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est peut-éire antique ; quant au chapiteau , je le crois roman^ mais de la première époque» Au froaton du mur, paraît un œil-dc bœul. En examinant avec attention cette partie de leglise , on reconnsâi bientôt que ce n'est' pas la façade ^ mais bien le mur oriental de la nef, et que Tapside a été détnute, vraisemblablement lorsqu'on a pratiqué rayenofi ; cette apside était régulièrement orientée. A rintérieur, des colonnes semblables à ceUe qui existe encore, garnissaient son bémicycle. Le long deTayenne , d'autres fira^mens de colonnes , à demi enterrés, servent de bornes.
On voit à Fopposite la véritable façade » du. moins en partie , car un énorme lierre en couvre un coté, et, vers le nord, le mur de la nef se confond avec la maison du propriétaire de rile.
L'appareil semble une imitation de Tappareil romain; mais les assises, quoique bien parallèles, sont d'inégale épaisseur, et les pierres , quoique taillées carrément avec soin, ne sont pas uniesavec cette perfection qui se conserva jusque dans les constructions du iv* siècle.
' même appareil se remarque daus le haut du mur qui fait face à l'avenue. On en peat ccmchure que la nef se terminait carrément , et que l'apside était beaucoup plus basse qu elle. — Suivant toute apparence, il n'existait pas de dochier sur ce point , et cette conjecture est justifiée par l'aspect des décombres qui couvrent Tintérieur.
Revenonsa la façade» Au-dessosde la porte prin*-^
eipale , qui a été bouchée , est un bas-relief en marbre blanc ^ dont le travail et la composition dénotent un ouvrage contemporain des premiers siècles du christianisme; probablement c*était le devant d'un tombeau. U est divisé , suivant un usage très général, en sept compartimens, par autant d'arcades; celle du milieu contient un personnage vêtu d'une longue robe, la tète tournée à droite et tenant à la main quelque chose que je suis tente de prendre pour une coiiroiirie; sa main droite est élevée pour bénir. Dans chaque arcade sont deux hommes habillés de même, tenant aussi des couronnes et se dirigeant vers la figure principale. Je ne doute pas qu'on n'ait voulu représenter J.-C. et ses disciples. Au-dessus on observe encore deux autres fragiucns de sculpture , mais d^on style bien différent. Le premier représente un petit Génie nu avec une portion de rinceau; l'autre est tout-à-fait méconnaissable. H me parait évident que le Génie n'appartient pas à un tombeau ni k aucun monument chrétien. C'est quelque débris antique qu on a scellé dans la muraille en considération du marbre et des restes de sculpture dont il est couvert ; d.'ins les temps de barbarie , rien de plus commun que cet en^ploi des firagmens antiques.
Sur le côté droit de la façade, on distin[]^ue une oroÎK en creux assez grande ; sans doute le creux avait été rempli autrefois par des incrustations, mais aujourd'hui il n'en reste aucune trace. Je ne
— SttO —
doute pa« qu'une croix. ccMrra«poiid«ato p» soiica*chëe parle grand lierre doat j'ai parlé* Att-4aMiui du bas-relief est une iusaii^e formée de pierres rouges, blanches et noireft» eacbàaséoê dan» la muraille; quelques antres ereax , qu'on aperçoit encore, peuvent avoir servi à une ornementation du même genre»
Un gable triangulaire termine la façade. Le haut présente une fenêtre cintrée ou plutôt trilobée , car deux antres ouvertnies démtea par nn
quarl de cercle se réunissent a une principale.
Au-dessous , uue moulure do paimettes délicatement travaillées se prolonge «ddiquement, suivant la crête de la partie des murs de la façade qui répond aux collatéraux. — L'intérieur de réglise'est partagé en trois nefs par denx rangées.de six piliers chacune qui soutiennent une voûte ogivale en are de cloitre et des ooUatéraux en plein cintre* Cette Toâte , dont la plus grande partie s*est écroulée , parait postérieure au reste de i édifice , et l'exhaussement évident des gros murs n'a pu
avoir lien (fuc pour la construction de cette voûte. Les piliers, qui n'ont pas de cbapiteaux, et des impostes à peine indiqués, soutiennent les retombées des ^rcs.
Je présume que , dans la constniuotion primitive, le plan de l'église représentait une croix latine. Du moins je vois un bras des transsepts dans un renfoncement asaes considérable , à l'^xtrémila du eoliatéval droit, qui communique ateo un
cloitre .voisin. Dans le ooUatëral de gaaclie, des
chambres , je n'ose les appeler chapelles , sont séparées de Téglise par un mur et communiquent immédiatement on indirectement avec elle. Le seuil de l'uiie des portes est formé d'une grosse pierre sur laquelle est gravée un reste d'inscription antique en très belles lettres profondément entaillées et certainement du haut empire : ...«SFEROX
SlBl ET — D'autres fragmens antiques » re- •
eonnaissables par des moulures , quelques-uns par des mots à demi effacés, ont été employés dans les constructions de diverses pairties de Téglise et surtout des chambres latérales. Quelle était la destination de ces chambres? Aucune ne contient d^antel. Peut-être servaient-elles de sacristie , de
bibliothèque ou de dépôt pour les vases sacrés. Je
les crois très anciennes, et sous ce rappor). le plan
général de l'église mérite d'être étudié. Toute la
nef principale est jonchée des débris delà voûte,
et ce qui en reste menace ruine» — Nulle part je i
n'ai vu de vestiges de peinture , sinon dePignoble
badigeon blanc qu'on retrouve partout.
Tai dit que le cloitre communiquait à l'église par le tiranssept droit* Il est bas, très sombre; voûte de cave cintrée , sans nervures ni arêtes , grossièrement crépie. Lorsque je le visitai , il était encombré de fumier et de quelques fûts de colonnes antiques gisant au milieu de Tordure. Il n'a pas de ooloi^nes « mais de lourds piliers très bas , ou pour mieux dire , ces piliers étant très larges,
on peut les prendre pour de« murs dans lesquels on a praUqué des fenêtres, étroites mais à des in-r tervalles assez rapprochés» Rien de plus grossier que la construction de ce cloître ; les impostes ne sont jamais à la même hauteur ; la largeur des fenêtres varie continuellement; enfin , pour comble de barbarie , une imposte de l'une des arcades était ficMiuée par une pierre couverte de lettres et renversée. L'obscurité du lieu ne m'a pas permis de copier l'inscription , que j'ai tout lieu de croire antique» Une autre inscription placée près de Iti porte et d'aiiicurs sans intérêt, portait la date de 1300. Le reste des bâtlmens qui ont pu faire partie des dépendances de l'église est tellement ruiné, et leur as|icctt ellement modifié par des constructions modernes , qu'il faut renoncer , je crois, à en tirer quelques renseignemens»
, De, ce qui précède, on est loudé, ce me semble, à penser 1^ que Tenceinte de l'église, c'est-à-dire les gix>s murs et le cloitre, remontent à une époque très reculée^ 2"* que leroploi de matériaux antiques et particulièrement iles. pierres tumu« laires , annonce à la fois un temps de barbarie, et une époque où les souvenirs religieux eti le respect quis'attachait aux sépultures antiquesavidjent entièrement disparu ; 3** que cette église a été ruinée et probablement incendiée, d'où est résulté, li^ destruction de la i^cf principale et sfsi reconstruction ogivale, fe serais tenté déplacer cette restauration vers le inilieu du x»" siècle. .
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Quant à répoqac de la constraetion primiiivc;
la forme de Téglise , les incrustations de pierres crforiëes, lesmouiurcs de style antique, rafasence de clocher et les piliers barbares du cloître , me font présumer qu'elle est fort ancienne. Je ne crois pas cependant qu'il faille l'attribuer à saint Honorât, c^est-à-dire an commencement du siècle; la reporter au vm" ou au tu®, serait, je crois, rester plutôt en deçà qu au-delà des limites probables. Le manque des monnmens qui puissent servir de terme de coniparoison, rend toutes les eonjectures qu'on peut ibnner à eet égard extré-^ mement incertaines. U serait à désirer que qnel^ ques fouilles fussent faites aux environs. Les colonnes antiques du château, celles du cloitre et de Tëglise , la grande quantité de tuBes romaines et les inscriptions, prouvent que File Lérins a possédé autrefois uu établissement romain* assez cottsidéfable. Quant à la légende, qui porte que saint Honorât trouva cette ile déserte, on peut supposer qu'elle avait été abandonnée par ses habtCans à Fépoqne où ii s*y étaUit. Exposés auk dé«^ barquemeus des pirates qui devaient s'y rendre pour y ftnte de l^u à la source, il est probable^ que dès les premières invasions des barbares^ îb durent cliercher uu asile sur le continent. Ce qvVm dit des serpens qui infastaient File à Far^
rivée de saint Honorât, parait encore vérifié par les témoignage» des habitaus. Un deu^ uous dit quH avait Tainenlent essayé former une ga-
renne, et que les lapins qu'il avait lâcliés avaient ét^ promptement détruits par les reptiles.
Pour en finir avec File de Saint-Honorat, il ne nie reste plus qu'à parler d*un petit bâtiment situé à une portée de fusil de l'église que je viens de décrire, vers la partie occidentale de Tile et non loin du rivage opposé au continent. Je pense qu'il a servi dans le principe de baptistère, car dans les églises primitives, les baptistères formaient ordinairement un édifice à part; celui-ci pourtant est bien éloigné de l'église , mais une grande quantité de décombres, amoncelés dans le voisinage, peuvent faire supposer que quelques Mtimens ont existé qui occupaieni cet intervalle.
