‹ Notes d'un voyage en AuvergneChapitre 2 sur 70 · MURS ROMAINS · texte numérisé non relu

MURS ROMAINS

pourquoi lui donner un a{^>areil si si^rieur à celui de Fenceinte ? pourquoi ces pilastres qui an-» noncent une ornementation d'une certaine élé* gance? On observera en outre que le demi-ovale ne se lie nullement à la muraille ; au contraire il la pénètre brusquement. Il semble donc plus pro- ' bable de lé considérer comme un reste de quelque édiBce antique , d'un petit sacellum, par exemple, antérieur à l'érection de la muraille , et plus tard compris dans l'enceinte fortifiée qu'on dut élever d la hâte lors des invasions des Barbares ; sa forme le rendant propre à la défense, on en aura fait la base d'une tour.

D'autres murailles romaines existent dans le jardin de l'archevêché, toujours à petit appareil entremêlé de lits de briques , mais avec un parement mieux conservé. D'après leur pofâtioii très voisine des murs de Séraucourt et leqî» direction sensiblement parallèle, on a lieu de croire ou qu'autrefois Avaricum avait une double enceinte, ou bien que les remparts de l'archevêché ont fait partie d'une fortification intérieure , d'une espèce de citadelle. C'est sur l'emplacement de ce jardin que s'élevait autrefois la fameuse tour de Bourges dont il est souvent question dans l'histoire de nos guerres civiles ; aujourd'hui il n'en reste plus aucun vestige.

Il faut encore citer comme un reste des fortifications romaines , une partie de l'hôtel de Jacques

Cœur. La façade qui regarde la place de Berry, présente à la base de. ses tours le parement et les lits de briques que j'ai déjà décrits; on voit: en outre dans une tour ronde une ouverture cintrqe, bouchée aujourd'hui, surmontée d'une archivolte à claveaux entrenjelés de briques. Jusqu'au XIII* siècle, cette muraille bornait la ville de ce côté (ï) et touchait aux Arènes, entièrement détruites aujourd'hui, mais dont le quartier voisin^a pourtant retenu le nom.

CATQÉOAALS.

La catl^drale est assurément le monument le plus remarquable et le plus digne d'intérêt qu'il y ait à Bourges ; on la met avec raison au nombre des plus belles églises de France , et il n'y en aurait peut-être pas qu'on pût lui comparer , si cet immense édifice eût été achevé assez rapidement pour éviter des différences de style qui nuisent aujourd'hui à l'effet de l'ensemble.

Saint-Etienne est trop connu par de nombreuses

(i) Une charte de Louis VIII, 1224, permet aux habîtans de Bourges, en raison de l'agrandissement de leur ville « de bâtir sur les anciens remparts.

pujbikatioiis , pour que je m arrête à le décrira en détail; je me bornerai donc à indiquer brièveni^nt ses principales dispositions, et seulement pour motiver les observations auxquelles elles me semblent devoir donner lieu.

C'est une basilique arrondie à son extrémité orientîale, et entourée en ce point de cinq chapelles toutes remarc^uablement petites ; le terrain s'abais- San t vers TEst , ces chapelles reposent en encorbellement sur des espèces de consoles. Sdus lés bàscôtés du chœur s'étend en demi-cercle une crjpte, ou plutôt une église souterraine , dont les voûtes retombent sur d'énormes piliers composés de colonnes trapues , groupées en faisceau ; le centre de cette crypte est plein, à l'exception d'un réduit correspondant à peu près au maître-autel de 1 église supérieure, et occupé aujourd'hui par un calvaire dans le style.de la Renaissance, d'une très médiocre exécution.

Je réviens à l'église supérieure. Quatre rangs d'arcades de hauteur inégale, la divisent parallèlement à son axe. Pour la nef et le chœur, la disposition des travées est sensiblement la même, il n'y a guère de différence que dans la décoration des galeries supérieures j et contre la pratique ordinaire du moyen^âge , celles de la nef présentent plus de recherche que celles du chœur , d'où Ton peut conclure, ce me semble, qu'elles leur sont postérieures en date.

