‹ Notes de météorologie, rédigées pour l'enseignement primaire [microforme]Chapitre 1 sur 2 · PAR MGR C. LAFLAMME · texte numérisé non relu

PAR MGR C. LAFLAMME

Prof à l'Université Laval

QUÉBEC Drussauzr & PROUIX, Impr.

NOTES DK METEOROLOGIE

Rédigées pour ‘ L'Enseignement Primaire *’ par Mgr C. Laflumme, professeur à l'Université Laval

On ne devra pas chercher dans ce qui suit autre chose qu'un résumé succinct et, par conséquent, incomplet des conférences publiques qui ont été donuces, cet hiver, à l’Université. Passer en revue quelques-uns des principaux pnénomènes météorologiques, en étudier les grandes lois, telles que nous les connaissons, en faire l'application au climat de notre province, surtout à celui de Québec, voilà le but que le conférencier s’est efforcé d'atteindre,

Il y a peut-être lieu d'espérer que, grâce à cet enseignement élémentaire, l'idée viendra à quelques lecteurs de faire des observations météorologique. Ils s’apercevront bien vite que celles-ci sont aussi faciles qu’importantes, sans compter les jouissances personnelles qu'elles procurent par surcroît.

Ces notes se liront avec plus de profit, si on suit sur la carte les indications géographiques qu’elles mentionnent. Une mappe-monde et une carte de la province de Québec, sont parfaitement suffisantes,

Généralités —La météorologie est l'étude des météores, c'est-à-dire, l’etude des phénomènes physiques qui se passent dans l'atmosphère.

L'’atmosphère est l'enveloppe gazeuse qui entoure la terre. Elle se compose essentiellement de deux gaz, l'oxygène et l'azote, auxquels il faut joindre une proportion variable d’acide carbonique et de vapeur d'eau. L’argon et les autres éléments que les physiciens ont découverts dernièrement dans l’air, ne jouent aucun rôle dans les phénomènes atmosphériques.

L'air pèse ; par conséquent, il exerce sur les corps qui y sont plongés, une pression qui se mesure à l’aide du baromètre et qui est d’environ 15 livres par - pouce carré. Le corps humain supporte, de ce chef, une pression totale voisine de 30,000 livres, qui se répartit sur tous les points de sa surface.

L'air est éminemment compressible. Il se comprime donc sous l'influence de sa propre pression. Il en résulte que les couches inférieures, pressées qu’elles sont par les. couches supérieures, sont plus denses que ces dernières. Le densité de l'air diminue ainsi à mesure que l'on atteint des niveaux plus élevés.

L'épaisseur de l’atmosphère est inconnue. Elle dépasse certainement 100 milles. Mais ceci importe peu en météorologie, puisque la plupart des phénoênes qui ressortent de cette science ne se produisent que dans les bases ré- Btons yamais à plus de vingt milles le plus souvent au-dessous de dix milles.

<ompte du tourbillon circumpolaire qui se produit nécessairement aux pôles et qui fait que les vents de rétour vers l'équateur ne se dirigent pas imimédiate-

Voilà la circulation aérienne qui s'établirait sur une terre comme la nôtre; faisant comme elle un tour sur elle-même en vingt-quatre heures et complète-

transporte du golfe du Mexique sur les côtes occidentales de l'Europe une quantité énorme de chaleur ; à tel point qu'on a pu dire que l'Amérique chauffait l’Europe à l’eau chaude. Et c'est très vrai.

De là on doit conclure que la diminution de la chaleur de l'équateur aux Pôles n’est pas réqulière. Et si l’on peut, en règle générale, dire que l’atmosfhére se refroidit à mesure qu’on s'éloigne de la zône torride, ce refroidisse. ment est loin de se faire suivant une loi simple et facile à saisir. Il suffit de tegarder la carte des isothermes ( lignes de même température moyenne) pour s'en convaincre. On Pourrait encore ajouter que l'hémisphère boréal est plus chaud que l'hémisphère austral ; l'équateur thermique est Presque partout au nord de l'équateur astronomique, et les glaces polaires antarctiques sont bien bius étendues que les banquises arctiques.

Or, comme la direction et la force des vents sont influencées par la tempéreture <e l'atmosphère, nous Pouvons affirmer immédiatement que les grands Courants aériens, pris dans leur ensemble, doivent être plustéguliers que nous le supposions Ce fait devient encore plus évident, si l'on étudie l'influence

donné, elle varie sr à l'autre. Il en résulte que les lignes isobares (liges de même pre. ““angent constamment de pos’ ‘ons et de directiohs. On a constaté qu'il y + sit deux minimum de Pression, l’un à l'équateur et l’au-

tie aux pôles, et une me de maximum vers 30 degrés de latitude. On l’appelle : zône de haute p<sion tropicale. Si l’on trace le profil des valeurs de

