‹ Notes d'un voyage en AuvergneChapitre 23 sur 70 · ËGLISE DE SAINT-JUNIEN · texte numérisé non relu

ËGLISE DE SAINT-JUNIEN

Dans une lettre que j'ai eu Fhonneur de vous adresser de Limoges, je vous ai rendu compte de la situation déplorable où se trouvait l'église de

Saint- Junien y et vous avez bien voulu sur ma demande lui accorder un secours. Je compléterai mon rapport par une description de cet intéressant édifice. .

: Son plan représente une croix latine, dont les croisillons fort courts divisent l'église à peu près par 1^ moitié ; il n'y a point d'apside ni de chapelles latérales . Le transsept est large, mais divisé dans le sens de sa longueur par une ligne de piliers qui lui forment une espèce de collatéral du côté de l'Est. Bien que les voûtes et les arcades soient partout ogivales, le caractère dé l'église se ra{^6rté à la première période bysantine , et je ne recoBdmencerai pas ici une discussion à laquelle je me suis livré plusieurs fois pour prouver combien peu d'importance on doit attacher à la formé des arcs lorsqu'il s'agit de déterminer la date d'un monument. L'épaisseur des piliers, le style des chapiteaux , la simplicité du plan , et je ne sais quelle rusticité dans l'ensemble, m'engagent à penser que la construction de SaintJunien est antérieure à la fin du xi® siècle.

Les piliers de la nef se composent d'un massif carré épais, flanqué d'une colonne sur la face principale , et sur les autres côtés d'un pilastre , ou pour mieux dire d'une espèce de contrefort : il feut en excepter les deux piliers à l'Ouest, d'un diamètre double des autres, et, dépourvus de colonnes et de toute ornementation; à leur épaisseur, on conjecture qu'ils étaient destinés à supporter un poids

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considérable, probablement celui des tours qui devaient flanquer la façade. Tous les piliers du dbœur sont iie forme carrée avec une colonne sur caaque fece ; en géiiéral , lès chapiteaux de ces , colonnes sont historiés^ quelquei^uns à feuillage de galbe corinthien , un très pejit nombre ornés de rinceaux, tous d'une médiocre saillie et péniblement travaillés. A l'Est du chœur deux piliers se dis-tinguent des autres par des chapiteaux plus simples que les précédents, n'ayant autour de leurs corbeilles que des feuilles du plutôt des crochets grossièrement épannelés ; en outre , les colonnes qui flanquent ces deux piliers, ont une base , tandis que les autres n'en ont point. Doit-on con-^ dure de ces légèires différences que deux arcades du cfaneur sont- postérieures à la première construction de l'église , ou pour parler plus exactei. m^it, postérieures aux autres arcades ? L'exatnen de l'appareil à l'intérieur et à l'extérieur, la décoration très-ancienne du mur oriental du chœur attenant à ces arcades semblent se réunir contre cette supposition ; je n'ose cependant la rejeter tout à 'fait. Ail surplus^ en adniettant que les dernières travées orientales du choeur soient ajoutées après coup, il n'est pas vraisemblable que ses dispositions primitives en aient été altérées, par exemple, qu'il en soit résulté la suppression de l'apside. Ce changement si toutefois il avait eu lieu serait fort ancien ; car la muraille orientale du

chœur, si elle n'est pas contemporaine de la con-

siruotioB {mmitiTe, ne pefut être posiétiraM à h jureoûère moitié da xii® siècle (i); voilà do&cim exemple aMieii de la su^pressio^k d^V^fmàe. Sote ce rapport l'architecture de SaintJumen se rattà» cherait à celle du Poitou , et Ton trotti»OTait im rapport de plus dans la disposition des collatérauXf très-étrcMts, et en quelque façon sacrifiés àla na£ Quant à l'ornementation , on ne peut en satgmer^ car elle n'a rien de earactéristique, et n'est m plus riche ni moins grossière que ceièe des pays où l'on emploie esdusiventent le granit dams les eoa«> structions.

