CONCLUSION
Le sens religieux ne saurait être trop tôt éveillé dans l'enfant.
Il faut lui dire avec paix et avec conviction : ceci est mal ou le bon Dieu défend cela. — Cette simple parole peu à peu le retient.
Redites-lui souvent : que Dieu le voit et Fentend, que Dieu connaît tout ce qu il pense.
Et ces paroles formeront en lui comme un témoin habituel de sa vie. La pensée de Dieu lui deviendra habituelle et sera pour lui un encouragement pour le bien et un frein puissant pour le retenir loin du mal.
Nous transcrivons ici, une belle page de Lamartine, rappelant le dévouement pieux de sa mère :
« La piété de ma mère, dit-il, était la part d'ellemême qu'elle désirait le plus ardemment nous communiquer. Faire de nous des créatures de Dieu en esprit et en vérité, c'était sa pensée la plus maternelle.
« A cela, elle réussissait sans système, sans effort, et avec une merveilleuse habileté.
« Sa piété, qui découlait de chacune de ses inspirations, de chacun de ses actes, de chacun de ses
gestes, nous enveloppait, pour ainsi dire, d'une atmosphère du ciel ici-bas.
« Nous croyons que Dieu était derrière elle et que nous allions l'entendre, et le voir, comme elle semblait elle-même l'entendre, le voir, et converser avec lui à chaque heure du jour.
« Dieu était pour nous comme l'un d'entre nous. Il était né en nous avec nos premières et nos plus indéfinissables impressions.
« Nous ne nous souvenions pas de ne l'avoir pas connu ; il n'y avait pas un premier jour où on nous avait parlé de Lui. — Nous l'avions toujours vu en tiers entre notre mère et nous.
« Son nom avait été sur nos lèvres avec le lait maternel ; nous avons appris à parler en le balbutiant. »
Comment, avec cette éducation première, ne pas sentir en soi de grandes et nobles pensées ?
Oui, ajoute Lamartine, l'éducation maternelle m'avait fait une âme toute d'expansion, de sérénité et d'amour.
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