Les piliers , à l'exception de ceux qui touchent

à la &çâde (i) , sont uniformément cytiDdrK qxtf» j entourés de longues colonnettes faiblemeot» engagées dans le massif qui fenne le noyau du pilier. Très fréquemment reproduite pendant la période du gothique primitif, cette disposition donne sans doute Fapparence de la légèreté, mais elle n'a pas à mon sèntiçient Véléganee des eolonnettes groupées en faisceau , dont l'usage mévalul ^ots la suite. Quant a.ux chapiteaux, je les trouva décidément médiocres. En général^ leur orn^uen*. tation se réduit à des crochets ou de larges femHes. plates et collées, à la corbeille, comme si l'pn eût craint de leur donner quelqtie saillie, l'ai remar* que cà et là des figurines entremêlées à ces larges feuilles. Quelle que soit leur forme , tous ces chapiteaux annonceat des ouvriers encore peu &mil^« risés avec Yorr^mentation végétale qui caractérise le style gothique. Au contraire ,< les chapelles ajoutées à l'église dans le xv« siècle se disjdnguent par la richesse et Féléganee de leur décoration. A partir de cette époque, et jusqu'à la fin de la Renaissance, totfô les monuments de Bourges se font remarquer par la grâce et le hc^ goût de leurs détails ; d'un, autre côté^ pendant la période bysantine, nous en aurons bientôt la preuve , il y avait à Bourges de très habiles sculpteiu^w II semblé que du xiii® au xiv^ siècle on ait négligé rornëmentatipn ,

(i) Ce son» d énormes nxassifs,, flanqués de colonnes ck Ipus côtés.

SAINT-EllENNE. 7

|e tiis Y orr^tnenùaêion wgéiale qui s'apf^ique axoL moulures et aux ch^iteaux , car. le portail nous révélera tout à Fheure des statues et deë. bas^elîefs de ce lenpips ^ admifajbles par leur exécotîou.

Il y a peu de voûtes aussi hardies que cdile de la §raBde nef de SamtrÉèieuQe ^ elle a ée&t dix pieds sous clé ^ et sa portée est odnsidéra^ ;: pourtant IWet de cette grande élévation est |ierdu en partie^ et n'a guère d'autres résultats que de ùàre désirer une élévation encore plus considérable f nécessaire pour conserver à la nef dé justes proportions. En effet , Foeil le moins exercé est d'a^ bord choqué du contraste entre la hauteur inusi^ tée des arcades et le peu d'élévation des galeries supérieures et des fenêtres qui les surmontent; ces ga* lerie» sont basses et comme écrasées. Uéglise ayant cinq nefs ^ on oonçoit qu'il a fallu! allonger extra-» ordinairemient les> arcades centrales^ pour qâe celte» des cc^latéi^aux ^ qui vont en décroissant ^ ne fassent pas trop baisses ^ de là , le défaut que je viens de sttgnaler, défaut pï'esque inévitable âveo le parti pris de doubler les coUatéraurx; Dans le véritable système gothique.^ on observé un rapport constant dans la division^ des travées ; rarement, je croîs , trouvera-t'^fMQf que le sommet des arcades inférieures dépasse la moitié de la hau-< tewr totale. On sent qu'on ne peut formuler ici une proportion mathématique ; mais il est certain q*ie le go&t ne permet pas l'exagération d'une*

partie aux dépens d'une autre. Le raccourcissement des fenêtres produit encore un e£fet plus fâcheux ) c'est de diminuer l'impression de sur* prise que cause dans la fabrique gothique une voûte séparée des piliers qui la soutiennent p^r un vide immense.

Il semble au reste que l'architecte ait senti lui* même les défauts que je viens de marquer^ et c'est sans doute pour les dissimuler autant que possible, qu'il a multiplié les divisions dans le haut de ses travées : ainsi les galeries ont six arcades j et l'ogive niai tresse des fenêtres, renferme trois ogives, étroites qui, considérées isolément, ontl'élancement qui donne tant de grâce aux bonnes constructions gothiques; toutefois les fenêtre^ prises dans leur ensemble, ont une forme bizarre et presque désagréable. On[^peut en outre leur reprocher de ne donner qu'une lumière insuffisante , et s'il faut éviter de jeter dans un monument religieux un jour trop éclatant , nul doute que l'excès contraire ne soit une faute assez grave ; il est juste d'ajouter qu'elle paraît plus sensible aujourd'hui que les galeries supérieures, à jour autrefois, sont bouchées, par suite de l'élévation du toit des collatéraux.

