‹ Notes d'un voyage en AuvergneChapitre 41 sur 70 · CHAPELLE SAINT-MICHEL · texte numérisé non relu

CHAPELLE SAINT-MICHEL

pelle s'est progressivement accrue, et les probabilités sont qu'elle n'a été terminée que vers le milieu du xi^ siècle.

Dans., son état actuel elle occupe le sommet du roc dont elle suit exactement toutes les sinuosités ; elle se compose d'un chœur ou d'un réduit carré , et d'une nef semi-elliptique dont le grand axe est oblique p^ir rapport à celui du chœur. Dans Tinté* rieur de cette nef , six colonnes légères, disposées en hémicycle , reçoivent les retombées d une voûte d'arêtes en plein cintre. D'autres colonnes, appliquées le long des murs , soutiennent des arcades plaquées, fort inégales de diamètre. On entre dans la chapelle par un escalier très raide, qui débouche au Sud du chœur. Les chapiteaux des colonnes historiées, pour la plupart, le travail assez fini de leur ornementation, la légèreté de leurs fûts, se rapportent certainement au xi^ siècle; et si la chapelle, comme le prétend Oddo de Gissey , était « parachevée » dès l'année 984 , il est plus<}ue probable qu'elle se réduisait alors à l'enceinte carrée du chœur, dépourvue d'ornementation et d'un tout autre style que la nef. Il est d'ailleurs évident que la petite chapelle de Saint-Michel a reçu d'autres additions par la suite des temps , et la plus remarquable est son clocher , qui , malgré soix architecture très-médiocre, ne laisse pas de produire un admirable effet par sa position. On voit qu'il a été copié sur celui de la cathédrale.

Là façade, ou plutôt la porte d'entrée de la cha-

jpeUe, ne f>araît contemporaine de la nef. Elle est cun^isemeiit omée d'incrustations de cotileor, de moulures et de bas- reliefs,, assez >fineiii^it sculptés. C'est une ^pèce de petit bijou en son ^ente^tet <pki voudrait se faire une idée^de Fomementation particulière à l'architecture bysanlÎBe du Velay, ne pourrait ^i trouver un plus gracieux modèle. J'aime surtout l'effet très-heureux dés deux archivoltes qui surmontent la poirte; la plus grande trilobée^ l'autre intérieure , cintrée, toutes les deux couverte de rinceaux , et ;d'oiniements sculptés , et comprises dans une mosaïque à compartiments blancs, rouges, jaunes et noirs. C!es mosaïques, très-harmonieuses de ton général, font, à mon sentiment , ressortir avec beaucoup d'avantage les corniches sculptées , ainsi que les bas-reliefs de l'archivolte trilobée, et ceux qui remplissent cinq petites arcades au-dessous du toit.

Quelques marches au-dessous de cette entrée, on voit une galerie couverte qui tourne en suivant une cornidiedu rocher : autrefois elle parait avoir été surmontée d'un petit bâtiment d'habitation, destiné sans doute à un gardien, peut-être à quelques reUgieux bien dévots. Je ne sais si une cit^ne creusée dans le roc auprès du choeur, renfermait jadk quelque eau miraculeuse , ou bien si elle devait simplement suffire aux besoins des habitants de cette pyramide naturelle.

L'escalier qui serpente autour du rocher a été réparé à plusieurs reprises. Dans le bas on remar-

Page 1