Latérsdement , l'église ne reçoit de jour ^e par les fenêtres des bas*cotés; car il n'y en a pas dans le haut de la nef , et les voûtes s's^>puient inmiédia*' tement siar les arcades inférieures ; par contre, ces dernières sont fhis hautes qu'il n'est ordinaire dans les égUses bysantines; outre ces fenêtres toutes en ^em cintre y les eiUtiénités Eet^ Sud et Nord de la croix ont des roses en forme de roue, d'un médiocre diamètre.

J'ai dit que les routes et les aixuides étaient ogi* vales; Les iwràtes de la nef sont en berceau , ren* forcés d'arcs doubleaux épais. Gdle des cotlatéran

(1) Cette muraille est percée de trois fenêtres en plein cintre» avec une rose au-dessus, en forme de roue. Deux tourdles eof cadrent cette façade orientale que surmonte on fronton. lie tout s*appuie sur un soubassement de peu de saillie. L'ornementation est presque nalle ou tout au plus se réduit à quelques moulures d*un caractèi*e bysanttn.

isont d'arêtes » que]ques*unes garnies de iMmures cpie ^e QTois ajoutées dans qudque restouratiaii. On observera dans les bas-côtés qoe kt pressicoi des voûtes a déformé la plupart des arcs doubleaux; <}^elq^es-uns menacent ruine. L'appareil partout est moyen , et présente des assises bien régulières. Les contreforts sont épais y mais d'une médiocre saillie.

Je crois la façade occidentale restaurée à la fin du xn^ siècle. Une porte en ogiye avec plusieurs archivoltes en retraite, et flanquée de colonnes, donne accès dans la grande nef. A droite et à gauche, deux espèces de meurtrières, au fond d'une niche figurée , correspondent à Taxe des collatéraux. Au-dessus de la porte règne une corniche sout^ue par des modiUo^s fort sim[^es , à demi détruits maintenant. Vient ensuite une lenétreea plein cintre, occupant le centre d'un grand firon^ ton. Ce fronton a été sacrifié par 1 addition d'une tour qui surmonte la façade, et de deux petites tourelles bâties à l'extrémité de ses côtés rampants. La tour, les tourelles et la porte , ont le caractère de l'époque de transition ; tout le reste de la façade me paraît aussi ancien que l'église.

Saint-Junien a été fondé vers le conamenc^aient du VI® siècle. Ce fut d'abord un monastère. Snp* primé à la fin du x® siècle, il devint collégiale. On rapporte que l'église fiit détruite par les barbares vers 85o, puis rebâtie en 880. Toutefois je se pense pas qu'il subsiste rien des constructions de cette

époque. A 'mon avis, l'église actuelle ^ du moins la plus grande partie, daterait du milieu du xi® siècle. A la fin du xii® siècle, on aurait retouché la façade et peut-être encore les dernières travées du chœur. Yoilà les condensions les plus probables que fournissent lés caractères de l'architecture;

Au milieu du chœur, derrière le maître-autel , et fort maladroitement scellé à celui-ci , on voit un tombeau en pierre calcaire très fine, fort orné de sculptures, qui, d'après la tradition, renfermé les reliques de saint Junien. On ne les montre qu'en certaines occasions solennelles. Trois des faces latérales du tombeau sont à découvert ; la quatrième est cachée par le maître-autel ; je ne sais si elle est aussi ornée que, les autres. Le côté gauche du tombeau représente la Vierge dans une vesica piscis, entourée de rinceaux et d'arabesques bysântines, d'une grande richesse et d'un beau travail. Sur ses genoux est l'enfant Jésus , debout et la inain élevée pour.bénir. Il y a de la grâce dans la position de la Vierge et dans l'ajustement de ses draperies qui, bien qu'un peu raides, ne manquent pas d'une certaine élégance; On remarque aux deux pointes de la vesica piscis deux aîiges les mains élevées, dans des attitudes tellement forc'ëes qu'on les prendrait, n'étaient* leur^ ailes, pour dés bateleurs faisant le saut périlleux; mais on sait que dans les principes de la sculpture by santine, l'important est de ne pas laisser de surface lisse ; la vérité des poses ne vient qu'après. Sur la

