TOMBEAUX ANTIQUES
raison delà grande épaisseur du verre du xiii^ siècle. Nulle part il n'y avait de grillages établis devant les fenêtres , et il est affligeant dé pen^r combien de magnifiques verrières ont été perdues depuis des années^ faute d'une précaution aussi simple.
Dans une des chapelles du chœur on a' transformé en autel un fort beau isarcophage antique de marbre blanc , orné de sculptures^ dans le style du Bas-Empire , qui rappelle les tombeaux chrétiens d'Arles etd'Aixen Provence. 'Celui-ci a été trouvé dans l'intérieur même de la cathédrale lorsqu'on creusait le sol pour faire des réparations à un soubassement. On a eu le mauvais goût de le dorer en partie. '
On voit avec la même destination un autre sarcophage antique dans l'ancienne église des Carmes- Déchaux^ aujourd'hui la chapelle du cimetière. Le travail'en est soigné , et les draperies surtout dénotent un style assez pur. Suivant toute apparence , le même bas-relief présente plusieurs scènes différentes réunies dans la même composition pittoresque, et les monuments funéraires de cette époque nous fournissent de nombreux exemples d'une semblable pratique (i). Je remarque, au milieu du bas-relief de l'église des Carmes, une femme, les bras étendus entre deux figures d'hommes, revêtues d'amples draperies, offrant la plus grande
(i) J'ai cité un bas-relief du même genre dans le musée du Puy.
reésémblance avec un groupe d'un bas-relief trouTé à Narbonne , et dans lequel on a voulu voir longtemps le mariage d'Ataulfe et dePlacidie. Plus, ré* cemment on a pensé que cette figure de femme.était un symbole de l'âme quittant sa demeure terrestre. Je ne sais si cette explication est parfaitement juste, mais ce qui paraît certain , c'est qu^une allégorie se cache sous cette figure de femme fréquemment reproduite sur les sarcophages chrétiens du fias- Empire. Deux hommes dans le même bas-relief portent des espèces de toques assez semblables à celles de nos juges; c'est le seul monument antique où j'aie observé une pareille coiffure.