Leur est toujours écrit au singulier
4. On trouve souvent, dans Helvetius, des pensées simples et vigoureuses, des vues exactes et cruelles qui font penser à Montaigne, à l'auteur amer et profond des Maximes, à Vauvenargues.
cathesime est la liste des mots que l'on doit retenir personne ne scait si l'ame est née avant ou après le corps la scène de l'ame ou les passions jouent un si grand rôle Imagination vive, forte, et fausse qui exprime des pensées avec énergie dont l'aveuglement est superbe, éblouissant et qui jette des lueurs en impoze a la multitude
elle augmente toujours les idées des choses qui ont rapport au corps et que l'on aime
on combat souvent la vérité' par son image La jalousie est un lion furieux qui étonné de son ombre se "jette avec fureur dessus
quel supplice pour un jaloux de voir louer la beauté la vertu l'esprit de son rival un sang pale roule dans ses veines son ame n'est plus que la colère. — Quelle plus grande douleur encore de voir sa maîtresse qui porte encor les marques de ses baiser et qui encore dans le trouble des baisers
Portraits celuy de l'imagination de Montagne. Malbranche
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Portrait celuy d'un esprit naturel de Ninon de L'enclos ^ sous le nom de leontine (page III du Dialogue sur la musique dss anciens
traductions. M"*' de Lafaiette disoit qu'un traducteur estoit un laquais chargé d'une commission et qui oublioit toujours la moitié de ce qu'on luy avoit dit cependant un bon traducteur doit être regarde non comme un faiseur de copie d'un bon tableau mais comme un sculpteur qui executeroit en marbre le dessein d'un tableau
1 . Helvetius a eu constamment le souci de connaître et de dire la vérité.
2. Ninon de l'Enclos est citée aussi dans VEsprit (I, ch. 11, t. 2. p. 5)
« Qui peut assurer.... que dans les gestes, la parure et les discours étudiés d'une coquette parfaite, il n'entre pas autant de combinaisons et d'idées qu'en exige la découverte de quelque système du monde et qu'en des genres très différents la Lecouvreur et Ninon de l'Enclos n'aient eu autant d'esprit qu'Aristote et Solon ? »
Le père bours disoit qu'un traducteur etoit un homme qui ouvroit une boite d'essence et de parfums dont le plus exquis s'évapore
L'avarice veut avoir le bien d'autruy celuy qui arrachoit une borne etoit mis autrefois a l'interdit les romains avoient grand respect pour le tronc et la pierre qui servoit de borne et Fadoroient la parfumoient d'essence luy mettoient des courrones de fleurs l'emaillotoient avec des linges et lui fai~ soient tous les ans au mois de février des sacrifices apellés terminalia
Auguste rendit aux veieens la belle statue d'ajax qu'Antoine avoit fait transporter en Egypte
la nature mit l'or sous nos pieds pour que nous le foulions^
Auguste s'apliquoit a la poésie après avoir mis ses troupes en quartier d'hiver
Auguste scavoit fort bien la rethorique étoit profond philosophe sa passion pour les lettres etoit si grande qu'il s'entretenoit toujours a table de matière d'érudition et qu'il epuisoit tous les sçavants qui venoient a sa table il avoit fait en vers hexamètre un livre sur la Sicile qui portoit ce nom et un livre d'epigrame. dans une lettre a tibere il luy recommande Combattez pour les muzes et pour moy
Pindare pour louer trasibule dit : il a rempli son esprit de richesses il ne passe point sa jeunesse dans l'injustice et la débauche mais il cuielle tous les fruits de la sagesse dans les antres des muzes
Auguste s'acquit plus de gloire lorsqu'il pacifia l'orient sans tirer Tepèe que s'il l'eut dépeuplé avec l'epée de la guerre ^
I. D'après tous les témoignages, Helvetius fut d'une admirable générosité. Il était, du reste, fort riche.
^ 2. Tous ces traits de caractères et de mœurs seront autant de faits et d'arguments dans les déductions du psychologue politique.
Augures on ne les pouvoit dépouiller du sacerdoce qu'en leur otant la vie
les toscans les plus habiles dans la connaissance des augure se tournoient comme les poètes a l'occident (v. pa. 198. v. 3. ho.)
dans le livre des destins dieu nous cache les pages de l'avenir et ne nous montre jamais que celles du présent
Auguste eut le nom de père de la patrie
quand Auguste se proposa de se démettre de l'empire il fit un discours artificieux que l'on sentit et tous les sénateurs par crainte le prièrent de le conserver
Tavare vit gueux pour mourir riche
Conseil que l'on nous donne devient a nouveau propre quand nous l'exécutons
trophée l'art ni le faste n'a pas élevé de pompeux à la gloire mais notre reconnaissance n'en a élevé dans nos cœurs
Le commerce et l'agriculture sont les nourrices^ des états
Poésie Le vray doit etaier les peintures de la poésie ^ et les peintures doivent embellir le vray ce sont deux chainons engagés l'un dans l'autre
Loke n'a pas fait tant de bruit que les philosophes anciens qui avoient des disiples qui reflechissoient leurs opinions semblables a ces flambeaux qui sont au milieu d'un cabinet de glace et dont la lumière se réfléchit beaucoup et au loin et paroit une grande lumière a peine a t'on ote les glaces que Ton voit que tout cela etoit moins l'ouvrage des flambeau que des glaces
1. Le manuscrit porte au-dessus de nourrices : mammelles. Helvetius ne considère pas aisément l'homme en dehors de la société, de l'état.