Sa forme est octogone , avec une apside très basse et semi-circulaire a rorient* La porte est en &C6; les six antres e6tés présentent à l'intérieur chacun une éspèce de niche cintrée. La voûte est un dôme peu élevé , construit en blocage , avec des arêtes correspondant et s'appuyant à chaque angle de l'octogone, 11 en résulte une espèce d'étoile dont l'effet est assez agréable; le diamètre du bâtiment est d'environ une vingtaine de pieds, sa hauteur de douze. L'appareif est de moeilouâ à peine taillés , noyés dans une épaisse couche de ciment, d'ailleurs pas une moulure, pas un seul ornement. — Laporte d'entrée est basse et cintrée ; les claveaux inégaux et asses mal joîiais sont en nombre pair , en sorte qu'il y a un joint au sommet de rarchivolie* De cette disposition .résulte
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une foime iodécifiQ q«i tifo^-im peu da. TcgÎT^
« — Parmi le grand nombre de causes naturelles qui oat pu donner l'idée de Togive, on peut penser, arec quelque probabilicé, que des claveaux en nombre pair entraînent une pointe au sommet de Tare, et par conséquent lui donnent la forme qu*on observe dans toutes les ogives primitives. — Ici il parait évident que la iorme mixte deFaro ne peut être attribuée qu'a la maladresse de Tou* vrier; mais il n^est pas invraisemblable que ce que le hasard a produit d'abord , aura été répété lorsque la solidité de cette disposition aura éto constatée.
Un autel de pierre, ei^ forme de table, percé de deux trous, avec un rebcnnd, et porté sur un seul pied en balustrade, occupe le fond de l'apside les trous sembleraient avoir été destiné à l'écoulement des liquides , sans doute pour rendre la table plus» facile à nettoyer. Je n'en ai remarqué nulle part de semblables* ,
L'absence de tons omemens caractéristiques rend très problématique la date de ce bâtiment ; pourtant la simpj(^ité , la radeisse de la constniction , et le rapport qu'elle présente avec celle des bâtimens de Vancienne abbaye, donne. lieu de croire qu'il a été élevé à la même époque , peutêtre même est-il plus aiicicu. A la rigueur, on peut supposer que c'est la première chapelle bâtie dans nie, eises dimensions très mesquines seraient en rapport avec le petit nombre des habitans de
Saifit^onbnit ^ arant l^oimiésenieiil^dé lé conr^
niunauté qui s'y établit. " -
Après lieux jours passés à Marseille, f en repar* tivS pour me rendre à Arles en traversant la Craii , plaine à peu près inculte, marécageusô , «ins horitou. tta n*aperçoit aussi ïoin que la vUe peiït s étendre , que pierres, étangs et roseaux; puis; cà et là des troupeaux de bœufr noirs et de cbe* Tànit blancs, cherchant leur nourriture dans cfsi marais, et vivant je ne sais comment d'herbes brû** léespar le soleil. Cescheraux-descendent, dilhon; de ceux que Charles Martel prit sur les Sarrasins: et dont la race s'est acclimatée dans le pays. Sauf leur petitesse, ils ne m'ont pas paru avoir le moindre rapport de forme avec les arabes. Ceux-là sont mal faits , ont la téte grosse et lourde , le» jambes engorgées, le poil long^ et hériraë. On les dit pourtant pleins de fond. Quelquefois, dans ces troupeaux à demi sauvages, on trouve une bâte exeéttente èt surtout infatigable. On sVn sertprin-* cipalement pour battre le blé, opération qu'on appelle en Provence tiépigiiiijre. Les fermiers de la Beauce et de la Normandie ouvriraient dé grands yeux en voyant cette pratique'
' - L^mplâUîéfttra'd* Arles est bien plu» vaste qvm
celui de I r(^jus. C'est le plus grand de (îeu\ que Foa coinnaisse en France. Il est bâti sur des voÂtes élerëe» et tl*ès solides , la natuire du^temin avan« probablement exigé efette précaution.
U est impossible de voir rien de phis împosaiit que TinlérîeQ» de cet édifice eonstrait cTénormes bloes appareillés avec unie précision toute VùtÉ^TÊÊtei^Qeax. étages «de poHiques sont séparés pat '«nè* ^corAicSie , dont le profil est niaititeivànt presque méconnaissable , qui repose sur des oo^ lonneè enga^^s entre çha^ue areade. Le piemier étage appartient an dorique robuste. L'étape supérieur est corinthien -cemme le prouveoine colonne, la seule qui ait conservé son cliapite4l* L'attiquc iiiautjiie totalement, ou ne sait même, à wwài dire, s'il a- jamais existé et quel a^u être FaiÉortîsflNmttt, «ar on n'en ironise pas le moindre vertige. — Plusieui;^ pensent que cet amphi;tliéi|tse n'a -jasiais été terminé. -i- fiCs partisans de Topinioii oontraire font remarquer que la oôT'* niche du premier étage est détruite , ce qui , sui> Tant euX) n'a^pu avoir lien qae par la chute de l'attiqbe'on de FamortiBsement quel qu'il fat. Une antre eonsidération me parait mtiniment plus conelhante : on sait qne c'était un usage constant
chez les anciens de teiiuiiicr sur place les détails de leurs monumeus^ dans uu grand nombre de eonstmctions romaines ils ne sont qu'ébanchés.
C'est le cas à Nîmes, par exemple , pour la plus^
grande partie des arènes. Ici, au coaUiUrei toutes les moalures, même les pluai'dëUeales, ont éië
taillées et terminées. Peut -on supposer que les moulures saillantes des .«archivoltes des arcades supérieures auraient été achevées avant qat'oor eàt €K>nstruit le couronnement? A coup biir, il eût été impossible d'élever des pierres à cette Kantenr, sans courir le risque d*endomidager les ciselures. — Une grosse pierre, sur le kaut des arcades du deuuème étage , aurait, dit-on , fiât partie de Ja comiche supérieure ; si telle avait été sa destination, on pourrait croire que Tattique n'a jamais eiisté , car 11 est peu probable que cette eoraidie se fût conservée , et qu il ne restât rien de l'atti-* qtiB.
On reconnaît, à la première vue ^ plosieursépo^
ques très distinctes dans les arènes. — D'abord lo ly construction romaine primitive^ sur la date dtflaquelle plusieurs hypythèsesont été proposéea^
î** Puis une restauration assez maladroite; at^ tribuée a Childebert , qui , diiron, fit célébrer des jeux dans cet amphithéâtre. A Fintérieur, on en trouve des traces manifestes. Le parapet quisé^ parait le podium de FarèTO , est formé de larges
dalles (lontquelques-unespork ni des inscriptions; plusieurs ont été transposées , d autres remplacées par des pierres d'une nature et d'un travail différent. Ainsi , Ton en voit de tout unies, intercalées entre d'autres qui présentent le commencement et la fin d'une ligne.
Dans lesMèelesde barbarie, OÙ la gaem était en quelque sorte un état permanent, les vastes
enceintes antiques ^ bâties de matériaux solides , durent nécessairement devenir des citadelles importantes dans les mains de quelques aventuriers, ou des lieux de refuge et de défense pour les populations surprises à Timproviste par une inva^ sion ctraiigèrc. Les arènes d'Arles , comme celles de Nimes , ont soutenu des sièges et en conservent de tristes souvenirs. Quatre hautes tours carrées ont été établies sur le couronnement de ramphithéàtre , a une époque où l'attique était déjà renversé ; trois de ces tours subs*stent en* core* On dit que les Arlésièns s'y d^feadireut avec courage contre les Sarrasins « et qulls parvinropt aies repousser.
4^ Enfin , plus tard 9 à une époque toute rapprochée de nojas, des maisons modernes ont cou" vert les gradins et larène. Tout dernièrement, elles ont été démolies , une seule subsiste encore, comme pour attester la demi^ et peut-être la plus cruelle des vicissiludes que le sort a fait ^ubir à ce beau monument.
On sait qu'un grand nombre d'amphithéatves ont servi en même temps de uaumachies. L*eau , amenée par clos capaiix ou des aqueducs» rem* plissait Tarène. et mettait à flot des barques lé* gères. Ici on ne peut guère admettre ^qu'U en ait été ainsi* D'abord ^ les soutenrains immenses prftr tiqués sous les gr^di^s et plus bas que le sol anti-
que , auraient été méTÎtablement mondés , ce qui
eût non seulement exigé une immense masse d'eau, qu'il eut été difficile de faire écouler ensuite , mais encore les fondations auraient pu être compromises. D'ailleurs , les ruines criiu aqueduc situé a Torient de ramplùthéàtre , contournent son enceinte sans la pénétrer. Sa construction est donc postérieure à celle des arènes, et en est complètement indépendante.
Le revêtement du podium des dalles qui ser* veut de parapet , reposent sur un soubassement terminé par un gros tore, portant des entailles, larges de trois à quatre pouces eta^se^ profondes ; irrégulièrement e^pac^s. Du sol actuel au haut du parapet , il 7 a une hauteur d'environ sept à huit pieds. On se demande si le sol antique était au même niveau, et dans ce cas , comment on avait adopté une disposition qtii devait sensi* blement f^ner la vue , et priver du no yiartie du spectacle les personnes placées sur les gradins supélrieurs? ' '
Quelques antiquaires , ne pouvant admettre que des architectes romains n'aient pas pris touleH leurs itiêsures pour que le plàisir dés spectateurs fût complet, ont pensé que la profondeur de l'arène devait être moindre '«tutrefois,' A leur stati^ nfeift;un plancher défait exhaiissërle» acteurs, hommes ou bétes , qui paraissaient dans l'amphithéftli^ , 'Ci les mtailles pratiquées dîiîi» le soubsis* sèment , 'avaient servi à fixer l'extrémité des
solives qui soutenaient cë plauciier. Mais a[or.s , comment se&it-il i|ue, dans Tintérieur de l'arène, on n'ait découvert nul vestige des murs qui devaient appuyer ces solives ? car on le pense bien, il n^est pas possible de supposer que des poutres aient pu s'étendre d'un coté à l'autre de Tenceinte ? Si, comme quelques passages des auteurs anciens le donnent à entendre, de semblables planchers ont existé , ils devaient reposer sur un ensemble de construetions considérable. Pour expliquer les trappes , les décorations sortant de terre, etc. , il faut de toute nécessité des murs intérieurs, et des caves très profondes; or, je le répète, on n'en voit pas de traces.
