‹ Notes d'un voyage en AuvergneChapitre 3 sur 70 · MAISON DE JACQUES CCEUR · texte numérisé non relu

MAISON DE JACQUES CCEUR

. Après la cathédrale, la maison de Jacques Cœur est le monument le plus célèbre de Bourges, celui que les habitants montrent avec le plus! de plaisir et de fierté; c'est en effet un grand nom que celui dé Jacques Xjoeur, et sa ville natale doit à juste .titrc s'enorgueillir d'avoir conservé ce souvenir de cet homme extraprdiiiaire. Jacques Cœur . ne fut pas un parvenu, son mérite ne se borna pas à faire une immense fortUAe ; tour à tour diplomate , uûr sistre des i^ances,. Ji^miral , il se montra toujours digne des hautes fonctions qui lui étaient confiées ; il fut en quelque sorte le. représentant de l'émancipation de la, bourgeoisie. , :

Aujourd'hui l'hôtel de Jacques Cœur, après avoir passé en différentes mains , est devenu une pror priété de la ville, et la cour royale tient ses séances dans la maison d'un homme dont le nom rappelle une éclatante injustice ; cette destination a dénaturé presque entièrement les dispositions intérieures de l'édifice; jusqu'alors il avait peu souffert, du .moins les fortunes diverses qu'il avait éprouvées n'avaient point détruit son caractère original.

Maintenant^ au milieu d^aménagements nouveaux^ on a peine à deviner la distribution primitiTe des appartements. Pour donnerdu jour aux salles d'au-^ dience y on a brisé les meneaux qui divisaient les fenêtres; des ouvertures nouvelles ont été per-^ cées sans aucun égard pour l'effet qu^èlles devaient produire ; ailleurs , pour s'agrandir, on a bouché des arcades y c'est ainsi que la galerie qui environ^ nait la cour intérieure s'est transformée en une suite de chambres pouf les huissiers, les greffiers et autres gens de justice. Ce n'est pas tout, le besoin de place a foroé de diviser plusieurs hautes salles par des planchers de refend , ou bi^ d'une grande chambre on a fait quatre cabinets. Comment re<« trouver aujourd'hui ces vastes salles morcelées de kt sorte ? E^ifin, et c'est ce qii'il y a de plus déplo-* rable, toute l'ornementation intérieure a disparu par suite de ces tristes changem^its ; adieu les lambris, les corniches, les sculptures qui couvraient les parois ; on n'a pas même épargné les vastes cheminées, dont une surtout était célèbre pour la tidiesse des basH^lie& qui la décorarent(i). L'apparence extérieure de l'hotd a moins changé ; on devine pourtant tout ce que ces moulures flamboyantes, si fragiles, ont dû sou£frir des injures du temps et de la négligence des hommes ; mais là du moins on n'a pas détruit à plaisir, et l'on compr^id qu'avec de Targent et du soin on

(f ) Celle de la salle à manger.

MAISON pÇ MCQy^ CC£UR. ffip

Pfl\if ITiiit tout rejJftHrer ; i^ np sj^v^jt en e|fe( qij^e 3p FÇWplSÇÇr des pierr^ vermoulues, bq^cUpr 4f^ cr^Y)is$^ , ^idpter 4®s portions de pipu^ii^s ^4fl9^?^^gé^> nulle part on pe si^raU réduit à tptil; yei^ire à ftçuf çt sans R^odèk, çoijame f?e ^ f?H )<? ç^s s| Ton ççsapit de restaure^ l'ii^téfieur 4h priais.

L'hôtel de Jacques Cœur fut bâti vers, la 4^0^-* dfnce |de l'architectuf-e gothique, lor&qp'elle fiyait pçrdu 1@ s^ret 4^ fies pq^struçtiq^s grandioses ^ h*rili?$ qpi ?ig^ftlièFent sjbs 4ébut§; pour racheter m d^fi^ufs, e^le n'j^yait a^ors que la grâce , et si je pu^ m'e^primer ainçii 1^ coqu^ftf^ie de ^es dé* t^ils.. P^ ^uJQurfl'}>ui , par \^, destruction de la f)éf^ratiof) int^ienre, lia plus gr^dp partie de ce ipérite est per4uej ma t4cl}^ sera cçurte pour ijf\T iiqjaev le^ parties qui existent epçore.

le plm mt rf«w ntrm^. Mg^di^rit^ f gi d^jâ^

4it pluj^ haut qu'une pai^t^ 4? T^P^^} était bâtje sfXJ^ 4'^nci^nn^$ fbrtifipatipn§ jpjon^ainves ; c'est |e cprps ije Htiipppt dppnai^t mr î? P^aœ (iie Berry ; 4e ce 69téf la fw^de sfi çpfppg^ de trois twrs inégalepiisp}; e^p^oéi^, ijfWérfîntes 4? ^î^^tf^f ^ de fprfne^ tpi}tes presque entièrement ni^ps; i^ie seigle se di^ tfiigue par i^n })alcon dpnt 1^ |:>alustrade est prnée } l'apparence de cette façade est tout^ militaire. Au cpntr^jr^i la faça4e opposée qui donne sur la rue Jax^ues Coeur n'a rien de féodal , et n'arinp^cjs qu'une grande et opulente maison ; elle se compose d'un pavilloi?. flanqué d'une pef'te tourelle fort

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ornée de]clochetons et de moulures flamboyantes ^ et à droite et à gauche, de deux corps de bâtiment d'un seul étage, dont toute la décoration con^ siste dans les ornements capricieux des chambranles j et des balustrades qui garnissent les fenêtres (i) ; celles-ci sont irrégulièrement espacéesr, et l'on n'en trouvera.it pas , je crois , deux du même diamètre.

Le paydlon central renferme une petite chapelle très ornée , dont la voûte surtout est couverte de fresques ii'une admirable exécution , et qui représentent des anges en robes blanches sur un fond bleu semé d'étoiles d'or. Ils tiennent ime grande banderole qui se contourne en mille replis, et sur laquellesont tracées des inscriptions tirées des livres saints. A un dessin toujours correct , souvent d'une pureté singulière, l'artiste a su joindre une si grande variété de types et d'expressions , qu'on serait tenté de prendre cette multitude de têtes pour autant de portraits de beaux enfants. Si cette voûte a été peinte du temps de Jacques Cœur, je ne doute pas qu'il n'en ait confié l'exécution à des artistes italiens, qui peut-être se seront servis des cartons de grands maîtres. A mon avis , cette chapelle seule est un monument admirable , et l'on

(x) Entre ta tourelle et le pavillon , la balustrade d'un balcon , évidée à jour, dfTre la devise des barons de Salnt-Fargëau, adoptée par Jacques Cœur, qui était bien digne de -la porter : A VAIL- LANTS COEURS RIENS IMPOSSIBLE. Les lettres curieusement ornées sont découpées avec une merveilleuse finesse.

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