AVGVR COL I ÀPT EX V DEC \0K1)£NS£$ FA .... I PA
Goio Aluo Caii fiUo 9 Vollinift triba , Céleri , ({iiaftiiorriro , flamini,
Auguri , colonise Juliœ Aptœ , ex vu aiioi um decreto Vordenses (Gordes?) Pagaui
Patpoao. {Fid. Or^êU9f 197.)
Le long des bas-côtés , d'autres tombeaux sont rangés «ur dos espèces de bancs; leur forme est celle d^un coffre ayee on couvercle élevé« Trop courts pour contenir des corps , ils ont sans doute servi à renfermer des reliques* Leur fiice princi'* pale est omëe de deux arcs en plein cintre , in* scrits dans une ogive* Je les croîs postérieurs à la constractloii de la crypta, que sa voâte, semblable à celle du collatéral droit de Féglise , me fait regarder comme un ouvrage du xi^ «iècle.
De cette première crypte on descend dans une seconde, si Ton peut appeler crypte trois couloirs étroits parallèles, correspondant aux divisions de la chapelle supérieure. Au lieu de voûtes , de grandes pierres plates, à peine travaillées, s'ap* puient par leur extrémité sur des massifs épais. Leur sur&ce est rude, et elles sont d'ailleurs fort enfumées; car dans ce lieu, aussi bien que dans la première crypte, la lumière du jour ne pénètre jamais. J'ai lu sur une de ces pierres ce nom : ALBOINVS en lettres fort anciennes, mais dont je ne puis déterminer exactement la date. S'il reste quelque chose de l'église de SaintrCastor , ce ne peut être que ce souterrain. On dit, mais sans aucune preuve, qu'il communique avec un ancien aqueduc, et que, durant la persécution des chrétiens, on amenait par là les enfans qu on ne pouvait baptiser qu*en secret. Si cette histoire était vraie, it faudrait renoncer à saint Castor, et supposer que saiat Auspice, par exemple, le premier martyr d'Apt, a construit cette crypte.
A deux lieues d'Apt environ , dans une vallée • étroite et profonde , s'élève le rocher de Buous , qui n'est accessible que d'un seul côté par un sentier étroit, surploitibé par d'énormes blocs de pierre, et difficilement praticable pour un homme à cheval. Il est célèbre dans l'histoire d'Apt par le cliàteau construit à son souiaiet, occupé longtemps , durant les guerres civiles , par les protestans qui en sortaient pour rançonner le voisinage.
Vers lâ fin du xvi® siècle, il a été entièrement démantelé. Comme type d'une luriiûcation au moyen* âge, ses ruines sont intéressantes à étudier.
Un plateau eu pente douce, s'ëlcvant vers Torient, termine le rocher, La partie inférieure du plateau est défendue par un ouvrage avancé , composé d'un petit carré , faisant face au sentier, et d'une muraille crénelée et garnie de tours à angle droit avec le réduit, en sorte que Faissaillant, pour forcer la porte, devait s^cxposer à des décharges en front et en fiUmo.
On trouve ensuite un second fort, éloigné du N premier de quelques cents pas et environné d'un fossé. Derrière est une chapelle gothique duxiv** siècle, je crois, toute en ruines; puis des magasins, des souterrains, des silos, des citernes, creusés dans le roc. En montant tovyours, on arrive à un troisième fort, défendu par un ïoasé et une muraille crénelée. Enfin un petit réduit carré , bâti plus solidement que les autres , sur le point le pl us élevé du rocher, domine Tensemble des fortifications. C'est là que la garnison pouvait trouver un dernier réfugie, lorscpie tous les ouvrages extérieurs étaient emportés. Il faut remarquer que chacun de ces forts est ouvert par derrière , a rorient, afin qu'il ne pAt servir à Fennemi qui s'en serait emparé. Les murailles et les fossés s'é* ' tendent perpendiculairement à la longueur du plateau , et ehaque extrémité de la ligne vient aboutir aux précipices qui entourent le rocher.
Dans vue enceinte fortifiée, oAtout a élé 8iK»i«
fié à rutilité , on ne peut s'attendre à trouver de ces omemens d'architecture qui caractérisent «ârement une époque* Le château de Bnons n*en offre presque aucune trace; cependant, autant qu'il m'a été possible d*en juger par quel^pies coiyeotures tirées de Pexamen des meurtrières , des por^ tes dont le chambranle s'est conservé, et des tours dont le diamètre est très petit , je n'ai rien troayé qui p6t être considéré comme antériear au xm* siècle. La plus grande partie des constructions paraissent même dater du xti* siècle , ou du moins ont été considérablement réparées à cette époque où Tart de la guerre a reçu de si notables modifications» Je ne dente pas cependant qne long-temps
avant le xiii® sièele , les avantages naturels que présente la position de fiuous n'eussent été appréciés , et je ne serais pas étonné qu'une station romaine eût existé clans ce lieu : une assez grande quantité de tuiles , qui paraissent antiques , jonchent le plateau entre le second et le troisième fort. Avant Tinvention de la poudre à canon , les sites couTcnables pour la défense ont été les mé* mes pour les Gaulois et les Romains, comme pour les châtelains du moyen-àge , et il n'est pas rare de trouver dans le même lieu des traces de son occupation militaire par différens peuples et par des générations successives.
Au bas du rocher, il y avait autrefois une exploitation considérable de pierres de taille. Ou y
fabricpiaît sur place quantité de tombeaux, et l'on en Toit encore un grand nombre ébauchés, qui sont restés dans la carrière. Leur forme a beaucoup de ressemblance avec les cercueils des premiers siècles du christianisme. J'en ai remarqué plwrieurs doubles, et un seul taillé pour rece* voir trois corps. Le grand nombre de tombeaux, qu'on découvre tous les jours dans les environs d*Apt , provient pent*étre de la carrière de Buous.
Mon loin du château , à Tintersection de la val* lée de Buous et de oelle de Menerbes, sur le ekerain d'Aix , s* élève une tour romane carrée , mais beaucoup plus haute que la jdupart des tours de oette époque; elle n'a pourtant que deux étages. Chaqueface est percée d'une fenêtre en plein cintre avec deux colonnes engagées, dont les chapiteaux à fisuillages, ont tout le caractère de la sculptnfe du XII* siècle. Placée sur un point culminant entre les deux vallées , oette tour semble destinée à servirdepointd'observation. Les colonnes et leurs ornemens ne permettent pas de supposer cependant qu'elle ait été construite pour servir de défense; mais, d'un autre côté, il faut expliquer sa hauteur inusitée. Si , coniino je le présume , le château de Buous était fortifié dès le xn* siècle , elle a pu lui servir de vigie. Une petite chapelle romane , dépourvue d'ornemens, est adossée à la tour. On appelle ce lieu , Saint^ymphorien.
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£q Allant À Aix, je me suis arrêté quelques mo- . mens à Cadenet , pour examiner les fonts baptis^ maux de sou église* C'est une moitié de cuYe elliptique en marbre blane , scellée dans la muraille , où elle est engagée perpendiculairement à son axe. L'intérieur représente une bacchanale , dont les figures, d'un fort relief, ont environ deux pieds et demi de haut. A droite , un personnage , Bac* chus sans doute, le sceptre à la main, s'avance sur un char tndné par un centaure* Il est suivi de Silène et d'une troupe d'enfans , figurés , suivant la manière antique, comme àep^Us hommes* A gaudie, une femme est couchée, le haut du corps nu. Au-dessus d'elle , un gros muffle de lion se détache de la cuve comme un mascaron de fon« taine. Comme il n'est pas percé pour recevoir un tuyau , je ne puis m expliquer son usage. 11 nuit d'ailleurs à F^et général du bas^relief.
