‹ Notes de la main d'Helvetius [microform]Chapitre 8 sur 79 · Dans la marge du manuscrit : M · texte numérisé non relu

Dans la marge du manuscrit : M

4. Helvetius est très nettement et de prime abord hostile à l'esprit d'ascétisme.

il n'y a de beau en pensée que le rare '

le mot propre fait ressortir les pensées comme les ombres font sortir le relief des tableaux et sans les mot propre les pensée sont toujours louche comme un tableau dont les couleurs seroient effacées

Terreur et la vérité sont enlassés dans le monde comme deux serpent deux goutte d'eau

pour que les pensées soient belles elles ne doivent pas être deleiées dans beaucoup de mots^

il faut rassembler dans un mot un faisceau de pensée 3

L'erreur acquiert la propriété par la prescription

Ce fut Terreur qui bâtit les cieux de pierres qui fit sortir Tunivers d'un œuf qui fit des étoiles des lampes attachés aux voûtes des cieux4 lire tout[e] [Tart] d'Anaxagoras5 Tharmonie des cieux que le soleil etoit plus grand que le peloponesse

nos sens peuvent bien nous tromper dans Tessençe^ des choses mais non pas dans les rapports [V.pr.] le point ma-

1. Les auteurs du dix-huitième siècle ont parfois abusé du rare. Mais ceux des autres siècles aussi.

2. Il y a souvent dans Helvetius à côté des longs développements de brèves maximes, d'une expression saisissante.

3. Helvetius se plaît fort à ces questions. Il y a beaucoup réfléchi. V. V Esprit, dise. IV, ch. i à v, etc.. etc....

4. L*univers, dit le poète-philosophe de VEpttresur la Paresse et VOrgueih

Tant de fois tour à tour détruit, rédifié, N'en encore qu'un temple à l'erreur dédié.

La première préoccupation philosophique d*Helvetius, disciple de Locke et de Fontenelle, fut de s'élever contre les stériles systèmes de métaphysique.

5. Les philosophes du dix-huitième siècle, et Diderot notamment,, avaient, en histoire de la philosophie, des connaissances plus réelles qu'on ne le croit ordinairement.

Dans VEpître sur la Paresse et V Orgueil il est question des cosmogonies antiques de la Grèce et de l'Orient.

6. Avant les positivistes, Helvetius a leur esprit. Il se désintéresse volontiers des questions d'origine et de fin. Il ne veut raisonner que d'après les faits.

thématique, putestre nos yeux [donne] la grandeur des objets, mais toujours proportionnement

que mon vers soit chargé de pensée^

Terreur tira des dieux des arbres plaça Jupiter dans le ciel neptune Roy des mers etc. sur un trône de cristal Jupiter sur un trône d'éclairs etc

flatterie elle érige en vertu tous les défauts des grands la Religion du prince est celle des sujets et la Raison du prince est aussy celle de ses peuples. Alexandre penche la tête tous ses courtisans la penchent

Denis a l'arrivée de platon dans Siracuse s'aplique a la géométrie et son palais se remplit de poussière ^ abandonne t'il la géométrie ils passent de Thorreur de la débauche a Thorreur de la géométrie et elle ne passe plus que pour une pedenterie et la cruauté et la brutalité passe pour grandeur de courage 5

Diodore de Sicile rapporte qu'en Etiopie les gens de cour se rendent boiteux et difformes qu'ils se coupent quelques membres et se donnent même la mort pour ressemblera leur princes

Sagesse : c'est une fermeté d'ame que les revers ne peuvent abbattre le sage est heureux dans les malheurs, c'est un vaisseau assailly par Tonde mais qu'elle ne peut submerger en vain allumeroit-on des feux le long de la mer pour la faire bouillir sous les débris du monde Dieu ne seroit point écrasé et le sage dans la vertu et Tetude se trouve comme dans un fort qui le met a Tabry de tous les malheurs sous lesquels il ne peut succomber 4

i." C'est vers 1740 qu'Helvetius écrit ses poèmes. Il les corrige, les remanie, les fond dans le Bonheur et abandonne la poésie pour écrire V Esprit tx. l'Homme; il n'y revient que dans les derniers mois de son existence.

2. Il y a sur le manuscrit : se remplit de poussière qui remplit le palais,

3. Helvetius excellera à prendre avec une ironie féroce l'esprit de cour.

4. Ces idées se trouvent développées dans « VEpître sur l'Amour de VEtude, à M^e la Marquise du Chatelet, par un élève de Voltaire » (Magasin Encyclopédique y 1814. V. Helvetius, Sa Vie et son Œuvre),

la sagesse préside aux conseils et le sort a revenement

il est un tems selon Salomon pour rire et un autre pour pleurer et selon epicure il est un tems pour être sobre et un tems pour être sensuel Salomon et Epicure se sont souvent démentis dans leur conduite

Chasteté. Epicure ne la regardoit pas comme vertu mais il concevoit la luxure comme un vice il vouloir que la sobriété fut un économie de l'appétit et que les plaisirs présents ne nuisissent point aux plaisirs avenirs^

Les grands 2 n'estiment souvent qu'autant qu'on les ençence

Grandeur. Tous les objets sont pour les grands des miroirs ou leur grandeur se réfléchit, voila pourquoy ils aiment souvent leur 5 inférieurs 4

les hommes ont presque tous besoin d'eux ce sont des sphères immenses qui entrainent dans le mouvements de leurs tourbillons une infinité de planètes sur lesquelles ces sphères répandent leur clartés, les planètes leur doivent leur mouvement etc

la flatterie trouve en vain pour louer les grands des tours nouveaux c'est pour eux une nouvelle voix qui chante dans un concert (et leur vie n'est pour eux que le concert de la louange)

1. Helvetius part de l'Épicurisme, de la nécessite naturelle pour les hommes de vouloir le plaisir, le bonheur.

2. St-Lambert dit qu'Helvetius s'ennuyait dans la société des grands. Fermier-général, puis maître d'hôtel de la Reine, il devait les voir de près, et recevoir dans son salon de la rue S^e-Anne de très hauts personnages. Mais il n'attachait de prix qu'à leur valeur intellectuelle. Il ne les a pas ménagés dans ses livres. C'est avec raison qu'on peut classer Helvetius parmi les « moralistes », le rattacher non seulement à La Rochefoucauld, mais encore à La Bruyère.

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