I. Le caractère dépend du tempérament
11 y a, on le sait, quatre principaux tempéraments que nous indiquons sommairement.
La jeune fille au tempérament bilieux est vive, active, résolue, hautaine, dominatrice, opiniâtre dans ses volontés.
La jeune fille au tempérament sanguin est sensible, franche, aimable, légère, changeante, amie des plaisirs.
La jeune fille au tempérament nerveux est affectueuse, aimante, susceptible, irritable, jalouse, mélancolique.
La jeune fille au tempérament lymphatique est portée à la paresse, à l'insouciance, à l'apathie...
Sans doute, il y a des nuances dans ces tempéraments — et, pas plus que dans les visages, il n'en est pas deux qui se ressemblent.
Mais quel travail de tous les jours, quel dévouement doit apporter une maîtresse qui a la mission divine, non seulement de former à la douceur, au support, au do7î de soi la jeune fille qui vit à Vêcole et au pensionnat, qui doit vivre dans sa fartiille, dans le monde et avoir des relations de société nombreuses.
1. La maîtresse à l'école et au pensionnat examine le naturel des enfants et puis travaille à réformer ce qu'elle voit de défectueux.
Elle porte à l'humilité les natures hautaines.
Elle plie à l'obéissance les enfants opiniâtres.
Elle modère les natures emportées.
— =77 — Elle calme les cœurs impressionnables.
Elle exhorte les inconstantes.
Elle aiguillonne les indolentes.
Elle encourage les timides.
Elle porte d ta piété les âmes plus affectueuses et
leur fait aimer les pauvres.
Elle excite au zèle les exaltées.
Elle a un art tout particulier pour changer :
La coquetterie en amour de l'ordre et de la propreté, en bon goût.
h'exaltatioH en zèle et en dévouement.
L'apathie en calme et en esprit de résignation. La finesse en prudence, en délicatesse, en tact. La curiosité en application et amour de savoir. Le babit en amabilité.
La brusquerie en droiture et en expansion. La sensiblerie en compassion pour les peines. La prodigalité en générosité et esprit du sacrifice. La légèreté en oubli des contrariétés.
3. Il est des caractères très marqués qui sortent de la vie ordinaire ; avec ceux-là, la direction doit être spéciale.
Vous trouverez des enfants :
Apathiques, sentant peu, indifférents à tout, n'ayant un peu d'expansion que pour ce qui est matériel — avec ceux-là, la direction doit être ferme, régulière, plus sévère qu'affectueuse, exigeante, mais avec mesure.
Sensitifs, d'une sensibilité très vive, mais superficielle plus que profonde. — La direction doit être patiente, forte, raisonnée.
Emotifs — aux émotions très vives, très persistantes. — La direction doit être calme, posée, constante, patiente.
Passionnés sans mesure en tout. — La direction doit être réservée, forte, dévouée...
... O maîtresses 1 quelle dure mission quelquefois — si vous n'avez Dieu avec vous ; vous ne ferez point de bien...