Les places de taureaux, en Espagne , présentent le même inconvénient que les arènes d'Arles , c'est-à-dire que les spectateurs des derniers rangs ne voient pas ce qui se passe sous la barrière de leur côté. Pourtant on ne se plaint pas des architectes , et Ton en est quitte pour monter sur son banc^ et ponsser un peu ceux qui sont mieux plaçés. — Ici on voit mal, mais enfin on voit de la troisième préeinction. Il est fort possible que les^architectes d'autrefois , comme ceux d'aujourd'hui , aient un peu négligé les intérêts des plébéiens.
IVe pourrait-èn pas expliquer les entailles du souLasseraenl , en s(i|)p()saiit qu'à une époque postérieure à la construction romaine , du temps de Child^rt . par exemple , on a voulu rétrécir
— iOi —
Tarène et que l'on a en conséquence établi dans rintérieur une barrière plus ou moins largue , appuyée au parapet du podium ? L'irrégularité des entailles , la maladresse avec laquelle on leÉ a faites , me font penser qu'elles ne datent pas de Tépoque delà construction primitive.
Une antre question se présente , et elle s*applique également à tous les cirques romains ; quel genre de spectacles doimait-on dans cet amphi* tbéàtre? les auteurs anciens sont remplis de descriptions de chasses aux lions et aux tigres. Or, comment les spectateurs pouvaient-ils les voir en sûreté ? un mur de sept à huit pieds n'arrêterait guère un lion qui voudrait s'élancer sur les gradins. Jamais pourtant je n'ai lu qu'un de ces animaux ait mangé personne , sinon les malheureux qu'on lui livrait.
En Espagne , entre lapalissade qui entoure Farène , et les spectateurs , règne un corridor trop étroit, pour qu'après avoir frauchi la palissade le taureau, qui est unelourde bête, puisse prendre son clan et sauter sur les gradins. La palissade intérieure a ordinairement cinq pieds , et le pre* mier gradin est un peu plus élevé. Pourtant , les taureaux navarrais franchissent très lestement la première enceinte, et l'on conserve encore le souvenir de plusieurs , qui s'élançaat du corridor, ont pu pénétrer jusqu'au miii^ des spectateurs où ils ont £ait rage.
Un semblable moyen serait totalement insuffi-
— 2dâ —
fiant contre des lions et des tigres. J'ayone que
les remeignemeiis qu on m*a donnes sur les procèdes usités pour mettre le publie à Tabri des accidens , et que les recherches que j'ai pu faire par raoi-uième , ne m'ont nullement satisfait. — On m'a parlé de barres de fer implantées dans le revêtement du podium et recourbées vers l'arène. Le lion , s'il se rapprochait du podium , se trouvait sous une espèce de berceau defisr; s*il s'en éluig^iiait assez pour apercevoir au-dessus le haut du podium, la longueur des barres ne lui per* mettait plus de les franchir. Je comprendrais cela, si les barreaux étaient extrêmement rapprochés , mais alors ils devaient complètement gêner la vue* D'ailleurs, je n'ai observé nulle part des restes de cette armature , à moins qu'on ne prenne les entailles dont j'ai parlé , pour les trous où les bar^
reaux de fer était scellés. — J'ai eiiteudu dire qu'on avait trouvé , il y a quelques années à Rome , dans le Golysée , plusieurs rouleaux d'ivoire cylindriques et percés pour recevoir un axe; on avait supposé que leur usage était d'arrêter les animaux qui auraient essayé de s'élancer sur les gradins. Qu'on se représente une balustrade formée d'une suite de semblables cylindres , par&i* tement polis et tournant sur leurs axes au moindre effort. Un liou essayait-il de la saisir avec ses griffes pour se guinder au-dessus, le cylindre tournant lui faisait manquer son point d'appui et le remettait dans Tarène. Mais outre que le prix de
Tivoire on de tout autre corps dur et muoeptible
de poli, rendrait ce préservatif d'un emploi fort difficile , je doute fort de son efficacité , et je ue crois pas qu'on trouvât des antiquaires quÎTOu» lussent en faire Tessai. — Je crains bien que les combats d'hommes et d'animaux n'aient pas été . très loyalement ordonnés. Les bétes féroces étaient peut-être enfermées dans des cages ou bien attachées à des chaînes, comme les tigres , dont parle Kaempfer , dans le jardin du Schah de
Une grande tranchée moderne isole , en partie,
les arènes fîcs maisons de la ville. On a de ])lus imaginé de fermer les arcades iniiérieures par des grilles , à l'exoeption des deux entrées principales, qui, jour et nuit, restent ouvertes à tout venant. J'ai demandé à quoi servaient ces grilles. On m'a répondu qu'il y en avait de semblables à Ntmes , et que cela assurait la conservation de Tédifice. D'abord, il faudrait que la clôture fût complété pour qu'elle fiât efficace. — Puis a*tM)n le droit de ^èner les curieux qui visitent ce monument? Quel mal peuvent-ils &ire à ces massib énormes ? Il me semble que l'argent des grilles serait bien mieux employé à consolider les voûtes qui, depuis
< rintérieiir des arènes Arles on a trouvé uoe grande quantité de défenses de sangliers» ( J^en ai tu une qui m^a para appartenir à un babiroussa.) On conçoit que ce6 animaux"là niaient fait courir ancun risque au public qui le» voyait chasser.
la démolitÂou des maisons qui les recouvraient ,
sont exposées à toutes les injures de Pair.
Maintenant que le déblaiement des arènes est
à peu près terminé , on doit s'occuper de celui du
théâtre, qui parait avoir été décoré avec une
magniâcence extraordinaire , à en juger par les
morceaux précieux de sculpture qu'on en a retirés.
Une porte latérale mr ralignement du fond de la scène, quelques arcades engagées maintenant dans les murs de la ville, enfin deux colonnes de la scène , voilà tout ce qui est resté jusqu'à présent hors de terre. L'orchestre , les gradins et un peu plus de la moitié de la scène sont enterrés , et quelques maisons subsistent encore sur une partie de cet emplacement.
La partie des constructions que les fouilles ont mise à découvert, et les restes de lenceiiite, suffisent pour donner une idée du plan de l'édifice et de ses dimensions, qui sont les mêmes que celles du théâtre d'Orange. Dans Tun et l'autre, on remarque, parmi les pierres des murailles, des débris d*autres mouumens, comme le prouvent des blocs portant des moulures et des fragiuens de corniche S Ainsi, c'est une pratique bien ancienne,
' A Orange le mur du pulpitum parait avoir été construit, OU recoustruit , avec d'anciens frajjmens sans mortier. On voit de la cendre et des charbons entre les assises horizontales. Gela indiqoe peut-être un essai de restauratioii posténear à un îaeeadie.
et qui ne nous appartient pas, que de détruire pour construire*
Les deux colonnes qui subsistent encore avec une portion d'architrave sont placées à gauche du centre de l'espèce de eul de four qu'on remaïque dans tous les théâtres antiques , et dont Tusage était , dit-on, de grossir et de répercuter la Toix des acteurs. Ces colonnes sont corinthien* nés, en marbre d'Afrique ; leur hauteur est d'uiie trentaine de pieds. Elles décoraient probablement un des côtés de la porte Royale, placée au centre du théâtre.
La porte latérale et les arcades dont j'ai déjà parlé sont d'ordre dorique ; mais contraîrément aux règles classiques , la frise de la porte et les archivoltes des arcades sont décorées de rinceaux d'une grande richesse. Nos règles , je le crois , surtout celles qui sont relatives à l'ornementation, n'ont jamais été à l'usage des anciens architectes, qui ne consultaient guère que leur goût et leur imagination.
La partie de la scène qui touche à Forchestre présente une singularité assez remarquable : elle se compose de trois murs, laissant entre eux deux espèces de coulisses ou d'espaces vides ; la première d'environ deux pieds de large , la seconde un peu moindre. A l'intérieur du premier et du second mur, on voit, de sept en sept pieds, deux pierres en saillie, laissant un vide entre elles, une espèce de rainure perpendiculaire à la coulisse.
Ces rainurès ne sont pas opposées, mais se correspondent de manière qu'une rainure du premier mur tombe exactement aa milieu de l'intervalle compris entre deux rainures du mur qui lui ftiit lace. Bien des conjectures ont été fuites sur leur usage : les uns ont pensé qu'elles ont servi à engager des décorations mobiles et placées sur le devant de la scène; M. Henri, bibliothécaire de Perpignan , et quelques autres archéologues après lui, y ont vu la coulisse où le rideau s'abaissait , suivant Tusage antique contraire au nôtre. Cette opinion, jusqu'à présent, me parait la plus probable. Au reste, les fouilles, qui, je respère, vont être continuées avec activité, nous donneront peut-être Texplication complète de ce problème*
Le musée d'Arles est riche surtout en tombeaux du Bas-Empire , dont plusieurs sont d'une très grande importance , en raison de leurs détails et des rcnseignemcos précieux qu'ils nous donnent* Le tombeau d*un musicien ou du moins d'un di* lettante, présente une grande variété d'instmmens de musique parmi lesquels on remarque un orgue hydraulique.
