ont la même longueur que la face. — On observe les plis tr^sfins
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et tourmentés des draperies, la profiision dea bro* deries et des bijoux, caractères assez constans de la sculpture des xi*' et xii- siècles. — J'ai cherche en vain sur la pierre des traces de peinture» Je n^en ai trourë que sur les nimbes, peints en bien,* entourés de perles d'or, avec une croix grecque rouge, au milieu. La parfiedte conservation des couleurs dans cette seule place, l'absence du moindre vestige de coloration dans le reste des bas-re« liefs, me font penser qu'ils n'ont jamais été peints. D'ailleurs des disques de verre poui pi e ioncé, incrustés daus les yeux des figures de grande pro* portion, attestent suffisamment le goût du temps pour la sculpture poiychrôme. Pour les petites figures, au lieu de disques , on s'est servi de boules de verre vert , enfilées par un fil de fer , et à peu près semblables à une grosse épingle.
Chacun de ces tympans est entouré de quatre larges archivoltes d'une exécution mafi^nifique. A côté des damiers, des étoiles et des biiiettes bysantines, on voit des palmettes et des moulures qu'on pourrait prendre pour antiques si on les trouvait isolées. Quatre colonnes engagées, à chapiteaux historiés qui se lient par leur composition aux sujets des bas-reliefs , soutiennent les retombées des' archivoltes, il est évident que les ouvriers qui ont sculpté ces détails avaient atteint la perfection de l'exécution manuelle. Je ne sais i quoi attribuer les déjEauts choquans dans l'imitation de la iorme humaine. Doit-on penser
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que les sculpteurs de ce temps , ecclésiastiques pour la plupart, dédaignaiem de prendre des mo* dèles, et ne consultaient que leur mémoire?
Uuc observation qui ne peut échapper à personne, c'est la ressemblance frappante qu'offrent ces figures longues et minces, enveloppas de draperies raides et collantes, avec les premiers ou* vrages des Égyptiens et des £tmsques. D*où vient que des peuples différens , sans se copier , soient tombés dans les mêmes erreurs, se soient complu aux mêmes exagérations? Partout les commen* cemens de Tartre ressemblent. Serait-ce que pour l'homme, dans undegréde civilisation p^avancé, que le soin de sa conservation préoonpe toujours, Tagilité, une haute taille, indices de la force corporelle, sont les qualités les plus estimées, et par conséquent celles qui constituent le beau à ses yeux? 11 me semble quil faut, pour apprécier la grâce, un état de société où la puissimee intellectuelle Tempoi Le sur la force physique.
Toutes oes curieuses sculptures sontcachées par deux misérables échoppes adossées aux murs des tours. Deux serruriers les occupent, et se sont i construit des chambres le long de oes magnifiques tympans. L'un des bas-reliefs est masqué presque entièrement par un plancher qui le sépare en deux parties. Plus loin , on a entaillé profondé* ment les moulurer saillantes d'une archivolte pour élargir le passage d*un escalier, ou plutôt d'une échelle, qui conduit aux chambras supérienres
de la Iwraqae. Là, des fagots sont entassés devant
un bas-relief,... Ajoutez à cela des poules et des eniaiiâ Tivanipéle-iaéle dans ces réduits infects, et les salissant à qui mieux mieux.
Il y a un mois, un soldat, c'était je crois un chasseur d'Afrique , fut logé chez un des serra* riers. On le coucha dans Fîntérieur de l'une des portes, en ^haut d*un cintre. Le fond de cette étrange alcove était un bas-relief représentant le Père Éternel assis sur les nuages, entouré de ses anges et de ses saints. Peu sensible à cette décoration, le soldat ne pensa qu'au mauyais grabat de son hôte et aux. punaises qui le tourmentèrent la nuit. Le matin, faisant son bagage, U avise le bas-relief, et s'adressant au Père Etemel : « C'est toi, » dit-il, u qui as inventé les jMiuaises; voilà « pour te remercier !» Un coup de bâton qui cassa la lètc de la statue , termina la prosopopée \
> Lm habitent de La €harité montrent une bien coupable
indifférence pour ces restes précieux. Il y a peu de temps, que le propriétaire d'une maison attenant à Téglise , a démoli , sans obstacle de la part de Tadministration , le portail latéral de droite ; le tympan qui le décorait, du même style que ceux que je viens de dédire , a été entièrement perdu .
Diaprés mes réclamations, et au moyen d*ane allocation ao> cordée par M. le ministre de Tintérieur, les bas-reliefii existans vont être transportés dans Tintérienr de Téglise.