Je pense que ce fragment provient d'une vasque de fontaine antique. Je n'ai pu me procurer aucun renseignement sur son origine. La belle conservation, le fini du travail et la grâce de la composition, qui pourtant n'est pas exempte de manière, indiquent qu*il appartient à une époque voisine encore des beaux temps de la sculpture antique.
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On trouve à Aix. un grand nombre de subsiruc* tions romaines, et même quelques portimis dema<? railles antiques hors de terre. Une des plus eon- «idérablesy de grand appareil, est, diUon, un reste de la ceffa d^on temple d^ApoIlon , sur remplacement duquel est bâtie en partie la cathédrale de Saint-Sauveur • Le collatéral de droite est fermé par ce mur. On voit qu'il y a peu d'églises plus anciennes que celle-ci ; toutefois , elle comprend bien des époques difiérentes* La nef du milieu et celle de gauche sont de la fin du xv* siàcle* On distingue déjà le commencement du style de la renaissance, qui dans le midi , s'est établi plus tôt que dans le nord* Le collatéral droit, sans parte du mur romain, est beaucoup plus ancien, il a un grand rapport avec celui d*Apt. On sait qu'il a été bâti en 1108. La voûte est ogivale , soutenue de distance en distance par des arcs doubleaux en plein cintre. L'ogive est du même genre que celle de Vaison, Cavaillon, etc. , mais pourtant un peu moins pointue. — Le baptistère, qui communique avec cette nef, est plus bas que le pavé de l'église» 11 a cLc restaure récemment, mais d'une manière si barbare , que les dalles du pavé recouvrent des inscriptions antiques, des morceaux de marbre tra-
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vaîUés , débris du monrnnent dont une partie de»
murs existe eneore. Huit éolonnes antique» de granit poli soutiennent la coupole du baptistère* Toutes, une seule exeeptëe, sont monolithes. Une douzaine d'autres colonnes, également en granit, provenant sans doute duraéme monument, appartiennent à la fabrique de Saint-Sanveur, qui les a remisées dans une ruelle auprès du eollége en attendant qu'on leur trouve un emploi.
A ganehedtt collatéral du su* siàde, on remarque une petite chapelle placée entre deux arcades et ornée de petites colonnes antiques*
Parmi quelques inaoriptions curieuses et fort an» ciennes, encastrées clans le mur, on en lit une du IV® siècle, je crois : qui rappelle une pénitenoe encourue et accomplie par un prêtre*
L'apside qu'on restaure en ce moment, renferme une chapdle dédiée i saint Mitre , martyr , qui comme saint Denis, porta sa tète à la main après sa décapitation. Elle est décorée à l'intérieur de basreliefs provenant sans doute d'un ancien tombeau dbrétien. Ils réprésentent Jésus^Ihrist et ses disciples, placés chacun devant une arcade percée dans un mur crénelé. Ces arcades se retrouvent presque toutes dans les fonds de bas-reliefs sculptés sur les tombeaux du bas-empire chrétien. Je ne sais si c'est une manièred'exprimer une ville, nubien s'ily ali» dedans quelque allégorie à la Jérusalem céleste ^
i G*ett ropiaion de MOlin.
Le tntTaii est asu» médiocre. Daaa pluaîeii» parties des draperies et des fonds on Toit eiieore des
traces évidentes de dorures. Je n ai observé rieade semblable dans aucun bas-reliéT du même temps.
Un autre bas^relief, mais du xf siècle, ou plu^ tèt une composition de ronde basse placée devant un fond, sert de retaUe i Tautel de saint Maurice, dans la nef de gauche. Le saint est armé de pied en cap^ et porte la croix à huit pointes sur sa cotte d*armes. Près de lui, sainte Marthe est montée sn^ la fume lise Tarasque , espèce de bê te fort innocente, qui a plutôt Tair d'un gros têtard que d'un dragon. Ces sculptures ont été entièrement peintes.
La façade n'offre pas plus d'unité de construction que rintérieur de l'église. La partie la plus moderne correspondant a la nef principale, est d'un gothique lourd et surchargé d'ornemens mal distribués. Il semble qu'on ait eu regret à laisser une seule partie lisse. — La cour octogone qui s'é* lève à gauche du portail, ne manque pas d'élégance»
Dans la révolution oïl avait abattu les tètes de tous les saints qui garnissaient les voussures de la grande porte. Récemment on a voulu la restaurer. On a commandé à je ne sais quel tailleur de pier*
res tant de te les à tant la pièce, et l'industriel les a fournies comme il a pu. Elles sont hors de proportion avec les corps; elles n'ont pas de cols, proLablcnient on n'en avait pas commandé. Qu'on se figure une centaine de petits monstres, ayant kmsun iedr de famille des plus ridicules. En vérité.
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vandalisme pour vandalisme , les iuuiilaik>ns des jaoobina étaient moins ignobles*
On se console du triste état de eette façade en admirant ses belles portes en bois> (|ui se sont as* ses bien conservées, grâce à nne espèce de v<det qui les recouvre , et qu'on n'ouvre que dans les grandes fêtes, elles sont sculptées avec magnificence et bon godt. Cest en qu!elles ont été faîtes, à une L'|)()(jue où le style de la renaissance se mariait encore avec le gothique très orné du siècle précédent* Les quatre Vertus théologales et les douze prophètes y sont sculptes en grand relief* Kiea de plus gracieux, de plus élégant que ces petites figures. Elles sont surmontées de dais gothiques garnis de clochetons délicats, et de ces chardons irisés si communs au xv** siècle* A côté, des pilastres corinthiens chargés de rinceaux imités de l'antique, séparent les figures et les isolent les unes des autres*
Le portail du collatéral droit rappelle un peu ceux de Pernes et de Notre-Dame-des-Domns. Il •*en faut cependant qu'il soit aussi intact et d'un goût aussi pur. Son ornementation est d'ailleurs tout antique à Texception des colonnes romanes, torses et cannelées, engagées dans l6 mur, lesquelles sont, à mon sentiment, une addition du xu"" siècle. Le reste de la porte appartient probablement à la première construction de l'église ou, pour parler plus exactement, à la restouration de l'édifice antique qu'il a remplacé, restauration
que je plaixnais vers ie vn* ojx toi* tiède* Pu»; en
1108, une autre restauration aura lieu, et c'est allHrs qii*ai| aura retouché cette porte eu altérant son cmraetève par les addUioiUB dont j'ai paxié, bien qu'il soit évideut que Ton a eu quelque inteortion d'imitiv son ornementation antique.
On conserve à Saint-SauTew un magnifique tableau à l'huile qu'où attribue au roi Réné. 11 est peu probable que oe prinee en soit Tanlenr; mais jusqu'à présent on n*a pu nommer un autre peintre, qui fut authentique. Albert Durer , à qui quelques personnes l'ont attribué, était trop jeune, et Van Eyck, doiiL le dessin et la manière se retrouvent dans ce tableau , était mort avant le seoond maria|;e du roi &éné*
' Quoi qu'il en soit, il représente la Vierge et l'en- &nt Jésus sur la cime d'un airbre au milieu d'une gliMffe* Un ange appelle un bergiw qui porte une main devant ses yeux, comme pour n^être pas ébloui |HMr Tapparition qui s'offre à lui. Ue l'antre main, fl met ou ôte son soulier; on sait qu'en peinture, tout ^ste exprimant une action non terminée, est susceptible de recevoir deux interprétations. Millin y voit le Luisson ardent , et IMoïse se déchaussant suivant l'ordre du Seigneur, Si tel était le sujet, queferaitlaViarge, dans cette scène? Je crois plutôt ([uc cette composition représente l'iV^^e annonçant à un berger la naissance du Sauveur» Le peintre lui&it mettre sa chaussure, pout exprimer, suivant moi, qu'il va entreprendre un
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voyage. — A part la sécheresse de contours et le fini trop précieux des moindres détails, ce taUeaa a presque toutes les qualités qui distinguent Fou- Trage d'un grand maître , correction du dessin , noblesse de figures, vérité d'attitudes et d'expression • Les couleurs, bien qu'un peu trop vives, ne manqnentpas d'harmonie. L'auteur doit être, cerne semble, un artiste de la Flandre. Dans cette école, le sentiment de la couleur a toujours existé.