Sous le rapport de Fart , ces luonumcns offrent moins d'intérêt que pour les notions quon peut y puiser sur une foule d^usages antiques, sur des costumes , des meubles , etc., encore peu connus..
On voit dans le même musée l'admirable tête, de Diane, trouvée dans les fouilles du théâtre. On y a placé également une tète d'Auguste dé-
couverte réoemmeni dam le même lieu* C'est on chef-d'œuvre qui doit apparteuir aux pins beaux temps de i art.
Une notice détaillée sur le musée d'Arles va élfe publiée par les soins de son savant conservateur , M, Huard. En attendaat , ou peut consulter Millm sur les principaux morceaux qu'il renferme , entre autres sur le monument raythriaque, le plus important de tous ceux de œ geure » que possède notre pays. ^
Sur la place du musée, s'élève un obélisque antique. C'est le seul qu on ait trouvé en France. 11 est de porphire rou^ , tiré probablement des ea^' virons de Fréjus, de la montagne de iXsterelle U était cassé en plusieurs morceaux que Ton a as-^ semblés.
L'obélisque ne repose pas iouuédiatement sur son piédestal, mais sur quatre lions de bronse. Je n'aime pas ces pauvres Le tes écrasées par cet énorme poids. U me semble qu'on a tort de dioisv des animaux légers et rapides pour un pareil usa^e. Plus rimitatioii est poussée loin, et plus on sent l'absurdité des fonctions qu'on leur donne. — L'obélisque n'a jamais été poli , et je doute fort qu'il ait été terminé. Sa forme ne me plait pas , parce qu'il décroît trop rapidraiment. On a rem* placé le pyramidion par un ornement ridicule qui» étant d'invention moderne, semble mettre en question l'antiquité de la pyramide eUe-mème%
> Ou de granit éi^ptten.
On grand nombre de fragiDens antiques sont
ëpars dans différentes parties de la ville. Sur la Place des Hommes, une portion de la laçada d'un grand mannment, dont il ne reste que deux ^ lonnes de granit avec une partie de Ja frise, porte le caractère d'une restauration tràp ancienne, exécutée d'ailleurs avec beaucoup de maladresse. 11 est vraisemblable qu'après rétablissement du diristianisme on a essayé de ftire des édifices nou* ▼eaux avec les débris des temples démolis dans la première ferveur de la religion nouvelle.
On dit que Fancien prétoire d'Arles s'élcFait autrefois sur remplarenieiit de l'église de Saiiit- Trophima , qui serait en partie construite sur ses fondations. Ge qui est certain , c'est que toute cette partie de la ville est remplie de débris antiques et qu'il suffit de remuer la terre pour «n découvrir un grand nombre.
On conuait peu les différeates époques de la eonstruction de Saint-Trophime , et des restaura* tions plus ou moins modernes qui ont altéré son caractère.
Dans son état actuel, Saint-Trophime est une
basilique assez longue , dont la appartient au «tyle de transition , tandis que le chœur et l'ap* aide datent de Ja dernière période gothique. Le cardinal Louis d'Allemand les ût construire vers 14i0. Au milieu du dixHBcptiènie siècle, M. de Grighan , alors archevêque , fit tmller et amincir les piliers de l'église afin déiargir les collatéraux.
biyiiizoa by
II est aiugi le premier qui ait &it badigeonner Tin-
térieur de la nef.
' Les piliers ne sont aujourd'hui que des massifs de pierre sans colonnes engagées ni pilastres. — La voûte de la nef et les arcades latérales présentent une <^ve peu prononcée , telle qu^on l'observe généralement en Provence. Les fenêtres de la nef, réparées probablement au xyi^ siècle , sont flanquées de colonnes torses dont les cbapiteaux à feuillages romans sont assez bien e xcciUés. — A peu près à la moitié des collatéraux on remarque deux autels dont les devants sont des bas-reliefs en marbre provenant de quelques-uns de ces tombeaux qu'on rencontre en si grand nombre aux environs de la ville. Le clocher est placé vers le centre de l'église j quatre forts piliers le soutiennent* Leurs arcades sont ogivales et semblables d*aillears à celles de la nef. La tour , de forme carrée et de style roman , a trois étages surmontés d'un attique, séparés par des arcatures en plrin cintre comme celles de Tournas. Ses fenêtres sont également cintrées et ornées de colonnettes. 11 est difficile de la croire plus moderne que la fin du XH® siècle. '
Le portail est la partie de l'église la mieux conservée ; c'est aussi la seule qui iait été décorée avec soin. C'est une espèce de placage contre un mur formé de petites pierres noyées dans le ciment et surhaussé dans une restauration , comme il est facile de s'en apercevoir à la diUéx^euQe de Tappa*
Dig,
reil , qui , au sommet , devient beaucoup plus régulier. La porte priacipale parait cintrée à la première vae; cependant, si on l'examine avec^ attention, on reconnaît que sa courbe n'est pas un demi-œrcle , et quelle se rapproche seosiblement de Tare pointa. On pourrait la définir : une ogive arrondie. Cette forme est surtout évidente dans le haut de Tarchivolte qui est notablement plus large au sommet qu auprès des impostes. Est-ce un effet du hasard, de la maiadresse des ouvriers? ou bien cette forme doitrelle être considérée comme une transition insensible entre Fogive et le plein cintre ? c'est ce que je n'ose décider. . Ce . portail a. été décrit et dessiné si souvent , qu'il est inutile de s'y arrêter. Il parait avoir la plus grande analogie avec celui de Saint-Gilles % et, suivant toute apparence , il en est la copie en petit. Les statues nombreuses qui le décorent sont d ailleurs une exécution intérieure à celles de Saint-Gilles. Les figures sont grossièrement sculp^ tces, et les têtes d'une proportion exagérée pour les corps. — La pierre , employée pour cette çade , d'un grain très fin, se taille parfaitement; on Ta de plus fortement imprégnée d'buile , à je ne sais quelle époque, ce qui lui donne un poli presque métallique. Cette apparence est fortifiée par la teinte que le temps lui a donnée. J'ai été
> Il a comme lui deux stylobates en saillie des deux côtés de la porte principale, avec des colonnef qui doivent rappeler celles du temple de lénualeni.
obligé de toucher quelques-unes des petites colom
nés, pour me convaincre qu elles n'étaient pas de l>roii^. Une seule , oelle qui divise en deux parties la porte principale , est de garnit , et , suivant toute apparence , son fût est antique.
' Quoique romementation de cette Csicade soit toute bysantine , on observe dans quelques par- * ties une imitation sensible deTantique* Ainsi, le fronton triangulaire qui surmonte la porte prinripale, et les palmettes qui ornent sa corniche rampante, rappellent tout à fait l'architecture romaine.
M. Anibert fixe l'érection de cette façade à l'année llô4) cette date est probable et convient d'ailleurs au clocher , et par conséquent à la partie de la nef qui est de construction primitive. — J'ai * Aé^k dit que l'emploi de l'arc aigu a été , dans le midi, un accident, un détail qui n*a été adopté qu'en raison de sa solidité , de son utilité , sans que Ton eût soupçonné l'importance qu'il pouvait avoir pour l'effet architectural et l'ornementation. 11 me smnble que Saint- Tropbime confirme pleinement cette conjecture. L'emploi du plein cintre a cm lieu pour toutes les parties extérieures et de décoration ; les fenêtres du clocher , la &çade , n'of* frent pas d^ogives ; ce n'était pas encore une forme noble , une forme dont on attendit un effet architectural» A l'intérieur, au contraire , Fofive a partout été employée, mais sans nul ornement.
Elle a servi à soutenir la tour romane , à éle^
Yer les voûtes de la nef à une grande hauteur ; mais on Va en quelque sorte cachée , comme sUl y arait de la honte a en faire usage.
Le cloître attenant à Téglise , présente au premier coup d'oui deux constructions hien dis* tinctetf; deux galeries étant en plein cintre et deux autres en ogive. Un examen prolongé fait encore apercevoir une différence d*époques dans
les deux galeries en plein cintre.
Aomanes ou gothiques , les arcades sont soute* nues par des colonnes doublées; elles alternent avec des piliers larges et bas dans la partie gothique , tandis que , dans les galeries romanes^ les piliers ne se représentent que de trois en trois ca* lonnes* Toutes les colonnes sont en marbre, minces, rondes, excepté quelques-unes à huit pans, dans la partie la plus ancienne. Du côté des promenoirs , même dans les galeries gothiques, les chapiteaux sont historiés * , tandis que les CO'» lounes, du côté de renclos intérieur, ont des chapiteaux à feuillages imitant assez grossière*;ment le galbe corinthien* Dans les galeries les flm anciennes, les piliers sont ornés de statues d'asseft grande proportion qui se sont conservées, parce quVUes ont été taillées dans le bloc du pi* tier. Dans les galeries gothiques, au contraire,
« La plupart reprcsenteat des sujets du Nouveau Testament ; cependant piusisan ne «ont dus qu^au caprioe de rarttste.
où ces statues étaient détachées, elles oat été dé*' traites* '
La galerie qui touche au mur de Téglise est incontestablement la plus ancienne f on y observe des assises de pierres disposées ayee une grande régularité. Les piliers qui ne prolongent en dedans de l'enclos , où ils deviennent de véritables contreforts , sont cannelés comme des pilastres 9 et surmontés de chapiteaux corinthiens , assez correctement imités. Le mnr de l'église du côté du promenoir est revétn d'arcades bouchées soutenues par des pilastres cannelés. 11 y a analogie parfoite entre l'ornementation de ce mur et celle de la colonnade qui lui est parallèle. — La voûte est en berceau avec des arcs doubleaux, reposant, du côté de l'église , sur une corniche, laquelle .est sensiblement plus élevée que les impostes des arcades , en sorte qu'il en résulte une courbe asses disgracieuse , moindre cp'un demi-cercle et qu'il est difficile de caractériser. Cette même disposition bizarre se trouve dans la galerie orientale .qui fait angle droit avec celle dont je viens de parler* On reconnaît qu'elle est d'une autre époque, à la différence de l'appareil, à la forme plus barbare des piliers ou contreforts, dont le couronnement est orné d'un chapiteau qui n'a rien d'an^ tique* De ce côté , le mur intérieur ne porte aueu M ornement; il en est de même dans les deux galeries gothiques. La voûte de ces dernières est ogivale , en àrc de cloître , revêtue de nervures
croisées très saillantes. A FangU; de k uiti deux promenoirs^ on remarque les substruetions d*un portique carré , ou projeté ou détruit. Les arrachciucns d'une arcade gothique , sont encore viV sibles dans un des contreforts , et la trace des fondations est parfaitement reconnaissable sur le sol. Je suppose que la destination de ce portique était de couvrir une statue ou bien un autel.
