‹ Notes d'un voyage en AuvergneChapitre 15 sur 70 · OR · texte numérisé non relu

OR

Un buste en bas-relief , mutilé , dans une petite niche, et qui paraît provenir d'un tombeau , a été recueilli par le curé de la Celle Bruyères qui l'a placé dans son jardin. Le travail en est barbare. On m'assure que dans les environs on a découvert des tombeaux de pierre, et une assez grande quantité de médailles impériales.

Mais ces antiquités insignifiantes ne méritent pas que l'on s'y arrête. L'église de la Celle ji plus de droits à l'attention du voyageur. Fort semblable à celle de Pleinpied par sa forme , elle figure en plan une croix latine avec une apside à l'extrémité de chacune de ses trois nefs. Les collatéraux se distinguent par leur hauteur , remarquable dans un édifice bysantin , et surtout par leur peu de largeur. Les voûtes et les arcades sont toutes en plein cintre: les premières, percées à leur naissance d'œils-de-bœuf au lieu de fenêtres , ofirent une disposition assez rare pour être notée. Outre ces œils-

LA CELLE BRUYERES. 57

de-booufy l'église reçoit encore du jour par d'étroites fenêtres en plein cintre percées dans les collatéraux. Dans la nef les piliers^ encore plus grossiers que ceux de Pleinpied^ présentent un massif fort lourd avec une colonne sur la face qui regarde la grande nef. Dans ]e chœur j au lieu de piliers , ce sont de grosses colonnes cylindriques qiii soutiennent les arcades ; d'aillews, de ihéme que dans l'église que je viens de citei*, lei collatéraux se terminent aux apsides et n'entourent point le choeur.

On observera une grande vî^riété , dans l'exécution des chapiteaux , ceux de la nef étant extrêmement grossiers et presque dépourvus d'ornements , tandis que ceux du choeur oiit toute la richesse que comporte le style byzantin fleuri; plusieurs même de ces derniers , s'ils étaient transportés dans un autre lieu, pourraient embarrasser les antiquaires sur leur origine, tant ils présentent de ressemblance avec certains chapiteaux du Bas-Èmpire.

Vers le milieu de la nef une arcade beaucoup, phis large que les autres , me fait supposer que telle était autrefois la place du transsept ou du chalcidique si l'église n'avait pas la forme d'une croix. Probablement alors elle se terminait à l'entrée du chœur, lequel serait une addition du XII® siècle. Peut être la nef remonte-t-elle au ix® ou x^. A coup sûr la barbarie de sa construction ne dément pas cette origine.

La façade , que je crois refaite en même temps

58 LA CELLE ffîlTÏERES.

que le choeur y n'a qu'une porte en plein cintre entourée de quelques moulures et surmontée d'iine corniche saillante; le tout, compris entre deux puissants contreforts , se détache sur le nu de la muraille. Au-dessus^ trois fenêtres sans orne» ments j puis un fronton aigu dont un /X)rdon àt billettes dessine les rampants. A droite et à gauche delà porte quelques bas-reliefis inorustés dans Fap» pareil m'ont paru des fragmçntf provenant d'un édifice plus ancien et que l'on a voulu conserver : peut-être appartenaient-ils à la façade primitive remplacéepar celle-ci. Ce sont, à droite, deux têtes de chevaux très 'mal sculptées ; à gauche, un taureau posant un pied sur une boule , puis deux hommes revêtus de courtes tuniques et luttant l'un contre l'autre. Sur le dos de l'un d'eux on voit un grand carquois ou plutôt ufie espèce de hotte. Si l'on en croit une tradition du pays , ce bas-relief cônserverait le souvenir d'une querelle sanglante survenue entre des vendangeurs , et ce que porte cette figure serait une hotte à vendanger. Inutile de dire que le travail est très barbare et d'un style en apparence fort ancien.

