RIOM
saniin encore, mais d'un tout autre caractère que celui de la iie£
La porte du trausaept Sud , aujourd'hui murée, a conservé les colonnes sur lesquelles retombent les tores de ses arduvoltes. Leurs riches chapiteaux se rapportent à la plus belle époque du bysantin fleuri (i). Que cette porte soit ou non postériouroi à l'année 1077 , cela peut se discuter; mais personne ne doutera qu elle ne le soit de beaucoup à la construction des arcades et des piliers qui nous occupent^n en peut dire autant de la base du clocher qui surmonte les transsepts (p)f et qui est ornée d'une arcature cintrée très élégante , et d'archivoltes garnies de billettes.
Je n'ajouterai plus qu'une dernière considération. Dans toutes les églises de moines ou de chanoinesy la partie qui est l'objet des réparations et des retouches les plus fréquentes, c'est le chœur; parce qu'ils l'habitent en quelque sorte , et c^'il est naturel de penser à la décoration de son cabinet, avant celle de son vestibule. Or, le chœur de Saint-Amable a été refait en entier au commencement du XIII® siècle, et, quelque goût pour la truelle que l'on suppose aux chanoines, on ne peut croire que, de 1077 à isSo, ils se soient donné le plaisir de transformer deux fois leur église.
(i) Elle a été retouchée au xv* siècle» et de cette époque date le pilier (assez mal sculpté) qui la partage en deux mentaux.
(a) On vient de Taflubler d'une flèche tronquée, de reflet le plus ridicule.
Je reprenads me» obaervationfi. La voûte de la grande nef est ogivale , en berceau , ainsi que celle du transsept Sud ( i }. Je n'ose affirmer qu'elles soient primitives; mais pourtant il est à croire que, $i elles ont été re&ites , oa a copié le système original y autrement on y verrait les nervures » les arcs doubleaux , en un mot toutes les dispositions que présentent les voûtes gothiques du chœur. Celles des collatéraux de la nef sont d'arêtes , 9^w des arcs doubleaux très épais , en ogive* Enfin y la portion de la voûte du transsept comprise entre les collatéraux de la nef et ceux du chœur , fait arc* boutant à la base de la tour y suivant l'usage presque général de la province y et sa courbe dé* crit un quart de cercle.
B^ebâtie à la fin du xv ji^ siècle, la façade est tout ce qu'on peut voir de plus malgraciéux et de plus ridiculement en contraste avec le reste de l'élise* A la même époque on a retouché les deux premiers piliers à l'Ouest, qui probablement marquaient autrefoisladivision ordinaire du narlhex intérieur.
Le chœur porte tous les caractères du gothique primitif. On y observe une tendance générale à l'élancement, et une recherche de légèreté, qui prouve un système déjà formé , mais qui n'a pas encore répudié pourtant toutes les traditions de l'époque précédente. Ainsi , l'ornementation végétaie , xadà&fantastique des chapiteaux , le style des moulures, la forme de la plupart des fenêtres, je
(i) La yoôte du transsept Nord a été refaite et surélevée.
364 WÔM.
ne sais quelle raideur dans l'exécution des sculptures , tout cela appartient ou du moins se rattache de fort près encore à Farchitecture bysahtine.
La disposition très extraordinaire des arcades du choeur m^a frappé. Elles sont tantôt larges, tantôt étroites , dans une alternance régulière.
On conçoit que leurs ogives , étant toutes très pointues , diffèrent sensiblement de hauteur. Il en résulte un effet désagréable qu'il eût été facile d'éviter. Pour expliquer ce vice de construction , car c'en est un fort notable , je suppose qu'on a suivi dans la reconstruction le plan primitif arrêté à une époque où maintes fautes semblables se reproduisaient par l'ignorance des architectes. Audessus de ces arcades y règne une galerie à ogives trilobées, et le haut de chaque travée; qui se termine par une ogive en tiers-points, est percé par deux fenêtres, ogivales dans la partie semicirculaire du chevet, ailleurs en plein-cintre et toujours surmontées d'une rose.
De fortes nervures arrondies renforcent toutes les arêtes des voûtes qui m'ont paru construites avec beaucoup de solidité. En surélevant les voûtes du chœur pour se conformer au premier principe du style gothique , la légèreté , on a mis nécessairement à découvert la base de la tour bysantine. Vue du fond du chœur, elle produit un effet assez bizarre, et dont on a d'abord peine à se rendre compte.