Saint-Etienne a conservé en grande partie ses vitraux. U y a en de toutes les époques, depuis le XIII* siècle jusqu'au xvn®. On y passe en revue pour ainsi dire , tous les systèmes successivement adoptés dans la peinture sur verre. Ici , des verrières du XIII® siècle, divisées en petits comparti-

mentSy représentent la plus ancienne manière, que l'on peut comparer à une mosaïque transparente; là, de grandes figures du xv^ et du xvi® siècle , travaillées par les procédés de la miniature, montrent un dessin plus correct, une exécution plus soignée, quelquefois des couleurs aussi riches et aussi éclatantes, mais rarement TelFet général et de décoration est. aussi heureux que dans le premier système. A mesure que les peintres verriers se perfectionnèrent dans le dessin, il semble qu'ils aient voulu se rendre indépendants des architectes, isoler pour ainsi dire leurs ouvrages , et d'accessoires qu'ils étâien t leur donner une importance capitale.

Parmi les verrières relativement modernes, je citerai les compositions qui ornent la chapelle, dont on attribue l'érection à Jacques Cœur, très remarquable d'ailleurs par l'élégance des sculptures d'ornement; celles des chapelles de Saint- Loup et de Saint-Denis; 'une espèce de tableau de famille représentant son donataire , P. Tuillier et ses enfants (daté de i53i ); enfin une belle Ascension de la Vierge, offerte par le maréchal de Montigny, en 1619: le maréchal et sa femme, peints à genoux, presque de grandeur naturelle, occupent le bas de la verrière. Ce sont deux excellents portraits. *

Avant de passera l'extérieur de la cathédrale, je dois parler de quelques statues , de marbre pour la plupart , déposées dans la crypte. La première^

qui attire d'abord l'attentîoii^ est celle du duc Jcfiii^ couchée sûr son tombeau. En \h Voyant il est hiipossible de ne pas ctoire qu'elle! i^nd fidèlêflietit les tt^aits du prince. Large et carrée ^ la tête , dépourvue de noblesse y exprime k bienveillance e% la douceur àVec une naïveté cjui garant^ là: ressemblance* Leis driqperiies^ smipleâierit e^Ustéè^^ ont un mouvement vrai et naturel (t). Àiîtotir du tombeau on a groupé récemment d'autres statuer beaucoup plus modernes, et d'une assést. bonne exécution ; ce sont les portraits en pied àtx maréchal de Montigny, remarquable par sat Pè^ semblance arec Henri IV , de Guillaume de f Aubespine , de Charles , son fils , et de Marie d0 Ië Châtre , épouse de dé dernier. Trais autresf stàltïes sans fêtes et fort Éintilées , ont été déposée^ d^ns,

Cy repose prtoce de très noble MémDyre tbod seigiveinr Jehan , fils, frère y onele de roys de France et nepveu de Temperear^ Charles, roy de Behaîgne , duc de Berry et d'Auvergne, cbint& de Poîtoa, d'Etampes, de Greîn, die Boufogne — et d'Ativerghe pair de' TfAOcë (fa\ édifia , fonda , dota et garnit de tiPés aarlntt^. reliques et de très riches — ornemens cette sainte chapelle (la chapelle royale d'oà vient le tombeau) et trespassa à Riris en l'aa§^ de hXXVÏ ans y l'an mil quatre cens seize, le quînzièàie ioï du mois de iuhig. Frîiez DTevi pour Fattie de loy et en méitiloîré ducpiel Charles — VIP roy de France son uepveu et héritier prince très piea et très victorieux fist faire ceste sépulture.