face du tombeau opposée à celle-ci y vingt-^quatre figurines,, dans des nidies ornées, représentent, je crois, les viùgt-quatréTieillards de F Apocalypse. Tous sont assis, mais chacun dans une attitude différente. Ils tiennent d'une main un instrument de musique à cordes ^ une espèce de guitare ou de vielle; dé l'autre^ quelque chose qui doit être une lampe. La dernière face du tombeau, tournée vers l'Ouest, présente le Christ entouré des attributs, des évangélistes , aussi remarquable que la Vierge par l'exécution des dra])eries et des détails. Sur les tords de la vesica piscïs de la Vierge , on lit l'inscription suivante , tracée en lettres pnciales : . . ., . ^ »

AD : COLLVM : M ATRIS : PENDIÇT : SAPIENTIA : PATRIS ' ME : XPI : MATREM • PRODO : GERENDO : PATREM • MVNDI : SALVATOREM \ GENITRIX : GERIT : ET GENITOREM MATERNOSQ : SINVS \ SARCINAT : OMINUS •

Quelques lettres manquent à la fin du dernier vers, let j'avoue . que je ne saurais les suppléer.. A en juger parla forme des caractères, surtout par, le style des figures et des ornements, ce tonabeau se rapporte à l'époque du bysantin fleuri ; ou vraisemblablement, à la fin du XII® siècle. Le travail en est très fiji, et l'on verrait difficilement une sculpture du même temps plus élégante ou plus riche. Une grande pierre sans aucun ornement couvre ce sancophage. Je ne sais si , comme le pensent quel^ ques personnes, elle remplace un couvercle sculpté,

lequel aurait été détruit. C'est avec peine que f ai vu combien peu de soins on prend de ce magnifique tombeau. On a pratiqué , dans une de ses tàCeSf une ouverture csurée, qui mutile une partie des sdAf^aartAf el on j a sceHé aussi maladroitement qw possible je ne sais combien de senrôa el de cadenas qui ferment une porte de fer. Il est vrai que sous tous ces cadenas sont les reliques dé saint Junien. Ce n'est pas tout , la piété des fidèles, qui paraissent avoir ce saint en grande vénération, entoure souvent le tombeau de cieiçes qui le couvrent de cire et de noir de fumée; A Dieu ne plaise que je trouve à redire aux ciei^es ! mais ne pourrait-on pas les placer un peu plus loin ?

On m'a fait voir encore un autre tombeau dans ime chapelle basse et presque souterraine. Il est orné de deux têtes de lions tenant un anneau dans leur gueule et d'un assez beau caractère pour qu'on puisse les regarder comme antiques. Dans la même chapelle, on a réuni autour de ce sarcophage {^u«eur» statues , toutes fort mutâlées , qui paraissent avoir fÎEàtpartied'un calvaire du xv* siède. Les débris de ces statues^ autrefois peintes et dorées, méritent quelque intérêt, non seulement sous le rapport des costumes curieux qu'elles conservait, mais encore pour leur exécution qui rév^ un artiste assez habile»

Au'dessus de cette chapelle basse , il y en a une autre dans laquelle on ne peut pénétrer aujoiîrd'hui qu'au moyen d'une échelle ; toutes les deux

SAIST-JUHIEN. Itl

sont hien émdmma%nt ajocrtéê» Iffinigteiaps après IftomstaruelMni de^égliM.

Panrsmte d*usmmég]i:gem» ppdoBgée, le» toits el W Toùties de Sakib^oMMi #ftl beaucMmp sotififeil: etHj Bttew îte i i l d«s réparatiofis fort cômidéradïles'. HW «c do«d>leau brisé dans le chœur présente ub éattemstnp éas» se» daveaus qtii doit in^irer de aévieiises inquiétudes. Le secours qae Toas avez bfm Toolu accorder suffira, je Fespère, pour ar^ liftier les progrès delà destruction ; maia à* faudra^ jepMise, le renouveler l'année prochaine, et je eroi» devoir dès à présent recommander cette demande à HBlre Menveittante attention.

CEAf £IiUS^ NOTRE-IUaiB;

KCINES DE, SÂINT-AHAND.