Je dois des remerciemens à M. A. Grasset, qui le premier m'a si(;iîalé leur existence , après avoir long-teraps protesté en vain contre les outrages (|u'ils reçoivent. M. Grasset possède un cabinet d'antiquités et de curiosités très-remarquar
roiibliaui de parler d'im chambranle de^porte,
restauration évidente du xv^ siècle, qui subsiste encore entre les deux tours* Il ne me semble pas douteux que dans la construction prinutive , Véglise avait cinq nefs. En effet , elle a cinq portes, dont quatre bysantines, et quatre apsides aux transsepts , qui avec le chœur ( les arcades inférieures du moins ) , sont les seules parties de Téglise actuelle qui semblent appartenir au xn* siècle. — Il serait possible toutefois que le chœur même et les apsides eussent été reconstruits par Philippe-Auguste, et on expliquerait alors les chapiteaux et rornementatiou toute bysantine , par remploi des matériaux échappés a Tincendie , qu*on aurait appliqués à la restauration du xm* siècle. Il faut se rappeler qu'il ne reste plus rien au- ' jourd'hui de la nef de Philippe-Auguste.
ble. Outre uii médaillcr fort riche, sa collection rcnfermo des vases, des statuettes , des bronzes antiques, etc., pro* venant, pour la plupart, du département de la Nièm. Le prporiétaire se fait un plaiair de la montrer aux étrangers qui passent à La Charité.
Sa âltrel|(«
C'était une Tille avant que la Charité en devint une, et le séjour des seigneurs puissans. — Ruines d'une église bâtie fort près d'une butte élevée demain d'homitic, qui, suivant toute apparence, portait le donjon du château de La Marche. On voit encore quelques vestiges des substructions de ce château.
De réglise il ne reste debout actuellement, qn*une partie de la nef, une apside principale , régulièrement orientée, et une autre plus petite a gauche* En suivant les substructions , on reconnaît que le plan de rédificc était celui d'une basilique, terminée à l'orient et àroccident par trois apsides opposées. "Cette forme est très rare en France, mais on en trouve quelques exemples sur les bords du Rhin La principale des apsides occidentales servait probabimient de baptistère , et la porte s' ouvrait latéralement à la nef.
Quelques piliers subsistent encore ; ils sont carrésravec des colonnes engagées sur leurs faces latérales, qui soutiennent des arcades en plein
^ Les églises du Khin n*ont , je crois , qu'une seule apside ûceithnktle. Je ne sais quelle était la dwtiMtioii dat deux antres dans Tégliio de La Marche.
cintre* Sur les chapiteaux, eu lonae de pyramide tronquëe et renversée , on Toit quelques figures humaines grossièrement ébauchées, au milieu d'une foule de traits bizarr^'s, (ju'oii ne peut comparer qu*aa tatouage des Zéiandais* Ces dessins sont graves en creux , ou du moins n'ont (ju'unc saillie à peine sensible. Les angles des chapiteaux sont terminés par des têtes d'hommes ou d'animaux; il est difficile de le deviner, tant le travail est bai^bare.
Une crypte assez vaste, voûtée en berceau, sans colonnes ni aucun ornement , existe sous l'apside principale. M* A. Grasset se propose de la fidre fouiller.
Il est probable que cette église a été bâtie long-teikips avant le monastère de La Charité , ét la rudesse de cette conslruction me fait croire quVile remonte au x'^ siècle , si toutefois elle n'est pas encore plus ancienne.
Varzy. — Église des xiv-xv"* siècles. Apside du chœur ornée de beaux vitraux. Un» petite chapelle romane , dépourvue d'ornemens , à côté de l'église.
Clamect. — Église gothique-flamboyant ; façade
très éh^jaiile. J'ai remarqué surtout la jolie galerie du portail , et le fronton à jour qui s'élève au- ' dessus. La tour, à droite du portail' est à trois étages , un peu luurtic pour les proportion médiocres de la façade.
La petite ville de Vezelay est bâtie sur un rocher calcaire qui s'élève âbruptaoaent au miliea
clVme vallée ])ioffmde, resserrée par des collines disposées eu amphithéâtre. On découvre d'assez lèin tës' maisoiidr «ëmées sur lube peilte rapide , qu'on prendrait pour les degrés d'un escalier, des restes de fortifications en tèrrasse , et surtoat l'ëgiise, qui, placée sar' lé jloinf culminant de la montagne , domine tous les environs» — Je venais de travérser des bois Uen plantés, par une route commode , au milieu d'une nature sauvajje , que l'on admire sans être distrait par les cahots. Le soleil se lèVait. Sur le Talion régnait encore un épais brouillard percé çà et là par les cimes des arbres. Au-dessus apparaissait la ville, comme une pyriànidéf resplendissante de lumière. Par intervalles y le vent traçait de longues trouées au milieu de» yajkiurs, et doniiait lieu à mille accidens de lumière, tels que les paysagistes anglais en in^ ventent avec tant de honheur. Le spectacle était magnifique, et ce fut alvec une prédispositioii'à l'admiration que je me dirigeai vers Téglisè de^là Madeleine.
