MAISON DES SŒURS BLEUES
effet merveilleux. Ces compositions sont comme autaitt d'énigmes , et leur seul défaut c'est d'être aujourd'hui à peu près indéchiffrables. Involontairement on en cherche le sens au lieu de «se borner à en admirer la belle exécution. Que si* ^ifie cette main ramassant une châtaigne?
cette sphère enflammée? ce génie ailé qui monte un cheval de bois? cet autre qui se sert d'un sabot pour Sûrement l'auteur de ces rébus était y en ce genre y un génie d'une fécondité extraordinaire, mais à coup sûr tout son esprit ne vaut pas celui du sculpteur. Tobserve dan^ les caissons les lettres E et R fréquemment répétées. Elles se trouvent encore dans une petite niche fort ornée, près de l'autel. Semées sur le fond
RERE.
elles sont disposées dans cet ordre RER. Je sup*
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pose , d'après quelques exemples analogues , que ces lettres sont les initiales du premier propriétaire, ou peut-être celles de sa devise.
Tout auprès de la chapelle est un salon dont le plafond eh bois est aussi divisé en caissons avec des rosaces très riches aux intersections des poutrelles. Autrefois chaque rosace portait une lettre. On y voit l'E et l'R, puis I et G, mais trop de lettres manquent aujourd'hui pour qu'il soit possible de les grouper de manière à faire un sens. Peut-être même de tout temps la chose eût-elle été impossible.
Descendant au rez-de-chaussée ^ on .trouve une salie qui probablement était autrefois une salle à manger, aujourd'hui sans autre décoration qt/uné magnifique cheminée enrichie d'arabesques d'une finesse admirable. Sur le manteau on voit sculptés le porc-épic de Louis XII et l'hermine d'Anne de Bretagne. De ta réunion de ces emblèmes on peut induire que la maison n'est pas antérieure à 1 5oo ni postérieure à i5i2.
Presque toutes les maisons du moyen*âge ont deux on plusieurs portes donnant sur des rues différentes. C'était une pratique prudente, et je crois d'une fréquente utilité dans ces temps orageux. Ici un passage en pente, voûté, conduit à la porte de derrière. La voûte est doublée de nervures qui pénètrent les parois latérales. Bien que beaucoup moins orné, le derrière de la maison est encore d'une élégance remarquable; mais on ne peut s'y arrêter lorsqu'on vient de voir la façade principale.
J'oubliais de mentionner des escaliers en hélice d'une hardiesse et d'une légèreté surprenantes, partout ornés de figurines en consoles exécutées avec la perfection qui caractérise toute l'ornementation de l'hôtel.
Cette charmante maison appartient à la ville , qui vient d'y établir une école de filles dirigée par des sœurs bleues. S'il faut féliciter le corps municipal de Bourges , d'avoir voidu conserver un