Si nous appliquons cette loi à l'ensemble de 1a pression barométrique ter- Toire, nous trouvons que, à partir de la zône tropicale de haute pression, l'air doit se diriger, d'un côté, vers l'équateur et de l'autre vers les pôles. Les vents qui en résultent sont les vents alizés et nos vents ordinaires du sud-ouest, Les premiers se font sentir entre les tropiques et l'équateur, les seconcis entre les tropiques et le pôle nord. Nous n'étudions ici que l'hémisphère boréal, le seul qui nous intéresse,

Vents alisés.—Les plus importants pour nous sont ceux de l'Atlantique nord. Ils existent toute l’année, depuis la zône tropicale de haute pression, insqu'à l'équateur. Mais, à cause de la rotation de la terre, ils sont déviés vers la droite de leur trajectoire, d'abord vers le sud-ouest, puis vers l’ouest et enfin vers le nord-ouest dans le golfe du Mexique. Leur ensemble se du côté du sud ou du nord, suivant qu'on est en hiver ou en été ; ils suivent de loin les manvements du soleil au sud et au nord de l'équateur.

L'air des alizés se réchauffe à mesure qu'il avance, Une fois qu’il a atteint les calmes équatoriaux, il s'élève, se dilate, puis se refroidit et se déverse du côté du pôle nord, en sens contraires des vents inférieurs. Ce sont des contre-alizés. On constate leur existence par l'examen des nuages supérieurs, par le transport des poussières, volcaniques et autres, etc.

Vents du sud-ouest des hautes latitudes.—Comme les alizés, ils partent de la zône de haute pression tropicale. Mais au lieu de se diriger directement ver! le pôle, ils subissent une déviation à droite et soufflent du sud-ouest. Ils arrivent ainsi lentement au pôle où ils se perdent dans le tourbillon circumpolaire qui leur doit en grande partie son existence.

Ces vents du sud-ouest sont les vents les plus cmmuns de nos latitudes. Dans notre province, ils sont toujours secs, chauds en été, froids en hiver. Ils soufflent jour et nuit ; leur vitesse reste presque toujours la même. Cependant, certaines causes locales, le passage de tourbillons cycloniques, y causent souvent des perturbations, à tel point que les caractères généraux de la grande circulation, tels que nous venous de les décrire, peuvent en être complètement masqués. Toutefois le sens lui-même du déplacement des tourbillons, de l'ouest vers l’est, trahit encore le sens de la grande circulation atmosphérique de nos latitudes.

Si l’on demande quelle peut bien être l'épaisseur de la couche atmosphérique affectée par ces courants généraux, on peut répondre, sans courir le risque de graves erreurs, qu’elle ne dépasse pas une vingtaine de milles.

Vents périodiques. Ce sont ceux qui existen: sur les continents où sur Icurs rivages, et dont la présence et le changement de direction se constatent à der périodes plus ou moins régulières. Les principaux sont les moussons qui, dans les Indes anglaises, soufflent, l'hiver, de la terre vers la mer, et en sens inverse pendant l'été ; le sirocco et la tramontane en Italie, le foehn dans les régions alpestres, le chinook dans les Montagnes Rocheuses, les brises de terre la nuit, de mer le jour, le simdun du désert, etc.

Il est propable qu’on peut ranger dans la catégorie des vents périodiques, les vents de nord-est qui se font sentir à Québec, chaque printemps, avec une désespérante persistance. Ces vents sont caractéristiques de la plaine de Québec, plaine qui est limitée au nord par les Laurentides, au sud par les monts

Notre-Dame et dont le fleuve occupe à peu près la ligne centrale. En dehors

de cette plaine, au Saguenay, à la Beauce, ces vents sont beaucoup plus rares.

L'orographie et la constitution physique des deux moitiés de notre pro-

1ce, voilà les deux causes qui contribuent à faire de i. ville de Québec et de

Pi og le lieu de passage par excellence de ces. interminables courants air.

Nous venons de le dire, deux chaînes de montagnes, assez éloi, 1ées l’une de l'autre au golfe St-Laurent, se rapprochent peu à peu en remontant le fleuve, jusqu’à Québec. Plus haut, elles s'éloignent, les Laurentides dans la direction d'Ottawa, les monts Notre-Dame dans celle du lac Champlain. 1! s'ensuit que la partie centrale de notre province est comme contenue dans un double <ône orographique dont les sommets se touchent à Québec. L'axe commun à ces cônes, le fleuve, est dirigé du sud-ouest au nord-est. Or les reliefs superficiels ont une très grande influence sur la ‘irection des courants atmosphériques qui rasent le sol .Par conséquent, tout nos vents, lorsque la chose est possible, ont leur partie inférieure orientée dans le même sens que le fleuve, et ils soufflent de préférence du sud-ouest ou du nord-est. C'est ce qu'indique très clairement la carte des vents de Québec. Voilà qui rend parfaitement compte du fait que, dans les cas du passage de tourbillons cycloniques, nous n'avons guère ici que des vents de nord-est et de sud-ouest, quelle que soit la position du centre de pertubation.