On lit sur une banderole attachée à l'épaule de la statue les vers suivants :

^ Quîd sublime decus qoid opes qoid gla prestent (gloria) Prospice. Mox aderant LXX michi , nunc abeunt

SAZNT-ÉTIENNE. 1 1

de& coins obâcurs de la inéme crypte; deux, peintes et dorées, de la fin du xv^ àiècle^ provienn^it, m'a-t-on dit, de Tancienne chapelle royale, aujourd'hui complètement détruite ; Fairtre, en marbre tellement poli qu'il ressemble à de la porcelaine^ me parait un excellent morceau du. xiii^ siècle. C'est une Yierge assise, avec l'enfant Jésus sur ses genoux. Les draperies sont admirablement rendues , et je ne connais point de statcie de la même époiC|ué qui , pour la finesse du tratai), soit comparable à celle-ci. Elle rappelle la charmante Vierge qu'on voit à Paris dans la sacristie de Saint-Germain-des'Prés. Il serait bien à désirer que cette belle statue fût retirée de la crypte et placée honorablement au grand jour.

La façade de Saint-Étienne est décidément mauvaise , et du plus triste effet ; il est vrai que ce fat la dernière partie de l'église à laquelle on travailla, sans chercher aucunement d'ailleurs à la mettre en harmonie avec le reste de l'édifice. Les tours ne sont point pareilles , et tout le haut dé la façade appartient à un style qui contraste désagréablement avec celui des parties inférieures. Enfin, pour compléter le désaccord, la tour S. est çontrebutée par un énorme massif , qui se lie à la &çade au moyen d'un arc servant d'éperon. Rien de plus lourd et de plus disgracieux que cette construction , dont on ignore la date. Entièrement dépourvue d'ornementation, il est bien difficile de la rattacher à une époque précise.

Quelques antiquaires la croient du xv* siècle , d'autres la font encore plus moderne (i). On sait que dans le principe la £a.çade était flanquée de deu:s tours semblables et régulières. En i5o6, la tour du Nord s'écroula, et fut bientôt après remplacée par la tour actuelle. Comme cet accident dut inspirer des craintes sur la solidité de la tour du Sud y il serait possible qu'on eût songé alors à la contrebuter. Je ne cacherai pas cependant que cette date me paraît bien moderne pour qu'il n'en reste pas de témoignage authentique. Pour en finir avec cette masse singulière , j'ajouterai qu'on y a pratiqué une chapelle et des cellules pour les prisonniers de l'officialité ; mais rien dans l'intérieur ne donne des renseignements sur répoque de sa construction.

La tour du Nord actuelle , qu'on nomme la tour

(x) Une charte de Philîppe-le-Bel , Urée du cartulaîre de Saint* Etienne, et dont je dois la communication à Tobligeance de M. Raynaly avocat-général à Bourges, relate un fait curieux pour rhistoire de la cathédrale , mais qui ne se rapporte point ^ je crois , à la question qui nous occupe. « Cum prout relatione fide^ « dignorum accepimus TOITT^ eccte àittwicetuis minentur jyincan , dic' m taque eccla magnâ repartUione indigeat CCCC Ubras ttironenses * capitttlo remittimus, i8i3. ■ Ou ne peut^ je crois , traduire le mot voutee que par voûtes. S*il s'agit des voûtes de la nef ou du chœur, on conçoit difficilement que construites dans le xiii^ siècle , elles eussent l^soin de réparations en i3i3. S*agirait-il des voûtes de la Tour S. que l'on aurait soutenues par cet éperon bigarre? Mais il me semble impossible qu'au xiv" siècle on ne Teût pas orné davantage; d'ailleurs, en i3i3, la tour S. ne pouvait être terminée, cartie n'est guère que vers i4oo que l'on peut placer l'érection du dernier étage.

de Beiirre , parce que le produit d'un impôt sur cette denrée servit, dit-on , à la bâtir , fut. achevée vers le milieu du xvi* siècle. On lit sur une pierre, placée à peu près à moitié de la hauteur de. l'escalier, Tinscription suivante, qui indique, je crois, la date du commencement de la reconstruction :

a Ce fust l'an mil cinq cens et six de decebre « le derr io"^- q pr ung fbndemet mal sis de St. « Estie follit la tour, j 5^3 le m'' iaur fut assise « cette pnte pierre. »

L'escaher qui mène au sommet de la tour est renfermé . dans une tourelle octogone tangente à celle-ci , et éclairé par vingtntrois fenêtres disposées çn spirale. Malgré la profusion d'ornements , les clochetons , les pinacles , etc. , les larges moulures qu'on voit aux différentes divisions de cette tour, son aspect est totalement dépourvu de noblessse ou d'élégance, et lorsqu'on l'examine à distance il est impossible, au milieu de la forêt de clochetons qui Tenvironne, de reconnaître son profil. Cette confusion dans la décoration , et surtout sa forme trop sensiblement pyramidale, lui ôtent de la hardiesse sans lui donner l'apparence de là solidité.

