‹ Notes d'un voyage en AuvergneChapitre 6 sur 70 · MAISON DE JACQUES GOEUR · texte numérisé non relu

MAISON DE JACQUES GOEUR

pales, de Thôtel , il est déposé aujourd'hui dans un coin du greffe. Il représente , si .l'on en croit la tradition y la galère de Jacques Ck)eur^ et c'est un modèle de la capitane à bord de laquelle il mourut, vrsiisemblablement exécuté par l'ordre de son fils 6u.de son petit-fils. Le navire.porte^à la poupe une tour à plusieurs étages surmontée d'une plateforme ;r la proue a une autre tour, mais moins hautes II y a deux mâts, chacun d'une seule pièce ; le plus grand ayant à son sommet une hune, assez semblable à un baquet , remplie de soldats qui lancent des projectiles enflammés, peut-être d,u feu grégeois. Les rameurs sont armés de toutes {nèces , et l'artimon porte le pavillon de France à trois fleurs de lys seulement. Je n'ai vu ni artillerie ni machines de guerre ; car je ne regarde pas comme des sabprds de petites ouvertures percées à la poupe et à la proue. Ce sont , je crois, les fenêtres des appartements intérieurs*.

Les toits du palais ont conservé quantité d'ornements et de statuettes en plomb , exécutés avec beaucoup de soin malgré la hauteur à laquelle ils étaient placés. On doit noter la forme des tuyaux de cheminées qui représentent des colonnes en faisceaux 'avec un chapiteau de feuillages frisés ; assurément cela vaut mieux que les tuyaux de tôle qui déshonorent nos plus beaux monuments modernes. » ;

On s'occupiè à Bourges en ce moment de. construire un palais de justice ; lorsqu'il sera achevé,

la maisdti dte iaoquesNOûnir devkildfa iibre> et t) est qoestion tfjr instalèn* la mairie , aujoordlxiii asseE peu coxrrênâbleiiient élaMie dans riiôtel <ie LinM)ges ; je &is des voeuK pour que cette Irans* Jadon ait lieu promptement, car on ne pei;^;, ee me sendble , tlimner ime ineilieure destination à hi Màrson de lacqnes^^ëeur; «liors de grandes té^ para%k>nfs deviendront nécessaires ^ et .je ne pense plEis qu'il sbit difficile d'approprier f hètd à son noii'^ vel empkMy tout en faisant disparaître les amenai gëménts modenies -qui Tont défiguré. Toutefois > aiîisi que je le disais dan& le itaippor t que j'ai eu Tfaôtoieur de 1k)us adiiesser lors de mon passif à Ikmirges , je t:rois qu*fl ne faut pas ^sobger à réta?lÂift la détoràtièn Intérieure dans son état prmitif. Stos parier des dépenses qu'^^oflraîneparit cette ms^ tâfuration ^ fm séraft ^obligé éTimenier à chaque iBsnmt ; ^ -faut se borner k répaFtier les ornemente extérteurs, supprimer les dkwsons, rdtairelœ mé* neatdL ^ ^wilever 1^ pkncliers modernes^ en un mot, il fa«t restaure^ ce qui a été endommagé ^ mais non pas remplacer ce q^tî a été cotn|Aèteine^ perdu.

Cet édifice qui servait d'hôtel- de-ville il jr a peu d'années, parait avoir été construit presque k la uvéme époque q^e la naison de Jacques Cœur,

BATIMENT DE L'ÉCOLE NORMALE. Jt

peut-être est-il un peu plus moderne. L'omemen^ tation extérieure est riche , prodiguée surtout sur une tour octogone servant de cage d'escalier; c'est la r^étition du système que je signalais tout à rheure. Tout en admirant la perfection avec laqtidile sont fefouillées les moulures composées de cteMoBs et de mauves qui couronnent toutes lés feàétres » je feitai remarquer un défaut très coiù-* ittun dans l'<àrctiiitec^rë de oqtte é^poque, c'est ime régularité fisK^notone dans la forme des feuil-* k^es scal)[>té6 que l'on pourrait tous inscrire dans tm carré. «-^ Où voit ^ dims la salle qui sert de réfectoire ^ une heile dieminée suripoatée d'un écus** son dont ies àrmbiries cmt été détruites; les sup* ports 'sont «n fom^g^ et une bergère fort bien scttlptésw Le manteau de. la chenûnée est couvert et mbutonSs; on wit que les armes de Bourges soiit trois moutons et trois fleurs de lys* X)ans la proscription qm a effacé rîes airmoiries dç 1^^ cheminée^ on a coeapris un ùut^ écusson aunlessus de la porte de la toureUe ; des anges le scmtien^ nefft, et l'on Vo4t a««*des9<0!us le cordon de saint IMBcheL Ce morceau d'iâUeurs est sensiblement plus modelée tjite le reste des «culptures. Je n'ai pu Bippte»àfe à <im c^tte jolie maison avait appar t^iti dans le prineijpe»

MAISON DES SœURS BLEUES.

On voit à Bourges un assez grand nombre de constructions civiles , médiocrement remarquables par leur architecture > mais dont l'ensemble jette quelque lumière sur les habitudes de la vie . privée au moyen-âge. Malheureusement peu de. ces maisons sont antérieures au xv^ siècle ; j'ai cité les deux plus intéressantes de cette' époque , je vais parler d'un édifice encore plus moderne , et qui nous montrera les débuts de la Renaissance à Bourges , c'est l'école des Sœurs-Bleues , autrefois Fhôtel de Lallemand , qui tirait son nom. de ses anciens propriétaires, riches financiers; de la fin du XVI* siècle. On ignore pour qui et par qui il fat bâti y mais une- tradition populaire rapporte que Louis XI y est né. Il suffit d'examiner le style de l'ifrchîtecture pour rejeter cette histoire que n'appuie d'ailleurs aucun témoignage historique. Des altérations assez graves et de mauvais goût , qui n'ont eu pour objet que de mettre en évidence de grands écussons exécutés en apparence à 1^ fin du XVI® ou au commencement du xvii® siècle , ne peuvent être attribuées qu'à la famille Lallemand , dont les armoiries étaient sculptées sur ces écussons ; c'est dont une probabilité que cette Êimille avait acheté et non construit cette maison.

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