‹ Notes d'un voyage en AuvergneChapitre 49 sur 70 · LA. CHAISE-DIEU · texte numérisé non relu

LA. CHAISE-DIEU

cependant encore fort célèbre dans le pays, et doit à son architecture gothique , rare dans cette partie de la France , une réputation qu'à mon avis elle est loin de mériter.

Il ne reste rienr-aujourd'huî des premières constructionsy si ce n'est peut-être une'grande porte en plein cintre, qui m'a paru bysantine, et qui faisait partie probablement de l'enceinte fortifiée qui environnait le monastère. En 1 343, on jeta les fondements de l'église actuelle, et le pape Clément VI prit à sa charge tme partie des dépenses. Vraisemblablement , elle ne fiit terminée qu'assez longtemps après la fin du xv* siècle , c'est du moins ce que l'on peut conjecturer d'après leé caractères de son architecture ( i ).

Le plan est d'une grande simplicité. C'est une basilique longue de deux cent trente pieds et large de 7 5 , divisée en trois nefs , toutes les trois fort élevées, par deux rangées de piliers octogones. ' Cinq apsides ou chapelles à cinq pans la terminent à l'Est. Entre la nef et le chœur, il n'y a guère

(i) Un passage de la Gallia Christîana peut faire supposer pourtant qu'elle aurait été terminée par les soins du pape Grégoire XI, mort en 1378; mais je pense qu'en réalité il ne s'agit que d'un legs de ce pontife qui devait être employé à Tachèvement de l'église. On remarquera en outre dans plusieurs parties de Téglise les armoiries de l'abbé de Senneterre^ qui régit l'abbaye de 1491 à i5i8. Eniio, la suppression de chapiteaux, qui est un des caractères de l'architecture de la Chaise-Dieu, ne devint générale qu'au commencement du xv^ siècle, et il n'est pas vraisemblable qu'elle se soit manifestée . de bonne heure dans une province où le style gothique est une importation étrangère.

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d'autre différence que dans le diamètre des piliers, beaucoup plus épais dans la première. Nulle or* nementation ; point de chapiteaux aux piliers, que p^nètnent , d'une fagpn peu gracieuse, les nervures de la voûte. L'effet que produiraient sur le spectateur les proportions de Téglise,. est malheureusement fort affaibli par un jubé qui en masque l'étendue réelle , et qui , faisant un léger retour dans la nef, forme le chœur des moines, séparé des collatéraux par une clôture dont j'aurai bientôt à m'occuper. Construit, je crois, au xvii® siècle , ce jubé n'appartient à aucun style , et ne se fait remarquer ni par sa décoration ni par sa légèreté.

* Toutes les fenêtres , remarquablement étroites j caractère assez constant du gothique en Auvergne, n'ont qu'un seul meneau, et le tympan est rempli de courbes assez régulières , formant en quelque sorte la transition entre les combinaisons ogivales du gothique fleuri et les fantaisies du style flamboyant. J'ignore s'il y avait autrefois des vitraux.

Un large escalier précède la façade , fort pauvre d'ornementation et flanquée de deux tours très lourdes et massives. On vantait l'aspect imposant des fl,èches qui les surmontaient .autrefois ; mais la révolution les a détruites , et a de plus mutilé le peu de sculptures qui. décoraient le portail; ce qui , au reste , n'est point de nature à donner de bien vife regrets. ...

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