Ea pranière vue du monument me reitoidSt un
peu. La iaçade offre une ancienne restauration
<;;othiquc, maladroitement ajontée aux parties basses , qui appartiennent au style roman. La tour de gauche a été renTersëe par les protestans en 1 569 ; pendant la révolution , les bas-reliefs des tympans ont été détruits ; et pour que le siècle ne le cédât pas en vandalisme , on vient d'élever au-dessus de la tour qui reste, une espèce d'observatoire octogone, en forme de tente, de l'aspect le plus ridicule
D'après ce qui reste , il est facile de se faire une idée de cette façade , telle qu'elle était lors de la construction primitive : trois portes principales cintrées, avec des archivoltes et des tympans ri* diement sculptés , étaient précédées d'une montée de quelques gradins. Deux tours carrées , médiocrement élevées , encadraient la i^çade, et se réunissaient par une galerie, dont quelques p<irties subsistent encore dans la tour de droite. Au-dessus de cette galerie, suivant toute apparence, s'élevait un fronton tri au oculaire.
Plus tard, c'est-à-dire vers la tin du xm*' siècle, les tours ont été exhaussées d*un étege, et percées de longues ogives trilobées; ce n'est, je crois, qu'à la fin du ziv® siècle qu'on a remplacé |e gable roman par une espèce de grand fronton à jour, qui n'a jamais été terminé , et qui produit un effet d'autant plus pitoyable, que la démolition de
< On dit que cela a été construit pour HM. les officie» du génie quitaTsillent à' la carte de France. *
la tour de ganèhe le laisse isolë, comme on chambranle de fenêtre, qui resterait debout séparé des murailles qui Fencadraient. Ce fronton est en forme d'oerive . et surmonté d'une accolade ou ogive à contre-courbe. Quatre meneaux perpen* dicnlaires, de style anglais, le divisent , et donnent lieu à cinq fenêtres en ogive, trilobées, d'inégale grandeur, disposées de manière a former un groupe pyramidal. Des statues colossales s*adossent à ces meneaux. Au-dessus sont d'autres fenêtres bouchées, ou plutôt des niches, plus larges et moins hautes , trilobées aussi , où d'autres statues figurent comme autant de soldats dans leurs guérites. Tout cela est enchâssé dans le grand chambranle ogival dont j'ai parlé. Bien que cette construction soit massive, elle n'a l'air rien moins que solide, ce qui augmente encore riiupressîon désagréable qu'elle produit. Souvent dans les édifices gothiques on Toit réunie à une prodigieuse hardiesse l'apparence de la solidité , et c'est la perfection. Ici, tout au contraire, la base du fronton est à jour et le haut est plein, ce qui me semble un contresens , du racine genre qu'une pyramide placée sur sa pointe. On craint que l'équilibre naturel ne se rétablisse par un changement du centre de gravite , c'est-à-dire que le portail ne tous tombe sur la téte.
Les statues de ce fronton , très mutilées aujourd'hui par les protestans et les jacobins, n'ont jamais été, que je pense, remarquables par leur
exécution ; leurs draperies sont lourdes et mal ajustées. Les têtes, il est vrai qu'il en reste peu d'éefcantillbhs', àséoriS^iit Ibs cofps. Eu un mot, ces sculptures sont totalement dépourvues de grâce et dà earautère.
Excepté dans les jours de fête. Feutrée de l'église est fermée, ou, pour parler plus exactement , fibuchée par une porte en bois Termoulu, dont un battant donne passafjc aux: fidèles. On entre d'abord dans une espèce de porche intérieur on de yestibule ( Narihex)^ qui précède la nef, et en est séparé par un second portail. La même disposition se reproduit souvent dans les églises romanes , et rappelle l'usage des premiers témps de Féglise , lorsque l'entrée du temple n'était accordée qu'aux chrétiens , tandis qu'on assignait aux catéchumènes une place séparée, hors de l'enceinte sacrée. Lorsque la Madeleine a été construite , il n'y avait plus de païens A convertir dans les environs , et eepciidaiit ce portique intérieur a reçu le nom de Fùrchedes caiéchumènes, qu'il a conservé jusqu'à ce jour.
11 offre un mélange de cintres et d'ogives qui semble indiquer une époque de transition. Tous les omemens d'ailleurs sont romans ou bysantîns, car rorncmentation gothique n'a paru que longtemps après rogive, et même après le style ogivaL
Trois arcades cintrées, de chaque côté, divisent ce porche pai^èlement A Taxe dë la nef. La