Au XVII® siècle, on a remplacé la coupole du milieu
du transsept par une voûte surbaissée, décorée dans le goût le plus détestable. Déjà , et probablement lors de la reconstruction du chœur , on avait augmenté l'épaisseur des piliers du traussept, sans doute dans l'intention de surélever la tour. La dernière restauration les a couverts d'ornements ridicules et complètement dépourvus de caractère. Cette mairie de tout refairç a gâté encore l'apside * principale, qu'on a accommodée à la moderne.
En revanche les deux autres apsides paraissent avoir été oubliées dans toutes les réparations, même dans la grande reconstruction gothique, et je les crois, du moins dans leur partie inférieqire^ contemporaines de la nef.
J'ai remarqué à Saint-Amable , et pour la première fois en Auvergne, un empattement aux bases des colonnes du chœur, ornement ailleurs très commun dans la période bysantine, et même pendant les premières années du gothique. Ni dans le Velay, ni dains l'Auvergne , je ne l'avais encore rencontré , même dans les édifices du xii® siècle.
De chaquecoté des arcades du chœur, au milieu des pendentifs que forment les ogives , on voit de petites consoles sans ornement ayant la forme d'un cône tronqué renversé. Je suppose qu'elles, étaient destinées à recevoir de petites statues. C'est la première fois que j'observe ce motif de décoration.
L'extérieur de Saint-Amable ne donne lieu à aucune ob^rvatioD. I>es contreforts de lanef m ont
â66 MOZAT.
paru refaits au xy^ siècle ; te chûeiil* est entouré d'arcd«boutans d'une légèreté remarquable.
le ne citerai que pour mémoire Féglise de Saint- Tbomas dépourvue de caractère, et bâtie, comtne je crois, vers la fin du xv® siècle. Ses colonnettes ont encore des chapiteaux , mais plats et débordant à peine le fut; un passage étroit prati<|ué à la base de grands tontreforts , entre lesquels sont des chapelles, tient lieu de collatéraux à cette é^ise, qm n'a réellement qu'une nef.
On voit à Riom quelques maisons des xv* e* XVI* siècles, toutes d'ailleurs d'une architecture tellemept insignifiante, que je crois inutire de m^y arrêter. ^ - -
•«fi
MOZAT.
('Mauzi(icum,J
Je suis l'orthographe moderne pour le nom -de ce village, situé très près de Riôm^ et célèbre par une ancienne abbaye de bénédictins, dont le nom latin est Musiacus, Mutiaeum et Maaziactim. Elle pas^pour avoir été fondée par un sénateur romain nommé Galminius ou Galmilius , et sa femme Na-» madia. La seule restauration ou plutôt reconstruc* tion dont il existe des témoignages historiques est attribuée à Pépin ; mais il reste quelque incertitude,
MOZAT. 367
si ce prince est le fils de Charles-Martel , ou bien le fils de Louis-le-Débonnaire. Dans le premier cas^ la restauration du Monastère daterait de l'année 764y dans le second de Tannée £33. Au reste ces dates ne peuvent tout au plus s'appliquer qu'à une très petite partie de l'édifice actuel, c'est-à-dire à un porche construit à grand appareil , à l'Ouest de l'église, mais un peu hors de l'axe» de la nef« Il est surmonté d'un petit clocher, addition éyidemment moderne (i). Quelques moulures grossières, et une certaine apparence de grandeur, unie à beaucoup de rudesse dans l'exécution , ne démentent pas l'origine ancienne que je lui attribue. Il semble qu'autrefois ce porche donnait accès dans l'église (2), mais la porte extérieur^ est murée aujourd'hui, et l'entrée principale s'ouvre dans le collatéral Nord de la nef. Cette nef, ainsi que ses collatéraux, appartient au style bysantin fleuri , et suivant toute apparence , date du commencement du xn^ siècle. Le chœur tout entier, les transsepts et les voûtes de la nef , reconstruits au xv*^ siècle,
n'olErent aucun intérêt (3).
