SI
ToAte est en ùgiye. Les chapiteau des colonnes
engagées sur les faces des piliers sont historiés , de style bysantin et finement sèulptés* Au-dessns des arcades de droite et de gauche , de ce que Ton pourrait appeler les bas-côtés du portique, régnent deux galeries assez spacieuses qm se rén* nissent, du côté de la nef. par une espèce de tribune , et du côté du portail par un couloir étroit, bordé de colonnettes gothiques , contemporaines du fronton que j*M décrit. Les arcades de ces galeries supérieures sont ogivales; leurs chapiteaux sont du même style que ceux du rex-dé-chaussée.
Le fond de la tribune, au-dessus de la porte principale, forme une esjfèce d'apside ogivale à pans, dont les murs ont été autrefdis peints à fresque, mais ces peintures sont aujourd'hui à pea près effacées. D'après les fragmens qui sub* sbtent encore , j'ai lieu de présumer cru elles ne remontent pas plus haut que la fin du xiv® siècle.
Ce vestibule ne parait pas être considéré par les habitans de Yes^lay comme faisant partie de rég^ise. On garde son chapeau en y entrant; les pofisisons s'y rassemblent pour jouer; enfin l'on y fait bien des choses qu'on ne ferait même pas dans la me. Il serait à désirer qu'on y mit étdref, et qu'on le débanassal des gravois et des immon-> dices dont il est encomln'é.
Les trois portes qui s'ouvrent suir la nef, et qui correspondent à celles de la façade , sont ornées d'archivoltes merveiUeàsemeht travaillées, et des
bas-rcUefs d'un haut intérêt remplis^ut les tympans. Malheureusement les Vandales^ qui ont dévasté l'église , ont particulièrement exercé leur fureur sur ces morceaux précieux, et ont rendu presque indéchiffrables les sujets qu'ils représentent. — La ligure humaine attire toujours Tattcntion des destructeurs; ^elle leur otire un but déterminé , noble , e^ c'est celui qu'ils choisissent de préférence.
La porte prin^cipale est divisée en deux par un pilier carré à chapiteau historié. Une colonne plus basse, engagée dans le pilier , sert de piédestal à une longue 6gure .revêtue d'une robe flottante et d'un manteau fourré , la tête entourée d un nimbe« Entre ses mains est une espèce de disque , aujourd'hui tellement fruste , que je n'ai
}»u m'en expliquer rusaj^e. Sur le socle de la statue est tracée Tinscription suivante , dont j'ai copié de mon mieux les caractères. ( P^airà la fin du volume la plancha /ûhogiaphiée,)
Les antiquaires les plus versés dans la palœographiC) et entre autres le savant M. A. Lèpre» 'Tost, ont eu quelque peine à la lire, et un mot même reste encore i déchiffrer. Voici l'interpré* tation que je dois à la complaisance de M. Leprevost:
agnoscaut omiES qvia dicitva iste iohahhes
XT rOPVLVM DEMONSTRAirS nmiCE CHRISTVlff.
Au-dessus du pilier s'étend un bandeau qui vient s'appuyer par ses deux extrémités sur les
~ ss —
impostes. Il est couyert de figures d'environ quatorze pouces de proportion , loi mant comme une longae procession partant de droite et de gauche, et se dirigeant vers le centre du bandeau , qui est occupé par la téte et le nimbe de saint Jean *.
Le tympan est rempli par un bas-relief de très grande proportion , exécute avec le plus f^rand soin : c'est , à ce qu'il parait , le morceau capital. Peut-être se lie-t-il avec la procession au moyen de deux personnages , dont les pieds posent sur ce bandeau, et dont la téte s'ëlè?e jusqu'au milieu du tympan. J*ai pensé que ces deux figures pou* vaieut réprésenter la Vierge et la Madeleine , et que leur position miste entre le bandeau et le tympan , avait pour but de caractériser leur rôle de médiatrices entre le ciel et la terre. Mais ces sculptures sont tellement mutilées , qu'il est très possible que mon explication soit tuut-à-fait erronée ; que ce qui me parait une femme , paraisse à qnelqu*nn de plus clairvoyant que moi, un homme , un saint ou un ange. L'iuiagination peut ici s*exercer librement.