Les volets qui recouvrent ce tableau, sont peints des deux côtés ; ils représentent, à Pextérieur , en grisaille, la Vierge et l'ange Gabriel, d\i u dessin correct, mais dur; a Fintérienr, le roi Réné et sa seconde iemnie , Jeanne ilc Laval. Sur le Volet de droite on voit le roi, donataire du tableau, entouré des saints en qui il avait plus particulièrement de foi : la Madeleine , saint Antoine , saint Maurice; et sur le panneau de ^uche, Jeanne de Laval, accompagnée également de ses patrons saint Jean, saint Nicolas et sainte Catherine.
La tete de la sainte Catherine est admirable, et je ne connais j)as de type plus beau de cette pureté majestueuse que notre imagina lia u donne à nos saintes. Cest la beauté, mais tellement noble, qu'elle inspire du respect au lieu de désirs. Je préfère cette tète à celle de la Vierge , qui me semble im peu maniérée. Les- deux portraits du Roi et de sa femme sont d'une vérité frappante. Sur la physionomie du roi René, on lit toute son histoire. C'est un bonhomme blasé, plein de finesse, mais
parewoax, et qui se &it avant de rien entreprendre , cette question qui suffit pour dégoûter de tout: Oui bouo? Le» yeux sont vivans et tous les traits tellemmt étudiés, qu'on juge que la ressemblance devait être parfaite. Sa tète étant posée en trois quarts perdus , il est impossible de supposer que,dnmoinsce volet, aitétépeintparRëné; — Cela est aussi vrai que les meilleurs Uolbeius, aussi ûr niraent rendu et d'ailleurs exécuté avec presque autant de verve. — Jeanne de Laval est remarquablement laide, si j'ose le dire, et d'une laideur qui Vicsi pas relevée eomme celle du roi par une exjjrcissiou (1 intelligence. Les détails, surtout les étoffes et les pierreries sont dW fini merveilleux, mais qui a l'inconvénient de noire à l'effet géné«ral.
Le roi Réné s'étant marié en 14SS, on voit que Ton ne peut fixer avant cette époque la date de
ce tableau, car il me semble hors de doute que les volets de l'Annonciation sont de la même main. A cette époque Albert Durer n'était pas né, et Jean VauËyck était mort. Ce qu'il y a de plus probable, c'est que ce tableau est d'un élève du dernier.
Le cloître, attenant à i église de Saint-Sauveur, est remarquable par la variété de ses colonneltes doublées, grêles et minces. On dirait (ju'on a voulu épuiser toutes les formes possibles qu'on peut donner A des £&ts. On en voit d'octogones , de canaeléS} quelques-uns tors, nattés ou ccmverls
de toute espèce; eftfin féairie ê^n--
nover a étc si loin qu'on s*est écarté de la ligne vertkale semble un prmdpe essentiel. Deo^ ée ces colonnes se croisent de manière à prësenter une espèce d'X. La voûte et les arcades sont en jfkm cintre, et les ehapiteanx ont tous les et^ melèrm du xn* siècle , époque d*innoTSlion s*îl eu fut.
' Ladifférencefrappante de style entre ce cloître
bkarre et le portail du collatéral de droite , est une raison de plus pour penser que ce dernier lui est bien antérieur.
• Les antres églises d'Aîx offrent peu d'intérêt. OeUe de âaint4ean a une jolie flèche en pierre* Son ardiiieotare est gothique, et ses longues lancettes ne sont pas dépourvues de grâce ; mais eiie est pauvre d'omemens , et le portail surtoat est d'une sutipltcilé par trop mesquine.
• L'église de la Madeleine est toute moderne. On y ToH quelques bons taUeftûx. Dans la sacristie, on ednserve une Annondatkm qu'on attribue à Albert Durer. Le Père souffle un petit enfant dans IWeille de la Viergfe, conformànent aux idées d'Agnès. Ce tableau , d'un assez beau style, mériterait d'être mieux plaeé. La sacristie est si mal éclairée qu'il est très difficile de le Toir.
Ihie tour située derrière le cours, et que Pcn appelle , je ne sais pourquoi» la tour de César ou de la GaMe, mérite d*étre citée pour la manière assez heureuse dont on a lié l'étage supérieur qui
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esloelofooe, aveel'ëtag» iaiénm, qm est cané.
Le haut paraît être du xv*" siècle; le bas est yrai- MBiUaUeiiient beaucoup plu» ancien»
Le nuiiëe d'Aix mi M q«*(m peai FattendM d'une ville qui renferme tant de ruines antiqnes. -Uft (laiid acnsbre d'iiMcriptims trè» cmî cw a a » f Mut ftfmdM ' , ainsi q«e baaiMxMip de fragmena mtëressans ^ tels que des mosaïques, des vases, des inaaqiMa de thëàtm , des teaières , des 4ie« Fti ïcauayqtMS un leive de jcfune bonne , d'imbeau travail. Le marbre est grec , et Texécatieft eiteslfimleeli Teffel* J*aà pensé qoe oe po«^ vait être un Hylas; un reste de cruche peut justifier ma dénominatian. Peut-être cette statue dëeorait|elIe me fbntaiiie* Un trépied en inar-*
bre. orïië de bas-reliefs, montre une danseuse ^pii sepencbe m, arrière, dont la pose est remplie de |pàe0.^B«|Mds quelque IsMpaon a plaeédana le musée une petite statue, étiquetée HefxHêh gmtlêiêf carieMiiv lftéMmfa« Rien ne pnwfe qu'on ait jamais tramé en ridienle I*Hereale gardois ; d'ailleurs , ses attributs sont parfaitement connus , et rien dans eette earieatufe ne s*y fappoite. Celai ci est un gros manant, dont le bras et la jambe droite sont couverts d*iin tissa de mailles , on h':m de poib «aitant qnelqnes^uis. La jambe gauche et le bras du même coté sont revêtues d'une armoredeplaqiies* 11 tient une grosse massue»
< Miliiu les « puMiées pour la plupart.
Cette sUtœ était a^iquée aotrafim oostre ane muraille, dans la' rue. Je ne raurait pu croire
antique , si je n'ayais vu à la bibliotliè(}ue iroyal^i un brome à peu près semblable*
On conserve dans la bibliothèque d'Aixuu vase certaiueaient antique , que sa forme ipurmentae et de mauTOs goût £miit prendre pomr un ou*
vrage du temps de Louis XV. Je n'ai jamais rien vu qui prouvât plus évidemment combien on se trompe en assignant absc^nment à nne ëpoqw donnée, un style constant. Toujours il se rencontre des artistes qui, voulant innover, tombent dans tons les excès oà peuvent jeter k muavais |{oût et la bizarrerie*
Je recommande à tons les voyageurs de ne pas oublier d^aller voir une èharraanle porte de la renaissance, au fond d'un cul-deniac horriblement sale 9 prèidela cathédrale* EnmArchant avec pré* caution , on peut admirer de près, des rinceaux , des moulures de la plus grande délicatesse et d'un travail mmreilleux* On devrait bien transporter, ailleurs cette porte qui mérite d'être conservée.