Les bas-relie& sculptés sur les massifs des angles du cloître , sont iuôuiment mieux exécutés dans les deux parties romanes que dans les autres. La plupart des sujets sont tirés de la Passion ; j*y ai cependant observé le Martyre de saint-£tieune« — les statues sculptées sur les piliers romans sont doublement intéressantes, par les costumes qu'elles nous font connaitre et par leur exécutionj la profusion d'orneraens qui couvrent les vétemens, les plis lins et prolongés des draperies, se rapportent tout à fait au style bysantin du xii^ siècle. Quoique bien préférables sous le rapport de Fart à celles du portail , ces statues doivent être contemporaines de celui-ci; ilést impossible de leur assigner une autre date; quant aux deux promenoirs gothiques , je les crois de la fin du xin'' siècle. Toutefois , il est évident qu*on a voulu, dans les détails, iudter, jusqu'à un certain point , l'ornementation des deux galeries précédentes.
La plus ancienne église d'Arles , maintenant enlevée au culte, et connue sous le nom de Tombeau de saint Césaire, sert actuellement de
magasin; il me fut impossible de pénétrer ^«ns l'intérieur. Son apside exagone est rt niaiquable par les pilastres cannelés qui la décorent , et par leurs chapiteaux qui sont à coup sûr une copie très ancienne de l'ordre corinthien ' ; l'appareil, plus régulier que dans la plupart des édifices de la première période romane , doit aussi sa solidité à l'heureuse imitation des constructions antiques.
La Majeure, autre église dont la fondation remonte à une époque très reculée , a été entièrement restaurée , et à Texception des gros murs, il ne reste probablement rien de sa construction
primitive. Des fragmens de tombeaux des premiers timps du christianisme ont été encastrés au-dessus d'une des portes de sa &çade« Le terrain o& cette église a été bt^tie parait avoir été occupé autrefois par un édifîce antique fort considérable* Plusieurs tronçons de colonnes d*un diamètre énorme, ont été découverts récemment, et on ne peut creusa la terre sans trouver des firagmens de corniches de marbre plus ou moins mutilés.
La présence de tant de monumcns antiques a exercé à Arles une influence heureuse sur l'art, au commencement de la renaissance et même iusque dans le xvn® siècle. Plusieurs maisons sont ornées de bas-reli^ d'assez bon goût , dont la composition a été évidemment inspirée par les modèles que les architectes dupayjiayaient continueUement
» Peut-ôlre du vjii* siècle.
sous les yeux. Partout où les modèles sont exoel- ]ens , rimitation s'en ressent , et les écarte des no-> ▼ateurs sont moins extrayagans. La maison de M. Artaud doit être citée en première ligne pour ces heureuses imitations ; elles s'y trouyent réunies à plusieurs fragmens antiques et ne les déparent pas. Une frise de la renaissance, qui orne un pallier de l'escalier , et qui représente une espèce de bacchanale de diables , est d'une admirable exé- ' cution* Les artistes de ce temps se complaisairat dans les si^ets obscènes^ bien éloignés de la bonhomie innocente des sculpteurs du xn® et du xni® siède , qui n'entendaient pas malice quand ils représentaient un péché tout cràment , comme il se fait. Les obscénités de la renaissance, au contraire, sentent le méprig pour la religion; ce sont de véritables satires ; et les artistes secondaient à leur manière les efforts des prédicansdela réformation,
La pluie* qui tomba sans interruption peudant: les trois à quatre jours que je passai d'abord a Arles , ne me permettait pa&de penser aux excursions que j'avais projetées dans les euTirons de la ville. Je résolus d'aller attendre à Avignon le mistral qui fait cesser la pluie , et de m'arréter sur ma route dans quelques localités intéressantes que le mauvais temps ne rendait point inaccessibles , comme la plaine marécageuse où Arles est situé»
Après avoir vu le pent du Gard , Tarascon , Saint-^lemy , etc. , je revins à Arles le 24 octobre , et accompagné de MM. Claire et Uuard , dont la
complaisance égale le savoir , je visitai les monu-
mcns situés hors de la ville.
Les Cliamps-£lysëes ( i^/itfcam/M); qui maintenant forment une espèce de promenade pour les Arlésiens , étaient autrelV>is un vaste cimetière , comme le prouve le nombre prodigieux de tombeaux antiques plus ou moins ornes, qu*on a ex« traits à différentes époques , et ceux qui bordent encore le chemin. Dans toutes les fermes des environs, les auges des bestiaux sont des tombeaux de pierre ou de marbre , et Ton traverse les nombreux canaux qui divisent les propriétés , sur des couvercles de tombes qui servent de ponts. Les plus ])] eci( ii\ de ees monumens sont déposés au musée d'Arles. Je n*en«ai guère vu qui muaient paru plus anciens que le iv° siècle.
Le monument ruiné qu'on appelle Tare de Saint- Césaire, et qu'on trouve dans les Ghamps-Élysées, à peu de distance de la ville, était-il une porte, un portique ? ou bien a-t-il fait partie d'une chapelle ? G*est ce quUl est assez difficile de reconnaître aujourd'hui. Des masses de maçonnerie , voisines de cette arcade, donnent de la vraisemblance à cette dernière opinion. De plus, un tombeau du xv° siècle, de la famille des Porcelets, accolé au massif de gauche, rappelle Tusage d'enterrer les morts à la porte des églises. — Les ornemens de l'archivolte, parmi lesquels on remarque des trèfles et des rosettes , appartiennent tous au style roman du xu* siècle, sauf quelques portions, ou
riinitatioii des luouluresantiquesestbienévideate, et s'explique facilement, comme daas toutes les Tilles qui conservent des souvenirs nombreux de la doinination romaine.
L'église de Saint^Honorat , située un peu plus loin, est maintenant abandonnée et tombe en ruines. Elle a été autrefois restaurée à piusicurs époques, et même il parait que, dans la répara* tion la plus ancienne, on aurait diminué la longueur de la nef, propablement afin d'eu rendre l'entretien moins coûteux* La porte principale, opposée à Tapsidc, est la plus ancienne. Elle est eu plein cintre avec une archivolte ornée de che* vrons et un ensemble d'omemens qui n'est vrai* semi)lablemcnt pas postérieur au commencement du xu® siècle. L'intérieur de l'église présente des voÂtes ogivales à larges bases, à nervures croisées , soutenues par d'énormes piUers ronds. C'est une réparation toute moderne ; sans doute on a craint que les piliers primitifs ne fussent trop faibles pour le poids qu'ils devaient supporter, et on les a entourés d'une espèce d'enveloppe épaisse de Hioclloiis, qui s'élève jusqu'aux retombées des voûtes. — La crypte n'est qu'un cul de four sous l'apside , sans aucun ornement. Les parties basses de rëglisc offrent quelques détails qui indiquent l'époque de transition; maisl'intérieur, sauf la crypte et les gros murs, appartient presque entièrement au XIV siècle. — Dans une métairie voisine , on a recueilli quelques bas-^relieft antiques assez inté-
reflsanS) scellés dans les murs et enlevé snudoute
à des sarcophages des Cham|>s<Eiyâées. J'airaBar« que surtout un griffon très bien exécaté , et une têteangulaîreprovenant, suivant toute apparence, du couvercle d'un tombeau.
Un yaste marécage^ ou plutôt une suite d'étangs que séparent des chaussées, s'étend au nord-est d'Arles.Quelques collines rocheuses s élèvent de ces marais, comme des lies, dont la plus conaidéraUe a pris de sa hauteur relative le nom de Mofit Ma^ j(mr\ c'est là que , vers le x* aièole, fut fondé un monastère long-temps oâèbre par ses richesses et sa puissance
Bien que Téglise de Tabbaye wÀi fort grande, ii est évident qu^ellea été conçue sur un plan beaucoup plus vaste que celui d'après lequel elle a été exécutée. On peut s'en convaincre en exanûnant les arrochemens de la façade et en observant le manque de proportions delanel , sensiblement trop courte par rapport aux transsepts est i Tapside.