Au miUeu du tympan , la figure de Jésus-Christ attire d'abord Tattention ; elle est de proportion colossale, la téte dépassant même le sommet du tympan ; il est assis au milieu d'une resica-piscis , la téte entourée d'un nimbe où est iigurée une
* Voir la note (B) pour la description détaillée de ces bas* reUeCs.
croi^L. Ses cheveux, séparés sur le front , retoiubeiit sur ses épaules ; sa barbe est courte. Son expression ne manque pas de noblesse et de gravité. — Ses deux mains, étendues à droite et à gauche comme pour bénir, sont énormément grandes et larges. Sans doute embarrassé pour exprimer les raccourcis, Tartiste a pris le parti de mettre 1^ jambes et les cuisses de profil , tandis que le buste est do face , ce qui donne à cette figure lair malheureux d*une personne placée dans un situation incommode. L'ajustement, remarquable par sa ressemblance avec celui de certaines statues antiques, se compose d'un pe^ptum plissé à très petits plis, retombant jusqu'à la ceinture; d'une robe fort ample» plissée de même, à grandes manches qui laissent voir une autre robe d We étoffe différente. Les pieds sont nus. — Ou observe dans plusieurs parties des vétemens des plis concentriques ou plutôt en spirale. Des étoffes en usage dans l'Orient offrent eneore le même aspect. Cela tient , je crois, mx procédés de blanchissage. Au lieu de les repasser et les aplatir comme nous faisons , les Orientaux les tordent sur elles-mêmes ; de là les plis en spirale , si souvent reproduits dans la sculpture bysantiue.
A droite et à gauche du Jésus-Christ, sont d*au* très figures , diversement groupées, de proportion relativement si petite, que leur tète arrive à peine aux genonx du personnage principal. Tous tenant des livres ou des tablettes, paraissent écouter
avec reoneillement les paroles du Saureur. Lenr costume a la plus grande analogie avec celui du Jësiia4Iluîsl;niaisaiicuiin'adepepImD. Ala gauche de la figure principale, un arbre étend son feuillage sur leâ personnages assis ; à droite parait un nuage, d'oÀ sort un are rempli de raies parallèles; c'est, je crois, unarc-en-ciel. Quand à l'explioation du bas-rdief , je propose humblement là miemies Jësos^hriil dans sa ^oire, entouré de ses apôtres ^
Trois arahivoltes entourent ce tympan. Sur la première sont sculptés huit groupes d'incp^ale grandeur , et j'avouerai que je n'ai pu parvenir à avoir une idée sur un seul des sujets. Vient ensuite un zodiaque en vingt-neuf médaillons, dont les signes sont wtremélés, suivant 1 usage , d'animaux fimtastiqœs de figures monstrueuses, et d^allég(»ries des travaux correspondant aux ddicrentes Sttsoiis. Le premier signe est le Verseau, placé à gauche; le dernier le Capricorne, à droite; ils se suivent d'aill&ors régulièrement, mais le signe do la Vierge manque. On trouve un exemple de la même omission dans le zodiaque de Notre-Dame de Paris, omission qu'on explique par la présence de la statue de la Vierge sur le piHer qui divise
( La plupart des tétcs ont été brisées ; mais on reconnaît qu^elies étairat entourées de nimbes. A droite du Christ, un personnage tient deux longues clefs. N^est-ce pas saint Pierre?
— gela porte de gauche* A Vezelay, le même motif a
pu avoir le même résultat ; mais alors il faut admettre avec moi, que la Vierge est Tune des deux figures sculptées sur le tympan et le bandeau. — Ou peut vSupposerpar aualogie, que ce zodiaque a été fait à une époque où l'église était consacrée à la Vierge, c'est-à-dire ayant 1180, — La représentation de plusieurs signes est fort bizarre; ainsi, par exemple, le Taureau et le Bélier ont des queues de poisson , le Scorpion a quatre pattes , et ressemble à un chameau. Enfin , parmi les médaillons, il y en a dont il ne faut chercher l'explication que dans le caprice de Tartiste, comme , par exemple, des corps à quatre jambes , etc. — Une archivolte d'un grand relief, ornée de moulures et de palmettes bien travaillées , encadre le tout.
Les tympans des portes latérales sont également occupés par des bas-relieft, et entourés de deux archivoltes à rosaces et àrinceaux admirablement exécutés , ettravaillés à jour au-dessus d'une gorge profonde. — Sur le tympan de droite est représentée Tadoration des mages, et dans le bas, l'Annonciation et la Nativité. Celui de gauche est di- TÎsé en quatre coiupartimens. Dans le plus élevé, on voit le Christ au milieu des Apôtres; en bas, les disciples d'Emroaûs, enfin, deux autres sujets que je n'ai pu interpréter. Le bandeau de ces deux portes latérales est tout uni.