(i) A llntérîeur de réglise, une jolie porte du xv^iiède ett ap- |>liqi)ée eootre l'entrée de ce porclpo aujourd'hui . condamné. On accède dans la nef par un autre porche situé au Nord,
(a) Ou plutôt dans une autre église ayant le même axe que ce porche.
(3) Vecft le milMU du chœur » et de chaque côté, on voit une colonne bysantine engagée dans la muraille moderne, et qui faisait partie du chœur primitif. Un des chapiteaux représente la délivrance de saint Pierre , )'un- des patrons de l'église. — * U reste au fond du chœur quelques vitraux du xv*^ siècle , assez remarquables par réclat des couleurs.
368 MOZAT.
La nef elle-même est d'une très grande simplicité : ses arcades en plein cintre, un peu rentrant en forme de fer à cheval , s'appuient sur des piliers assez élevés, alternativement carrés ou cylindriques, et, comme ceux de Saint-Amable, flanqués de trois colonnes , la face principale restant nue à l'ordinaire. Il n'y a de fenêtres que dans les colla* téraux, lesquels , de même que dans la plupart des églises bysantinès de l'Auvergne, sont sensil^ ment élevés et un peu étroits. Ce qui rend l'église de Mozat particulièrement intéressante, ce sont ses beauit chapiteaux qui , pour le mérite de l'exécution, peuvent se comparer aux meilleurs de Brioude. On y trouve un mélange de formes végétales et de compositions historiées, ces dernières beaucoup plus nombreuses ; mais à l'exception de la Délivrance de saint Pierre que j'ai citée plus haut , ce ne sont que des £Eintai$ies d'artiste , ou peut-être quelques figures symboliques dont l'interprétation est, je crois, bien difficile aujourd'hui. Plusieurs sujets sont répétés. Tels sont , par exemple , des gri£fons devant une patère ; im homme mcmtant une bête bizarre dont la queue devient une espèce de «fleur (i); enfin , un bas-relief très finement sculpté et qui représente deux génies nus et ailés , coiffés d'un casque ou d'un bonnet conique, et qui semblent vouloir étouffer, sous des boucliers
(i) J*en avais déjà remarqué un tout semblable à Saint -Nee< taire.
MOZAT. 369
qu'Hs portent y une figure humaine qui cherche à les repousser. ^ *
. lie porche du Nord est presque complètement tnutilé-par des réparations et des ^^ménagements modernes. Sur l'archivolte de la potte exténeure f ôa voit use inscription tracée en creux; nufis^ oufre'que lesjetlreë sont devenues très frustes par le temp^9 il semlik que plusieurs clav^ux aient . été reêdts ou traBsptteés , en sorte que c'est avec béaitcoup de peine que j'ai cn^ déchiffrer les deun vers suivants ^
; ING^EDaNS lïM^I^VM BEFBR AD SUBUMIA VUtTUM i INTRATUKI VALVAM VENITE AB SOLEMNiA CHRISTI
Je ne réponds que du premier mot et des deux derniers du second vers. Si y comme je le suppose , une transposition de lettres ou de mots a eu lieu , le second yers^ pour se conformer aux règles du rh]rthme léonin, devrait être ainsi conçu :
VALVAS mXRATVEI VENTTE AD SÔLEMNIA CHRISTI
3e citerai encore l'inscription suivante ; parce qu'elle donne la date d'une jolie chapelle ajoutée latéralement à la nef :
L'aii MCCCCXXX^fis^ fe
ceste chapelle do GuiUe
Focaud secretain à l'oneur
de saint Sébastien. .
£NN£ZAT.
CEnneûacum ,)
La coU<%îale d'ËHnesat cm EnseaBHC f cft :^iiille vers 1069 (la charte de fondation u'iaibqi;^ pas l'année prédse); On Yoit d'aHleurs j par. F^fca-* men de l'édifice, que le plan originel a éséy^ téré d^ux fois; la première, vraîsemblablenient à ' la fin du xii^ siècle , par l'additioii d'un c|>llatéral ^ au Sud de la nef, qui déjà en avait deux à l'ordir naire; puis, dans les dernières années du xi^ siècle, par l'érection d'un- choéur gothique.