L'appareil est moyen et d'une grande régularité; la porte cintrée, surmontée d'une grande fenêtre
en ogive dont la pointe est à peine indiquée. Les voûtes sont paiement ogivales* L'intérieur ne
< Bien que détruits en grande partie par la révolution •
les logemens des moines oui encore un air de palais qm rnnfl*H*ite avec les mUérablt's chaunnei e-, «iui 1rs entourent. Ces bâtiinens furent élevés surtout au xvrii<? siècle, et se sont encore accrus Jasqu^é répoqna on Tabbaye fut iupfMnnée.
présente qu'une nef ^ans omment , ai ce n'est lé
ti anssept de gauche , terminé par une chapelle gothique du xit^ siècle*
On descend par un asseï bel escalier à nne vaste crypte ou plutôt à une église souterraine qui règne sous presque toute Tétendue de 1 église snpérienre. Sa forme est à peu près celle d'one croix latine dont la nef serait très courte. Un peu au-delade Tintersection des transsepts, à la place dn chœur, est un mur épais semi-circulaire, percé de cinq larges arcades qui laissent ap^cevoir autant de chapelles séparées du chceur par un large promenoir* Ainsi, de presque toutes les parties de la crypte , ou peut voir l'oiEciant à Uautel.
Toute cette construction fimppe par sa simplicité pleine de noblesse quoique dépourvue d'ornemens. Toutes les voûtes sont en plein cintre, mais Togive parait dans les fenêtres de l'apside , par 1( squellcs seulement la lumière du jour pénètre mystérieusement dans Ul crypte. — J'ai remarqué un de ces autels anciens en forme de table.
Le plan de Fapside de Féglise supérieure est un polygone , mais i l'intérieur un placage moderne lui a donné la forme semi-circulaire. L'apside et les chapelles de la crypte paraisseui au-dessus du sol, euTiroB imoitiéde leur hauteur* — Les fenêtres delà crypte sont encadrées par desarcs en anse de panier, forme bien étrange pour Tépoque à laquelle on peut placer cette construction, il serait possible que ces fenêtres aient été réparées à une
Digitizeti
époque que je ne puis préciser , mais on ne peut d'ailleurs déoottTrir la trace de ces réparations. Au surplus , la lurmc forme , Tare en anse de panier , se trouve dans le cloître attenant àTéglise , lequel certainement n*a subi aucune restauration*
Sa iurme et un parallélogramme rectangle. Ses arcades surbaissées s'appuient sur des piliers can* nelés , dont Tentablement est de la pins grande simplicité* Chaque arcade est divise à l'intérieur pas quatre petits arcs cintrés ; les colonnes qui les soutiennent ont tontes été enlevées. Les voûtes de ce cloitre sont en berceau avec des arcs doubleaux qui partant des piliers vont rejoindre des consoles historict's , d'une exécution mckliocre.
L'appareil de cette voûte est de moellons taillés avec la plus grande précision. — Une niche moderne , pratiquée dans les murs du cloitre couticut deux statues gothiques que je crois du xm° siècle, les tètes ont été brisées, mais rajustement des draperies est de très bon goût.
A quelques cent pas de l'abbaye, en allant an nord-est, on trouvenneautreéglise, celledeSainte- Croix ^ remarquable par son aspect qui se rapproche de celui d'un grand mausolée ; son plan est une croix grecque. Une rotonde au centre communique avec trois culs de four dont ïmi est l'apside et les deux autres tiennent lieu de transsepts. Une espèce de lun tlicx ou de vestibule précède la coupole dont il est séparé par une porte intérieure { il occupe ainsi la place de la nef. Les voûtes et
toutes les ouvertiires sont cintrées , mais il n*y a
aucun orneiuent à Imtcrieur de cette chapeile , si oe n'est quelques mouhxres légères* A rextérieur, chaque face est terminée par un fronton un peu plus aigu que ceux qu on observe dans les édilices antiques. Il y a là cependant une imitation manifeste.
On ne voit d'autre ornement à l'extérieur qu'une corniche très jolie ayec des mouliires d*oves et de palmettes , autre imitation de Kantique.
Dans le roc sur lequel cette chapelle est bâtie , on a creusé une grande quantité des fosses qui paraissent autant de tombeaux vides ; quelques-unes ne sont séparées que par une paroi très mince , comme si Ton avait voulu réunir deux personnes de la même famille; plusieurs ont moins de trois pieds de long , mais il y en a peu qui pourraient contenir un homme de ma taille ; en général leur forme est celle d'un trapèze ou d'un trianjjlc allongé et tronqué a sa pointe , la base du triangle étant destinée à recevoir le haut du corps ; plu* sienrs offrent en outre un trou carré en retraita sûr cette base, comme pour y placer la tète du cadavre ; la profondeur moyenne de ces tombes est de niDiris de deux pieds ^ aucune n'a de couvercle, et nulle part aux environs on n'en aper* çoit de déplacés. On ne trouve pas non plus de débris d'ossemens ni le moindre vestige du dépôt que les cadavres auraient laissé en se décomposant; la pierre n*csl pas ternie j enfin toutes les
préaomptioDS fie réunissent pour filtre croire qne ces tombeaux n'ont jamais servi
Une inscription latine en lettres onciales , pla^ céedansFintérienr de la chapelle, apprend qu'elle a été élevée par Charlemagne , roi des Francs , en mémoire d'une grande bataille gagnée par lui sur les Sarrasins aux environs d'Arles. 11 est évident qu'il y a là une fraude ancienne, assez maladroite, puisque Charlemagne n'a jamais eu de Sarrasins à combattre dans ce pays. Sans doute les desservans de Sainte-Croix ont voulu donner à leur église une origine illustre , et comme Charlemagne était le héros le plus connu, ils Tont choisi au lieu de son aïeul qui eût été plus vrais^blable ^ mais Charles-Martel était maudit des moines, qu'il avait rançonnés pour repousser l'invasion des Musulmans , et ils se seraient bien gardés de prier pour un diampion qui ne les avait pas délivrés gratis.
On trouve dans la GaUia CAtmMimi la date de la consémttion de l'église de Sainte-Croix, qu'une charte rapporte exactement. M. Ch. Lenormant qui , dans s(m voyage en Provence, avait consulté l'original ainsi qu'une histoire manuscrite de la ville d'Arles, et eu avait extrait les passages les plus importans , a bien voulu me les communi-*
( Si on eût enterré des corps i une si petite profondeur, ils auraient infecté les abords de l'église , et auraient peut-ôtre
donné une é^jitltîrnit; aux moines dç Montmajour.
qucr; ils jettent le plus jjiaud jour sur Torigine des deux églises.
La grande , celle qui dépendait de Fabbaye de Montmajour, fut commencée en 1016, mais il parait que le manque cie fonds, ou d'autres causes, retardèrent considérablement les traTaux.
A cette époque on considérait comme un des « {dus sûrs moyens de gagner le ciel , la fondation d*im grand nombre d*églises. C'était la quantité encore plus que la qualité quon recherchait; aussi voitH>n tons les princes et hants dignitaires ecclésiastiques 9 entreprendre sans cesse de nouvelles constructions 9 au lieu d'achever celles qui étaient d^à commencées. L'abbé Rambert , supérieur du monastère de Montraajour, non content de diriger les travaux de la grande église de son abbaye , en fit bâtir une autre à ses frais dans le voisinage, lui doiiua le nom de Sainte-Croix, et la fit dédier en 1&19 par Pons de Marignan, archevêque d*Arles. C'est ce qui résulte à la fois de la charte et des manuscrits que je dois à la complaisance de M. Lenormant Il est probable que
< Quidam iUugIriMtmo nonine Rambertus, oœnobu Ma*-
joris Montis post primam abba Mptimus, obnixè flagitans dicari sibi , qnamdam in bonore Sanctie Crucis cryptam, quam ipse juxta posse suœ indu s trias in pra'libato cœnobio constnii prorsùa feoerat mirabili opère ^ cujui» âa^^taminibua libenter anaaena «Tclui|ynBaul pi aescriptus ( Ponctua ) cùni saoTum canonieorum aocenfû taie fertur dediaae reaponaum : Cryptam pater révérende quam petis , gratii tibi dî-
Sainte-Crok a été commencée presqne en même temps que Tégliâc principale ; car , en admettant que les trayaux aient été poussés avec beaucoup fraetivitë, il est difficile de croire qu'ils aient pu être achevés en moins de trois ans.
C'est dans la crypte qu'il faut chercher les parties de l'éj^lise do IMontniajour , que l'on peut reporter à Tannée 1016. Vraisemblablement les travaux continuèrent asses lentement jusqu'à la fin ^ du xi" siècle , et la pauvreté où i'abljaye était alors tombée obligea de les suspendre pour quelque temps. M. Ch. Lenormant pense , avec beaucoup de probabilité , qu'à cette époque on abandonna le plan gigantesque sur lequel l'église avait été conçue et qu'on en réduisit notablement les proportions. Je suppose que l'église actuelle et son cloître ont été terminés vers le milieu du xii^ siècle.
camus, etc xiii kal« maîi ann. 1019 quo diea xiii kal.
maii incidit in dominicain.
Extrait de la charte conservé autrefois dans Tabbaye de
Monbiuajour.
Operosam porro a dilu iuiii mrditatus Rambertus,
quia hic homo cepit aDditicare, et aoa potuit cousuminare , prius sedens computat sumptus qui necessariî sunt sihabeat ad perficiendum ; cumque subduct» rationes nec satis es- * sent, nec posset absque graTÎ dehitorum onere quod roonasterii facultates eihauritet, ad tantam molem necessarisB pecnniae congeri, malo quod timebat hac yià occurrit. In railKu- montis, infra monasterii septa, sf)l( ai orienlem versus, sarelli elefjantissimi eoiiiposiUoiiem ajjgrcdilur etc.
Extrait du maausciit.
