‹ Notes de la main d'Helvetius [microform]Chapitre 11 sur 79 · On est tenté de lire : sont les nuages obscurcissant · texte numérisé non relu

On est tenté de lire : sont les nuages obscurcissant

Paisan un paisan ne prend pas de part a la gloire de sa patrie ni de son roy mais bien de celle du hameau

la passion dominante est un prevost muni du pouvoir de la justice elle entre a main forte dans l'esprit y loge son objet et veut qu'elle y soit regarde comme le seul propriétaire de

la place

Amphion bâtit dit on les merveilles de thebes au son de sa lire cela est imité de josue qui fit tomber les murs de jericho au son des trompettes^

chez les anciens on restoit a jeun jusqu'au couché du

soleil

on faisoit en greçe des courses avec des torches ardentes celui qui arrivoit le plus vit au but sans les éteindre etoit le vainqueur (a mettre en comparaison) ^

les anciens croient que les danses et les jeux des satires rentermoient toujours quelque chose de misterieux cespourquoy ils les representoient entre venus les grâces et les amours

les anciens avocats exposoient devant les juges un tableau ou etoit peint le crime de leur adverse parties

les romains après s'être exercés dans le champ de mars se jettoient tous fumants dans le tibre

les anciens se foisoient honneur de jouer des instruments et on regardoit comme un défaut dans themistocle de ne sçavoir point jouer de la lire

les anciens non seulement portoient le carquois sur l'épaule mais même la lire enfin tous ce qui les distinguoit

les anciens scites empoisonnoient dit on leur flèches avec de la semence de vipère mêlée au sang d'homme

1. L'histoire des sociétés des religions, des idées, telle qu'elle est, d'après les faits et les rapprochements de faits, passionne le futur auteur de VEsprit.

2 . Dans ces Notes, Helvetius consigne non seulement des faits saillants, des idées, des impressions, mais encore des images capables d'éclairer ou d'orner une argumentation.

les anciens qui alloient voir de nuit leur maîtresse portoient des flambeaux des leviers des arcs et des haches pour mettre le feu aux fenêtres aux portes ou pour les abbattre si on ne leur ouvroit pas^

Architas grand géomètre philosophe astrologue et mechanicien avoit fait un colombe de bois qui d'abord qu'on luy avoit donné l'essor voloit jusqu'à la fin de sa corde

les anciens aimoient les petits fronts dans les femmes qui le rapetissoient avec des bandelettes

boire dans la coupe de la liberté ^ pour signifier estre libre

Douleurs, absence de douleurs est le bien des malades

semblable a ce voluptueux qui au milieu des plaisirs les plus vifs demandoit a ces esclaves s'il etoit heureux

un ply de Rose blesse Smindride le moindre revers blesse l'ambitieux

Journal des Sçavans du 9 aoust 1666. Les pierres et même le verre servent de nourriture a de petits vers

Peinture ce qui prouve la beauté de la peinture du tems des grecs c'est que la sculpture ne peut être (toute) parfaite si la peinture et le deissein ne son poussé a un haut degréz. Or les antiques sont encor nos modelles en sculpture, donc etc.

Ouvrage il y a dans les ouvrages des beautés qui appartiennent a toutes les nations et il y en a qui n'appartiennent qu'a la mode et au circonstance 3 les unes sont des beautés du premier genre les autres du 2 *^

1. Avant d'établir dans VEsprit sa généalogie des passions dérivant de Tamour-propre, de l'amour du plaisir, de l'intérêt (dans le sens général qu'il donne à ce mot), Helvetius a, comme plus tard, Stendhal, la passion de la passion. Il est épris des mouvements ardents et tumultueux de l'âme, et il en calculera les effets pratiques et sociaux.

2. On sait que les poètes du dix-huitième siècle eurent tous ce goût excessif et souvent puéril des périphrases.

3. V. sur ces deux sortes d'ouvrages r£5/>nY, Disc. II, ch. xix, t. III, p. 35 à 40.

Orgueil. Empedocle fut si passionné^ des honneurs divins qu'il se jetta dans les goufres du mont œtna pour insinuer qu'il avoit été enlevé dans les cieux mais [que] les flammes par un sort contraire rejetterent une de ses pantoufles qui etoit d'airain ce qui le priva des honneurs divins, il reprochoit a ses citoiens de courir au plaisir comme si ils eussent cru mourir dans le même jour et de bâtir des maisons comme si ils eussent cru toujours vivre ^

il a 3 un noble orgueil qui vient d'une grande ame qui vient de la connaissance qu'on a de soy et il y a du courage a dire hautement ce qu'on est quand on ce connait c'est l'aiguillon des grandes choses pour produire le sublime il faut une noble confiance 4

l'orgueil et l'heureux succez tourne si fort la tête aux hommes que pompée voiant que tout luy reussisoit sur mer se déclara fils de Neptune ainsy Alexandre etc

Cleopatre se faisoit apeller isis et antoine bacchus. Voi. v. 2. ho. pa. 430

parmi ces financiers) qui se font élever de superbes mauzolées qui restât deux dans leur epitaphe leur orgueil ils font vivre leur vice après leur mort

l'orgueil ne s'extasie qu'en parlant de luy

1 . Helvetius, qui avait l'amour de la gloire en même temps que celui de la justice et de la vérité, considérait ce sentiment comme un élément très puissant et très utile dans la vie des individus et des peuples.

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