ROYAT
voûtes y et probablement on sculpta les roses guillo^hées des transsepts et du mur oriental.
La date très ancienne de Féglise de Royat, sa situation pittoresque et la célébrité même du lieu^ qui attire un grand nombre d'étrangers, font vivement désirer qu'elle" reçoive des réparations convenables. Ma,is le village , ruiné par deux inondations consécutives , est hors d'état de pourvoir aux dépenses les plus urgentes. La toiture est à moitié détruite, les voûtes sont pourries et l'eau suinte de toutes parts; qïïGxk tQUtç la muraille orientale du chœur aurait besoin d'être reprise en sous«<}euyre. Je crois , Monsieur le ministre , qu'im faible secours de votre département, joint aux offrandes des artistes et des habitants de Clermont , permettrait de conserver une jolie église, qui, abandonnée à ses propres ressources , serait con^. damnée à une destruction prochaine.
CHAMAILLERES.
Église fort ancienne, comme on en peut jqger par des réparations du xii« siècle, très apparentes dans la masse de sa construction. Les arcades anciennes de la nef sont doublées par d'autres arcades qui les rétrécissent et les fortifient. Les unes et les autres sont en plein cintre. Il parait qu'à l'époque de cette restauration , on jugea également néces-?
GHAMAILT^RES. 333
saire de renforcer les piliers par rapplication de massifs nouveaux. A l'entrée du narthex , qui ^ par suite de la clôture de la porte occidentale, est devenue la chapelle des fonts baptismaux , on voit deux colonnes dont les fûts en marbre vert veiné de rouge , m'ont paru antiques ; quant aux chapiteaux de pierre, ils se rapportent auxii* siècle par leur ornementation très soignée^ L'extérieur du chœur et ses trois apsides, entourées de jolies colonnettes bysantines, annoncent encore la même date. Quant à l'intérieur de ce chœur , il a été entièrement: refait et très maladroitement , vers le XV* siècle. On y retrouve encore pourtant quelques colonnes engagées, de style bysantin fleuri, et un soubassement ou un banc continu , régnant autour du chevet, tel qu'on en. voit à Conques, àBrioude, etc.
Dans le village , on m'a fait remarquer une construction toute ruinée , qui porte le nom de Tour des Sarrazins. Je ne crois guère à cette origine traditionnelle , mais ces murailles m'ont paru pourtant appartenir à une époque reculée du moyenâge. L'appareil en est nouveau pour moi. H se compose d'un opus incertum , sans parement, traversé de distance en distance par des assises horizontales de pierres taillées. Les angles de la tour , qui est carrée , sont également formés de pierres de taille d'un fort échantillon.
334 MOIOTEElRiOfa
MONTFERRAmi.
L'église de Montferrand ne mériferait guère qoLon s'y arrêtât , car son architecture est des plus médiocres. On y peut cependant observer^ et cette étude n'est point dépourvue d'intérêt ^ la tran^ormation qu'a subie le style gothique en s'établissant dans le midi. Eiien que fort élevée , la nef n'est point soutenue par des arcs-boutants, mais par des contreforts très-saillants entre lesquels on a construit des chapelles , en sorte qu'à l'extérieur les contreforts ne se montrent qu'au-dessus du toit qui couvre c^ dernières. Les fenêtres, fort étroite», n'ont qu'un seul meneau. Je suppose l'église Mtie vers la fia du xn* siècle , et dans son onrementation parait dé^k use tendance au style flamboyant. Cepi^adant les cofemiçttes grêles engagées le long des murs latéraux ( il n'y a qu'une nef) portent encore des chapiteaux; quelques«-dn& même , ornés de têtes entremêlées à des feuillages, prouvent la persistance du style bysàntin en ÂuVeir^ne. Ils ne manquent pas d'élég^nceet sont finement exécutés, bien que la^ pierre de yolvic , dont est bâtie toute l'église ne soit que peu propre k la sculpture. La façade est plus moderne qUç la nef. De ses deux tours une seule est achevée. Le portail , . malgré le mauvais effet , résultat inévitable d'une construc-
SAlMT-NGCrrAlRE. 3^
tion su^Ddue, plaît par une simplicité rare w quinzièiiiesiècle,«^t<[uiti'«xck(tpa8 l'éléganoe. le finirai en citant de beaux retables en bois du xvii^ siècle y i^cés dans les chapelles latérales. A part la mauvais goût de Tépoque , le travail en est eurieia et certainement très-réms^tjuaUe.
DOLMLEN , RUINESpfiLTIQUES (?).
Sur un plateau assez élevé entre le village et les bains de Boîte , on voit à peu de distance d'une niasse de rochers dont les pointes percent la terre de tous côtés, un grand dolmen en bon état et parfaitement authentique. Voilà ta première fois que je r^icontre de semblables monuments aussi rapprochés de masses de rochers naturelles. Celui-ci est ouvert à TEst, fermé à l'Ouest, et son plan forme un parallélogramme rectangle. Cinq pierres le composent aujourd'hui dont une seule sert de toit» Un piKer renversé est à terre auprès du dolmen , une septième pierre paraît avoir été enlevée. Toit et piliers sont de granit , nuBement travaillés et tels qu'en fouri)u*aient encore les rochers voisins (t)*
(i) LoQgaeiir du toîl 9 P. 6 p.; largeur moyenney 5 P.; épaisseur, variant de aa p. à ft p.; hauteur du toit> à TKst, 4 P> » ^ TOuest, 7. Bien que le terraiB soit fort incHné, fé'toit est horizontal.
336 SAINT-NECI AIRE.
A*ers le milieu du toit, on observe une dépression arrondie en forme de bassin ; mais je me hâte d'ajouter qu'il n'y a pas apparence d'un travail humain , et que cette concavité , à laquelle quelque^ antiquaires attachent une grande importance^ se reproduit à vingt pas de là dans les masses de la même roche qui affleurent le sol.
Une grosse pierre plate, inclinée sur une autre debout, éloignée d'environ 5o m. à l'Est du dolmen, me paraît être le toit d'un monument semblable dont on a enlevé la plupart des piliers. Enfin , tout près de ^ dolmen détruit , un bloc de granit, planté verticalement, peut avoir été un peulven. Sa hauteur est de trois pieds. Je n'ose assurer qu'il ne doive pas sa position remarquable à un accident naturel.
Au Nord-Est, et à quelque quarante pas du grand dolmen, on reconnaît les substructions grossièrement construites d'une enceinte carrée comprenant douze chambres, six d'un côté. et six de l'autre, donnant toutes sur un étroit corridor commun qui traverse toute l'enceinte. L'appareil est des plus informes. Les pierres ne sont pas même dégrossies, et seulement superposées sans être liées par du ciment. Quelques arehéologues ont pensé que cette enceinte était contemporainedu dolmen; quelques-uns même y voient le logement des prêtres de ce temple ; car à leurs yeux un dolmen est un temple. Ce seraient les restes d'un collège de druides. Quant à la première de ces opinions,