Toutes ces sculptures ont un assez grand relief sur le fond , mais au lieu d'arrondir les contours,
Fartiste les a taillés carrément , évidcmnient avec l'intentioii de produire une ombre très forte qui les dessinât nettement. On dirait d'épaisses découpures appliquées contre une surface lisse*
La nef, qui est immense j indique évidemment deux constructions successives; la première partie, celle qui touche au narlhex, a une voûte cintrée en berceau , renforcée d'arc» douMeaux ornés d'entrelacs ou de rosaces. La voûte de l'autre partie est plus élevée et en ogive, avee desner* vures croisées. Dans les deux parties de Féglise , les arcs en plein cintre ou en ogive sont sensiblement surbaissés, probablement par suite deraflfoissement des voûtes , peut-être aussi par l'ignorance des architectes, ou l'insuliisance des moyens qu'ils employaient pour assurer Fexactitude de leurs
courbes. La voûte des collatéraux est d'arêtes avec des arcs doubleaui^^ qui , partant des piliers , se réunissent aux contreforts intérieurs des murailles latérales.
Les arcades et les fenêtres de la nef sont toutes en plein cintre. Dansles collatéraux , ces dernières
s évasent considérablement à Tintérieur.
Les piliers, formés par des espèces de pilastres de largeur inégale , appliqués les uns surlesautres, et augmentant de diamètre à mesure qu'ils se rapprochent du centre du massif, portent une colonne enj^a(i;ée sur cliaeune de leurs faces. Du côté de la nef, cetto colonne s élève jusqu'aux retombées desarcsdoubleaux , mais elle est interrompue deux
fois , d^abord par une moulure saillante , à la hauteur des impostes des arcades, puis par une corniche qui règne entre ces arcades et les fenêtres de la nef. Tous les chapiteaux sont historiés et ciselés avec un soin infini.
Il faut monter trois marches pour entrer dans le chœur, dont la toûIc < (. les arcades sont en 4)giYe; il est entouré par huit gros piliers ronds, monolithes, en pieiTe Au-dessui* règne une galerie dans laquelle s'ouvrent a l'intérieur de l'église des arcades géminées en ogive, encadrées par des archivoltes cintrées. Le chœur est éclairé par des lancettes flanquées, à l'intérieur comme i Textérieur, de longues colonnettes gothiques. Cinq apsides disposées en demi-cercle terminent l'église à l'orient, toutes ornées d'arcades bouchées 5 et éclairées chacune par deux fenêtres en plein cintre.
' Un neuvième pilier est remplacé par deux colonnes accouplées i probablement cette irrégularité Tient de la difficulté de trourer un bloc de pierre de la dimeniien des huit autres. Sur le fût de pluiieun de ces piliers, on obserre des incrustations en mosaïque dont on ignore Torifine et le but : une seule paraît représenter un pavillon les autres n*ont aucune forme déterminée. Il me semble probable qu'on a voulu cacher ainsi quelque défaut dans la pierre. D'autres piliers sont peints à fresque , ou plutôt en détrempe. Mais le temps , en effhçant les couleurs , a rendu las sujets indéohi^ frables. Le costume du seul des personnages qui soîtenoore reconnaissable, indiquerait Tépoque de C^iarlesYI. On lit à ses pieds en caractères (];othique8 : P. J. GRENOBLE. Esl-ce' le nom du peintre ou celui du personnage représenté?
L'axe du chœur n'est pai le même que celui delà nef; maû il n'a pas ^ oommecelui de Mevers, une flexion à gauche. Ses piliers de droite s'alignent exactement sur ceux de la nef, tandia que cenx de gauche sont wensiblement en retraite* Je ne puis me rendre compte de cette singularité.
Sousle chœur est une crypte aoutenuepar douce colonnes à chapiteaux en cône renversé , presque dépourvus d'uruemens.
Lestranssepts pen profonds et de longneiirinë* gale , sont entourés d'une galerie qui communique avec celle du chœur , et qui lui est sembla* ble , sauf que , du côté de la nef , toutes les ar* cades, moins une, sont en plein cintre.
