‹ Notes de routeChapitre 24 sur 36 · MÉTIERS DE JADIS · texte numérisé non relu

MÉTIERS DE JADIS

guerre ; ils y jugeaient les fautes des hommes qu'ils condamnaient parfois à mort.

Depuis des années et des années le cheikh-elma 11) assiste, immobile, aux plus tumultueuses palabres. Il regarde en souriant vaguement ses jarres, et, sur le mur d'en face, par-dessus les têtes encore jeunes qui s'échauffent et s'agitent, le jeu du soleil et les reflets du ciel...

(1) Cheikh-el-ma, le vieillard des eaux.

Légionnaires

Un jour d'adieux sur le quai encombré de la gare. Avec un regard mélancolique sur les légionnaires affairés qui passaient et repassaient devant nous, un vieil officier de la légion me disait :

— Tas de repris de justice, d'évadés du bagne, de sans patrie... que sais-je, moi I voilà comment on juge généralement la légion. Certes, nous avons là pas mal d'épaves, de naufragés de la vie, quoi ! et c'est vrai que les légionnaires boivent sec et que leur ivresse est souvent terrible. Mais, que diable I il n'y a pas que cela, et les hommes n'ont pas que des défauts. Ah ! si à côté de tout ça on connaissait leur dure vie, toujours dans des bleds où on manque de tout et où on meurt, et où il n'y a surtout pas de galerie pour vous encourager et vous admirer ! Voilà, tenez, nous remontons de Ben-Zireg, où nous avons bâti et défendu le poste et où, pendant des mois, nous n'avons pas été tranquilles un seul jour, où nous avons laissé du monde... Eh bien, savez-vous bien ,que c'était pour nous reposer qu'on nous y

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