2. L'imagination doit, selon ce poète-philosophe, colorer les idées et les faire valoir. D'où ses Epîtres et surtout son Bonheur où les métaphores e^ les allégories dissimulent des conceptions sur la vie et l'humanité. Dans ses traités, l'imagination et l'esprit, le décor pittoresque et le conte fantaisiste s'unissent aux raisonnements, aux exemples accumulés.
homere, vie d'hommere de m*^'' Dacier, il est le premier qui ait dit que la terre etoit envirronnée d'eau que le soleil s'eleve et se couche dans l'océan et que le cercle arctique ne se couche jamais on dit qu'il mourut de dépit de n'avoir pu expliquer un énigme que lui proposèrent des pécheurs. Comme Aristote se jetta diton dans Teuripe pour n'avoir pas pu comprendre la cause de ses prétendues sept marées journalières.
Ptolomée philopator j^^'^Roy d'Egypte luy éleva un temple manifique dans lequel il plaça la statue d'homere et autour le plans des villes qui se disputoient l'honneur de luy avoir donné la naissance
A chio et a Amestris ville [ville] du pont on celebroit des jeux et on frapoit des médailles en son honneur
A Smyrne on bâtit un portique quarré au bout duquel etoit un temple et une statue a homere Et a Argos on l'invoquoit avec Apollon '
Complexe, il y a des idées complexe qui se représentent a l'esprit aussitost que des idées simples comme un visage qui est composée de plusieures parties se peint tout a coup dans un miroir
Poètes Compare 2 les idées entre elles comme les géomètres comparent les corps
forest de l'amerique il est chez vous des Locke et des Newtons ^ homme) Ne pense point malheureux n'ait que les pensées de ton père ou de ton amy
1. Helvetius disserte fréquemment sur les lettres et les arts dans leurs rapports avec les mœurs. Son originalité est de considérer les sujets les plus divers d'un point de vue social. Il a, contrairement à Rousseau, son glorieux contradicteur, un grand amour du progrès et de la civilisation. Les lettres et les arts contribuent au bonheur des nations cultivées.
2. C'est avec raison qu'on peut reprocher à Helvetius l'effort et la combinaison qui ne suppléent pas chez un poète à la spontanéité, à la simple émotion, mais sont fort précieuses, en revanche, chez le politique et rhomme d'état.
Dieu ne détruit point l'homme en faisant un prophète^
Postérité en vain on fatigue les Dieux pas les oiFrand[r]es pour avoir une postérité il faut des couilles et non pas des offrandes
Monstre qui est couvert de serpent au lieu de poil
mœurs
la Raison et l'amour adoucissent nos mœurs
Les grands 2 sont a la nation avant que d'être au roy et tous les peuples leur ont confié leur interests
Grands Sont pour la plupart comme les faux dieux des anciens C'est un vil morceau de sapin d'un peu d'or revêtu
ils voient l'univers s'armer pour leur querelle leur citoiens respectueux devant leur tribunal attendre qu'ils les rendre 3 heureux les fables d'homere ou les princes etoient les plus braves etc tout augmente leur présomption
Les témoins de leur grandeur et qui pour ainsy dire ornent leur triomphe et sans lesquels il ne peut exister ces envieux servent a leur chute
quand on est place au centre de la roue de la fortune si l'on ne peut s'élever bien haut au moins ne peut on descendre bien bas
L'art Sous ses chaines contraint la nature et fait servir ses éléments aux plaisirs 4
1 . On trouve à maintes reprises des vers ou des fragments de vers dans ces Notes.
2. Helvetius qui n'ignore pas, d'ailleurs, les dangers de la démagogie n'est pas tendre pour l'aristocratie. On peut consulter encore à ce sujet son Commentaire sur l'Esprit des Lois.
3 . On rencontre assez fréquemment sur le manuscrit des additions, des corrections téijioignant de la recherche du mot propre, brillant, saisissant, mais l'auteur, fort soucieux d'observer et de se documenter, ne se préoccupe guère ici des lapsus calami.
4. Cf. avec les vers suivants de VEpître sur Us Arts (t. XIII, p. 99) :
Les arts commandent-ils? la nature est docile....
Amis de nos plaisirs, leurs libérales mains
Ont de bienfaits sans nombre enrichi les humains.
et les ennuis sont peints sous leur fronts chargés de pierreries
les faux sçavants le mépris des sage et Tetonnement des sots^
ce sont des astres dont on observa les moindres mouvements
de ce qui plaisoit on fit un art
Sagacité d'esprit n'habite sous les toits dorés et n'est gueres de mize chez la plupart des hommes
Amant il est insatiable de la vue de son idole et de toucher les merveilles de son corps
La terre n'enfante point assez de fleurs pour les offrir a son amante ni l'arabie assez de parfums
Les yeux des amants grossissent les beautés de leur maitresse et diminue leur défaut
c'est quand une beauté s'abandonne aux amant et sur un lit que l'on pratique les délicieuses caresses de l'amour
Malbranche 2 est comme un phosphore qui éclaira pendant la nuit et qui ne rependit plus de lumière aux grands jours
Les arts se réfléchissent mutuellement des lumières
La raison et l'ame suit les progrès du corps elle est plus foible dans l'enfance et la vieillesse ainsy que le corps il se pourroit bien faire qu'elle fut matière 3