La nef, qui seule appartient à la construction primitive, semble calquée sur celle de Notre-Damedû*Port et de toutes les égUs^ de la mkp^efamUléf si je puis m'ëxprimer ainsi zpilidrs carrés, flanqués .de trois colonnes ; voûte de la graijide nef en berceau ,,saki6r arcs doubleajiix; voûte des collàtét*àiùi t d'arêtes avec arcs doubleaùx; voûte de là galerie supérieure aécrivant Un quart de cercle; même disposition pour la portion des transsepîs qui communique aux collatéraux de la nef et du cboeur ; tous les arcs en plein cintre. Parmi les caractères propres à Téglise d^nnezat , il faut noter le peu de largeur de ses nefs (je ne parle toujours que de ' la partie la plus ancienne); ainsi la nef centrale n'a que dix pieds d'un pilier à l'autre, .et les coUa^
téraiu primitifs en ont six à peine ^ sur une Icmgueur totale d'environ soixajate-d& pieds (i).
Les chapiteaur(ils forment seuls Fomementation intérieure) , fort s^ipples en général , ne présentât ou qoe de larges feuilles épannelées, ou bien des ' rinceaux iHzarres , un très petit nombre des corn* positiona historiées^ tous d'une exécuticm fort mé*- ; dioci*e(2i).
Une coupole , avec un clocher à deux étages odiogones , s'élève k Fintersection des transsepts , et l'ornementation assez sonnée de ses fenêtres pourrait donner lieu de penser que cette tour a été surélevée après la construction de la nef, ou^ même qu'elle est une addition au plan primitif. Du moins les clochers de Saint-Nectaire, du Port et dissoire ne présentent point de semblable déco* ration. Une autre tour, également octogone à sa •partie supérieure , s'élève à l'entrée de la nef audeçstts du narthex. Ses arcades sont ogivales, mais les chapiteaux ^des colonnes sur lesquelles elles s'appuient m'ont paru d'un style très ancien, et je les croiç contemporains de la n^(3)« Cependant, ce qui pourrait faire supposer que cette tour est plus récente , c'est que les piliers du narthex sont évidemment renforcés par un travail en sous-
(x) EocompUiït la fQngireur da narthex intérieur.
{%) Ils sont cependant bien mieux travaillés que ceux de Saiqt^ Amable, et ont surtout une beaucoup plus forte sailUe,
(3) Quelques-uns représentent des aigles assez semblables à ceux de Saint- Julien , mais très grossièrement exécutés.
asuyre , que les Yoàtes de oette partie ont été faites; enfin que , dans tout le narthex, on aperçoit quelques traces de réparations qui se rapporteraient à la fin du xii^ ou même au xm^ siècle. Telles sont des colonnes qui sentent fort le gothique primitif , une porte et des fenêtres en ogive/ aujourd'hui bouchées « qui donnaient autrefois accès dans Yé* glise du côté de l'Occident. Si l'on admet ^ ce qui est probable , que tout le narthex a été restauré ou refait^ on peut expliquer le style des chapiteaux du clocher, en supposant qu'on s'est servi des dé-bris d'une tour ancienne pour construire celle que 4'on voit aujourd'hui.
Grâce à cette restauration et à l'addition d'un collatéral au Sud , on ne trouve plus de tcacq des ' anciennes portes de l'église. On y entre aujourd'hui par le nouveau collatéral. La porte est pereée à peu près vers la moitié de sa longueur. Elle^est * ogivale 9 d'ailleurs tous les détails d'ornementatioii appartiennent au style bysantin fleuri. J'y remarque des tores antoelés dans tout leur, développement autour de l'archivolte , espèce d'ornem ent qui ne s'était encore présenté à moi que sur des colonnettes bysantines ou de transition.