L'apside est surmontée d'im mur assez élevé, mal maçonné, et qui tombe en ruine aujourd'hui. C'est^ à n'en pas douter, une addition faite à la construction primitive. Mais son usage , je ne puis le deviner. Si l'on avait voulu élever là une tour pour servir de défense , le peu d'épaisseur de la muraille eût rendu cette fortification tout à fait insignifiante.

L'église 9 dédiée au saint dont la ville porte le nom j offre encore quelque analogie avec celle de Pleinpied, en raison d'uiie arcature figurée en plein cintre, qui orne l'extérieur de Tapside. A l'intérieur, toutes les arcades sont en ogive à pointe émoussée; d'ailleurs l'ornementation des piliers est bysantine, assez élégante, surtout dans le chœur. La porte occidentale est en plein cintre, entourée de tores épais , et divisée en deux ventaux que surmonte un cintre trilobé. A la fin du xv« siècle, de grandes réparations ont eu lieu, et c'est alors sans doute que l'on a construit toute une rangée de chapelles latérales à la nef. Une porte qui leur correspond dans la façade est une addition du même temps, qui se fait remarquer par l'élégance et le bon goût de ses sculptures.

Je n'ai pu me procurer de renseignements historiques sur la fondation de Saint-Amand; mais son architecture dénote la fin du xii® siècle. L'église serait alors antérieure à l'existence de la ville , qui ne prit ce titre que vei*s le commencement du xv®.

Je ne mentiontie l'autre église de Saint-Amand , autrefois dépendant d'un couvent de Carmes , que

60 DREVAMT.

pour faire remarquer la niche ou le lantemon qai surmonte le fronton de la façade. Pareille dispodtion se rencontre dansplusieurs élises, entre autres dans celle de Saint-Jacques à Cosne. Je ne sais .si cette espèce de petite chaire, ainsi élevée , avait une destination particulière; si, par exemple, elle servait aux prédicateurs en certaines occasions.

U ne reste plus que des ruines pittoresques , mais informes , du château de Montrond , bâti au XV® siècle , et qu habitèrent Charles d'Âlbréth j Sully et le grand Gondé. Démantelé ai T6£r2 , il vient de recevoir le dernier coup de son propriétaire actuel, qui a fait abattre r^mment la seule tour qui se fut conservée.

DREVANT.

Les recherches entr^rises par vos oittres, sous la direction de M. Hazé , et les plans des fouilles publiés par lui dans son excellent ouvrage sur les antiquités du Berry, me dispensent d'entrer dans de nouveaux détails sur les substructions intéressantes , d'origine romaine , que Ton a découvertes à Drevant. Le périmètre du théâtre antique est maintenant à peu près complètement déblayé, et l'on peut s'assurer qu'à l'extérieur il

DREVANT. ^ 61

était entouré de portiques dont plusieurs piliers existent encore. Quant aux substructions perpen* diculairesau mur de la scène (absolument détruit aujourd'hui), et qui forment par leurs lignes parallèles \m certain nombre de couloirs étroits , je ne puis admettre , comme M. Hazé le suppose , que c'aient été des loges pour renfermer des animaux. Je sais qu'il n'était pas rare de voir des cbasses, ou plutôt des tueries de bétes Êiuves sur les théâtres antiques ; mais les dimensions de ces couloirs y qui n'ont pas plus de i m. 5o de large , leur isolement, qui ne permet pas de communication avec la scène, tout se réunit pour rendre cette destination impossible. A Mandeure, on trouve dans le théâtre une disposition, toute semblable, mais mieux conservée; là, il est évident « que ces murs rapprochés ixe sont que des traverses , des contreforts destinés à soutenir des constructions supérieures. Je ne doute point qu'à Drevant elles n'aient eu le même objet.

On remarque vers le milieu des gradins les fondements d'un mur très épais , qui les coupe obliquement. Tout annonce que cette construction est sensiblement postérieure à celle du théâtre ; je la crois romaine pourtant ; mais son usage est un problème qui n'est point encore résolu.