J*ai visité les restes d'un barrage et d'un aque- • duo romain^ au Tholonet, petit village situé i trois quarts de lieue d'Aix. Ces constructions sont revêtues d'un parement de petites pierres assem* blées avec beaucoup de régularité* Vopus mcar* tum est d une solidité extraordiaaire, et le ciment qui lie les pierres brutes qai le composent est maintenant plus dur que ces pierres mêmes* —
D6S carrièves de mavbre , sitaées a peti de dis*
tance , étaient exploitées par les Romains* On trouve des traces de leun travaux.
• Très près d^Aix , sur la colline d*Entremont , était, dit-on, autrefois la ville des Salyens, détruite par Sextitts Calvinus. On montre au musée quelques pierres sculptées d'un travail très*gfros* sier, découvertes dans ce lieu. Des cavaliers anuéji de lances sont r e pr ésentés sur la moins fruste de ces pierres ; sur une autre, des têtes avec les yeux fermés, c*est je crois une espèce de tropiiée. Toutes ces scidptures portent le caractère de la
|)lus grande barbarie. On pense qu elles peuvent être attribuées aux Salyens, et en effet je ne vois qu'eux tpA aient pu frire si mal«
L*emplacement de cette ancienne ville que j'ai visUée avec M. Giraud, professeur de droit, et M. Roard, bibUodiécaire , occupe presque toute la surface d'un plateau, de forme à peu près carrée^ dominant la vallée d*Aix et celle de Puyricard. Le c6té qui regarde Aix est d'un accès très difficâe, tandis que le cùté opposé s^abaisse, au contraire, en pente fort douce. Cest là qu'on voit encore quelques restes d'une enceinte qui a pu avoir une demi-lieuc de tour. Les débris de murs qui s'élèvent de quelques pieds au-dessus du sol, se^ compohcut de pierres très grosses à peine taillées , superposées les unes aux autres , par assises irrégulières, sans ciment qui les lie* Derrière, est une espèce iïagger épais, formé de pierres do
iHomdre dimension et de tene. Qoel^orportiM,
dans la ligne de cette enceinte, font présumeir qu'elle était aati»£ois flanquée de distanee en diê* tance de Umrs emém , d*mi diamètre eottsklëf able. A rintérieur des murs, on observe une grande quantité de pierres temblables an parenmt qm je viens dè décrire, amoncelées par les MbiteM du Toisinage lorsque ce terrain a été défriché. Parmi ces pieites et i la snrfiice d^ soly on troave aussi une immense quantité de débris de poteries, quelques-uns assez grands pour qti'on puisse juger de la fiyrme des rases dont ils proTiemieiit^
ils devaient être fort grands (quelques-uns pouvaient avoir plus de trois pieds de haut), asse^ semblables aux grandes jarre» de Prtyvence, c'est-» à-dire de Ibrrae ellipsoïde , troncpiës à chaque extrémité par un plan perpendiouiaire à l'axe. On reconnaît leicilement cpifila n'ont pasété trmillés au tour, mais à la main. Les seuls ornemens qulls présentent sont quelques moulures grosMères, tracées , soit tmé le doigt sur la terre encore hunride, soit avec un stylet de bois ou do métal. Noos n'avons trouvé ancnne trace é& pcÎAtare sur une centaine de ces fragmens que novs avons examinés. L^ëpaisseur des parois est très cowsidérabie, doMe à qnatone lignes* La couienr varie du rouge bran à un rose foncé. Tons les morceaux [irésenteat à l'iiàtérieur une grande quantité de cristaux calcaires , quelquefois du sable : la surface seulement a été cuite; Tintérieur est encore •
noir.. Mdgrë lefor épanueur, le moindre dioc las
brise facileincnt.
Mes deux oompagam», qui ayaient déjà exfhmé fa» ■Aipw Kern, me diiwt qa'ilftn'y ovmenl jaifiais vu de Iragmeiis de poteries jQnes. Le hasard nous servit mieux oeite fois. Nous trouvÀmes un nmeeiÉa dPmi Tase plat portant quelques restes de peintures et une petite rosace moulée à l'iuterie^nr» Nom lamasrikmes eneofte mu autre fragment d*WB Tase de terre noire. La pâte de ¥m et de Tautre était très fine. M. Artaud , à qui je les ei^ TOyai, a reoonnn dans le premier tons les earaetèresde la poterie étrusque. — Pas une seule tuile, pas une seule brique ne s'c^Brit i nous pendant aotreeoipleratîon* — Plnsteon masse» de feroxidé
pesant de deux à cinq livres étaient cparsesau milieu des déccHnbres. 8ont-4se des scories , ou bien premnnent^ks d'inatramens de fer rongés et déformés par la rouille ? Depuis que des recherohesontélédangéesdanacelien, on n'apuydé* oomrrir «ne seole médaille ni atieun instrument de broni^^ seulement quelques couteaux et des peintes de lances on de flftdies mi sikoL
La seule pierre travaillée que nous ayons observée était ronde, plate^ d'environ trois pieds de diamètre ; an. ém du paysan qui nons la montra, elle servait aux Roiuaiusâ faire la lessive. L ue rai*
» Je n'm pu les voir, et je ne sais s'il en existe à Ail. Un paysan que nous interrogeâmes , alBnua qu*il eu avait ¥u Tendes à dsg Anglait.
nure circulaire peu profonde a été pratiquée dans rintérieur ; an trou auquel elle vient aboutit ser*-
vait sans doute à faire écouler les liquides versés sur le centre de la pierre; remployait^on à dessacrifices , ou simplement i quelques usages domestiques ? je ne puis le deviner;
L'absencede médailles, d'instmmens de brome, de tuiles et de substr ne lions intérieures , la grosrièreté des poteries et la maladresse dessculpiures, tout dénote, ce me semble , nne époque de baiba* rie et un peuple voisin de l'état sauvage.
Certes, on ne peut croire que ces murs rainée aient été Tenceinté d*an camp romain. Le parement grossier et presque cyclopéen ne convient qà'àanpeuple barbare* — Ce qne Césarditdesmai* sons des Gaulois, creusées dans la terre, et recouvertes de chaume, expliquerait fort bien pourquoi, à Texception des murs d'enceinte, on ne retrouve ni substructions ni fragments de tuiles ou de briques. — Le nombre prodigieux de ces grands vases, dont les débris couvrent le sol, porte à croire que les habitans de cette ville s'en servaient pour y renfermer des grains , et probablement même une provision d^eaa, car il n'y a pas de source aux environs.
