LÉZARDS
tits lézards gris qui continuent leur course circulaire, comme pris de vertige.
Tout à coup le chien les aperçoit.
Il se lève et s'approche lentement, prudemment, sans bruit. Il tend son museau velu, l'œil intrigué, l'oreille dressée.
Il s'assied devant le mur et considère avec étonnement le jeu des lézards (1).
Mais le soleil descend vers l'horizon et projette l'ombre déformée du chien sur la famille des bêtes paisibles.
Alors rapides, effarés, les lézards s'enfuient, disparaissant dans les fissures de la vieille muraille, dans les trous d'ombre où ils habitaient.
Le mur reste nu et doré dans le soleil plus pâle du soir...
(1) Des premières notes :
Devant le mur il s'assit, et considéra avec étonnement le jeu des lézards, se retournant parfois comme pour s'assurer de ma présence ou pour me prendre à témoin.
Agonie
Le convoi deBécharpartit vers midi, emportant des madriers et des planches.
Messaouda, la chamelle grise de Maamar-ould- Djilali, affaiblie par de longues marches, n'alla pas loin : en face de la petite palmeraie de Mélias, ses longues pattes tremblèrent brusquement et fléchirent, elle s'agenouilla avec une plainte rauque, puis elle se renversa sur le côté.
Maammar connut que sa chamelle allait mourir et il invoqua Dieu, car une grande tristesse avait étreint son cœur bédouin.
Le convoi s'arrêta. Avec des cris et des imprécations, on fit agenouiller d'autres chameaux sur lesquels on partagea la charge de la bête mourante.- On lui ôta jusqu'à son petit bât triangulaire et les loques qui protégeaient sa bosse pelée. Un instant, Maammar, ses bras musclés ballants, sa^ tête d'aigle courbée, considéra, atterré, sa chamelle . Puis, avec un soupir, il ramassa son bâton et repartit, poussant devant lui ses deux autres chameaux, avec un sifflement bref et un ah I guttural.