Par suite de Paddition de ce collatéral Sud , 1^ piliers engagés dans l'ancien mur méridional de la nef, sont devenus isolés y le mur ayant été percé pour former des arcades. Parmi les chapiteaux des colonnes qui flanquent ces piliers, il est aisé de distinguer ceux qui appartiennent au
ENNEZAT. â73
collatéral primitif , à leur simplicité un peu grossière, qui contraste fortement avec la j^are élégance des chapiteaux ajoutés. La forme de ces. derniers les range dans le style de transition , et j'en connais peu de la même époque qui puissent 'leur être comparés. Pour la plupart ils sont ornés de rinceaux gracieux , entremêlés de fleurs , de
ffeuillages et de fruits , sculptés avec un art merveilleux, et formant un ensemble d'un galbe presque corinthien. Leur grande saillie , outre la
. différence frappante de l'exécution , suffirait seule à les distinguer des précédents. Il est fâcheux que
* le badigeon qui les couvre cache l'admirable fini de leur exécution. ,
Au-dessus de ce collatéral, dont Ja voûte est . en plein cintre, s'élève une galerie sans communication avec celle du collatéral primitif, sinon par
« les tribunes au-dessus ^u narthex. Des mâchicoulis et des créneaux pratiqués ^,à l'amortissement du mur moderne qui ferme l'églisç au Sud ne laissent pas de doute sur la destination qu'on a voulu donner à cette galerie ajoutée. Elle cache sous son toit le mur de la nef primitive, et sa corniche soutenue par des modillons absolument semblables à ceux d'Issoire. Deux seulement, auprès du transsept , sont historiés et méritent une des- . criptîon particulière; mais je n'ose la faire qu'en mauvais la tin ( i ) ,
(i) Etenim, licet curetais Enneziaoensis , mutulos iitos casto malUo ffuper obtriverit ^ quidquid fàrïscus artifex ^ homo nequam^ ûtrpt finxerit
U me reste à parler du chœur. Ses preiniors piliers ( du côté de la nef ) , s'alignent au Sud , sur ceux du nouveau collatéral / au Nord sur le mur extérieur de la nef primitive , d'où résulte une disposition bi2arre, le collatéral Nord du chœur débordant de toute sa largeur la nef primi*^ tive. On accède au chœur par l'ancien transept ,. dont l'extrémité Sud se retrouve dans le cdilatéral*^ ajouté , et l'autre dans l'alignement de la muraille Nord du chœur ; ainsi l'axe de ce (krnier se trouve sensiblement à droite de celui de la nef.
'Le plan du chœur est singulier. Vers la moitié de sa longueur il se rétrécit , puis il s'élargit brus- ' ^uement , pour se rétrécir encore à son 'extrémité orientale y%oà il représente de la sorte deux cônes tronqués qui se touchent à leur base.
Les piliers formés de colonnettes en faisceau , offrent un grand rapport ayec ceux de Montfer- ^ rand, par leurs chapiteaux écrasés, où l'on retrouve le même mélange caractéristique de petites têtes grimaçantes et de feuillages frisés , ces der? niers , disposés en général en doubles bouquets ,
mmis plané Hquet, In primo mutidopuêrum vel puellam naU* {uienJcn.' tem 4upicies ; in secundo verum , monachum ^ quem facile togd , eucvllo , imç tonutrd noveris , in . clunes residentem , nudam mulierem amplexum. lUa capite demisso ante pedes monachi, cruribus in altum elevatit , popUtibusque humerisviri inniMê,se mediam lambenti prœ^t* Y a-t-il là quelque allusion aux turpitudes découvertes d'un ch^* noine de l'ancienne col|é|pyye, ou bien n'est-ce qu'une polissonnerie du sculpteur ? Eq vérité , plus je vois de semblables ordures » moins leur, préscnfp daAs une égfîse me parait explicable.
•fc
EIJNEZAT. 37â
surtout autour ^és chapitsaux , qui reçoinent les * retombées des voûtes. Lesl fenêtres sont ogivales^ , et dans leur l^mpan , on aperçoit une certaine tendance au .style flamboyant, bien que leun$ coui4>es soient toutes encore des combinaison^ à^ Togive* Trois apsides terminent Téglise. à Forîent ; mais il n'y a pmnt de chapelles latérales , ni autour du chceur^ ni dans les additions faites sf. la nef.
La porte de la sacristie , qui donne dans le difieur.9 «si un vieux tableau fort i^urieux , peint sur un panneau épais de noyer y couvert d'une impression de céruse« On y voit trois évéques, assis dans leurs clmires , revêtus de costun^s ma? griifiques, bnidés dW el de pierreries , portantde; mitres très basses. Je n'ai pu découvrir si ce tableau, ^d'abord exécuté en détrempe, avait été verni ensuite , ou si ks couleurs «iraient d'abord été pri^ parées avec de l'huile ou du vernis.