Je ne trouve à louer dans la façade, que ses. cinq portails, tous ornés de belles voussures et de riches archivoltes en. retraite les unes sur les autres. Dans le nombre prodigieux de figurines qui couvrent les voussures et les tympans, j'en ai observé beaucoup d'une admirable exécution et

qui pourraient aiUrer en parallèle a^ec UMit oe que Tart gothique nous a laissé de plus gracieux. Un écha&ud élevé pour des réparations que Ton faisait au grand portail j m'a permis d'examiner de très ptès beaucoup de ces jolies. statuettes, et ce ne fut pas sans étonnement que je les vis toutes terminées avec un soin minutieux, quelle que fût la distance à laquelle elles devaient se trouver du spectateur. Tmi surtout admiré une statue de sainte, à gauche de la > rose du grand fronton , et je ne connais point de sculpture de la même époque ( probablemeat la fin du xiii* siècle), qui soit exécutée avec plus de grâce et de naïveté.

Comme on le pense bien, les cinq portes ne sont point toutes du même style ni du même temps; outre des retouches nombreu^s, plus oa moins modernes et qu'on observe partout , il n'est personne qui ne remarque que la porte voisine de la tour de Beurre est la dernière terminée. En raison de la grandeur du travail , on peut croire que cette partie de la façade , commencée dès 1^ xiii'' siècle, n'a été achevée qu'au xv^. Les parties supériem«s sont encoiae plus modernes.

Depuis plusieurs années on s!oceupe d'une grande restauration de Saint-Étienne (i), et le portail principal surtout , mutilé par les guerres civiles et la révolution , a donné lieu à des travaux considérables. Sans doute on pourrait critiquer

(i) Dirigée par M. JulHen et M. Romagnesi.

SAINT-ÉTIEHNE. 15

bien des sluttiettes modernes cpii rèmplaeenC ceiies qui avaient disparu , mais il est juste de convenir qu'en général il y a plus k louer qu'à reprendre^ et l'on a lieu de s'étonner qu'avec des ouvriers qu'il a fallu former^ on soit parvenu à faire des pastiches aussi fidèles. Le haut de la façade est fort en re* traite sur l'alignement des portails y et ne s'y lie même que par d'énormes contueforts qui la divisent verticalement. Je ne puis comprendre pour« quoi Ton n'a pas essayé de les déguiser en portant en avant la grande fenétm occidentale. Vues de la place y les portions de cette £açade comprises entre les ' contreforts rappellent involontairement un édifice en démolition^ dont la paroi extérieure serait déjà abattue et dont il ne resterait que les murs perpendiculaires à la rue.

Lies "arcsrboutants appliqués le long des murs de la nef so»t de hauteur différente; on voit des contref<^ts avec trois arcs, tandis que le plus grand nombre n'en a qu^ demf,. Je ne puis guère m'expliquer cette bizarrerie^ justifiée seulement vers le milieu de l'église 9 en un point ou s'élevait jadis une petite flèche qui partait du toit. Là, le besoin d'une plus forte résistance devait faire multiplier les ançs-boutants ; ailleurs , on croirait qu'ils n'ont été placés que par tâtojanement et à mesure que le besoin s'en faisait sentir.

Autrefois il n'y avait paç de balustrade autour des toits : celle qu'on voit aujourd'hui est toute moderne. Sans doute y en principe , on a tort de faire

des additions au plan original ; ceUe«-ci pourtant est d'un efïet agréable, surtout vue de loin. Seulement , il est fâcheux que Ton n'ait point teinté les pierres modernes qui tranchent trop crûment avec les murailles noircies du xiii^ siècle. Je blâmerai encore la forme qu'on a donnée à ces balustrades y ce sont des quatrefeuilles dont les crochets rentrants se terminent en boules. , Pour s'accorder avec le style général de la nef et du choeur^ il aurait fallu copier les balustrades le plus fréquemment reproduites dans le style gothique primitif, c'est-à-dire une suite d'arcades en ogive ou de cintres trilobés.