Doit-on considérer cette ville comme VappiAm des Salyens , qui vainquit et détruisit Sextins Calvinus? 11 parait incroyable que voisins de Marseille , où les arts de la Grèce pénétrèrent de bonne heure ^ les Salyens, peuple puissant, puisqu'ils
menacèrent cette dernière ville , n'aient eu qu*un retranchement de sauvages comme la colline d'Entremont, Celte encente serait-elle l'ouvrage d'un peuple vaincu par eux, de ces Celtes duiit les colonies grecques commencèrent la civilisation? Peut-être expliquera-t-on la rudesse de ces constructions , en supposant que le plateau d*Entremont a été un oppidum temporaire , un camp retranché , une fortification improvisée , où les Sa« lyens se retirèrent à l'approche des Romains. Aux environs d'Aix, on trouverait difficilement une position plus favorable. Le plateau domine deux .vallées, et son escarpement le rend ùiiiattaquable ^e deux côtés* — Un grand nombre d'antiquaires pensent que les Gaulois n'avaient point de villes, dans l'acception moderne de ce mot , et que ce n*était qu'à l'approche d nn grand danger, que les populations s'enfermaient dans de vastes enceintes, fortifiées à la hâte, qu'on abandonnait ensuite lorsque la cause qui les avait fiiit élever avait disparu. Les détails qu'on lit dans les Commentaires de César , sur ïoppidum des Sotiates et sur celui des Yoeates et des autres peuples que soumit Crassus, son lieutenant, se rapportent assez bien à l'enceinte d'Entremont. Comnie cette dernière, celleslà paraîtraient avoir été munies d'un rempart du côté Opposé à Temiemi, et négligemment fortifiées de l'autre* C'est en effet par les derrières du camp, ou de Voppidum des Vocatcs, que les Romains pénétrèrent dans 1 intérieur, pendant qu'unefausse
— âs» —
attaque était dirigée «ur le fironi 4e leiurs reiran*-
L'église de Saint^Maximin a une certaine célébrité en Provence , où les édifices gothiques sont très rares. £Ue la mérite en partie parla grandeur
et hi hauteur de ses trois nefs, et Fclégance de son apside. D'ailleurs, elle n'a point de façade» et Ton sait ifue cette partie de l'église est celle , en
général, dont rimporUnce architec turale est la plus grande. Sa forme est celle d'une basilique sans transsep ts, terminée par trois apsides. Une inscription eu caractères gothiques du xvi'' siècle donne les dates suivantes , pour les différentes parties de Téglise ;
1979. Carolus astrifero nobis demisstis olympo
Floriger (?) erexit tecta Toiiimtîs ope.
Andagavus pastor itosti is Kenutus in on»
Hoc simul incœptum, coaUuuavU opus.
1515. Frsnciscus subUme decu* radiantia pefit (?( (Sic)
Templa quidem ^ cujus nomen ad astra Tolat* 1 SI 0. Qiiippe RenatQs. ....... elaii de «tirpe sdMiiidiM.
Hat màn 'vitreaB-auiie nrtHanler agit.
Les tournures poétiques el la niau^ aise latinité rcndentcette inscription un peu obscure. Je crois
y voir cependant que la voûte (lecta), date de 1279; que la construction , suspendue vraisem- Ualilemeiit, a éftéiepriae en IMO; qae laa vitraux (dont il ne reste pas un seul morceau) ont été fait» en 1610. Je ne oompreiuU pas trop ce que l'oii a peint enlKlS;ceiie peat être rintërieur de Fëglise même , qui n'a jamais été badigeonnée» Peut-être a'agit-il de quelques tableaux donnés à k fidbrique.
Autrefois toute Téglise était pour ainsi dire à jtmr, lea murs des bas-c^6të8 étant pereés de fenê* très qui deseendaient jusqu'au payé. Elles ont été bouchées pour faire des chapelles latérales. Avant eette époque l'aspect intérieur devait être fort remarquable par la légèreté extraordinaire de la construction. Les fenêtres de la nef, et surtout eelles de Tapside, sont d'une grande hardiesse* Elles sont divisées en deux par un meneau horizontal, qui sans doute a pour but de reposer l*œil qmsefiitigueraità suivre Pimmense ligne verticale des ouvertures. L'ogive des fenêtres comme celle dâs voàles est en tiers-point. Les oolonnes des pi* liera et les piliers eux-mêmes n'ont point de chapiteaux, mais une simple moulure, ce qui est à noter , comme une anomalie pour le temps , si la date de 1279 est exacte.
L*autei situé au bout du collatéral de gauche est dans le style de la renaissance , doré ^ mais d'assec mauvais goût. Quelques petits tableaux assez bons le décorent. Il porte la date de 15^0.
Le curé de saini-Maxiinin est an ecclëaiastique
instruit et un homme d*esprit. Je le félicitais de la belle teinte sombre des pierres de son ( g^lise. Il «onrit et me dit qu'il avait eu bien de la peine à leur conserver le noble vernis dout le temps lésa recouYeries. Le conseil municipal de Saint-Maximin avait arrêté dans sa sagesse que Tég^lise flerait badigeonuée. En vain le curé avait protesté , on ne tint compte de son opposition. Le jour fixé pour rexécution , les badigeonneurs , avec leurs brosses et leurs échelles se présentèrent à la porte de Féglise , mais elle était fermée* On demande les deb , ' mais le curé qui les avait , n'était pas chez lui. Il fallut se résigner à faire retraite; cependant les badigeonneurs ne se tinrent pas pour battus* Désespérant d'entrer dans l'église avec la permission du curé , ils complotèrent de s y introduire le dimanche suivant, pendant la messe , et aussitôt après le service de se mettre à Touvrage. Heurt ufiement, le digne curé avait deviné la ruse. Persuadé qu'il valait mieux pour ses parois^nsde se passer d une messe que de voir salir leur église , il ne parut pas à l'autel, et me dit-il, <i Je serais resté , s'il eut fallu , pendant un mois sans y entrer* n Leshabitans de Saint-Maximin, ainsi traités en excommuniés, s'en prirent au conseil municipal qui fut obligé de lever honteusement le siège , et de renvoyer définitivement les badigeonneurs* Qu'il s«»rait à désirer que la France eût beaucoup de curés comme celui de Saint-Maximin ! —
— MB —
Le chœur de cette église est lambrissé de boiseries assez belles qui portent la date de 1692. La chaire et la sacristie ont également des boiseries bien travaillées et ^d*uae propreté admirable. Jeu fis eomplinient au curé et je lui demandai comment il avait pu ub tenir les soins convenables des bedeaux et dès gens de service* « C'est moi-même qui les brosse et les vernis, » me dit-il; « croyeivous que je m'en rapporte à des ignorans pour conserver ces belles choses? »
En sortant de son église , j'ai écrit à M. le minis* tre de rintërieur pour le prier de donner un tableau à Saint-Maximin. Il n'y a pas une église en France qui soit plui di^uc de recevoir des objets d'arts.
20 septembre.
n est surprenant que, dans une ville aussi ancienne que marseille , on trouve à peine quelques vestiges de la domination grecque ou romaine. Des médailles, quelques tombeaux conservés dans le musée , un souterrain, quelques fragmens de murs et une porte , voilà tout ce qui reste de son ancienne splendeur.
La porte par laquelle César entra, dttK>n, dans Marseille, est très probablement de beaucoup pos-
— antérieure à la conquête qu'il fit de œtte ville. En «ffet elle a tout le caractère d'une eonstractioii romaine , et avant la guerre civile, il est probable que les Marseillais n'avaient d'autre architecture que celle de leurs ancêtres , les Grecs,
Les souterrains de Saint-Sauveur sont plus cu« rieux. Qs se composent de six voûtes à grand ap« pareil , creusées dans le flanc d*me hauteur à la droite du port, et communiquant entre elles au moyen d'un corridor perpendiculaire auquel elles Tiennent toutes aboutir. On pense qu'elles ont servi de corps-de-garde , ou de caserne , mais le lieu « malgré la solidité de la bâtisse, est humide, obscur, et il est impossible d'admettre que des soldats y aient été loges en permanence.