L'analogie remarquable que présentent les détails de 068 bàtimens avec d'autres églises de Provenee ^ et du même temps , donne lie a de penser que ni rogive ni les arcs surbcûssés ne sont dus à une restauration ant^ieUre au zn* siècle*
Quant à la fausse inscription de Sainte-Croix , il n'est pas aisé d'en déoouirrir la date; la forme des caractères ayant été asse» habilement imitée d'après ceux de Tépoque carlovingieaae. On doit pourtant être persuadé qu'elle n'a été placée qu'asses long-temps après la fondation de la chapelle , pour que tout souvenir de cet événement iàt déjà effacéé Dom Chimteloup {Hisi. mêê. de FAVbayë de Moninmjùurj eiiàê par Antkert) pense qu'elle fut iabriquée dans le xv® siècle par les moines de Montmajonr qai yonlaient s'en fidre un titre de fondatiim royale contre ceux de Saint- Antoine de Viennois , avec lesquels ils étaient en procès. Les tombeaux qui entourent k chapelle sont probablement du même temps : pensons-le du moins \ car , ayant déjà la preuve d'une fraude ^ il Tant autant attribuer celle-ci au même autear. Son but vraisemblablement a été de mettre en honneur les alentours de Sainte-Croix , en les présentant comme un cimetière de martyi^. Montmajour alors n'avait plus à envier à Arl(\s ses Champs- Élysées* — J'avoue que j'ai peine a comprendre comment on aura pu creuser tant de fosses a Tinsa des gens du pays. II est vrai que tous les moines de Montmajour étaient intéressés à ne pas ébruiter
Digitiztxi by <oUO^ic
l'iiiTention , et d'ailleurs peut-être, un mur environnait à cette époque l'église de Sainte-Croix, qm pouvait dérober aux Arlésiens la connaissance .des travaux. — De quelque manière qu'il ait ëtë fait , j'aime mieux croire à la supercherie (ju a ia réalité du cimetière»
Auprès^de la grande église s*élève une tour car*- •rëe fort haute , couronnée de mâchicoulis et préautant toute Tapparence à^un ouvrage militaire. Sans doute elle fiiisait partie d'un système de fortifications qui défendait les abords de Montmajour du côté du S«^« '^i c'était presque le seul point attaquable , car autrefois Montmajour était une ile, et ne communiquait avec le territoire d'Arles qu'au moyen d'une chaussée*
L'appareil de la tour est régulier, et la surface extérieure des pierres n'ayant pas été taillée , il ofire quelque ressemblance avec celui d'une mu* raille romaine. Dans le plan primitif, l'intérieur était divisé en deux étages , mais le plancher qui les séparait a été supprimé. On voit encore dans Ja j^rand'salle , la seule qui ait été conservée , des corbeaux destinés à porter les solives du plancher, et des portes de communication maintenant inutiles. Les voûtes ogivales à nervures, ti ès saillantes,
■ Ces forVill cations auront sans doute ëlc abattues lorsqu'on a commencé à bâtir Tabbaye moderne. On voit , outre la tour quelques portioos de muraiUes épaisses , qui m^ont paru plus «ncienitet qu^elte.-
et les macliicoulis me font penser que cette tour date du xiv° siècle.
Dans le flanc méridional du rocher de Montmajour 5 il existe une autre église souterraine où Von prél( Ti (l que saint Trophime a dit la messe. Saint- Trophime est douteux , mais il est incontestable du moins que cette chapelle est fort ancienne. Je ne suis pas éloigné de croire que sa construction remoiite au ou ti* siècle.
Elle est divisée en deux nefs , dont celle de gauche est assurément ibrt antérieure à l'autre» La première est entièrement creusée dans le roc et terminée par une apside semi-circulaire régulièrement orientée. Au contraire , la nef de droite est construite en maçonnerie grossière, sans apside , et soutenue sur des arcades quil élèvent au niyeau de la nef souterraine. Trois piliers taillés dans la roche lès séparent , et comme les arcades ne se prolongent pas jusqu'au soi, il est probable qu'avant radjonotion de la nef de droite , ces arcades serraient de fenêtres.
Un banc , également taillé dans le roc , règne le long de la chapelle de gauche. On voit au-dessus quelques niches , les unes cintrées comme les arcades , d'autres façonnées en forme de mitres. Toute cette construction est d'uneextrème rudesse. Aucune forme régulière, pas une seule ligne courbe ou droite qui ait été mesurée ; eniin , nul ornement, si ce n'est sur un seul pilier , dont le ohapi* teau , quoique lort mal exécuté , a un caractère
tOttfr-à--jiiit aaiique* La nef de droite n'est guère
mieux décorée. Sa voûte est semi-circulaire , et le peu d'amemens qu'on y remarqua appartiennent an style roman de la première époque. Je la crois du ix'' siècle, ou peut-être même plus ancienne.
Une porte à la droite de Tapside €<Maamuniqne
de la nef souterraine à quatre petites phamibres toujours creusées dans le roc, et qui paraissent ayair été des dépendances de la chapelle. Une d'elles, qui n a guère plus de trois pieds et demi de large, est presque entièrement remplie par une espèce de fiiuteuil grossier en pierre. C'est par une lucarne étroite qu'elle est éclairée, et une autre baie la met en communication avec la chambre voisine. On appelle cette petite cellule le am/essiauniU de saint Trophime, Le saint, diton, assis sur oe fiiuteuil , écoutait les pénitens et leur parlait par la petite fenêtre. Il est difficile, on e&t, d expliquer autrement les dimensions si resserrées de cette chambre. Peut-être étaitroe une espèce d'oratoire, où quelque ermite m linait a la méditaUen,
La coUme de Cordes, située A une portée de canon de Montroajour, est une autre ile de rochers sortant des marécages. Ce n'est que du côté du raidi qu'elle est fiboilmient accessible par une pente assez douce. Un vaste étang, maintenant en paitie dessédié , défendait de ce côté le pied de la oolline. Au nord et à l'est , elle eat environ*
née de rochers très escarpes. Sun soiiimet, couvert de broussailles , présente une déclivité qui s'abaisse doueement du nord au sud. CéUit un lieu extreiuemeut favurable à la défense , et ses ayantages militaires ont du être reconnus très aneiennement. L^opinion la {dus commune est que ce plateau a servi de place d'armes aux Sarrasins qui , dans le ym^ siècle, dévastèrent Arles et ses environs. M. Anibert Fa développée dans un petit livre fort intéressant, intitule : Dissertation kisiarique sur la moniagne de Cordes.
Il n^est pas douteux que la pente douce , le seul côté accessible, ait été fortifiée autrefois. On y voit encore les restes d'une muraille qui se prolonge sur tout le flanc de la montagne , et vient aboutir aux escarpemens naturels de rocbers qui la rendent inattaquable de tons les autres points. Du temps où écrivait Anibert, 1779, ce mur était encore élevé de quinze à vingt pieds. U s en faut de plus de moitié aujourd'hui qu'il soit aussi haut. — L'appareil est fort irréo ulier^ composé de pierres de toutes dimensions , liées entre elles par un mortier peu solide. A sa base, le rempart a plus de six pieds d'épaisseur; mais il se rétrécit progressivement à mesure qu'il s'élève. Je n'ai pas trouvé de vestiges de son couronnement, qui exis* tait en 1779, et j'ai eu quelque peine à reconnaître les deux tours que A|. Anibert a décrites.
Au sommet de la coUine , près des escarpemens du nord, on voit une caverne taillée de main
d'homme dans le roc calcaire, et dont la direction s'étend de l'ouest a Test, On y descendait autrefois par un plan înbliné obstrué aujourd'hui par des éboulemens et d'épaisses broussailles. C'est par une 'ouTerture latérale qu'on y pénètre aujourd'hui. Sa profondeur moyenne est d'environ dix pieds et sa longueur de soixante-quinze* Au bas de la descente, on trouve une espèce de vestibule , taillé à pic et à ciel ouvert, dont le plus grand diamètre , perpendiculaire à Taxe du souterrain , est d*une trentaine de pieds. Ses deux extrémités s'arrondissent en demi-cercle. Vis-à-vis la descente , et au milieu de ce que j'ai appelé vestibule, on a pratiqué une espèce de porte cin« trée, assez semblable à ToiiYt rturo d un i'onv. La terre que la pluie fait tomber dans cette excavation a tellement exhaussé le sol, qu'on ne peut entrer qu'en rampant dans le corridor où conduit cette porte. Son autre extrémité aboutit à la chambre principale de la caverne. Celle-ci , du côté du couchant , est taillée en demi-cercle ; puis les parois reprennent une direction rectiligne en se rapprochant l'une de l'autre, jusqu'à l'extrémité orientale, qui est coupée carrément. Ces parois sont taillées dans le roc un peu obliquement , en sorte que le haut surplombe le sol de la caverne. De grosses pierres plates lui servent de toit; quelques-unes la travenent perpendiculai* rement comme un pont j^té sur un fossé ; mais la plupart, posées à plat de chaque côté, se rëunis-
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sent au milieu et s appuient l'une sur l'autre, leur poids et la portion qui repose à terre suflisaiit pour les maintenir solidement. Quelquefois une troisième pierre porte sur deux autres eu encorbellement sur les parois latérales de l'antre. Bien • qu'aucune de ces pierres n*ait été taillée , elles son^ ajustées assez exactement pour que leurii interstices ne laissent pénétrer qu'ime faible lueur. L*intérieur du souterrain est traraillé avec quel* que soin , et les parois en sont si parfaitement polies, qu*on n'y aperçoit nulle part la trace du pic ou du ciseau.
Voici les dimensions de la grotte de Cordes i
Longueur totalo^de la porte du oorridor à Tei^
trtoitë de ^L^P^"^*
Longueur du flWridor. W l|â Largeur de la caverne au débouché du con idui . 12
— à l'autre extrémité. 5 Hauteur du sol au toit.