Dans toutes les parties de la cathédrale dont j'ai parlé jusqu'à présent, il n'en est aucune qui ne se rattache au style gothique : on le trouve , primitif, dans, la crypte et le choeur; un peu plus orné, dans la nef; fleuri, dans les portails; enfin , sur son déclin , dans les parties supérieures de la façade et surtout dans l'ornementation de la tour Nord. Il me reste à parler des deux portes latérales s'ouvrant au centre de l'église , toutes deux appartenant au style byzantin fleuri et qui, par leur disposition générale aussi bien que par leurs détails , contrastent fortement avec le reste de la fabrique.

I/une et l'autre sont en plein cintre , divisées en deux ventaux par un pilier sur lequel s'appuie un large bandeau d'imposte ; au-dessus un tympan décoré de bas-reliefs. Stir le tympan de la porte

du Sud, on voit le Christ au milieu dés attributs des évangélistes , et sur le linteau au-dessous , les apôtres, chacun dans Fintérieur d'une petite arcade.. La statue de saint Etienne est appliquée sur le pilier qui refend la porte , et six grandes statues garnissent les parois latérales. Du côté opposé , le bas-relief du tympan représente la Vierge assise , entourée d'anges , et tenant dans ses bras l'enfant Jésus. Le reste du tympan est rempli par des figures moindres de proportions qui forment plusieurs sujets distincts y tels que l'Adoration des mages, l'Annonciation, etc. Il n'y a sur le bandeau d'im-^ poste qu'un rinceau très large et d'un caractère singulier ; on le croirait copié d'après une frise antique. Point de statue sur le pilier de ce côté (i),; mais deux statues de femmes fort mutilées sont sculptées sur les piédroits de la porte. Colonnes à fûts guillochés , chapiteaux historiés , riches archivoltes , tout cela est commun aux deux portails. Dans l'un et Tautre les figures longues et roides , révêtues de draperies à plis fins et serrés , les costumes d'une richesse extrême et d'une forme orientale rappellent d'une manière frappante les statues de la porte royale de Chartres ou du portail Sud de Saint-Julien, au Mans. Il est impossible d'y méconnaître le style bysantin fleuri, et toute personne familiariséje avec la sculpture du moyen-

(i) Probablement il y en avait une autrefoi9> que l'on a enlevée dès le xvi« siècle pour la remplacer par une peinture à fresque dont on voit encore quelques traces.

âgé ti%éâitet*a paé k fît^èr leur date vers la 6to en Xîï^siëclt. Leb déàx porter sont précédée dHhi pbrchë ouvîek*t de tr6iis côtés ^ d'uh ^yk tout dififêréni, dii m^ins <{uàttt aux détails. Châicune de s'é^ i&cës iprésekité un grand arc e& plein cintre qu'uïi jj^îliet*, forméde tyuAtrè colôiâiett^gï'oupéeft,. divî^ ien deui àrcâdé^ à cihtre tttfobé. llné tt^se 4 six Ibbes ocbupè lé baàt du %j«n(râ)r. A ccfté de ëé^ arà» eti pleiti ciàlré èh éhsé^vè Avec Bili^i*ise te^ châ^téaux des ët^&hUi^s ôHiés diè fèuiiiageâ o^ de eroëhéts bîen ^vide^tnënt gotliSques. Ùû en voit même qùd<|ti^5^*in's avec le doublé bosquet Ai^ xiV* ^ièc!e •, et le coiilfraste est frappaM entré ce» cbk^ifeàtix SI t^ràctëristiquès et ceux des col6mië& bysantihés^qui les tbudienti La^Éërénce<}e istyfé et de date est taiànile^l^.