Il me pandt plus probable qu'il a servi de magasin , et cette conjecture et fortifiée par des trous pratiqués de chaque côté des murs à une certaine hauteur et médiocrement espacés. Leur forme et
leur dimension prouvent qu'ils ont reçu les extrémités de grosses poutres formant un plancher destmé à supporter un poids considérable. Ces souterrains sont maintenant loués à des tonneliers à qui ils servent d'ateliers et de magasins.
Sur la place de Lynch , au-dessous de laquelle ces caves ont été pratiquées, on voit encastré dans le mnr d'une maison de peu d'apparmce, un bas* relief antique très fruste , sur lequel est figurée une barque, puis au-dessus, dans un encadrement séparé, deux pmonnages, dent l'un revêtu d'vne
tunique courte, présente la main à un autre reoourert d'une longue draperie. Un chien est entre deax. Au bas est un fragment dlnscription presque illisible.
La Cathédrale, la Major , restaurée à plusieurs reprises, n*oflBre presque aucun intérêt dans son état actuel. Les murs seuls de Tapside ont échappé aux restaurations qui ont défiguré Tédifice. — L'église de Saint-Victor est propablement la plus ancienne de Marseille. Fondée par Cassien en 4 10, sur les catacombes de Saint-Victor , elle a été sucoessivement détruite par les Guths et les Sarrasins. Rebâtie de nouveau, elle a été consacrée en 1040 (C), mais il ne reste presque rien de cette con struc** tion. C'est en 1200 qu on Ta réédifiée sur un plan nouveau, roman par Teïisemble, et gothique par quelques-uns de ses détails. En 1S80, le pape Urbain V , qui avait été abbé de Saint-Victor , fît élever lesbautes tours carrées qui loi donnent Tas^ pect d'une forteresse. Les pierres de Tenceinte, par leur forme et la solidité de leur appareil, rappellent les constractions romaines , et an premier abord on serait tente de les croire antiques.
Sous le porche septentrional , une arcade bouchée présente une ogive entourée d'une archivolte ornée d'étoiles. Les deux piliers, gros et courts, qui flanquent la porte latérale, sont également romans. Leurschapiteanxsontàfeuillacres, d'ailleurs assez mal exécutés. L'ogive de la voûte |i le caractère de l'ogive du midi, largeui* de la
base et courbuiti des côtés. Quant à la décoration
intérieure de l'église , elle a été si souvent retouchée, qu'elle a perdu tout intérêt. — La crypte, ou plutôt Péglise souterraine, est en partie creusée dans le roc , en partie bâtie en moyen appareil arec des Toùtes en plein cintre, soatmuea par de gros piliers ronds. Il ma semble qull y avait eu autrefois , du moins dans quelques parties , deux étages comme à Apt ; mais le plancher qui formait la scpai atiuii est maintenant détruit. Cette église communique à des galeries étroites et à plusieurs petites chapelles taillées dans le roc* Beaucoup de f ragmens antiques et quelques restes d'inscriptions ont été employés dsuis les matériaui^. D*ail* leurs on n'observe aucune ornementation dana les souterrains, qui n'offrent pas de pian régulier. J*ai pourtant remarqué dans une chapelle une' archiTolte ayee des rinceaux de pampres, un chà-^ piteau à feuillages et un masque grimaçant. Tout cda est d'un travail très grossier et sans doute antérieur à la grande restauration de 1040.
Une des galeries est entièrement bouchée avec des tombeaux vides dont on s'est servi comme de gravois pour la combler. '
On fait sur Saint-Victor le même conte qui se débite en vingt endroits diflPérens, savoir : que ses souterrains communiquent avec la cathédrale en passant sous le port. L'idée d'un tunnd n*est certainement pas nouvelle, mais je doute fort qu'elle ait été jamais mbe à exécution. — Autrefois plu-
sieurs tombeaus chrétiens des premiers siècles, et
des inscriptions curieuses étaient conservés dans ces catacombes , mais depuis peu d'années on les a transportés au musée. La Statistique des Bouches-du-Uhùne en donne la description.
Ce musée renferme en outre quelques bons ta- Meaux«. En première ligne , il faut placer une Clius^ au sanglier, de Rubens. C'est un de ses meîlletuni ouvrages , moins lâché que ceux de sa dernière manière et non moins beau de couleur. Un des chasseurs a brisé son épieu ; paie et tremblant, tenant macbinalemeni à la main le tronçon inutile de son arme , il attend le sanglier en hurlant d'effiroi. Il est impossible de rendre plus énergîquement l'expression de la peur. Un cava<^ lier, qui parait le chef des chîisseurs , essaie de percer l'animal de son épée ; mais la pointe a rencontré le crâne épais du monstre, et la lame plie au lieu de pénétrer. Les chiens qui environnent le sanglier, les uns prêts à le coiffer , les autres renversés , sont d*une vérité de mouvement extraordinaire. Jamais on n'a mieux exprimé la confusion et le mouvement d'une chasse dangereuse*
D*autres Rubens , suivant le livret , entre autres un porti*ait delà famille du prince d'Orange, sont bien moins authentiques et certainement bien inférieurs à cette Chasse. Dans une école tout opposée, on admire encore une sainte famille du Pérugin. Si Ton examine chaque figure isolément , il est impossible de n'être pas séduit par la grâce et
Ift naïveté des attitudes) la noblesse et la beauté des têtes. Quant à la composition , il en ùnt faire abstraction. On ne connaissait pas encore ou Ton faisait peu de cas de Fart de grouper ensemble plusieurs figures^ et ce tableau-oi ne perdrait rien et gagnerait peut-être si l on en découpait tous les personnages pour les reporter chacun dans un cadre séparé.
Les Marseillais estiment peu leur musée , du moins ils le traitent asses cavalièrement. Demiè* rement on avait permis à je ne sais qnel physicien de carrerour , d'y placer un ballon énorme. Si quel- . que accident lui fût survenu , je ne sais comment les Rubens et les Perugîn 8*en seraient trouvés.
Je quittai Marseille le 1*^' octobre pour me rendre aux Ues de Lérins*
ffc Cuc.
Je me suis arrête quelques heures au Luc sur la route de Fréjus à Marseille* On y voit les ruines d'un château dont il ne reste plus que quelques pans de murs et des souterrains. — Sur la façade d*une église ruinée, qui parait être du xiti* siècle, j'ai observé un bas-relief en marbre , très fruste , qui peut-être provient d'un tombeau antique. 11 représente an homme perçant un sanglier de sa lance; deux chasseurs, armés comme lui, sem^
blent admirer sa prouesse, tandis qu'un troisiciuo^ grimpé sur im arbre , rappelle Sancho qui n'aimait à Toir les taureaux que du haut de la gale*» rie. L'inscription, à moitié effacée, n'offre plus que les lettres suivantes :
ÀGOlflYS IN VI .... ANm.
Sur un autre fragment de marbre incrusté dans
la même façade , on lit : ^
QV£M DEDERAT CV&SVM f OR..
iFrêftts*
L'amphithéâtre de F réjus est encore assez bien conserTé ; il est construit à petit appareil , de forme elliptique , avec quatre entrées principales sur ses deux diamètres. Le« gradins , dont la plus grande partie est détruite sont soutenus par trois massift, séparés par deux voûtes , qui régnent tout autour de l'amphithéâtre. A Test, il s'appuie à une hau* leur; du côté de la plaine , on ne voit pas de traces de mur d'enveloppe semblable aux portiques des arènes d'Arles ou de Mimes: seulement, d'épais contreforts soutiennent les galeries et les gradins. On remarque les arrachemens des escaliers qui meatudenyt aux étages supérieurs. Ce cirque d'un petit diamètre a été déblayé depuis peu de temps par les soins de M. Texier. Quelques pierres du
podiumetqnelqaeà escaliers qui traversent les trois
principales précinctiuiis subsii>teiit cncure, mais les voûtes sont fort endommagées et menacent ruînei
Au nord de la ville et à peu de distance dacirque , j ai reconnu remplacement d*un théâtre: les fondations des murs de la scène et des gradins sont encore visibles. Le propriétaire du sol le fSdsait Méfoncer pour y planter un verger. Auprès on aperçoit beaucoup de substructions qui paraissent avoir appartenu à des maisons particulières. Plusieurs paves, en mosaïque coininune, étaient a peine couverts de terre , il sufiisait de Técarter avec le pied pour en apercevoir les dessins.