Du côté du chœur , les piliers des transsepis sont formés par un faisceau de longues colonnes gothiques , tandis que , du côté de la nef , ils ne diffèrent en rien des piliers voisins»
On passe des transsepts de droite, en descendant cinq ou six marches , dans ce qu'on appelle la salle capitulaire. Voûtes et fenêtres sont en
plein cintre. Deux gros piliers ronds, à chapiteaux corinthiens barbares, soutiennent une voûte d'arétes i nervures croisées , qui s'appuient aussi sur des consoles historiées. On remarque des chevrons romansau milieu de chaque nervure, dont l'épaisseur est considérable* — On dit que c'est dans cette salie que s'assemblèrent les moines de Veselay, lorsque , chassés par le comte de Nevers et rinsurrectioii de leurs vassaux , ils se dis-
posèrent , les larmes aax yeux , à quitter leur antique demeure. ( V tnr la Gironique de Hugues de
Poitiers» )
Autrefois la Madeleine avait deux tours et deux clochers. La tour et le clocher du Nord ont élé détruits par les protestans J'ai déjà parlé de la tour qui flanque la façade. Le clocher de Saintjintoine , le seul qui subsiste , élevé à côté du transsept droit, est carré, à denv étages, percé de deux fenêtres romanes ornées de gros tores. Les angles se terminent par trois longues colonnes , soutenant une espèce de parapet semi-circulaire ; elles m'ontparu des additions, relativement, roodernes.
L'extérieur de Téglise est fort simple ; les fenêtres n'ont presque aucun ornement. — Les contre for is anciens sont peu saillans. On en voit de plus épais , ainsi que des arcs-boutans, dans les parties où des dégradations déjà anciennes , en ont fait sentir la nécessité. — Des portes latérales dePéglise, celle du Nord me parait moderne; l'autre communiquait sans doute de Fabbaye à l'église. Elle se distingue par uae archivolte ro* mane fort mutilée , mais où l'on reconnaît des moulures assez fines.
Près de la salle capitulaire , on voit quelques restes de Fancienne abbaye : une porte gothique
' Ils firent un maître de TégUse, et voulurent mémo la détruire ; mais le temps ou la patience leur manqu^ i .
dépendant du château abbatial , et quelques aiv cades d'un cloitre roman ; puis sur le penchant méridional de la colline , des caveaux dans lesquels on a trouvé des tombes. Au reste, il est impossible luàiii tenant de retrouver remplacement de cette abbaye, de ce bâtiment si vaste, que des rois pouvaient y loger avec leur suite , sans qu'il fut iiéeessairc de déranger aucun des habitans du monastère* Des constructions modernes se sont élevéessurcesruineSfdonton découvre çà et ta des iragmens, même à une grande distance de Të^iise.
On remarque plusieurs tombeaux dans Tintérieur de la nef* Le plus considérable , malheureusement mutilé , est auprès de la sacrii»lie inodeme* 11 est surmonté d'une statue représentant un homme couché. Nulle inscription ne vient aider les conjectures : seulement, son costume semble indiquer un ecclésiastique ; c'était peut-être un prieur de l'abbaye^ Je ne crois pas qu'on puisse assigner à ce monument une date plus éloignée que la fin du xni^ siècle , ou plutôt le commencement du xiv''. C'est à la même époque qu'il faut rapporter des bas-relie& fort dégradés, encadrés dans un arc en plein cintre , trilobé , et à moitié recouverts de plâtre. Ils sont appliqués contK^ le mur méridional* Peul>ètre proviennent-ils des chapelles sépulcrales communiquant avec l'église, dont on a conservé )a tradition sans en pouvoir montrer le moindre vestige* — Çà et là , surtout dam» la nei principale , on marche sur des pierres
tumulairesi dont le temps a rendu les inscriptions
à peu près illisibles. Plnsiears , gravées en creux, représentent les morts (en général de hauts fonc* tionnaires du cooTent ) rerètns de leurs habits de cérémonie. La tête , les mains et plusieurs ornemens, sont en marbre blanc, incrusté dans la pierre. Je n'ai tu aucun de ces tombeaux qui m'ait paru antérieur à la tiu du xni® siècle.
Au bout du transsept gauche , on obserre un enfoncement dans le bas de ta muraille , sembla^^ ble à louverture d'un four : un autre enfonce-» ment de même forme, mais plus petit, est inscrit dans le premier. Au fond de cette espèce de niche on aperçoit comme une cuvette , taiUée dans la pierre et percée d'un trou» Était^ une fontaine ou la piscine de l'église?
