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tard aa commencement du xn" siècle. Tout an
plus doit-on inférer que Fogive, dans cette partie de la France, n'a point été mise en œuvre par des architectes habiles , et quelle est restée stationnaire. J'ai eu fréquemment occasion de remarquer, dans le cours de mon voyage, qu'elle se rencontre le plus fréquemment dans les églises de moindre importance , et dans celles qui sont plus considérables, seulement à l'intérieur. A mon sentiment, l'nsage de Tare pointu dans le S.-E. de la France n'a été adopté qu'en considération de la fiicilité et de la solidité de sa construction. Il • s'est borné exclusivement et pendant long-temps aux voûtes et aux arcades itUérieures d'une grande portée , sans que pour cela le caractère général de l'architecture ait changé matériellement j on ne soupçonnait pas de quelle utilité il pouvait être dans Forneraentation , car les façades, les étages supérieurs des tours, les fenêtres ornées de chambranles, étaient cintrées. Dans le nord même, que l'on y songe Lieu , roriieiuoiU<>tîon j^otliique est sensiblement postérieure à l'adoption de l'ogive , et il a fallu du temps pour qu)a d'accessoire cette forme devint principale. En résumé, je pense que l'ogive n'a été employée que par nécessité dans la Pirovence au xn* siècle, et qu'à la même époque, le plein cintre demeurait la forme régulière, classique, réputée la plus belle.
A deux lieues d'Apt, à gauclic de la route do Cavailloa , ou voit un pout romain jeté sur un torrent presque toujours i sec; on FappeUe le pont Julien, et on rattiibucà Jules César pour lui donner une illustre origine; il a trois arehes, celle du milieu plus large que les autres ; en outre , deux OUTertures cintrées assez larges sont pratiquées au-dessus des deux piles principales; elles donnent au pont une apparence de légèreté , et leur objet est, de plus, de faciliter Fécouleraent das eaux dans les débordemens. L*arcbe du milieu et les piles sont construites de gros blocs juxtaposés sans ciment. On a enlevé les crampons qui les liaient Fun à l'autre , sans que l'eau ait produit le moindre dégât dans les trous profonds que cette opération a exigés* Les autres arches sont revêtues à l'intérieur de petites pierres ; il n'y a que le parement extérieur qui soit de grand appareil. Le parapet actuel n*a que sept à huit pouces de haut ; je ne crois pas qu'il ait été rasé à une époque postérieure a la construction du pont. Il dépasse légèrement raplomb du parement des arches. Un fragment de Yoie romaine , payée de grosses pierres
irr^alières , se montre aux abords du pont, et s'en écarte dans nne direction oblique.
Apt et ses environs renferment des ruines romaines, que des fouilles , ou même les simples tra* vaux des champs, mettent tous les Jours à découvert. Malheureusement, la ville ne possède pas de musëe , et le petit nombre de personnes qui prennent intérêt aux études archéologiques , ne s'oceupent guère qu'à recueillir des médailles. Peu de temps avant mon arrivée, im propriétaire d'Apt avait découvert une belle colonne antique et quelques fragmens assez remarquables ; pendant quelques jours , l'affluence fut grande pour les examiner; mais bientôt le propriétaire, ennuyé des curieux et des questions sans fin qu'on lui adressait , prit le parti de tout recouvrir de terre. Nul doute que des fouilles bien dirigées n'eussent des résultats importans. — Il y a peu de mois, les tra«. vaux de la route nouvelle ont fait trouver pluiiicurs tombeaux assez remarquables.
L'abbé Boie, dans son Histoire d'Apt , attribue la fondation de la cathédrale (dédiée à sainte Anne), i saint Castor, qui vivait dans les premières années du V* siècle. La tradition porte que , pour la bâtir, il tira se^ matériaux d'un amplii théâtre antique, lequel fat ainsi détruit. Vers le milieu du XI* siècle , rëvéque EHphant , Alphand , Oliphant, {Eliphantuê) la ht rebâtir à ses frais. Enfin au XIV* et au XV*, elle subit de nouvelles restaurations.
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Dans son état actuel y Fëglise de Sa in te- Anne a trois neiGi, dont la principale et celle de gaiielie datent de la dernière époque. L'architecture est gothique , lourde et sans grâce ; elle a'ofire rien d'intéressant. Le collatéral droite seul reste de la construction du xi® siècle; sa voûte est cintrée, d'arétes, sans nervures^ les piliers sont des massi& carrés, sans colonnes engagées. Enfin, le seul ornement intérieur qu'on y remarque , c'est une eomiche très simple dont les moulures ont un ca-* ractère antique.
Sous Tupside est une crypte assez grande pour servir de chapelle , et diTisée en trois parties par des piliers disposés en demi-cercle vers Torient , figurant ainsi un chœur entouré de bas-eotés. Au centre de rhémiccyle intérieur, on voit un autel fort ancien, dont le devant provient d'un tombeau antique. On n'en peut trouver de plus respectable , car le Saint*Esprit en personne y a dit la messe. Les voûtes d'arètes s'appuient sur des piliers cariés , courts et massib, plus larges que les retombées. — En architecture , ce qui estoontraire à laraison est presque toujours disgracieux. £n effet, on ne peut rien Toir de plus laid que ces minces arêtes , semblables à des dés pendantes , posant sur cette base, dont la grosseur n'ajoute rien à la «solidité de ht constrnctioii* — l>eux tombeaux de flamines , dont l'un paniît avoir servi de fonts biqptismaux, sont conservés , je ne sais pourquoi , dans cette crypte. En voici les inscriptions :
T CAMVLUa Tito CamuUio
T FIL VOLT AEX Tilifilio, Voltinlà tiibû , .Eaii-
LIANO FLAMIM -lîano , flammi ,
I«I VIRO COL IVL APT quatuor viro , coiouiœ, Jului
ORBO A... VS apte , Ordo...
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