£n allant vers la route de Cannes on découvre les restes d'une porte antique^ construite à grand appareil ; tout auprès, un aqueduc, dont un grand nombre de piliers encore debout indiquent la direction, longe la porte donc j'ai parlé, puis, faisant un coude , vient aboutir a la partie la plus élevée de la ville; la route de Cannes le traverse. Les nunes de cette immense construction ont été reconnues sur une étendue de plus de huit lieues ; c'est dans les mimtagnes du côté de Monts cpi'il allait prendre l'eau qu'il portait à Fréjus. Aux abords de hk ville et sur un terrain imi, il fait plusieurs détours que je né puis m'expliquer qu*da supposant quVi Tépoque où il a été construit, il existait en ces lieux des bàtimens importans qu'on n*a pas vo«lu détruire pour lui donner un aKgiieuient régulier. . ' .
— sa? —
Cet aqueduc est d'ailleurs infériciu', souslc rapport de la contrjtLCtion, à celui de Lyon. L'interyalle entre les arches n*est presque jamais uni* fonne, et il n'a jamais eu (roniemens. Les arches sont toutes à petit appareil sans mélange de briques, si ce n^est sur quelques points qui ont été probablement restaurés. Près de la porte antique, au point ou Taqueduc tpume yers le nord , on observe dans un des massifs une voûte courbe qui suit la flexion du canal* Elle est peu élevée et remplie de dépôts aqueux. Était-ce un égout ou bien une conserve d'éau?
£n quittant le ckcmin de Cannes , si Ton se dirige vers la mer , on rencontre une enceinte à peu près carrée qui a pu servir de citadelle. Au centre, est un vaste souterrain soutenu par des piliers. II est revêtu d'une couche épaisse de mortier mélange de charbon pilé. C'était, suivant toute apparence , un réservoir pour les eaux. Quelques grands souterrains voàtës , tombant en ruine, sont attenans à la même enceinte. Sans doute c'étaient des dépendances du port Fréjus, des magasins, des arsenaux ou des ateliers.
Le périmètre de la ville antique est visible presque partout, et dans quelques endroits on peut encore juger de la hauteur des niArs, Ils étaient flanqués de distance en distance de tours rondes , d^un médiocre diamètre , construites comme les remparts , à petit appareil composé de parallélogrammes rectangles en assises horizontales. Cé .
— ai» —
il est que dans une partie de Tenceinte de la citadelle que l'on toU des frapnens d'appareil rëtieolë , Picore semblent-^ib le rësaltat d*une répaiion antique. — Maintenant, le port est ensablé par les aiUénÊsemem de la riTière d'Argent , et son emplacement est difficilement reconnaissable. On montre du côté de la mer une espèce de pyramide assez basse, posée sur une base carrée que Ton
nomme le phare. Son peu d'élévation et la difficulté de monter au sommet pour y installer un feu ( car c'est une masse solide) , rendent peu probable cette destination. Elle ressemble en petit à la pierre de Couard d' Autun , et je suis aussi embarrassé pour hû trouTer un usage Traisemblable.
Une porte éleyée , faisant face a la mer , et nonnuée ia Parée dorée, parait avoir servi à la communication entre le port et la ville. Elle est construite de petites pierres formant des masses conndéraMes séparées par des assises de briques.
Le parement en est détruit presque partout. — Tout près de cette porte , en se dirigeant vers l'in* térienr de la ville , on rencontre les fondations de bains antiques que des fouilles récentes, dirigées par M. Texier , ont mises à découvert. Le pavé est détnnt , mais plusieurs colonnes de beau marbre , plus ou moins mutilées, ont été déterrées dans ce lieu* On en a tiré également quelques fragmens de statues parmi lesquelles je n'ai distingué qu'une téte de Jupiter d'un assez beau style , sculptée à l'effet , comme un ouvrage destiné è la décoration.
DigitizcHJ
— us —
L*^igUie de SainUÉlieiine» migré de lioitt* breuses testanratioiis ploB ou moini véeentes,
porte le caractère d'un édifice du xi^ ou xn* siècle« Ses iDurs^ baU» i grand appareil, imitent de kHn'Faspeot d'une ccmslnietion romaine. Ils sont probablement plus anciens que 1 intérieur de Téglise* La tour , placée aiir le côté droit de la nef « carrée à sa base , devient octogone au deuxième étage, qui me parait ime addition du xin* siècle. Il est aunaonté Ininoiéme d'une lourde flèche sans élégance coiiimo le gothique de la Provence. On remarque le baptistère séparé de Tégiise par un porche , el aoutenn par huit colonnes antiques en granit gris , suimontées de chapiteaux corin* thiens en marbte blanc»
ht SaxM ott ht datnte jfitar0U(rtte«
Elles forment un groupe composé de deux iles, toutes deux de forme alongée , dont le plus grand diamètre s'étend de Test i l'ouesl; sur la plus
grande, et la plus voisine du continent, est bati le iort qAii pendant long-temps a servi de prison d'IÉtat; Tautrc , infiniment plus petite , en est stf* pafée par un canal étroit ; elle possède une source qui ne tarit jamais , tandis que la première n'a que de Peau de citerne ; cette cirecmstanee fit sans
doute donner la préiîérenoe à la petite ite par les Grecs qai furent ses premim habitaos, et qui donnèrent au groupe le nom de leur chef Leros, héros ou pirate , professions assez analogues au« trefbia Au oommencement du siècle , saint Honorai y fonda un inonastcre , ou plutôt une espèce de Thébaïde , qui bientôt devint un couvent nombreux ; THe changea alors de nom et prit celui du saint. Les Sarrasins la dévastèrent ii plusieurs reprises, et obligèrent les religieux àoherdier un asile temporaire sur le continent. Ce n'est que dans les dernières années du xTin® siècle que la conduite scandaleuse des moines de Lérins amena la suppression de Fabbaye. Depuis cette époque. Saint- tionoral fut à peu près abandonné. Devenue propriété nationale , Tile avait été vendue à mademoiselle Sainval , de la Coraé- - die-Française ; tout récemment un boucher de Cannes en a fait Tacquisition pour la somme de 80,000 francs.
M. Fauriel, que j*avais rencontré à Fréjus, avait bien voulu ro^accompagner dans cette excursion ; nous débarquâmes d'abord à la grande ile, Fancienne Lero. Le commandant du fort, vétéran de la grande armée, nous reçut avec la plus grande [)olitessc et nous ût de la meilleure grâce dumondeleshonneursde son petttgonvemement.
On montre encore la chambre où le Masque de Fer
< La i^tts grande s^appelsit LtfOf la seconde Leriita.