Si Ton eA bi^ôit tine tra^oti dont je n^âi |>o réprouver ibrigine, ttais qùt toe mê semble qu'une ejcpiicàtlofi îincifenneteeht préposée pouï» i*es|>èÉfe d%idgme '^i ^ous oîéfeùpfev ^^ )HiM6s ^\iiiraf<eM: poîAimé destiheés prîmMVeiœtèkit à l'^lfsêde Sàttû^ Éâëhhè : èfUéss^M^t les ^^tiUrls télsti^êsd'âH éilî&«e dëtnïit ^cfênnëM^t; ^ ^ecmsei^f^éès éto^ raiëèn Ùb léui^ tyelté^ âcAipMi'e§9 on tes aurait tltin^pôli:ée6 à là ^làce qu^ëllefs ôccàpent âujôurdlitai. Je ne puis admettre <ietté «ix^îc^on. Quel^^u^^ s6tâ «qu'oik ait pu sq^piorter.li ce déplacement, il ^éràfift knpôssible qu'on n'en yit pas les traces. Bien plus> les blocs d'un échantillon considérable > dans lesquels sohI taillées les statues et les colonnes , font corps aV^c

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l'a|pp««fl àet murs de l'église. Les aieises se «uvrent réguitèrement^ et Ton ne Toit auean point de mo^ dure, ^ «e n'est aux^porohes gotkii|iies tlonl: je riaos de parleii», A Tintérienr de Téglise du côté Siid ^ le . tympan âfi la porte est ogival et ^entouré de moiet iures identi^ittes arvec œlles qui ornent la &ce eitérienre. Tout se réunit en un mot pour former une tonstmction originale el de toutes pièoes. Quant k tnoiy je n'hésite point à regarder ces portes comme appartenant à la consttiicticm primitiire de Saintr Etienne, fl y a plus d'un exemple ^ on le sait^ de mélange de styles semblabk à celuint^ , dans lek ^lises balaies à Tépoque de la tran^on du byzantin 'sta gothique. Pourquoi ne pas admettre que iek ^ocd>assements de f église et les deux portes en question ont été achevés à fa fin du xn^ siècle ? La crypte peut «lussi bien dafaer de cette époque que du conmtencement du ^ii^. l'ajouterai que If simplicité remarquable de rintéiîeur de l'église . lait sitpp^ser qu'il a été achevé avant le x«v^ siècle, et si Ton fait attention à la grandeur du travail^ la durée d'un siècle pour ces constmctÎGais ne paraîtra pas improbable* Quant aux pordbes^ la fonme caracl^s^ne devenus chapiteaiia m'engage à les croire du^xiv^ siècle, et îl farut ici noter ce àdt singidier de$ arcs '^n plein cintre , cunsiariute comme 3 tsemble avec l'intentioiet de raccorder cefte <x>nstrucfion ajoutée, ai^ec celles qui i'avoisinent. Déjà j^avais remarqué un exemple encôspe phis frappant d'une tentative semblable; c'est à

SaJnt-Ser^n deToulouse ,. dont la tour, bàt;ie également dans le. xiv* sxèele> consjBrye le Garaietère bysantin de L'ë^Hsé aveq une fidélité que no&architectes modernes n'imitent pas j malheureusement, dans toutes leurs réparations^ ' 'Autrefois la voûte et les parois du porche. Sud étaient ornées de frescpies; on voit encore un ange d6 grande proportion peint sur un des tympans intérieurs ; quant aux statues , on peut se oonvaihcre que toutes ont été enluminées, et ilr n^ serait pas difficile de retrouver les couleurs de tous leurs ajustements.

' , Je ne dois point oublier une jolie porte^de la Bènaissance :qui donne sur ce mémcf porche, et conimunique à ime sacristie moderne ; $es chapiteaux et ses ,arsd)esques d'un fini merveilleux , mériteraient les phis grands éloges; mais à Tél^que de :1a Beni^issanoe, xLy avaità Bourges de si; habile^ artistes, qu'il faut réserver toute ..son admira^on pour d!autres monument^ plus çom-.

plets et encore plus remarquables ; j'aurai bientôt

àrvous en entretenir..

^^ Pour compléstet^ les restaurations que l'on £EÛt à Sâint-Ëtienné , il serait nécessaire de, Êdre dû^raitre la ridicule clôture du choeur, et les statues détestables qu^on voit à l'entrée ; partout malheureusement le clergé a sacrifié l'effet pittoresque des églises à Ja satisfaction de s'isoler dans . une enceinte réservée, peu soucieux d'ailleurs de la

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mettre en haroionie avec les monaments si noUes et si imposants. qui l'entourent. . . . »

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