Largeur du corridor. 6
Longueur du yestibule. 30
Largeur du veatibule. 9
Longueur de la defloente. 10
Largeur de la descente. ^
On a comparé le plan de la grotte de Cordes à une croix ou bien a une épée (le coiridor formant
la croisée), et Ton a même cherché à tirer des conclusions de cette forme , que Ton interprétait différemment, tantôt comme indiquant une desti*
nation religieuse, tantôt comme rappelant un
siouvenir de cunquétc. M. Anibert réfute victorieuseiufiiit ces deux opinions^ et une troisièinjei qcd ùii une oilèmë de ce sotUemm beaucoup trop élevé pour avoir jamais servi à cet usage» Croyant avoir une simuitanéité âe travaux entre la grotte et la muraille, il conolut que la colline de Cordes a 9ervi de place forte aux Sarraain$,|[ue la muraille défendait le seul endroit accesaible , et que la grotte creusée par eux était le magasin où ils renfermaient les objets précieux que leurs excursions mettaient en leur pouvoir. L'analogie du nom de Cordes avec celui de Cordouc , capitale des Maures d'£spagno , lui a fait j>enser que la colline devait son appellation à la horde musulmane qui s*y était établie.
Le séjour des Sarrasins dans les 6|^||pusd' Arles, au commencement du vm* siècle , est bien avéré* La position très milita ii e de Cordes devait naturellement frapper leurs chefs, et il u est nullement improbable qu'Os s'y soient retranchés, et qu'ils en aient fait un campement permanent pour y mettre en sûreté leurs malades , leur butin , et tenir en bride , par une garnison , la populatim chrétienne du voisinage. La muraille, qui certainment a été élevée pour défendre Tacoès de la ■MNilagne, est peut-être leur ouvrage , et Tétymologiedu nom de Cordes ne manque pas de vrai- ' l&mbhuice» Maisilmesembleimpossibled'admetlre Sque la muraille et la grotte soient contemporaianes. Comment supposer que des soldats toii^ours
sur le qui vive en pays eanemi , aient pris la peine de crauer péniblement un toutmrain , puis de le recouvrir d'énormcb pierres, tandis qu'un ouvrage en maçonnerie eut été infiniment plus expéditif , et beaucoup mieux approprié au but qu'ils se proposaient. Je sais bien qu'on peut dire que les Maufes donnèrent la préfiérenoe à une excavation^ afin de dérober aux gens du pays le seeret de son existence , pour en faire une cachette , où ils auraient enfoui les objets trop lourds prar être emportés dans une retraite précipitée. Mais on peut objecter qu'il était bien difficile , sinon impossible, de Aire en seeret un travail aussi considérable, et qu'en supposant même qu il eût été exécuté à Tinsu des gens du pays , un déserteur ou même un prisonnier aurait suffi pour en révéler la oon*» naissance. Un trou en terre, fait pendant une nuit, eût été bien préicrabie , et quant aux dimensions de la grotte de Cordes , on peut dire qu'elles sont trop petites pour renfermer un butin considérable, et trop grandes si elle n'a été destinée qu'à serrer de Tardent ou des objets très précieux.
On rappelle dans le pays la Grotte des Fées , et oe nom m'a paru remarquable , parce qu'on le donne en généi^il aux monumens druidiques. Le toit est absolument seaiblable à ceux des dolmen^ eTle plan général de l'excavation offre de fana* logie avec ces prodigieuses constructions de nos ancêtres. 11 y a pourtant une immense dilicrcnce entre une galerie creusée dans le roc, dont le toit
est à fleur de terre, et les pierres énormes s*ële- Tant à la surface du aol , qui forment les murailles
des dolmen» Ces derniers sont en général ouverts à Test ; ici c^est ie eu a traire. ïouteiois , il me parait plus probable d'attribuer à un peuple encore
sauvage et a une époque tle barbarie complète, la construction de ce singulier jqionument, que d'y ▼oir TouTrage d*une troupe de pillards armés pendant une invasion passagère.
Une observation qui a échappé à M. Anibert, et que jld été à même de faire, ainsi que pluiieurs antiquaires qui ont visité Cordes avec moi , c'est que la colline est couverte de débris de ces larges tuOes qu*on appelle sanwmeêesk Provenee, et qui paraissent de fabrique romaine. Un de nous trouva un fragme^ très reeonnaissable d'une de oesmen* les de lave , si communes aux environs de tous les établissemens romains* Je ne prétends tiq^r aucune conclusion de ces fidts. Le rempart que j'ai décrit ne ressemble en rien aux murailles romaines y et la présence de iragmens de briques et de meules ne prouverait rien contre Htypotlièse d'un caïup retranché élevé par les Sa rrassins. Soldats et conquéraus, il est probable qu'ils devaient avoir recours pour leurs besoins i l'industrie des vaincus ; et, au vm" siècle, les arts de la Provence n'étaient encore que des souvenirs de la civilisartion que les Romains y avaient introduite.
£t liant bu (bûvi.
En quittant Arles pour la première fois . je me
rendis à Avignon , ne m'arrêtant que pour visiter le pont du Gard. Le Gardon, grossi par des averses prodigieuses, était débordé et roulait, âveo uq bruit afi'reux, ses eaux, eouleur de cid'ë, sous les arches de l'aqueduc ; le ciel était à Torage , mais une éclaircie dorait le monument qui paraissait étineelant de lumière ; le site sauvage , la solitude complète du lieu , le bruit du torrent^ajoutaient une poésie sublime à rarchitecture imposante qui s'offrait à mes yeux«
On aborde le monument par le moins beau côté, celui du pont que les états de Languedoc oiit fait bâtir et aceole^ à l'aqueduc romain» Si Ton passe sous une des arches et qu'on se retourne après une cinquantaine de pas, il parait alors dans tout son avantage. Toute cette construction et empreinte d'un caractère de grandeur, qui saisit le spectateur, et qu'aucune description ne peut rendre. Les pierres, ou plutôt les blocs énormes qui forment les pilos , sont brutes à leur surface extérieure et séparées par un bossage grossier; cette rudesse fait bien ; c'est un ouvrage de géans
dont les yeux n^apei'cevaient pas les imperfections que nous afitres nains pouvons découvrir.
Au reste ce n'est qu'après quelques minutes d'admiration muette qu*on observe les imperfections, qu'on les recherche même, comme honteux de rémotion involontaire que Ton vient d éprouver. Alors, pour être fidèle au précepte du faux sage : Nil admirari , on se dit que les arches sont d'inégal diamètre, que la courbe de leur cintre est interrompue désagréablement par des pierres en saillie , que la ligne de Faqueduc n'est pas droite et quelle se courbe sensiblement sans motif, ce quHl e&t été fecile d'éviter avec quelques centaines de pieds de corde. — On remarque l'irrégularité constante et presque systématique de toutes ses parties, — le même pilier portant des impostes de hauteur inégale , — la plus grande arche placée à côté de la plus petite ; et on se demande alors si les rè^i^les sont faites pour te génie ou si la grandeur exclut nécessairement ie goût et la précision ?
L'appareil intt'rieur des arches est composé de trois cintres ou tranches énormes, parallèles, collées , on ne sait par quel art. La pluie, qui devrait filtrer entre les intervalles de ces tranches, a été impuissante contre le ciment romain. Cependant les hommes qui élevaient ces monumens g^î^jantesques ont pensé qu'ils pourraient un jour se détériorer. Les pierres en saillie , qui interrompent le cintre des arches , ont été destinées h soutenir
des écliafauds pour des réparations. Quelle confiance ÛB aTaient dans la durée de leur empire , ces Romains cpii prévoyaient qu'un jour ils pournùciit avoir ii réparer le pont du Gard ?
Cet aqueduc a servi longtemps : on peut s'en convaincre cm examinant Ténorme sédiment aqaenx qui garnit Tintérieur du canal où coulaient les eaux* Loog-temps aprè» la coAstruction de Taqueduc, on en ft rétréi» le canal par une nuiçonnm'iè et une coucjie nouvelle de mortier posée sur les liép^ «joeiena* Cette couche s'eat elkniadme chargée d'un nouveau dépôt , mais moins épais que le premier. La sujeface du mortier est couverte d'un enduit rouge asseï hrillant dont je ne conn^ prends pas Fusage. — On a dit trop de mal du pont moderne ; c'est sans doute un trait de barbarie d'avoir élevé une confllmction nouvelle à coté de l'ouvrage des Romains; mais il semble que les architectes du xviii^ siècle se soient un peu inspivëa par un aussi beau voisinage
■ Avant que ce pont ne fût construit , l«s cvêiiuea d^Uzès avaient fait éebaticrer tes piiendu cûlé opposé poiu' luire un (Kissa^^eiMix yiétDos et néme qiu bête« deBOjnme.
24 octobre.
Les monumens de Saint-Remy m'ont un peu désappointé, maison est difficile quand on quitte le pont da Gard. Le tombeau m'a paru mesquin, bizarre , et d'un goût détestable. Il est impossible de ne pas croire en le voyant qu'il appartient à une époque de décadence. L'inscription , si souvent commentée et si diversement interprétée, est eommeU suit:
$£X L M IVLIEI C F PAK£NTIBVS SV£IS..
La quatrième lettre est assez fruste et difficile
à lire ; M. Malosse , de la société des antiquaires, traduit ainsi i Ses^tuê , Lueiusj Mareuêf Jtdiip curaverunt fieri parenttbus suis,
4( Sectus, Lucius , Marcus , de la race des Jules, ont fait élever ces monumens à la gloire de leurs parens. n
A son avis , les bas-relieis qui décorent les quatre faces du piédestal rappellent les victoires de
Jules César daiis les Gaules , et le mausolée et l'arc de triomphe auraient été cievés dans le i^" siècle de notre ère.