Mais comment expliquer le fait que ces vents durent si longtemps pendant les mois du printemps ? A cette époque, en effet, ces vents règnent en inaitres pendant de longs mois. Le ciel est pur, le soleil brille, le baromètre cst haut et le vent de nord-est souffle toujours. Le soir, il diminue bien un peu mais il recommence le lendemain. Et les choses en restent là jusqu'au passage d’un cyclone qui ramène l’ensemble de la circulation aérienne à l’état normal, quitte à voir le nord-est recommencer aussitôt après.

Une explication pourrait être déduite de l’état physique de la surface des deux entonnoirs géographiques dont il a été question plus haut. Celui de l’est est presque entièrement occupé par l'estuaire du fleuve. Le printemps, l’eau y reste froide très longtemps, tant à raison de sa grande masse qu’à cause des glaces flottantes qu’elle charrie. Celui de l’ouest, au contraire, est constitué par des terres défrichées, lesquelles se rechauffent très vite sous l’action des rayons du soleil. Ainsi on admet généralement que le printemps arrive à Québec quinze jours après qu’il s’est déjà fait sentir à Montréal. Celui de Rimouski est également en retard sur celui de Québec.

Donc depuis le milieu-de mars jusqu’à la fin de mai, il n’y a point égalité de température dans les différents points de la plaine de Québec. Les parties orientales sont froides, les occidentales chaudes. L'atmosphère participe dans une large mesure à cette différence de température. L'air de l'entonnoir occidental se réchauffe et monte, celui de l’entonnoir oriental se précipite vers l'ouest pour combler le vice : c'est du vent de nord-est pour Québec. Et 1i doit en être ainsi tant que l'équilibre thermique n'aura pas été rétabli entre

‘ l'entonnoir marin et l’entonnoir terrestre, c’est-à-dire, jusqu'a la fin du prin- *

temps. =

Ces vents de nord-est secs sont peu profonds, ils ne dépassent guère 1500 & 2000 pieds. Il arrive quelquefois qu’on peut voir sur le flanc des Laurentides une bande de brume qui se trouve à la limite supérieure de ce courant

nord-est, Touj -si le temps est clair, on peut apercevoir, dans les hautes régions atmos- Phériques, de lé i Ï

, à t, en suivant la grande circulation générale.

En voilà assez Pour faire comprendre combien complexe et délicate est: l'étude des vents locaux, et avec quelle circonspection il faut l’aborder et la Poursuivre, si on ne veut Pas s’exposer à de grossières erreurs. :

rtaine proportion de vapeur d’eau, laquelle varie suivant la température et l'humidité des surfaces avec les ai l cette quantité aug-

mente très rapidement quand la température s’élève : et c’est pour cette raison

hiver.

vapeu t si l’air

Lu

uit et le jour.

les hatites régions de l'air, Par refroidit à L tout ce qui nuages. Telles sont la rencontre:

fférentes, la présence d’une haute uvement à s'élever et, par consé-

quent, à se refroidir.

Mais c’est surtout aux Mouvements de convection de l'atmosphère qu'il faut attribuer l’origine de la plupart des nuages. Sous l'influence des rayons solaires, le sol se réchauffe. L'air ani le touche <e charve de vapeur d’eau

ainsi chauffé, se dilate, devient plus

nte, il se refroidit, et, à une certaine

grâce à l'humidité du sol ; l'air humide, léger et monte. Mais à mesure qu’il mo

me: .— 1

hâuteur, il se trouve saturé. Alors sa vapeur d’eau se condense et le nuage apparait. Le mouvement ascensionnel se continue, accompagné d’une condensätion incessante de vapeur d'eau, et le nuage, qui commence à une hauteur bien définie, s’accroit par son sommet tant que les courants ascendants de l'air .

masses arrondies, à contours changeants et d’une éblouissante blancheur.

Assez souvent, dans les beaux jours d'été, le ciel est parfaitement limpide au lever du soleil. Vers neuf heures, l’air humide qui rase le sol, chauffé par Je rayonnement solaire, connnence à monter, et alors les nuages se montrent

ls augmentent à mesure que l’action du soleil devient plus intense, mais, vers quatre heures du soir, la chaleur diminuant, le mouvement de convection des couches inférieures se ralentit, les nuages s’amoindrissent et, le soir, on n’en voit plus guère que quelques-uns, au bord de l'horizon.

piopos de l'origine des nuages. Les stratus, longues bandes qui occupent les pEities basses du ciel près de l’horizon, Les nimbus, nuages grisâtres, à contours mal définis, plus bas que les deux Premiers, et qui donnent Ja pluie. Ces formes typiques sont souvent combinées ensemble. Voilà Pourquoi on parle de cumulo-tratus, de cirrho-cumulus, etc.

Hauteur et vitesse des nuages.—Elles varient avec la saison et l'espèce de nuages. Le tableau ci-dessous a été publié par l'Observatoire de Blue Hill, près de Boston, On remarquera que les nuages sont plus élevés l'été que l’hiver et que leur vitesse de translation est moindre,

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