De tous les édifice^ découverts à Drevant , le plus singulier est un^ vaste enceinte d'environ 80 m. de côté, présentant sur chacune de ses faces trois murailles parallèles. Il paraît qu'un

62 DREVA,NT.

petit corps de bâtiment ^ renfermant plusie^urs chambres, se détachait de l'enceinte à chaque angle du carré. Dans l'espace compris entra lôs murs intérieurs 9 mais non au milieu du carré , on ycnt une autre enceinte de même forme y. qui en renferme encore une troisiènley une espèce de cella. Les murs de la seconde enceinte se {hx>longent à l'Est, et sont réunis par une douUe traverse. Il est probable que la grande encdunte était entourée de portiques, d'une galerie couverte. Comment, en effet, expliquer autrement ces murailles si rapprochées ? Quant à la destination de l'ensemble de ces constructions , je ne connais que des hypothèses toutes plus nu moins hasardées. Lesunsy ont vuun temple renfermé dans une enceinte sacrée ; d'autres en font un prétoire. Malheureusement le peu d'objets antiques trouvés en ce Ueu, ne jettent aucune lumière sur cette obscure question. Plusieurs pots remplis de couleurs qui se délayent encore dans l'eau , des briques de carrelage p^pulées de façon à se recouvrir à leur point de jonction , des antéfixes en terre cuite, des fragments d'en<kiits et de fresques ; tels sont les objets les plus remarquables découverts au milieu de ces substructions.

Ailleurs , et particulièrement dans les deux éta- Idissements qu'on s'accorde à regarder comme des thermes, on a retiré des décombres quelques fragments plus curieux. Des portions de chapiteaux corinthiens provenant de très hautes colonnes,

DREVAîrC. 63

dès iàts guiUochés et ornés de palmettes, une énorme antéfixe en pierre , enfin les deux pieds d'une statue colossale en bronze témoignent de l'importance de ces établissements antiques. Les pieds de bronze -sont remarquables par la fornie delà chaussure, dont Fempeigné retombe sur le coudepied. Le métal, très mince, suppose une grande habileté dé la part du fondeur ( i ).

Je sais, monsieur le Ministre, combien sont limitées les ressources dont vous pouvez disposer, et je n'ignore point que les édifices existants ont bien plus de droits à votre intérêt que des ruines qui n'offrent tout au plu3 qu'un sujet d'étude aux antiquaires. Cependant, l'importance de la ville antique de Drevai^t est aujourd'hui si bien constatée, qu'il serait fâcheux , ce me semble , de ne pafi pousser plus loin les explorations commencées* ie vous demanderai donc de vouloir bien ordpnner la continuation des fouilles sous la direction dfa M. Hazé ^ dont les .premiers travaux donnent la garantie que ^ ces recherches ne sauraient être remises en de meilleures mains.

Toutes les substructions découvertes jusqu'à ce jour sont romaines; mais le nom de Drevant, DËR- VENT , est celtique , et il est probable que la ville dont nous voyons les ruines s'est élevée sur l'emplacement ou à proximité d'une cité gauloise. Des

(i) Ces fragments et quelques autres découverts aux environs tpfMrtieoikent à M. Haigneré de Saint-Amand,

§à [DREVANT.

bracelets de cuivre , des médailles j des hacbes de silex, recueillis dans le voisinage , donnent à cette conjecture un nouveau d^ré de probabilité , et je la crois mise hors de doute par la présence d'une fortification , très probablement celtique , établie sur une hauteur voisine du village. Bien qu'on lui donne vulgairement le nom de camp de César , il est impossible de la considérer comme un ou»

vrage romain , et je pense qu'on ne peut l'attribuer qu'à un peuple anciennement établi dans cette localité, et en civilisation , très inférieur aux Roinains.

