‹ Notes d'un voyage en AuvergneChapitre 63 sur 70 · RIOM · texte numérisé non relu

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les galeries supérieures couvertes par une voate en quart de cercle ; mais ce qui distingue Saint- Am£j)ley c'est la forme ogivale très pronoxœée.de ses arcades inférieures. Ce sont des arcs en tiers points peut-être même un peu plus aigus, d'ailleurs ne portant aucune trace de réparations , et en. apparence appartenant à la construction primitire. Us reposent sur. des colonnes d'un style bys^intin très ancien, et sont surmontés par une galerie, dkuat les arcades cintrées portent sur des colonnes élément bysantines et du même style que les premières.

Si j'insiste sur ce point , ce n'est pas que la présence de l'ogive me semble un fait bien extraordinaire, dans un édifice d'une date assez reculée, mais les faits semblables sont rares , souvent contestés , et il importe de les bien établir ; je n'en avais point encore vu d'exemple en .Auvergne- L'ornementation de la nef de Saint- Amable se réduit aux sculptures des chapiteaux, si l'on peut donner le nom de sculptures au rude travail dont on les a couverts. Je ne puis les comparer qu'à ceux des chapelles latérales au chœur, de l'église du Moutier, à Thiers. Ici, point de chapiteaux historiés , bien ou mal travaillés , mais de larges feuilles grossièrement épannelées, ou dfis rinceaux sans sailUe , et qui attestent l'inexpérience et le manque de goût de l'ouvrier. Rien, en un mot , ne caractérise mieux les premiers débuts de l'art bysantin^ alors que timide et maladroit en-

core j il n'osait donner à ses brâements la saillie la plus légère. Si l'on compare ces sculptures informes aux chapiteaux de Brioude , d'Issoire , de Notre*Dame-du-Port , il est impossible de ne pas leur assigner une date beaucoup plus reculée , même en tenant compte de Tinfériorité présumée des ouvriers de Saint-Amable , et de la négligence volontaire apportée dans l'ornementation de la nef (i). Or, si en 1077 l'église de Saint-Amable existait déjà , il ne paraît nullement improbable que son origine ne remontât au commencement du XI® siècle. On objectera peut-être que le premier abbé de Saint-Amable, dès l'année même de sa prise de possession, aurait pu faire reconstruire Téglise, et surtout la nef; mais, je le demande, est-il croyable qu'à la fin du xi® siècle , dans un pays où la sculpture d'ornementation s'était développée à un point remarquable, on n'ait pu trouver pour une église riche , voisine de la capitale de la province , que des ouvriers si inhabiles, que dans leur art ils fussent de plus de cinquante années en arrière? Il y a plus, nous allons trouver tout à l'heure les traces de travaux de style , byr-

(i) On sait que la décoration des nefs est généralement inférieure à celle des chœurs ; mais ici, qu'on ne s'y trompe pas , ce n'est pas la décoration qui manque , c'est le talent des ouvriers qui fait défaut. Ils ont voulu bien faire, mats n'ont pas réussi , parce que l'art était dans son enfance, et la distinction est facile à foire entre la négligence volontaire d'un artiste habile et l'impuissance d'un ouvrier barbare.

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