Quoi qu'il en soit, lé style d^ cette peinture doit *" ^la faire regarder €o6ime très ancienne, et c'esf peut-être un ouvrage de quelque artiste italien. D'ailleurs les figures ne sont pas sans mérite, le dessin même en est pur et correct Malheureusement le pa^eau a beaucoup souffert ; on y a enfoncé des clous , on l'a entaillé en vingt endroits ; enfix^ les paysans d'Ennezat, depuis bien des années, sont dans l'usage d'y inscrire leurs noms avec la pointe de lei^rs couteaux. Tout mutilé qull sqît,
376 E3SNEZAT.
* c'est enooreim moivesa^ très : ffét^%j Son andeif» «été seule, e&r je ne le crois pas postérieur tsa XIV*, peut-être mcme.au xiii^siède', aarait dû lui attirer plus d'égards et de scâns. J'ai engagé M. le préfet du Puy^-de-Dome à en £aiFe Faccpiisition ^ soit pouria cathédrale, sott pour la bibfiotfaèque de Clermont ; et je ne doute pas que le curé dl^ nezat né le cédât volonûers en échange d'une porte
en sapin.
On ti*ouve une autre peinture, mais beaucoup moins- ancienne , $«r la clôturé du chceur, vers rentrée du collatéral &ud. Elle se divise en deinc compositions, ta première, représentant le juge* ment dernier^ moirtre le Onrist sûr son trône, éànd ' ime attitude i^enaçante, séparant W damn^ des élus. A sa di'oite , la Vierge et plusieurs saints à genoux essaient de le fléchii? ; » gauche^- saint. Jean , je crbis, et quelques autr^ saints, semblent ^ conduire en présencerdu juge souverain le dona^ ' taire dit tabH^^u et^ une de seé parentes^ Autour du Christ ; dfeux' «oges sonnant de l'oliphant, annon»^ cent le déAlifer j^Htr. Un peu plus bas, un angi^ armé de toutes pièces, comme uu dievalier du XV' siècle , chasse les damnés que des diafatés' pré* ,cipîtent dajfis une énorme gueule, qui est i^|nîrée
de l'enfer; -
La seconde (Composition occupe la partie inférieure de la rouraille. Elle représente un ange cou- ^emplant un cadavre d'un air de^ compassion. Une
àt'
I banderole est ^ntre les mains dû cadavre y sur la- > j qudle .OH lit; dés vers r - ^ -
I « Prya pour moi qui me reguardes
Quar iyel seras qaat que tu tardes Fais bien tandis que tu vts ' ! Qufir après la moH n^aoras nub «mis. 9
L'ange tient une légende avec cette inscription :
« Reguarda la grant pîlyé de nature humayne Gommet vient à desfniccion et forma vîtayne. ^
Enfin y au haut de la composition on en ti^ouve la date , avec le nom du donataire : ; . ,
Hic iacetdnus Stepharius Hàrém canonicus et rec-
» * tor istius eccle et Antônia Borèlla amicta
(amîta?) eius ^ eùfecitfieri ahno dni MCCCC
quito (sic). . .
Le tableau m'a paru peint au vernis , et la conservation en est pariPaite. Le dessin très incorrect annonce un artiste d'un talent bien inférieur à Fauteur du panneau de la sacristie , taudis que le coloris dénote^une époque où les procédés matériels de l^rt comfineflçaient à se perfectionner.
Une troisième peinture, mais à fresque, et beaucoup plus grande que l^s précédentes , couvre la partie inférieure delà muraille latérale du Nord v^ps le milieu du chœur. Elle se divise en deux compositions distinctes, l'une au-dessus de l'autre. Dans celle du haut, on vpit au milieu d'un paysage et devant
une grande croix, trois homm^ à cheval ndi^Benl babilles de soubrevestes , dont les longues manches retombent jusque sur leurs étriers. Chacun porte un faucon sur le poing, et des chiens les suivent. Trois fantômes se présentent à eux , espèces de cadavres décharnés , se tenant par la main, comme les sorcières de Macbeth. Au bas, une suite de quatrains plus qu'à demi effacés contient un dialogue entre les spectres et les chasseurs , et autant que j'en ai pu juger, leur sens ne diffère point des légendes qui accompagnent d'ordinaire les danses macabres. Ces spectres sont des personnifications, de la mort; railleries de sa part, plaintes et regrets des chasseurs surpris. Je suppose que cette composition fait allusion à la fin tragp.què d^ qtielques seigneurs du pays ; mais la tradition s'en est perdue.