En face du théâtre an1;ique , de l'autre côté du Cher , et à trois cents toises environ de Drevant , s'élève une colline très escarpée, parallèle à là rivière , et dont l'extrémité Nord s'avance comme une espèce de cap , dans une vallée abrupte et profonde. Le sommet de la colline est uni, et- sa largeur d'environ cent toises. Ce lieu formait une fortification naturelle en raison des escarpements qui l'entourent ; mais l'étendue du plateau étant trop considérable vraisemblablement pour le nombre d'hommes qui voulaient s'y établir, on l'a coupé par un fossé et un retranchement qui se prolongent depuis le versant oriental jusqu'à la pente opposée. Aujourd'hui des éboulements ont fort diminué la profondeur du fossé , mais l'agger, ou retranchement placé en arrière, s'élève encore de quinze pieds au moins , et son épaisseur est de plus de trente-cinq à sa base. Il se compose

DREVANT. 65

de pierres brutes et de toutes grosseurs irrégulièrement entassées, et sans doute apportées d'assez loin, si l'on en juge par leurs angles usés. On ne saurait en donner une idée en le comparant à un mur en pierres sèches ; il ressemble davantage à mi .amas de décombres. Une ouverture au milieu paraît avoir servi de porte ; sur ce point il n'y à pas de fossé. Ce retranchement, et les escarpements naturels dont j'ai parlé , isolent un carré d'un peu plus de cent toises de côté. Vers le milieu du pla* teau, et dans l'enceinte fortifiée, se troàive un puits grossièrement construit, maintenant comblé. U est vraisemblable qu'il a été réparé plus d'une fois; mais je suppose qu'il a été creusé dans le principe en même temps que le retranchement s'élevait. A mon avis, cette* fortification si barbare^ a été autrefois un oppidum des Bituriges. Vainqueurs , jies Romains se sont établis de préférence^ sur la rive droite du Cher, parce que la rive giauche, resserrée par la colline dont je viens de parler, ne leur aurait pas permis d'étendre leur ville; Qui n'a observé d'ailleurs qu'un des effets ordinaires de la civilisation est de faire abandonner les hauteurs , du moment où l'on n'a plus besoin d'y chercher la sécurité?

QB KOIRLAC.

NOIKLAG

fNîgerlaeut.J

Une mamifiiiGtote de porcelaine occupe les bà* limentB d'oM «bbâye de l'ordre de Giteaux^ v^Hsine de Saint<-Amand, à laquelle un étang voisin ( de* puis long-temps desséché) avait £aiit donner le nom de Noirlac* Sa fondation remonte à Tannée 1 136 ou I i5o. En 1 189 , elle reçut des donations considérables, qui vraisemblablement lui permi* rent de s'accroître et de commencer les bâtiments qui subsistent aujourd'hui* L'église , très yasie et encore assez bien conservée , a tous les .caractères de l'époque de tran^tion. Les arcades en ogive émoussée, s'appuient à de forts piliers flanqués de colonnes tronquées en console dans la grande nef. Dépourvus d'ornements pour la plupart, les chapiteaux montrent la simplicité , un peu mesquine, de la première ^)oque gothique. Sur la fsiçade subsistent quelques restes d'une décoration bysantine; mais cette partie de l'édifice a plus sou£Fert que le reste , et d'ailleurs ne peut donner lieu à aucune observation. Des cuisines et un grand réfectoire , voûtés l'un et l'autre et divisés par des piliers isolés qui reçoivent les retombées , sont avec l'église les parties les plus anciennes de l'abbaye , en apparence terminées dans le cours du