C'est surtout la richesse et la variété de Toroementation qui distinguent Pëglise de Vetelay. Les chapiteaux , je ne parle que des plus anciens , sont tous différens. Les uns représentent des sujets bibliques, d'autres les supplices des damnés, quelques*uus des chasses , ou bien des animaux inyentés par le caprice du sculpteur. On y Toit des diables puurviis de cornes et de queues, tourmentant les damnés. D'autres chapiteaux, mais en plus petit nombre , oflfrent des omemens bizarres , ou bien des feuillages capricieusement agencés. Plusieurs sont ornés de fleurs , entre autres, de roses asscK bien exécutées. La forme générale de tous est une pyramide tronquée, dont les angles sont
arrondit. Ptmfoe toutes les bases sont garnies
de moulures de perles ou de palmettes. Pour l'uroementation, les piliers de la partie ogivale de la nétne diffèrent en rien de ceux de la portion la plus âûcienne; quaut à ceux du chœur, ils n'out que de simples moulures surmontées d'un tailloir.
On voit par le ekoix des sujets qui ont un sens , quel était l'esprit du temps et la manière d'iaterprêter ia religion. Ce n'était pas par la douceur ou la persuasion qu'on voulait convertir, mais bien par la terreur*
Les discours des prêtres pourraient se résumer en ce peu de mots : u Croyez , ou sinon vous pë- « rissez misérablement dans ce monde 5 et tous «t seres éternellement tourmentés dansTautre! » De leur côté , les artistes , gens religieux, ecclésiastiques même pour la plupart , donnaient une forme réelle aux souibres images que leur inspirait un zèÏQ fiarouche. Je ne trouve à Ve^clay aucun de ces sujets que les ames tendres aimeraient à retracer, tels que le pardon aocuidé au repentir , la récompense du juste , etc.; mais ^ au contraire, je vois Samuel égorgeant Agag; des diables écartelant des damnés ou les entraînant dans Tabime } puis des animaux horribles, des monstres hideux, des têtes grimaçantes , exprimant ou les souffrances des réprouvés, ou la joie des habitaus de l'enfer. Qu'on se représente la dévotion des hommes élevés au milieu de ces images , et Ton 'étonnera moins des massacres des Albigeois.
Je cherche à me rendre compte des différentes
époques de la construction de la Madeleine. L'abbé Martin {Histoire du Monastère de f^ezday) dit qae la nef, depuis le vestibule des catéchumènes jusqu'au obœur , a été construite en 878 , le vestibule en 960^ enfin, que le chœur date de 1 160. Toutes ces dates sont démenties par le caractère de l'architecture. — Le monastère de Vezelay fut fondé vers l'an 868. Il était alors habité par une communauté de femmes de Tordre de Saint-Benoit. En 878, il passa a une communauté d'hommes, et Endon ou Odon en fut le premier abbé* Au mi* lieu du X® siècle, Vezelay fut réduit en cendres. Il est possible que Ton ait essayé alors une restauration ; mais , ou d^antres catastrophes la rendi* rent in utile, ou Lion elle n'était nullement avancée, puisqu'on 1008-11, le duc Henri de Bourgogne chargea l'abbé Guillaume du rétablissement de l'abbaye réduite presque à rien : propè ad nikilum redadam*
C'est de cette époque que doivent dater les plus anciennes constructions de Ve^lay encore existantes. La nef, et la crypte peut-être, ont donc été bâties de 1011 , probablement, à 1050. On doit rapporter au même temps la façade occidentale, c'est-à-dire ses trois portes, etTétage iniérieur de ses deux tours. Quant au portique des catéchumènes , où TogiTe et le plein cintre sont mêlés, amessemblanceavcc les constructions de Saint-Denis , exécutées par ordre de Suger ,
donnent lieu de penser qu'il cUite oonune elles de
la fin du xii'' siècle. — Je serais tenté de croire plus anciennes les portes intérieures et leurs bas* relieb.
Hugues de Poitiers, dans son intéressante histoire du monastère de Vezeley, apprend que le chœur fut hrûlë en 1 168. Probablement il ne fut reconstruit qu'au commencement du xiii® siècle , du moins je ne puis assigner une autre date i ses chapelles et à la galerie qui Fentoure, ainsi qu*à celles des transsepts.
L^omementation de la salle capitulaire est beaucoup plus soignée que celle du reste de l'église. Je pense qu'elle a été exécutée a l'époque de la constrdction du yestibule , c'est-à-dire à la fin du xn* siècle , époque où rornementation bysantine fut portée au plus haut pomt de perfection.
Voici les principales mesures de Féglise de la Madeleine :
Longueur, depuis le portail jus qu*i Tapside,
horsoiuvTc i2^'",i0
du chœur 34 î>9
Largeur des trois nefs réuuies 26 1 1
de la nef principale 7 50
LoDi^enr dea tranasepts âO 45
Hauteur de la nef (partie la plus ancienne)
BOUS clef. 17 95