Bansla partie basse de la ville, à Feutrée du pont, sfélève une joKe petite église du xv* siècle , qu'on nomtnela chapelle Notre-Dame. Quatre lèpres colonnes octogones reçoivent les nombreuses nervures de la voûte, qui viennent s'y réunir et se prolongent jusqu'à terre. Sur quelques-unes j'ai observé les emblèmes peints de plusieurs corps de métiers qui sans doute ont contribué à Férection ou à la fondation de la chapelle. L'ornenientation est médiocre, composée principalement de larges feuilles frisées , péniblement sculptées dans le granit.

It2 .LIMOGES.

J'ai visité les ruines de rancienne église de Saint-Ainand sur les bords de la YieBne, éloignée d'un quart de lieue de Saint-Junien. Autrefois cette église et celle de Saint-Junien appartenaient au •même monastère, et /lorsque Saint-Junien fut donné au chapitre de Limoges, l'église de Saint- Amand partagea son -sort. Je ne sais à quelle époque elle fut ruinée , mais l'absence de toute réparation moderne me fait penser qu'elle est abandonnée depuis fort long-temps. Le plan est encore reconnaissable: c'était une croix latine avec trois apsides à l'Est , mais seulement une , seule nef Nulle apparence de colonnes et pas la moindre trace d'ornementation. Ses arcades, qui subsistent encore , sont en ogive ; les fenêtres en plein cintre, celles du Midi beaucoup plus basses que celles du Nord, en raison de la pente très rapide sur laquelle l'église est bâtie. De même qu'à Saint-Junien l'ap pareil est moyen et irrégulier ; une seule apside au Sud, construite de petites pierres noyées dans le mortier, paraîtrait indiquer une réparation très ancienne , ou du moins plus ancienne que le reste; car sur l'âge de pans de murs tout délabrés on ne peut établir que des conjectures. Ainsi, ce n'est qu'avec une extrême réserve que je proposerai I4 date de Féglise : son appareil , ses fenêtres et le mélange d'ogives et de cintres m'ont fait présumer qu'elle remontait au xii^ siècle.

J'observai dans le transsept un petit bassin creusé dans le roc et alimenté par une source ; il

VCHATEAU DE CHALUSSET. 113

était rempli fie morceaux de pain , quelques-uns tout moisis , d'autres paraissaient y avoir été jetéft le jour même. On me dit que ce pain est une of* frande des paysans des environs à saint Âmand qui fait encore des miracles , bien que sa dé* meure soit détruite. Gela ressemble fort à une coutume païenne y et l'origine de cette superstitien remonte peut-être aune haute antiquité. Le Limousin fournit, m'assure-on, plus d'un exemple de ces pratiques bizarres qui peuvent avoir survécu au paganisme. A Cressac deux pierres plantées en terre et très rapprochées (ce sont peut-être des peulvens), procurent des accouchements heureux aux femmes qui s'y frottent le nombril. Ailleurs, c'est je crois à Thiezac, une statue de saint guérit toutes les maladies de ceux qui ont l'adresse, en lui jetant d'une certaine distance des pelotons de laine , de toucher le membre de la statue correspondant à celui dont ils souffrent. Il n'est pas permis de ramasser les pelotons qui s'égarent ; ils appartiennent au desservant du lieu. On le voit, les poètes ont tort d'accuser les progrès de la civilisation.

CHATEAU DE CHALIJSSET.

Bien que ruiné depuis longtemps, le château de Ghalusset, à trois lieues de Limoges, offre encore dans son plan, dont on retrouve facile-

114 C2IATEAU DE CHALUSSET^

ment les dispositions principales'^ un tjrpe très curieux à étudier, de l'architecture militaire au moyen-âge. U est bâti sur une colline couverte de rochers , qui forme un triangle fort allongé , ayant sa base au Sud-ouest. D un accès déjà très difficile, en raison de l'escaipement de ses pentes , cette colline est encore défendue par deux ruisseaux, la Bréance et la ligoure , qui, en se réunissant au iN^ord-est, à la pointe du triangle, en font ime espèce de presqu'île étroite. C'est au Sud-ouest que le terrain est le plus élevé ; de là , il s'abaisse graduellement jusqu'à un pont , dont on voit encore le$ ruines dans le lit de la Bréance. En examinant ce site , on reconnaît qu'il n'est guère accessible que de deux côtés : soit au Sud-ouest; soit à la poînfee exposée, en traversant l'un ou l'autre des ruis^ seaux , qui sont guéables pendant [presque toute l'année. U paraît qu'à l'époque où le diâteau &t construit , on regardait ce point comme le plus faible , car on y a multiplié les moyeifô de défense.