GBATEAU DE MEBLLÀRT. «l

xin^ sîède. Le doître , prescpie intact, est pk» mod^iM; C<Hiiiii6ii£é dans le xiy^ siècle, sa €onstriictiofi se. prolongea sans doute jusqu'au miUcu du siècle suivant. Les déiaib en sont gracieiŒ et simples, et ses arcades sefont rémarquer par teur légèreté el la forme âégante de leurs .ogives^ Viennent ensuite beaucoupT de constrtictions ae* éessoires, qadques-unes modernes y et qui par KÛssent aTCÂr servi de logement aux religîeiuc Quelle ^'en soit la date, aucune par son- arck^* teciure ne mérite que Fon s'y arrête. H est à re* gretter qu'ime église aussi vaste, et à certains cgardb aussi remarquable que celle de Noirlac^ àsl reçu une destination qui la dénature si comploter mesit. Des planchers et des murs de refend cachent toutes les dispositicms primitives ; la nef est devenue un magasin, et il n'est pa& ime salle anciemie ou moderne, à laquelle les. besoins de la manu** &cture n'aient apporté de grands et tristes chan* gements.

CHATEAU INB BffilLLANT*

Il passe pour avoir été construit par le céjièbre loconde; mais son irrégularité, encore toute empreinte de souvenirs gothiques, me fait douter de

68 OtàTEAU DE MEILLANT.

cette teaditioii. le château fut bâti pour Charles d'Amboise, seigneur de Ghaumont^ mort en i5ii (i). Les armes parlantes de o& seigneur couvrent la façade, prodiguées surtout à tous les étages d'une tourelle qui sert de cage d'escalier: ce ne sont que montagnes enflammées, chauds^ monts y et pour ladlitfer Fintellig^ice de ce méchant calembour on y a mêlé quantité de G entrdbu:és. G>mme dans la plupart des châteaux de ce temps, les appartements sont vastes, maisincommodes, irréguliers de niveau, de communication di£GLcile. Les escaliers sont pour la plupart jetés en dehors et contenus dans des tourelles fort ornées , ainsi que nous l'avons vu dans la maison de Jacques Cœur; car û semble qu;il y ait eu un système d'ornementation particulièrement a£Fecté à ces cages d'^calier saillantes. Mais dans le palais de Jacques Cœur on sent encore la naïveté gracieuse du vieux temps, tandis qu'on ne voit ici que recherche et mauvais goût. Que penser, par exemple, de ces balustrades flamboyantes horriblement tourmentées ? de ces chambranles péniblement travaillés à jour ? en un mot de toute cette décoration plus riche qu'élégante et plus bizarre que riche ? On se rappelle , à Boui^es , les statues de ces fidèles domestiques , sculptées au-dessus de la porte. A Meillant, ono voit aussi des statues

(i) Jooonde yint en France en 1499* Je crois le châtean plat ancien.

CHATEAU DE MEELLANT. 69

guindées au haut de ces cages d'escalier , mais il n'y a pas de tradition pour lès expliquer. Ce sont > des soldats de pierre ^ qui du haut d'une plate» forme, semblent prêts à jeter des grès aux passants. Après toutes ces critiques, il est juste de louer l'art avec lequel sont bâtis les escaUers en hélice, dont les énormes dalles ne portent que sur unie longue et svelte colonnette.

Tous les appartements ont été retouchés . à plusieurs reprises, et il n'en est aucun doAt l'ameublement ou la décoration soit antérieure au xvui^ siècle. Les cheminées seules, aussi larges qu'une chambre moderne , paraissent dater de la construction primitive, toutes sont d'ailleurs d'une excessive simplicité. .. '

J'ai trouvé dans la grande «salle, trois cerfs en bois plus grands que nature , et qui paraissent avoir été placés là depuis long-temps pour amener cette mauvaise plaisanterie que contient l'inscription suivante, sculptée en grosses lettres sur la muraille:

(QDII SmiS fiiMT : INIER VOS ST PAIES ASPICUDO COMIGEHI fiâTMR.

Te donne cela, non comme.une antiquité , mais comme un exemple du goût de nos pères ; d'ailleurs je ne crois pas l'inscription antérieure à la fin du XVII® siècle.