(ai détenu pendant dix-sept ans ; elle eat grande,
voûtée , et éclairée par une seule fenêtre. C'est peut-être le seul endroit de i île qui soit soiubre et frais ; à Fëpoque on nous la vistitons nous pou* ' viens apprécier cet avantagre; mais le contraste de cette obscurité avec l'éclatante lumière qui inonde la baie et le magnifique ampbithéàtiedes montagnes du Var, devait a[^<^i aver encore la tristesse du pauvre prisonnier* Le mur iBst d'une solidité extraordinaire, ayant près de dousè pieds d'épaisseur ; en outre trois fortes grilles de fer garnissent la fenêtre et rendent impossilde toute communication avecrextérieur. Deux portes couvertes de clous et d'énormes barres de fer ne s'ouvraient que devantle gouverneur du château, et ce n'était que par les appartemens de cet oflficîer que l'on pouvait parvenir à la cbambre du prisonnier. Un corridor étroit, muré à chaque extrémité, lui servait de promenade , au fond on avait accommodé un petit autel où queiqnefois un prêtre lui disait la messe. A cdté de sa ceUule , une «atie
renfermait son tiomestique qui, plus heureux que lui, mourut dans l'Ile après quelques années de détention. L'imagination a peine à comprendre le bizarre mélange de cruauté et de iaibiesse dans les geôliers du Masque de j j'entends par geo» liers , non les automates qui le gardaient , mais les hommes qni avaient ordonné sa réclusion.
Gomment , capables de garder pendant vingt ans un malheureux dans cette dure prison, n'avaient*
Digitizcû by Gdo^Ic
il» pas le eoavBge d'abréger aes souABranceft par un eoup de poignard !
Le fort est situé à la pointe ouest de File ; tout le reste est eontert de myries an-desans desquels s'élèvent des pins qui forment un assez grand bois percé de jolies allées. A la lisière de ce bois ; du o6té du midi , est un enelos, nommé le Grand-Jar* din, c'est la seule propriété particulière qui soit dans Tile ; il passe pour le lieu le plus chaud de toute la Provence , et en éSét on y cultive en pleine terre quelques plantes que partout ailleurs on u élèTe qu avee des soins infinis. Au miUeu de cet enclos parsJt un édifice fort bicarré : sa ferme est un carré orienté sur ses faces, construit de moellons grossièrement taillés; sur chaque cèté s'ouvre une porte cintrée avec un bandeau au-dessous du cintre. Les murs , dans lesquels on a pratiqué les portes , sont iégèorement en retraite sur l'aligne^ ment de la façade. Deux arcades surbaissées, saillantes, séparées par une console, sont appliquées sur ce mur , et fonnent une espèce de balcon qui
vient s'aligner sur la fa^ ade . de sorte que le plan
a terre formerait un carré , sur les angles duquel se trouveraient desparalMogrammesdont les faces
principales seraient parallèles à celles du eanc ; au contraire , le pian pris immédiatement au-dessus des arcades serait un osrrré parfait. -
Au-dessus de ce que j'ai appelé balcon, faute de trouver un terme pins ocmvenable , la disposition mfiirieure se reproduit, sauf que le carré du mi--
lieu «fiPilieaibcoup plus en retraite sur les parallélogrammett des angles, qu'au res-de-chaussée, lais* saiit ainsi une espèce de terrasse assez étroite audessus de la porte. A cet étage on dirait un eorps de bâtiment flanqué de quatre tours carrées. Une terrasse ruinée , sans balustrade , couvre le tout. La hauteur des murs , depuis le sol jusqu'à la terrasse, est d'environ trente-cinq pieds; la largeur de chaque façade un peu moindre.
Du côté du nord, un escalier mène aux chambres de Fattique et à la terrasse ou plate-forme supérieure^ Un trou carré d'environ trois pieds de diamètte^ prcibnddeeinq pieds, s'ouvre perpendiculairement sur cette plate-forme , puis prend une direction oblique au sud. Lorsque je visitai ce bâtiment, le trou était rempli de décombres qui le rendaient inaccessible : on appelle cela des oubliettes. D'ailleurs , aucune tradition ne s'y rattache. Les chambres ne présentent rien de remarquable; une pofte s'ouvre sur chaque terrasse, et chaque tour est percée dans le haut d'une ouverture carrée. '
Âu-*rei-de^hauisée est une salle couverte par une coupole dont la voûte ne s'élève qu'à lu hautenr du balcon. Dans les angles , à quelques pieds de terre, on voit quatre niches cintrées. Elles soiit vides ^ au bas de chacune on remarque un trou d'un pouce de diamètre environ, qui communique à rcxtërieur. La voûte et les murailles n'offrent aucune moulure, aucun ornemantî- elles sont seulement grossièrement recrépies à ¥int^
rieur. Quant a ces nichefl et aux trous qui y oor>
rcsponduiit, un prétend y voir un appareil inventé par des prêtres rusés pour laire parler de» statues alors placées dans les niebes. Personne d'ailleurs n a pu me donner le moindre détail sur Torigine de ce bàtinient ni sur son usage ; le propriétaire m^e ignorait le nom des premiers possesseurs.
Le peu d'épaisseur des murs et le nombre des portes ne permet guère de supposer qu'il ait jamais été destiné à servir de défense ; d*un autre côté, rien de plus inconiuiode comme maison d'habitation; les ebambres de Tattique sont si basses qu'on a peine à s'y tenir debo ut , et pendant les chaleurs de Tété, elles doiveut être aussi brûlantes que les plombs de Venise* La forme ne convient pas à un édifice religieux; si c'eut été un magasin ^ à quoi bon lea niches ? A quoi a pu servir cette espèce de couloir quV»n appdle des our ' bliettes ?
S'il s'agit d'assigner une date i cebàtiment , je suis aussi embarrassé que pour lut trouver me
destination probable. La forme des portes , la construction de la voûte , et jusqu'à un certain point l'appareil des murs , pourraient se rapporter au xii° siècle ; mais les arcades surbaissées ' , . et la lorme carrée des ouvertures supérieures ,
" Thm la suite de mon voyage , j'ai en occasion de remarquer tjue Tare surbaissé n'ëiîiit pas inconnu au xii*^ siècle j le cipUre de Monimajour eu lait foi. Foir {Ans bas.
MVibieat porter plutôt le oaniotère de riir€hitec« ture du xri^ fliècle. Cest rornementatioii qui
fouruit les caractères les plus, probables : ici elle manque abaolmnent.
En abordant File Saint-Honorat , on observe , dès qu'on a mis pied à terre , des amas de déeombres et des fragraens de briques et de pierres (aillées , épai s sur le sol ; un grand uuiuiirc de ces briques sont de fabrique romaine.
Une allée d'arbres oondoit de la crique oà Ton débarque , à un château considérable , sur la rive imposée de l iie , dont la masse se distingue de loin. Ce n'est, à proprement parler-, quNin don!jonde forme irrégulière , couronne de mâchicoulis , et entouré, du côté de la terre , d'un fossé et d*otte muraille crénelée , séparée du fossé par un chemin de ronde. Quelques bàtiuicos > entre autres une église gothique en ruines , se grovqMBUt dans cette enceinte et s'apf)iiient au donjon. Les murs sont construits de belles pierres de. taille, bien appareillées et d'une teinte jaunâtre qui se
détache admirablement sur le bleu foncé de la Méditerranée et du eiel de la Provence. U parait que ce eh&teau a été occupé militairement à une époque récente ; car on voit , dans le côté qui £ftit face à la mer ^ deux boulets encore ensabotés, incrustés dans la pierre. Probablement ils auront été lancés par quelque bâtiment anglais, pendant les guerres de Tempire.
Après avoir passé le fossé ^ on entre dans un