Lorsque , après avoir traversé la Bréance, on ar*rive à la pointe du triangle, on aperçoit des murs à moitié détruits , suivant les contours du terrain qui, dès lors, commence à s'élever rapidement. Au milieu de ces ruines se présente une entrée oblique, et quand on l'a franchie , on a devantsoi toutes les parties du château, s'^evant l'une au-dessus de l'autre comme sur des gradins. D'abord, c'est une haute tour, précédée cfun Ibssé

CHATEAU DE CHALUSSET. 115

ou d'une coupure; derrière , les substruc^ions d'une redoute carrée , dont la tour formait sans doute le centre autrefois. Dans le pays^ cette tour se nomme la Jeannette ; je n'ai pu trpuvçr l'origine de ce nom ; elle est carrée y avec un cpn^ trefort au milieu de chacune de ses faces, h^, porte, élevée d'une douzaine d^ pieds , n'a point d'esca^* lier qui y conduise , soit que jadis Japlate&^rme de la redoute fut au niveau de cette porte , soit qu'on y parvint au moyen d'une éch^Oie ^ qu'en cas de danger la garnison retirait à l'intérieur. TeUes sont la plupart des tours bâties dans le midi de l'Espagne, pendant les guer^-es continii^es des ]^ures et des chrétiens. L'appareil de celle* ci est régulier, mais l'amortissement es^t détruit. Elle n'a d'autre ouverture que la porte au Nonloaest, et une fenêtre, ou plutôt une meurtrière, du côté opposé. N'ayant point d'écheUe, je n'ai pu pénétrer dans l'intérieur, mais on m'assure que les différents étages sopt ruinés aujourd'hiii. La Jeannette était destinée évidem* ment à éclairer les approches de l'ennemi; en outre, pour parvenir au corps de la place , au château proprement dit, il devait nécessairement passer à portée de la tour , en sorte qu'il avait à forcer ce premier ouvrage , avant de pousser plu3 loin ses attaques.

A partir de la Jeannette le terrain s'élève de plus en plus, et, à soixante mètres environ de la

tour, on franchit un nouveau retranchement, per-

116 CHATEAU DE CHALUSSET.

pendiculaire à Taxe de la colline , dont il ne reste {dus que quelques pans de murs et une porte cgiyale sans ornement , du côté de la Bréance. Tai cru reconnaître qu'il s'étendait d'un versant à l'autre , barrant ainsi tout le plateau. Sur le bord des pentes y les substructions se dirigent parallèlement à celles-ci y et je crois qu'elles se lient à l'enceinte principale.

L'entrée du château ( car nous n'en sommes encore qu'aux ouvrages avancés ) regarde le* Nordest ; mais avant d'y arriver, il faut encore surmonter d'autres obstacles. En avant dé la porte se présente une espèce de redoute , dopt l'entrée est percée obliquement , par rapport à celle du diâteau. La muraille d'enceinte de cette redoute décrit une courbe , et se perd sous des monceaux de décombres , en se dirigeant vers les substructions dont je parlais tout à l'heure.

Nous voici enfin devant le château. La porte, ogivale, est percée à la base d'une haute tour carrée, couronnée de mâchicoulis, et se liant, à droite et à gauche, à des courtines également fort âevées , et sur lesquelles les mâchicoulis se continuent. Dans ces murailles, de longues meurtrières, destinées sans doute à des archers et percées un peu obliquement, paraissent destinées à battre les approches de la porte , et même l'intérieur de la redoute , si elle tombait au pouvoir de l'ennemi. Malgré le délabrement de la forteresse, on reconnaît encore au-dessus de la porte les rainures d'une

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