Le château de Meillant, propriété des ducs de Béthune Gharrost, est pa^é dans la famille de <

5o jwwffW?»'-

Mlf liWM U Ok s'oceup* * Je réparer, entreprèe ^ «MM définie , et je <f«il« ^ >^ ^cvientte h^itabk tqtt'tw aitdess^^*^^ ^owÉs infecte ^ U

dtteôerf Aip"*-

MonTLrç^MK.

I^ anciens remparts de cette ville se font re- ' Biarqucr par leur appareil singulier; constra\\& &i& grosses pierres , dont un grand nombre par leur forme ronde montrent qu'elles ont été prises dans le lit des torrents. Anguleuses' ou arrondies, grosses ou petites, toutes sont noyées pêle-mêle dans un ciment fort dur , et le résultat m'a semblé d'-vuae grande solidité. Le donjon , en apparence entièrement restauré au x.vi' siècle ,'n'offre plus d'intérêt; mais quelques tours , plus ou moins ruinées , qui l'avoisinent montrent qu'autrefois il se trouvait , au centre d'un château considérable. Inutile àt s'arrêter aux églises de Montluçon, parfaïtemei» insignifiantes ; l'une, dans le bas de la ville, iyysBX- ■tàne, mais défigurée par des réparations modemea l'autre, du xv^ siècle, assez mal entretetiJUie ^ ■ n'ayant jamais mérité d'ailleurs d'attirer fatteritio par son architecture. . '

NEBiS. 7t

IVÉRIS.

Plusieuis fois j'ai eu Toccasion d'observer Tim* portaxice extraordinaire des établissements fondés par les Romains auprès des sources minérales y et k gntiideur de leurs thermes contraste singulièrement avec avec la mesquinerie des nôtres. Ce n'est que d^uis peu d'années que l'on s'occupe de bâtir une salle de bains à Néris j et le village est encore des plus miséraUes ; au contraire , les vestiges ro* mains que r<m y découvre annoncent une re»

cherche et une élégance dont nous sommes encore bien éloignés. Il paraît que sous les empereurs Néris était une ville y et sans rappeler rinscription de La Celle Bruyères , les ruines nombreuses que l'on rencontre à chaque pas suffiraient à pro^uver son antique splendeur. La promenade, devant la souiipe principale, est jonchée de fiits de colonnes et de grands blocs, débris d'un édifice considérable. Dans les fouilles entreprises pour les nou** veaux bains actuellement en construction , on a découvert quantité de fragments d'architecture en pierre et quelques-uns en marbre. Outre un grand nombre de débris de moulures <|ui annoncent un très riche entablement , on conserve à Néris quatorze chapites^ux composites de très grande pn>

ItÉRIS.

portion , et qui paraissent avoir ' appartenu à un même édifice. La conservation de ces chapiteaux, d'une grande saillie et d'un travail très fin , est si parfaite et si extraordinaire, que quelques archéo» logues ont pensé qu'ils n'avaient jamais été mon* tés en place ^ et que la ruine de la ville antique les avait surpris dans l'atelier du sculpteur. On pourrait encore expliquer cette conservation si rare par la nature même de la pierre, d'un grain serré et presque aussi dure que le marbre. Quoi qu'il en soit, l'ornementation de ces chapitaux iur dique une époque de décadence, et ils se dis^ tinguent bien plus par leur ridiesse et le précieux du travail , que par la pureté et l'élégance de leurs profils. Les perles, les oves y sont prodigués, mais les feuillages me semblent maigres et déchiquetés. Dans le même lieu on a recueilli une base attique et un fi'agment de fat, l'un et l'autre en marbre blanc et d'un diamètre très considérable. Voici le seul firagmeut d'inscription que j'aie observé , il est tracéen très grands et très beaux caractères sur une table de marbre blanc, mais les trois morceaux ne se correspondent pas et ne donnent aucun indice sur la destination du monument auquel ils ont appartenu.

Page 1