Le bas de la paroi représenté la Vierge tenant 4'enfant Jésus sur ses genoux , entourée d'un grand nombre de personnages , dans une attitude d'adoration , conduits par un religieux. Les hommes scmt à la gauche de k Vierge , les femmes à sa droîtcw C'est à n'en point douter le donataire et sa famille. Au-dessus du tableau on lit. cette inscription latine :
jinno dni MCCCCXX fecib fieri hac ysùorïa, dnus Rohertus de Bassinhac huius ecde cun? et Vziaci (?) axratus oh rem incisam hic (i) el in we-
(i) C'est *à'ilire le tableau des Chasseurs surpris par la mort.
maria eius matris et pçtris fratrumq; et sororum eius j rog0i te ut fidelium aie requiescat in pace amen.
Cest récemment qu'on a découvert ces fresques sous une épaisse couche de badigeon. U est fort à regretter qu'on n'ait pas mis plus de soin à l'enlever, car, en plusieurs endroits , on l'a gratté si maladroitement qu'pn a entamé jusqu'au ciment sur lequel les couleurs sont appliqi^es. Malgré de nombreuses incorrections, ces peintures ne la,is^nt pa^^^'annbncer un assez, grand talent de la part de leur auteur. La tête de la Vierge , surtout, est véritablement belle, et se^ ftaits respirent la douceur et la grâce. Elle rappelle les types ordinaires du Perugin , tant par la coupe un peu carrée du visage, que par l'extrême bienveillance répandue sur toute sa physionomie.
• Il paraît que beaucoup d'autres fresques oi^ paient l'intérieur de l'élise , et, en détachant avec précaution quelques écaiUes du badigeon qui couvre les murs^ j'ai trouvé çà et là dés traces de coideur et même des têtes .entières. Il serait bien à . désirer qu'on recherchât ces vestiges précieux , et surtout , qu'on en confiât la restauration à un artiste exercé , qui apporterait, dans cette opération difficile, les soins convenables. J'ai appelé sur cet objet l'attention * de M. le préfet du Puyde Dôme , et si quelques dépenses étaient nécessites , je vous dem^anderais, Monsieur lé Ministre,
AIGUEreRSE.
de vouloir-Jnen y pourvoir par une aUocation. s] ciale. . . '
AJ6UEPERSE.
[yfquœsparsce,)
. C'est la dernière ville d'Auvei^ne où je me sois arrêté. Il y a Une Sainte-Chapelle, mais plus petite^ moins légère et moins ornée que celte de Rîom , construite d'ailleurs presque sur lejnéme plan. Les vitraux brisïî dans la révolution ont été remplacés par du verre blanc. Au total Tédifice ne présente aujourd'hui que peu d'intérêt.
L'autre église d'Aigueperseapparteûait, je crois, à une ancienne abbaye de Sainte-Claire. Je ne par* lerai point de la nef toute moderne et d*un goût fort médiocre ; maïs le chœur , du gothique primitif, se fait remarquer par ses belles et nobles proportions. Il offre les plus grands rapports avec celui de Saint- Amable. La disposition générale est presque identique, l'ornementation se rapporte à la même époque et semble appartenir à la niême école. Seulement le chœur d'Aigueperse, soutenu par de longues colonnes isolées, me paraît encore plus léger et plus gracieux: que celui de Rîom. On observe dans ce choeur quelques vestiges d*une construction plus ancienne qu'il a remplacée. Une
AIGUEPEESE.
iJ
lofine bysantme , oubliée dans la iiiumitte oriente; les fenêtre^ remarquablement étroites des ipsides, peut-être même les fûts des colonnes qui formait le cbevet , sont évidemment les restes de l'église primitive 9 reconstruite probablement dans les premières années du xiii^ siècle.
On voit dans l'église un tableau peint sur bois , d'un style dur, mafs puissant, rtspfésèntant la Nativité. On l'attribue à Ghirlandajo. Plusieurs personnages seraient, dit«on,des portraits des princes, seigneurs du Bourbonnais, qui en auraient fait don à l'église d'Aigueperse.